Manuel de santé et sécurité de l'industrie de la construction (2008) - 14

 

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Manuel de santé et sécurité de l'industrie de la construction (2008) - 14

 

 

32 – 1

32 PROPANE 

INTRODUCTION

Entreposé sous pression, le gaz propane présente trois dangers
s'il est mal utilisé :

1.

inflammabilité et risque d'explosion élevés

2.

déplacement de l'air respirable dans les endroits restreints
(de plus, étant plus lourd que l'air, il s'accumule dans les
dépressions)

3.

blessure de contact lors de l'exposition accidentelle à une
substance sous grande pression.

Nous ne couvrirons pas l'utilisation du propane pour les travaux
de toiture.

Propane – caractéristiques physiques 

Le propane, ou gaz de pétrole liquéfiés (GPL), est un sous-
produit du raffinage du pétrole ou du gaz naturel qui est stocké
dans des bouteilles sous pression. À
l'état de stockage, c'est un liquide, mais
lorsqu'il est libéré de la bouteille ou du
réservoir, il devient gazeux. Le point
d'ébullition du propane, le point auquel il
passe de l'état liquide à l'état gazeux,
est -42,2 °C (-44 °F). Si la température
ambiante y est supérieure, du gaz se
forme dans la partie supérieure de la
bouteille (figure 1).

La pression dans le contenant varie
selon la température à laquelle le
contenant est exposé (tableau 1). La
pression augmente avec la température
qui cause l'expansion du liquide. C'est
pour cette raison que les contenants ne
sont jamais complètement remplis de
liquide et qu'il y a un espace pour les vapeurs dans le haut du
réservoir afin de permettre l'expansion normale.

Si la température augmente au-delà des limites sûres, une
soupape de sûreté s'ouvre pour libérer une quantité mesurée de
gaz. Cette libération ne dure que quelques secondes. La
soupape se referme et demeure fermée jusqu'à ce que la
pression s'accumule à nouveau. La soupape de sûreté de la
bouteille est réglée à 2585,5 kPa (375 lb/po

2

). 

Le propane est empaqueté dans différents types et tailles de
bouteilles afin de répondre à différentes applications :

Bouteilles de 100 lb pour les chaufferettes de construction,
les bouilloires à goudron et d'autres applications exigeant
de grandes quantités de carburant. Elles s'appellent des
bouteilles de 100 lb parce qu'elles sont remplies de 100 lb
de liquide à un centre de distribution de propane.

Bouteilles de 20 lb pour les chalumeaux à l'oxypropane.
(C'est un format courant qui est utilisé avec les barbecues
au propane domestiques.)

Bouteilles de 10 et de 20 lb pour le soudage.

Contenants jetables de 14 oz pour différentes applications
de chalumeau à main.

Le propane peut facilement être comprimé de l'état gazeux à
l'état liquide dans de petites bouteilles qui en font une source
d'énergie facilement transportable. Lorsque le liquide revient à
l'état gazeux, il se dilate 270 fois en volume. Comparativement
au gaz naturel, le propane a une valeur thermique 2,5 fois
supérieure. Un pied cube de propane produit 2 500 BTU, alors
qu'un pied cube de gaz naturel ne produit que 1 000 BTU. Cela

explique pourquoi tant d'énergie (BTU) peut être contenue dans
une petite bouteille, ce qui en fait un carburant très pratique pour
les entrepreneurs.

Toutefois, la valeur énergétique élevée du propane en rend
aussi la manipulation dangereuse. Il suffit d'une fuite minuscule
pour former un mélange explosif d'air et de gaz.

Vous pouvez comparer les caractéristiques d'allumage du
propane et de l'essence (tableau 2) pour voir la grande
inflammabilité du propane.

Étant donné qu'une cigarette allumée produit une température
entre 1 000 °F et 1 600 °F, et qu'une allumette allumée produit
2 000 °F, tout ce qu'il faut pour obtenir la combustion est une
quantité suffisante de gaz propane mélangé à l'air. C'est pour
cette raison qu'il faut respecter les mesures de sécurité afin que
cette source d'énergie très efficace ne devienne pas un danger
pour les travailleurs.

PROPANE

Coupe d'une bouteille à

soutirage de vapeur de

propane

Figure 1

Variables de température et de pression (valeurs tirées de la norme CSA

B149.2-M80)

Tableau 1

*kilopascals

*lb/po

2

Propane

Essence

Allumage minimum

493 °C - 549 °C

427 °C - 482 °C

Fourchette de température

(920 °F - 1020 °F)

(800 °F - 900 °F)

Limites d'inflammabilité dans l'air

2,4 - 9,5 %

1,3 - 9,5 %

Densité de la vapeur (air = 1)

1,52

3,50

Point d'éclair minimum

-104 °C (-156 °F)

-51 °C (-60 °F)

Tableau 2

Vapeurs

Gaz

liquiédifé

32 – 2

Manipulation sécuritaire des bouteilles

Dans la construction, la plupart des applications de propane
distribuent le carburant sous forme de vapeurs. C'est pour cette
raison qu'il est essentiel que les bouteilles portables soient
transportées, entreposées et utilisées à la verticale. Le propane
liquide ne doit jamais entrer en contact avec la soupape de
sûreté de la bouteille. Si du liquide s'échappe par la soupape,
de grands volumes de gaz seront libérés. Avec une chaufferette
de construction, par exemple, cela causera une surcapacité
grave avec des flammes dépassant de plusieurs pieds
l'extrémité du brûleur.

La manière la plus simple d'éviter le problème est d'attacher la
bouteille à la verticale avec une corde, un fil métallique ou un
autre moyen. Lors du transport en camion, prendre soin de
garder les bouteilles à la verticale et stationnaires. Les bouteilles
ne doivent pas être transportées dans le coffre d'une voiture ou
dans une fourgonnette fermée. Étant donné que le propane est
plus lourd que l'air, le gaz qui fuit s'accumule dans un endroit
restreint et produit une atmosphère explosive, ainsi qu'un risque
de mort en déplaçant l'air respirable. 

Entreposer les bouteilles de manière sécuritaire sur le chantier.
Elles devraient être entreposées à l'écart des édifices, de
préférence dans un endroit distinct à l'écart des zones de
circulation où elles ne courent pas le risque d'être percutées par
des matériaux qui tombent ou de l'équipement mobile. Une aire
d'entreposage peut facilement être construite à l'aide de clôture
à neige et de quelques barres en T (Illustration 2). Si elle est
adéquatement construite, cette barrière permet d'attacher les
bouteilles et de contrôler les stocks. Les bouteilles doivent être
entreposées à au moins 25 pieds de la limite du terrain. Les
bouteilles vides devraient être entreposées d'un côté et les
bouteilles pleines, de l'autre. Ne mélangez pas les bouteilles.

L'aire d'entreposage ne devrait pas être à proximité d'un endroit
où sont entreposés des liquides inflammables tels que de
l'essence ou du diesel. 

Seules des bouteilles en usage

doivent être à l'intérieur d'un édifice.

(« En usage » signifie

raccordée à une chaufferette de construction ou autre appareil.)

Le propane ne doit pas être entreposé dans un
édifice à moins que ce ne soit dans une pièce
résistante aux explosions spécialement
construite et qui répond aux codes
pertinents en matière de propane et de
prévention des incendies. Ne pas
placer les bouteilles dans des cages
d'escalier ou des corridors. Une
fuite de gaz ou un incendie peut
bloquer les sorties et
empêcher les personnes de
s'échapper.

Lors du déplacement
des bouteilles sur le
chantier, toujours
respecter les

précautions suivantes :

Garder les bouteilles à la verticale.
Utiliser un diable (figure 3). Ne
jamais faire rouler les bouteilles.

Utiliser un berceau de levage pour
déplacer les bouteilles d'un niveau à
l'autre (figure 4).

Ne jamais utiliser une élingue. Cette
pratique est interdite par les
règlements en matière de
construction dans le cadre de la 

Loi

sur la santé et la sécurité au travail

.

Ne jamais accrocher la bouteille par
le collier protecteur autour de la soupape.

Garder les bouteilles à l'écart des sources de chaleur.

Chaufferettes

Vous devez détenir un dossier de formation (DF) reconnu par la
Commission des normes techniques et de la sécurité (CNTS)
avant de pouvoir raccorder et allumer une chaufferette au
propane.

Lors du raccordement et de l'utilisation de chaufferettes de
construction, il faut respecter les précautions
suivantes :

Tous les raccordements doivent être effectués
par un travailleur qualifié.

Inspecter le brûleur, les commandes, le
régulateur et les canalisations pour des signes
de défaillance. Faire remplacer ou réparer
toutes les pièces endommagées.

L'équipement de combustion de gaz
devrait seulement être réparé par du
personnel qualifié.

S'assurer que tous les raccords de
canalisations et de soupapes sont propres.

Utiliser des clés adéquates pour faire les raccordements.
Ne pas utiliser une clé à tuyau réglable.

La bouteille doit être à au moins 10 pieds de la chaufferette.
La bouteille doit être placée à l'écart de toute source de
chaleur et ne jamais être à la même extrémité de la
chaufferette que le brûleur.

Toujours avoir un extincteur 4A40BC à portée de la main
avant d'allumer la chaufferette.

Lors que les raccordements sont faits, ouvrir lentement la
soupape de la bouteille et vérifier qu'il n'y a aucune fuite
lorsque le tuyau est rempli de
gaz. La soupape de la bouteille
en usage doit être complètement
ouverte. Vérifier l'absence de
fuite à l'aide d'eau savonneuse
(figure 6) ou d'un détecteur de
fuite. Parfois, on peut 
déceler une odeur de gaz
ou la formation de givre
autour d'un raccord, mais
ces signes ne sont pas
toujours fiables. Si une fuite
est décelée, fermer la
soupape de la bouteille et
apporter les corrections 

PROPANE

Entreposage sur le chantier simple et sûr

Figure 2

Figure 3

Figure 4

Figure 5

Attacher la bouteille et la garder à au moins 10 pi de la

chaufferette. Le tuyau doit mesurer entre 15 et 50 pi.

Figure 6 – Essai de fuites à l'eau

savonneuse

Distance

: 10

pi min.

Tuyau : 15 pi min., 50 pi max.

32 – 3

nécessaires. Fermer complètement les soupapes lorsque la
chaufferette n'est pas en usage.

Si la soupape de la bouteille est ouverte trop rapidement,
cela peut causer la fermeture du clapet de non-retour de
débit excessif. Le but de ce clapet est de couper le débit de
gaz si le régulateur est accidentellement cassé.

Pour débloquer le clapet, fermer la soupape de la bouteille,
attendre quelques minutes que le clapet s'ouvre à nouveau
et recommencer. La soupape de la bouteille doit être
ouverte lentement jusqu'à sa limite normale, environ 1?1¼2
à 2 tours. Ne pas forcer la soupape au-delà de cette limite.

Attacher la bouteille à une colonne ou à un autre type de
montant. Garder les bouteilles hors des zones de
circulation, car elles pourraient être renversées.

La bouteille et la chaufferette doivent toujours être dans la
même pièce afin que la soupape de la bouteille puisse être
fermée rapidement si un problème survient.

Garder les chaufferettes à l'écart des matériaux
inflammables. La chaleur d'un brûleur est dangereuse bien
au-delà de son extrémité.

Surveiller une chute de pression ou
une efficacité réduite de la flamme.
Cela indique que le gaz est soutiré
trop rapidement. Il peut être
nécessaire d'ajouter des bouteilles
et de les raccorder à un
distributeur. Ne jamais tenter
d'augmenter la quantité de vapeur
en chauffant la bouteille.

Dans la mesure du possible, utiliser
seulement une bouteille à la fois

avec une chaufferette. Cependant, si les bouteilles sont
raccordées à un distributeur, ne pas utiliser plus de trois
bouteilles de 100 lb (figure 7). Si d'autres chaufferettes avec
des bouteilles raccordées à un distributeur sont utilisées dans
la même zone, elles doivent être à au moins 50 pieds l'une
de l'autre et séparées par un coupe-feu.

Se rappeler que le propane est plus lourd que l'air et qu'il
s'accumulera dans les dépressions telles que des 

tranchées, des puits et des sous-sols où il peut causer une
situation inflammable ou explosive (figure 8).

Ne jamais tenter d'attacher, de contourner ou de désactiver
les dispositifs de sécurité sur une chaufferette de
construction. Si la chaufferette est défectueuse, la
remplacer. Si la chaufferette est inadéquate, obtenir des
chaufferettes supplémentaires ou la remplacer par une
autre de plus grandes dimensions.

Si la flamme s'éteint, agir avec prudence. Couper
l'alimentation de gaz, puis déterminer si du gaz s'est
échappé et accumulé dans la zone. En raison de sa forte
odeur, on peut habituellement sentir le propane. Toutefois,
dans un espace restreint, utiliser un appareil de détection
de gaz pour faire l'essai. Si du gaz est détecté ou même
soupçonné, aérer et évacuer la zone complètement avant
de rallumer la chaufferette.

Avertissement – Si la chaufferette est située dans un endroit
exigu ou une dépression, le gaz ayant fui peut être
dangereux. Ne jamais entrer dans la zone sans avoir
quelqu'un pour vous venir en secours. Ne jamais tenter de
rallumer la chaufferette tant que le gaz n'a pas été
complètement évacué de la zone.

Ne jamais exposer une partie quelconque de votre peau au
propane liquide. Le propane sous pression est
extrêmement froid et peut causer des engelures. Toujours
porter des gants lors de la manutention des bouteilles. 

Ne pas laisser le gaz propane saturer les vêtements. Ils
peuvent demeurer très inflammables pendant un certain
temps après l'exposition. Les vêtements saturés devraient
être enlevés et aérés à l'extérieur.

Ne jamais utiliser de chaufferettes sans une aération
adéquate. Suivre les recommandations du fabricant figurant
sur la plaque signalétique.

Réservoirs en vrac

Les chaufferettes de construction au propane alimentées par un
réservoir en vrac centralisé sont courantes sur les grands
chantiers de construction. Ce type d'installation exige de la
planification et une concertation étroite entre l'entrepreneur et le
fournisseur de gaz afin de choisir un endroit sûr et commode où
placer le réservoir afin qu'il ne nuise pas à la circulation et à la
manutention des matériaux sur le chantier, et qu'il respecte les
règlements en matière de dégagement aux limites du terrain. Le

réservoir en vrac et les canalisations
d'alimentation doivent être installés par du
personnel qualifié, mais le raccordement
des chaufferettes peut être effectué par les

travailleurs sur place. En règle générale, les
canalisations d'alimentation comportent
suffisamment de raccords appelés des
soupapes de raccordement. Ces dernières

consistent en une soupape et un raccord
pour un tuyau flexible. Toutefois, les
mêmes règles s'appliquent que pour le
raccordement d'une chaufferette portative. 

Vérifier qu'il n'y a pas de fuites dans le
raccordement après l'installation du
tuyau flexible de chaufferette.

S'assurer que la soupape est située
dans la même pièce que la
chaufferette.

S'il faut chauffer une zone qui n'est pas
desservie par une soupape, un
technicien qualifié doit prolonger la
canalisation ou ajouter une dérivation
en employant des matériaux
approuvés et installer une soupape à
son extrémité.

Les tuyaux flexibles entre la soupape
de raccordement et la chaufferette ne
doivent pas dépasser 25 pieds.

PROPANE

Configuration type de distributeur

Figure 7

Plus lourd que l'air,
le gaz propane peut
s'accumuler dans
les dépressions et
causer un risque
d'asphyxie ou
d'explosion.

Figure 8

32 – 4

Soudage et coupage

Depuis quelques années, le propane est devenu une source
d'énergie populaire pour le soudage et le coupage à flamme
nue. Combiné à de l'oxygène d'une manière similaire au
soudage à l'oxyacétylène, il produit un mélange de gaz
considéré comme étant beaucoup plus stable par plusieurs
utilisateurs.

Bien que les bouteilles pour le soudage soient généralement
plus petites que les bouteilles employées pour les chaufferettes
de constructions, elles devraient être traitées avec le même
soin.

Les raccords doivent être
propres et sans graisse avant le
raccordement.

Des clés de raccordement
doivent être utilisées afin d'éviter
d'endommager les pièces.

Les bouteilles doivent être
gardées à la verticale en tout
temps et dans un berceau
adéquat lors de l'utilisation; de
préférence attachées à la
verticale afin d'éviter de les
reverser (figure 9).

Garder un extincteur (4A40BC
au minimum) à portée de la
main lors de l'utilisation d'un
chalumeau.

Le régulateur doit être enlevé et rangé dans un coffret
protecteur lorsqu'il n'est pas en usage, ainsi que les tuyaux
et les chalumeaux.

Consulter le guide du fabricant pour savoir comment régler
le régulateur d'oxypropane. Ces réglages sont différents de
ceux de l'oxyacétylène. Pour plus de renseignements,
consulter le chapitre 

Soudage et coupage

dans ce

manuel.

Sommaire

L'utilisation sûre du propane doit suivre douze règles de base :

1)

Ne pas ranger les bouteilles dans un édifice.

2)

Sortir les bouteilles de l'édifice lorsqu'elles ne sont pas en
usage ou lorsqu'elles sont vides.

3)

Garder les bouteilles à l'écart des sources de chaleur et les
produits inflammables des chaufferettes.

4)

Toujours attacher les bouteilles afin d'éviter de les renverser.

5)

Ne jamais transporter les bouteilles dans un véhicule fermé
ou dans le coffre d'une voiture.

6)

Toujours utiliser de l'équipement adéquat pour lever ou
déplacer les bouteilles sur le chantier.

7)

Garder les chaufferettes en bon état. Les réparations et
l'entretien devraient toujours être effectués par du personnel
qualifié.

8)

Toujours avoir un extincteur à proximité (4A40BC au
minimum).

9)

Protéger les bouteilles entreposées ou les réservoirs en
vrac de la circulation sur le chantier.

10) Ne pas violer les commandes ou les dispositifs de sécurité.

11) Ne jamais entrer dans un endroit où l'on soupçonne une

fuite de gaz.

12) Ne pas utiliser ni entreposer de bouteilles de propanes

dans des dépressions telles que des tranchées, des puits
d'entretien ou des sous-sols.

PROPANE

Anneau
de
levage

Chariot de soudage à

l'oxypropane

Figure 9

33 – 1

33 ESPACES CLOS

Conformément au règlement de la construction (règl. Ont.
n° 213/91) qui est entré en vigueur en 2006. 

Avant de laisser un travailleur entrer dans des espaces clos,
l'employeur doit créer un programme pour espaces clos
conforme aux exigences du règlement de la construction
(partie II.1, Espaces clos, paragraphes 221,1 à 221,19).
L'employeur doit maintenir le programme.

PROGRAMME D'ESPACES CLOS

Parmi les premières exigences de développement de
programme d'espaces clos pour les employeurs, est le besoin
d'évaluer quels travailleurs auront à travailler dans les lieux clos
pour établir à qui remettre un exemplaire du programme
d'espaces clos. 

Les employeurs doivent fournir un exemplaire du programme
au constructeur du projet. Le constructeur doit fournir un
exemplaire du programme au comité mixte sur la santé et la
sécurité ou au représentant en matière de santé et sécurité, le
cas échéant. Un exemplaire doit également être disponible aux
autres employeurs associés au projet et à tous les travailleurs
s'il n'y a pas de comité mixte sur la santé et la sécurité ni de
représentant en matière de santé et sécurité pour le projet.

Si des employés de plus d'un employeur entrent dans les
espaces clos, le constructeur devra préparer 

un programme

de coordination des espaces clos

. Un exemplaire du

document de coordination des espaces clos doit être fourni à
chaque employeur qui devra travailler dans les espaces clos
ainsi qu'au comité mixte sur la santé et la sécurité ou à son
représentant.

Le programme des espaces clos peut s'appliquer à plusieurs
espaces clos. 

Le programme devra comprendre les éléments suivants :

une méthode d'identification pour chaque espace clos

une méthode d'évaluation des dangers auxquels les

travailleurs pourraient être exposés

une méthode de développement de stratégies de contrôle

des dangers 

une méthode de formation des travailleurs 

un système de permis d'entrée établissant les mesures et

procédures à suivre pour travailler dans les espaces clos.

COMMENT RECONNAÎTRE LES
ESPACES CLOS

Un espace clos est défini comme un lieu

a) qui est 

partiellement ou complètement clos

b) qui n'est pas conçu et construit (l'un et l'autre) pour

occupation humaine continue

et

c) là où 

les dangers atmosphériques

peuvent se

développer dû à sa fabrication, localisation ou contenu, ou

à cause du travail qui est effectué dans son enceinte.

Pour qu'un lieu soit défini comme espace clos, les trois
critères ci-dessus doivent être valides. Ce qui suit fournit
plus de détails sur chacun des critères.

Partiellement ou complètement clos

Puisque l'air ne peut circuler librement (entrer et sortir) d'une aire
complètement ou partiellement close, ceci engendre la
possibilité de développement d'atmosphère dangereuse à
l'intérieur. Ceci est particulièrement véridique pour les espaces
tels les voûtes, les citernes, les puits, les tranchées ou les lieux
à admission par trou d'homme.  

Non conçu et construit pour occupation humaine continue

Les espaces clos ne sont pas conçus et construits pour que des
personnes y travaillent sur une base continue. Ils sont
normalement conçus et construits pour entreposer des
matériaux, transporter des produits ou isoler un procédé. Mais
occasionnellement, certains travaux doivent être faits à l'intérieur
de cet espace.  

Dangers atmosphériques 

Un danger atmosphérique en est un qui contient n'importe
laquelle des caractéristiques suivantes : 

une accumulation d'agents inflammables, combustibles ou
explosifs

moins de 19,5 % ou plus de 23 % d'oxygène ou

une accumulation de contaminants atmosphériques qui
pourraient produire des 

effets aigus

(temporaires) sur la

santé et qui 

a) constitue une menace immédiate à la vie ou 

b) contrevient à l'habilité d'une personne d'évacuer un

espace clos sans assistance.

ESPACES CLOS

Coordination

Lorsque les travailleurs de plus d'un employeur effectuent
du travail dans le même espace clos, le constructeur doit
préparer un document de coordination pour garantir que
les divers employeurs effectuent leurs tâches de sorte à
protéger la santé et la sécurité de tous les travailleurs. Un
exemplaire du document de coordination doit être fourni 

à chaque employeur ayant une équipe de travailleurs
faisant simultanément des travaux dans l'espace clos

au comité mixte sur la santé et la sécurité ou au
représentant en matière de la santé et sécurité du
projet.

33 – 2

ÉVALUATION DES DANGERS

Avant chaque entrée d'un travailleur dans un espace clos,
un employé compétent doit faire une évaluation des
dangers et en rapporter dans un document écrit. Le nom
de l'employé compétent doit paraître sur le rapport
d'évaluation et l'employeur doit garder un registre de
qualification de cet employé. 

L'évaluation des dangers doit prendre en compte 

a) les dangers pouvant exister dans l'espace clos 

b) les dangers pouvant se développer pendant que le travail

est effectué à l'intérieur de l'espace clos.

c) Dangers de sécurité générale dans l'espace clos.

L'employé compétent doit dater et signer son rapport
d'évaluation et le remettre à son employeur.

Au besoin, l'employeur devra remettre un exemplaire du
rapport d'évaluation et du registre de qualification de
l'employé 

au comité mixte sur la santé et la sécurité pour le projet ou

au représentant en matière de santé et sécurité ou

à chaque travailleur entrant dans l'espace clos, s'il n'y a pas

de comité ni de représentant en matière de santé et

sécurité associé au projet.

L'employeur doit passer en revue les rapports d'évaluation aussi
souvent que nécessaire pour s'assurer que le plan demeure
adéquat. Par exemple, si les dangers chimiques potentiels
changent à cause de changements d'utilisation d'équipements
ou de procédés, alors, l'évaluation doit être changée.

Une évaluation est généralement requise pour chaque espace
clos. Mais s'il y a plus d'un espace clos qui comprend les
mêmes dangers, alors seulement un seul document
d'évaluation sera nécessaire. 

Pour effectuer une évaluation des dangers, vous devez anticiper
les dangers potentiels. Les dangers de travail dans les espaces
clos ne sont souvent découverts que lorsqu'il est trop tard.

Par exemple :

Une cuve de mélange a été mise en marche par

inadvertance alors qu'un travailleur se trouvait à l'intérieur.

Un travailleur a été empoisonné par gaz de monoxyde de

carbone provenant d'une pompe entraînée par moteur à

essence utilisée pour vidanger un puits.

Puisque les projets de construction ne sont pas limités à des
édifices neufs, des espaces clos peuvent être trouvés dans
différents sites. Le tableau ci-dessous décrit des espaces clos
communs et les dangers rencontrés le plus fréquemment y sont
indiqués. 

Les dangers dans les espaces clos peuvent être divisés en
deux catégories : les dangers physiques et les dangers
atmosphériques.

ESPACES CLOS

Si des mesures de contrôle (telles la ventilation mécanique continue) sont utilisées pour assurer que la concentration d'un
contaminant atmosphérique est 

contrôlée

ou maintenue à un niveau acceptable (sans éliminer le contaminant), alors l'espace

serait toujours considéré comme un espace clos. Si cependant des mesures sont prises pour 

éliminer

la possibilité que les

dangers atmosphériques surviennent dans un lieu, alors les provisions des règlements pour les espaces clos n'auront plus
besoin d'être appliquées. L'élimination de la possibilité qu'un danger atmosphérique survienne est différente du contrôle du
danger. Si les travailleurs doivent pénétrer dans l'espace clos pour éliminer les dangers (par nettoyage à la vapeur ou avec
aspirateur, par exemple), alors la règlementation pour les espaces clos s'applique. 

CHAQUE ESPACE CLOS DOIT ÊTRE MÉTICULEUSEMENT ÉVALUÉ PAR UNE PERSONNE COMPÉTENTE POUR
DÉTERMINER S'IL EST POSSIBLE D'ÉLIMINER ENTIÈREMENT LES DANGERS ATMOSPHÉRIQUES.

Même si un espace n'est pas un espace clos selon la définition fournie dans les règlements, l'employeur doit prendre toutes les
précautions raisonnables dans les circonstances pour protéger le travailleur pénétrant dans cet espace. 

TRAVAILLEUR COMPÉTENT 

relativement à une tâche particulière, un travailleur
compétent signifie un travailleur qui

a) est qualifié pour effectuer le travail en raison de ses

connaissances, sa formation et son expérience 

b) connaît bien avec la Loi sur la santé et la sécurité au

travail et les parties du règlement qui s'appliquent au
travail à effectuer, et

c) connaît tous les dangers pour la santé et la sécurité

actuels ou potentiels du travail à effectuer.

33 – 3

DANGERS PHYSIQUES

Les dangers physiques présentent souvent un plus grand risque
à l'intérieur d'espaces clos qu'ils n'en présentent à l'extérieur.

Exemples :

Bruit et vibration

Une enceinte close peut amplifier le bruit. Le bruit excessif peut
endommager l'audition et prévenir la communication. Il peut
affecter la capacité d'entendre les alarmes, les appels
d'avertissement ou les ordres d'évacuer.

Les extrêmes de température

Demandez au personnel de l'usine si les travailleurs pourraient
être exposés à des températures dangereuses. Par exemple,
l'effet de la chaleur peut être un danger lors de circulation autour
de bouilloires, tuyauterie ou réservoirs chauds ou d'autres
structures chauffées par le soleil. Les habits de protection peuvent
également augmenter le stress dû à la chaleur.

Espaces de travail exigus 

Les espaces de travail exigus restreignent les mouvements, ce
qui peut rendre l'utilisation d'outils difficile et dangereuse.

Ouverture d'accès/sortie de mauvaise qualité

L'ouverture d'entrée des espaces clos est généralement étroite et
mal située. Ceci peut rendre l'accès et l'extraction difficile et peut
gêner les sauvetages.

Équipements rotatifs ou articulés

Avant l'entrée, identifiez tout équipement rotatif ou articulé (tels
les convoyeurs, mélangeurs, tarières, etc.) qui pourrait se mettre
en mouvement par énergie résiduelle, contact accidentel ou
sous l'effet de la gravité. Vérifiez la conformité des procédures
de verrouillage/étiquetage avec le personnel de l'usine en
passant en revue les schémas, plans et spécifications.

ESPACES CLOS

Exemples d'espaces clos

Dangers communs

Projets chimiques et pétrochimiques

Réservoirs, vaisseaux, réservoirs d'entreposage, réservoirs
souterrains, tuyaux, puisards, puits, tout espace qui ne peut
être évacué rapidement advenant qu'un travailleur se trouve en
présence d'une atmosphère toxique ou explosive ou tout
espace dans lequel une atmosphère toxique, explosive ou
pauvre en oxygène peut être rencontrée.

Émanations, fumées et gaz toxiques et explosifs; dangers
physiques d'ouverture d'entrée/sortie exiguë, couloirs étroits et
déversements chimiques.

Système de traitement des eaux usées

Bacs de décantation, égouts, soutes à trou d'homme, aires de
pompage, fosses septiques, digesteurs.

Atmosphères toxiques et/ou explosives telles que celles
contenant du sulfure d'hydrogène et du méthane ou appauvries
en oxygène.

Usines d'épuration d'eau

Bacs de décantation, réservoirs, puits et équipements au-
dessous du plancher.

Insuffisance d'oxygène, gaz de chlore, ozone ainsi que la
présence possible de méthane et de sulfure d'hydrogène résultant
de la décomposition de débris retirés d'eaux de lacs et rivières.

Projets d'industrie lourde

Puisards, puits, fours de grillage, lessiveurs/digesteurs,
mélangeurs, bacs, cheminées, canalisations, convoyeurs,
élévateurs, dépoussiéreurs à sacs filtrants.

Les dangers dépendront des matériaux et procédés impliqués,
mais peuvent inclure le méthane, le sulfure d'hydrogène,
l'insuffisance d'oxygène, les agents inflammables, les dangers
électriques, les pièces mobiles et l'engouffrement dû à de la
matière à déplacement libre.

Construction générale

Voûtes, caissons.

Les matières toxiques, comme le monoxyde de carbone
dégagé par les chaufferettes d'ambiance portables dans les
aires basses, les réfrigérants, les équipements à haute tension
(à huile/gaz isolant), les dangers physiques dus à un mauvais
éclairage et les espaces de travail restreints.

33 – 4

Dangers électriques

Tout conducteur nu ou équipement sous tension doit être
identifié avant l'immiscion. La présence d'eau dans les espaces
clos peut poser un danger additionnel d'électrocution là où des
circuits électriques, équipements et outils sont utilisés.

L'engouffrement dû au déplacement incontrôlé de
solides et liquides

Les liquides, boues, fines particules solides et autres matériaux
peuvent ne pas pouvoir être totalement retirés des espaces clos
et peuvent représenter un danger d'engouffrement ou de
noyade. Utilisez les ports d'inspection et jauges graduées et
informez-vous auprès du personnel de l'usine pour évaluer de
tels dangers.

Surfaces glissantes ou mouillées

Vous pouvez vous blesser gravement suite à un dérapage ou
une chute sur une surface glacée, huileuse, mouillée ou
humide. 

Éclairage

Les espaces clos sont généralement mal éclairés. Vous y avez
fréquemment besoin d'éclairage temporaire. Dans les
atmosphères potentiellement explosives, utilisez des appareils
d'éclairage conçus pour de tels risques.

DANGERS ATMOSPHÉRIQUES

Les espaces clos peuvent présenter trois types de dangers
atmosphériques :

atmosphère inflammable, combustible, ou explosive

atmosphère appauvrie ou enrichie en oxygène

contaminants atmosphériques.

Les atmosphères dangereuses peuvent être dues aux
conditions présentes (p. ex. résidus dans un réservoir) ou
peuvent être créées par le travail en cours d'exécution dans
l'espace clos (p. ex., l'utilisation de solvants ou le soudage de
pièces). Dans certains cas, le dégagement de boues ou de
tartre peut laisser s'échapper des gaz empoisonnés sous cloche
et créer une atmosphère dangereuse. De plus, différents types
de dangers atmosphériques coexistent souvent. Par exemple,
une atmosphère inflammable, combustible ou explosive peut
également être toxique ou devenir pauvre en oxygène.

ATMOSPHÈRE INFLAMMABLE,
COMBUSTIBLE, OU EXPLOSIVE

Une atmosphère inflammable est généralement
causée par 

l'évaporation de liquide inflammable (par ex.
l'essence) 

sous-produits de réactions chimiques (p. ex.
décomposition de matière organique formant du
méthane). 

Une atmosphère explosive

en est une dans laquelle des

émanations ou un gaz inflammable sont présentes entre
les limites inférieure et supérieure d'explosivité (LIE et
LSE). Ces limites définissent la plage d'explosivité du
produit (variant d'une substance à une autre). Pour
connaître l'information d'explosivité pertinente d'un
produit, consultez sa fiche signalétique et reportez-vous à
la rubrique Danger d'incendie et d'explosion. 

LIE est la concentration de gaz ou d'émanations la plus
basse pour l'inflammation et le LSE en est la
concentration la plus élevée. Par exemple, l'essence de
pétrole a un LIE de 1,4 % et un LSE de 7,6 %. En
dessous de 1,4 %, il n'y a pas suffisamment de
combustible pour brûler, tandis qu'au dessus de 7,6 %, il

y a trop de combustible et pas suffisamment d'oxygène
pour s'enflammer. (Voir la figure ci-dessus).

Le gaz explosif le plus commun vraisemblablement
rencontré dans les égouts et autres endroits souterrains
est le méthane, ou gaz naturel, produit par la
décomposition de détritus et matière fécale.

D'autres émanations et gaz explosifs peuvent être
présents dans les espaces clos dépendamment du
contenu précédent ou déversement et fuites accidentelles
(p. ex. réservoirs d'essence de postes de ravitaillement
fuyants).

Les plages d'explosivité pour les émanations et gaz
communs sont données au tableau 1. Ces valeurs doivent
être considérées lors de la sélection et durant l'utilisation
d'appareils de mesure de gaz ambiants.

Une atmosphère combustible

peut survenir dans les

élévateurs à grain, les moulins à moulée pour animaux et
certaines installations industrielles comme les
dépoussiéreurs à sacs filtrants dû à la forte concentration
de poussières présentes. La poussière combustible la
plus commune est celle du grain ou la farine en
suspension. Il y a eu plusieurs cas d'explosion dans les
élévateurs à grain. Vous devez considérer ce risque dans
toute installation comprenant ces conditions. 

ESPACES CLOS

L.S.E.

L.I.E.

Limite supérieure d'explosibilité

Limite inférieure d'explosibilité

Carburant non suffisant

Trop de carburant

Pourcentage de gaz 

ou de vapeur dans l'air

33 – 5

ATMOSPHÈRE APPAUVRIE ET
ATMOSPHÈRE ENRICHIE EN OXYGÈNE

Normalement, l'air extérieur contient environ 21 % d'oxygène.
Si la concentration d'oxygène excède 23 %, l'air est considéré
comme enrichi. L'inquiétude première concernant les
atmosphères riches en oxygène est l'accroissement de
l'inflammabilité des matériaux. Les choses qui ne feraient que
se consommer sans flamme dans l'air normal brûleront
vigoureusement dans une atmosphère riche en oxygène.

Les atmosphères riches en oxygène sont relativement rares
dans le domaine de la construction. Elles sont généralement
associées à de l'oxygène pur s'échappant par fuite ou rupture
de boyaux de procédés à oxyacétylène ou sur des projets
d'installations industrielles, à partir de conduites d'oxygène
d'un procédé ou de fabrication.

D'autre part, les atmosphères appauvries en oxygène sont
relativement communes. Elles peuvent être le résultat de
travaux exécutés (tels que le soudage) d'une réaction
bactériologique (qui consomme de l'oxygène) ou d'une
réaction chimique (comme le phénomène de rouille).
L'oxygène peut également être déplacé par un autre gaz ou
vapeur (p. ex., le bioxyde de carbone ou l'azote utilisés pour
purger les tuyaux, réservoirs et vaisseaux). Le tableau 2
énumère les effets de l'appauvrissement en oxygène.

CONTAMINANTS ATMOSPHÉRIQUES

Puisque l'aération des espaces clos est généralement
médiocre, les contaminants atmosphériques peuvent
rapidement proliférer à un niveau dangereux. Pour les milieux
industriels et de la construction, le type de danger
atmosphérique pouvant être rencontré dépend 

des produits emmagasinés dans l'espace clos 

du type de tâche ou travail effectué dans l'espace clos

des travaux ou procédés effectués près de 

l'espace clos. 

Les contaminants atmosphériques les plus communs dans le
domaine de la construction comprennent le sulfure d'hydrogène,
le monoxyde de carbone, le dioxyde de soufre, le chlore et
l'ammoniac.

Le sulfure d'hydrogène (H

2

S) est un gaz généré par la

décomposition de détritus et provenant des eaux des égouts.
H

2

S se retrouve dans les égouts, les usines de traitement des

eaux usées, les raffineries et les moulins de pâtes et papier. On
le retrouve également dans plusieurs raffineries de pétrole
puisque la majorité du pétrole brut du Canada contient du H

2

S

dissout. Le gaz H

2

S est très toxique. Une seule inhalation à une

concentration entre 500 et 700 ppm (partie par million) peut
causer une mort instantanée. À de très faibles concentrations, le
H

2

S a l'odeur caractéristique d'œufs pourris. Cependant, aux

alentours de 100 ppm il peut annihiler votre odorat et causer la
fausse impression de l'absence de danger. 

Le monoxyde de carbone (CO) est un gaz toxique très
commun. Il n'a ni odeur ou saveur et est clair et incolore.
L'empoisonnement par monoxyde de carbone peut être très
subtil; il peut causer des étourdissement et la perte de
connaissance, suivies du décès. Les sources principales de CO
dans le domaine de la construction comprennent les moteurs à
combustion interne alimentant les scies, élévateurs à éléments
en ciseaux, engins de traction, groupes électrogènes et chariots
élévateurs. Même ces moteurs de puissance moyenne
produisent de grandes quantités de CO. 

ESPACES CLOS

Gaz, vapeur

Limite
inférieure
d'explosivité
(%)

Limite
supérieure
d'explosivité
(%)

Acétone

2,6

12,8

Ammoniac

16,0

25,0

Benzène

1,3

7,1

Alcool éthylique

3,3

19,0

Essence

1,4

7,6

Hexane

1,1

7,5

Sulfure
d'hydrogène

4,0

44,0

Méthane

5,0

15,0

Méthanol

7,3

36,0

Propane

2,4

9,5

Toluène

1,2

7,1

Xylène

1,1

7,0

Tableau 1

Plage d'explosivité pour les

émanations et gaz communs

Concentration

d'oxygène

Effet

19,5%

Minimum pour accès sûr

Moins de 18%

Perte de jugement et de
coordination

Moins de 15%

Perte de conscience

Moins de 12%

Affaissement soudain et perte
de conscience

Tableau 2

Effets d'insuffisance

d'oxygène

N'utilisez jamais une source d'oxygène pur pour ventiler
un espace clos. Utilisez de l'air frais.

33 – 6

Le chauffage des espaces clos, particulièrement le chauffage au
gaz propane, présente des dangers particuliers et requiert des
mesures de sécurité particulières. Le gaz propane est plus lourd
que l'air et peut s'accumuler dans les aires de bas niveau telles
les tranchées, sous-sols et fonds de puits. Les vêtements
peuvent également absorber le gaz propane. Les travailleurs
doivent alors être extrêmement prudents s'il y a fuite ou
incendie.

Les réchauds à flamme directe émettent les résidus de
combustion dans l'air où les personnes travaillent. Bien que le
monoxyde de carbone (CO) soit la préoccupation principale, le
dioxyde de carbone (CO

2

) et les oxydes d'azote peuvent

également être problématiques.

Par tradition, les explosifs sont utilisés pour briser le roc ou pour
la démolition de structures. Une explosion dans un espace clos
peut produire une concentration élevée de monoxyde de
carbone. Vous devez faire usage de ventilation mécanique et
mesurer le niveau de contamination de l'air avant que les
travailleurs ne pénètrent à nouveau dans l'espace clos pour être
certain que le niveau de monoxyde de carbone est en deçà du
niveau minimum d'acceptabilité.

Le dioxyde de soufre

(SO

2

) est un gaz très irritant et corrosif, à

forte odeur de souffre, pouvant être retrouvé dans les moulins
de pâtes et papier et les raffineries de pétrole. 

Le chlore

(Cl

2

) est un autre gaz irritant et très corrosif qui a

l'odeur typique de l'eau de javel, qui est utilisé comme
désinfectant dans les usines de traitement des eaux usées ainsi
qu'une grande variété d'autres procédés industriels.

L'ammoniac

(NH

3

) est un produit chimique passablement

répandu comme réfrigérant et dans la fabrication de fertilisants,
de fibres synthétiques, de plastiques et de teintures.

Des centaines d'autres matériaux toxiques peuvent être
rencontrés dans les manufactures, usines chimiques et autres
installations industrielles. Le meilleur moyen d'obtenir de
l'information concernant la présence ou l'absence de produits
toxiques est d'échanger avec le client concernant le travail à
effectuer et de demander tous les détails pertinents.

PRODUITS INFLAMMABLES

Lors de l'utilisation de matériaux inflammables dans des
espaces clos, veuillez prendre les précautions suivantes :

Procurez une aération/ventilation adéquate.

Contrôlez les étincelles (utilisez des outils ne créant pas

d'étincelles) et les autres sources potentielles d'allumage 

Éteignez toutes les veilleuses d'allumage.

Utilisez des appareils d'éclairage pour les environnements

dangereux. 

Gardez des extincteurs d'incendie à portée de la main.

La colle contact est un exemple de produit à potentiel
d'incendie ou d'explosion si elle est utilisée dans une petite
pièce ayant une mauvaise aération. Des travailleurs sont
morts de suites d'explosion et d'incendie après un travail
dans une pièce ayant accumulé les émanations d'adhésif,
de colle contact ou de solvants, alors qu'ils éteignirent
l'éclairage.

ACCUMULATION DE CONTAMINANTS EN
DESSOUS DU NIVEAU DU SOL

Les tranchées, trous d'homme, et aires à bas niveau peuvent
devenir dangereuses à cause de fuites de gaz plus lourds que
l'air, tel le propane, ou de gaz comme le monoxyde de carbone
émanant du sol et s'accumulant dans l'espace clos. 

ESPACES CLOS

Si l'utilisation de moteurs à combustion interne ne peut
pas être évitée à l'intérieur d'espaces clos, alors une
ventilation adéquate sera absolument nécessaire. 

CO dans l'air

(parties par

million)

Signes précurseurs et

symptômes

10

Aucun symptôme

25

Valeur moyenne pondérée par le
temps d'exposition (TWAEV) : Durée
moyenne limite qu'un travailleur peut
être exposé au milieu de façon
constante durant une journée ou une
semaine de travail.

70

Élargissement des vaisseaux
sanguins, essoufflement, pression
dans la région frontale

100

Valeur limite pour une exposition de
courte durée (valeur STEL) : Durée
limite qu'un travailleur peut être
exposé au milieu durant 15 minutes.

120

Essoufflement, céphalée avec
douleur intermittente aux tempes.

220

Céphalée, irritabilité, fatigue,
jugement affaibli, troubles de vision,
étourdissements.

350–520

Céphalée, confusion, perte de
conscience, affaissement

800–1220

Évanouissement, spasmes,
insuffisance respiratoire, décès si
l'exposition persiste

Plus de 2 000

Rapidement mortel

Ne laissez aucun obstacle limiter la

ventilation par les ouvertures des

espaces clos.

Ouvertures

obstruées

33 – 7

ACCUMULATION DE CONTAMINANTS
DANS DES AIRES NON CLASSÉES
ESPACES CLOS

Plusieurs aires de travail peuvent devenir dangereuses dû
aux produits utilisés ou le travail qui y est effectué. Ces
aires peuvent devenir mortelles même si elles ne sont pas
classées comme espaces clos selon les provisions du
règlement de la construction. 

Jours de toits, dômes et plafonds

Des travaux sont quelquefois requis à l'intérieur de jours
de toits nouvellement installés là où des vapeurs ou gaz
plus légers que l'air peuvent s'être accumulés. 

Les travailleurs doivent être conscients de ce danger. Ils
devraient quitter cette aire au premier symptôme

d'inconfort ou d'étourdissement et n'y retourner que
lorsque l'endroit aura été aéré positivement.

Respirer cet air vicié pourrait causer des étourdissements
ou des céphalées chez les travailleurs qui s'y introduisent.
Les étourdissements ou la désorientation peuvent
conduire à une chute. Dans ce cas également, quitter
l'aire et y effectuer une aération positive.

Mines souterraines, puits et tunnels

Ces espaces sont prévus pour y travailler et sont régis
par un règlement particulier. Ils peuvent présenter des
dangers physiques ou atmosphériques. Plusieurs services
utilitaires cheminent dans des tunnels ou à l'intérieur de
puits là où une atmosphère dangereuse peut s'y créer en
provenance de contenants ou opérations à la surface ou
être due à une fuite de conduites souterraines (telles la
tuyauterie d'opérations gazière/pétrolifère). 

Le travail dans les puits doit être soigneusement planifié.
Puisque ces travaux peuvent n'être que de courte durée,
et ne requièrent qu'une installation temporaire de
plateforme, il est fréquent que ceux-ci ne reçoivent pas
l'attention adéquate requise. 

En plus des aires déjà décrites, méfiez-vous des espaces
qui semblent être exemptes de danger, tels les sous-sols,
halls d'entrée et pièces de petites dimensions qui peuvent
devenir dangereuses, lorsque l'aération est insuffisante et
que des
matériaux ou
des procédés
dangereux y
sont
combinés
pour créer un
ou des
dangers
atmosphéri-
ques.

ESPACES CLOS

Étude de cas

Une équipe de construction vient de finir d'installer un trou
d'homme de 3,7 m (12 pi) de profondeur, sans incident.
Après que l'équipe ait quitté les lieux, 120 kg (265 lb)
d'explosif à base de nitroglycérine furent détonés dans
20 puits de 5,5 m (18 pi) de profondeur, chacun situé entre
12 et 18 m, (40 à 60 pi) du trou d'homme. Un travailleur qui
entra dans le trou d'homme 45 minutes après l'explosion
s'effondra peu de temps après, puis deux collègues de
travail y descendirent pour le secourir. Un des sauveteurs
remonta le travailleur inconscient puis s'affaissa à la surface
et l'autre sauveteur mourut dans le trou d'homme. 

Une enquête détermina que du monoxyde de carbone
dégagé de l'explosion avait migré dans le sol jusqu'au trou
d'homme. La concentration de monoxyde de carbone au
fond du trou d'homme deux jours après l'accident, était de
1 905 ppm (parties par million). Cette concentration était
bien supérieure à 1 200 ppm, la concentration classifiée
comme danger immédiat pour la vie ou la santé (DIVS).
Des mesures prises après la ventilation du trou d'homme
indiquèrent qu'une forte concentration de monoxyde de
carbone réapparut suite à la migration continue du gaz
dans le sol environnant. Des mesures subséquentes
indiquèrent un déclin du monoxyde de carbone dans le trou
d'homme durant les huit jours suivants.

Si un travailleur peut être affecté gravement en respirant

des émanations, du gaz, des poussières ou fumées

dangereuses, vous devrez alors effectuer une ventilation

adéquate par moyens naturels ou mécaniques. Si ceci n'est

pas possible, vous devrez alors procurer aux travailleurs un

équipement de protection respiratoire adéquat pour la

substance nocive. 

33 – 8

PLAN POUR CONTRÔLER LES

DANGERS

Lorsque l'évaluation a cerné les dangers,

une personne

compétente 

doit élaborer un plan pour éliminer ou contrôler les

dangers. 

L'objectif principal du plan est d'éliminer les dangers avant

l'entrée de travailleurs. Si ceci n'est pas possible, alors des
mesures de contrôle, des mesures physiques et une procédure
sécuritaire doivent être établies pour garantir que la santé et
sécurité des travailleurs ne soit pas menacée.

Si des espaces clos sont de construction semblable et
présentent les mêmes dangers, un plan unique peut être utilisé.
Quand bien même, chaque espace clos individuel devra être
identifié dans le rapport d'évaluation des dangers et le plan de
mesures établies.

Le plan est l'élément du programme soumis au plus grand
nombre d'exigences réglementaires. Le règlement souligne
onze exigences que le plan doit obligatoirement comprendre :

1) Devoirs et obligations des travailleurs

2) Document de coordination (préparé par le constructeur), si

des travailleurs de plus d'un sous-traitant entrent dans le

même espace clos 

3) Procédures de sauvetage sur place

4) Matériel de secours (inspecté par une personne

compétente) et systèmes de communication

5) Vêtements et équipements de protection

6) Isolation des sources d'énergie et contrôle des

mouvements de matières

7) Surveillants

8) Moyens adéquats d'accès et d'extraction (entrée et de

sortie)

9) Analyse et mesures de l'atmosphère (effectué par une

personne compétente)

10) Procédures adéquates pour travailler en présence de

substances inflammables ou explosives

11)Aération et purge

Nous traitons chacune de ces onze exigences obligatoires ci-
dessous.

1) DEVOIRS ET OBLIGATIONS DES
TRAVAILLEURS

a) Ne pas entrer dans l'espace clos ni y ré-entrer, si les lieux

on été laissés sans occupant ou surveillant, avant d'avoir
pris une autre mesure de la condition de l'air.

b) Connaître les dangers qui peuvent s'y trouver. Connaître

les voies d'exposition (p. ex. l'inhalation ou l'absorption
cutanée), les signes précurseurs et symptômes ainsi que
les réactions à long terme liés à l'exposition.

c) Connaître comment utiliser l'équipement adéquatement

(incluant les équipements de protection individuelle et les
outils).

d) Garder une communication permanente avec le surveillant

pour qu'il puisse contrôler la sécurité et déclencher l'alarme
d'évacuation des travailleurs de l'espace clos le cas
échéant.

e) Émettre un avis d'alarme au surveillant advenant :

– que vous reconnaissiez un signe avertisseur ou

ressentiez un symptôme d'exposition 

– que vous constatiez une condition dangereuse 

– qu'une alarme est activée.

f)

Sortir immédiatement de l'espace clos advenant :

– qu'un système d'avertissement indique une panne de

ventilation

–  le surveillant donne alors un ordre d'évacuation

– qu'un travailleur reconnaisse tout signe précurseur ou

symptôme d'exposition

– qu'une personne à l'intérieur détecte une situation

dangereuse

– qu'une alarme d'évacuation est activée.

2) COORDINATION

Lorsque les travailleurs de plus d'un employeur effectuent des
travaux dans le même espace clos, le constructeur doit
coordonner les entrées. Le constructeur doit préparer un
document de coordination pour garantir que les divers
employeurs effectuent leurs tâches de sorte à protéger la santé
et la sécurité de tous les travailleurs qui entrent dans l'espace
clos. 

Un exemplaire du document de coordination doit être fourni à
chaque employeur qui devra travailler dans les espaces clos
ainsi qu'au comité mixte sur la santé et la sécurité ou à son
représentant.  

ESPACES CLOS

PERSONNE COMPÉTENTE 

signifie une personne qui

a) est qualifiée en raison de ses connaissances, sa

formation et son expérience à 

organiser le travail 

et

son accomplissement

b) connaît bien la Loi sur la santé et la sécurité au travail

et les règlements qui s'appliquent au travail à

effectuer, et

c) connaît tous les dangers pour la santé et la sécurité

actuels ou potentiels du lieu de travail.

Chaque employeur est responsable de la santé et
sécurité de ses travailleurs et d'assurer la conformité aux
règlements. 

33 – 9

3) PROCÉDURES DE SAUVETAGE

Le plan de sécurité pour espace clos doit comprendre une
procédure de sauvetage sur place sécuritaire écrite qui pourra
être pratiquée immédiatement en cas d'urgence. Un nombre de
personnes adéquat doit être disponible pour effectuer la
procédure de sauvetage sur-le-champ. Ces personnes devront
être formées au sujet

a) des procédures de sauvetage sur place

b) des premiers soins et de la réanimation cardio-pulmonaire

(RCP)

c) de l'utilisation du matériel de secours nécessaire pour

effectuer le sauvetage.

4) MATÉRIEL DE SECOURS

Le matériel de secours doit être immédiatement disponible et
approprié à l'espace clos, et porter le sceau d'inspection d'une
personne compétente. La personne compétente qui inspecte ce
matériel doit conserver un registre des inspections effectuées.
Des exemples matériel de secours comprennent les harnais de
sécurité et cordes d'assurance, les systèmes de palans à
rappel, les appareils respiratoires et autres équipements de
protection individuelle. 

REMARQUE : 

Lors de la sélection du matériel de secours, il

faut tenir compte de la dimension de l'ouverture d'accès de
l'espace clos. Il sera inutile de planifier que les sauveteurs
portent un appareil respiratoire autonome (ARA) si ce dernier ne
passe pas dans l'ouverture.

Trop souvent, une intervention en cas d'urgence, incorrecte ou
inadéquate s'est soldée en de multiples décès. En voici deux
exemples : 

Un travailleur s'était effondré peu après avoir pénétré dans
un réservoir de dégazage. Son partenaire vint à sa
rescousse et s'effondra aussi. 

Un sous-traitant alla mesurer l'acidité d'une masse d'eau et
fût découvert flottant dans un puits du poste de pompage
au dessus du niveau du sol. L'employé qui le découvrit
composa le 911 et tenta de le secourir et succomba aussi.
Deux ambulanciers paramédicaux répondant à l'appel
furent également terrassés. Les quatre victimes sont
décédées.

Même avec l'entrée la mieux planifiée et exécutée, il y a
toujours une possibilité de changement soudain des conditions.
Le changement pourrait être dû à des facteurs déjà reconnus,
mais pour lesquels il n'existe pas de protection absolue, comme
une défectuosité d'un appareil respiratoire, l'apparition d'un
nouveau danger ou une perte de conscience due à une crise
cardiaque ou ou une maladie. Dans de tels cas, un plan de
sauvetage éprouvé et auquel le personnel s'est entraîné doit
être établi. 

5) VÊTEMENTS ET ÉQUIPEMENTS DE
PROTECTION INDIVIDUELLE

Les vêtements et équipements de protection adéquats pour un
certain type de matériau peuvent ne pas l'être pour d'autres
matériaux. Par exemple, le plastique de polychlorures de vinyle
(PVC) résiste à la plupart des acides, mais peut être amolli ou
percé par plusieurs solvants communs, tels le benzène, le
toluène et le xylène.

Pour cette raison, une personne compétente devrait évaluer les
vêtements et les équipements de protection requis (p. ex.,
gants, chaussures, habits à l'épreuve de produits chimiques,
survêtements à l'épreuve du feu, ainsi que les équipements de
protection auditive, respiratoire, visuelle et faciale). Et n'oubliez
pas que si les travailleurs ont besoin d'équipements de
protection individuelle, ils doivent être formés à leur utilisation. 

Les équipements de respiration autonome devraient être utilisés
là où il n'est pas pratique d'installer un système de ventilation ou
que ce dernier est inadéquat. Certaines règles de base
s'appliquent à l'équipement.

En premier lieu, le bon type d'appareil respiratoire doit être
sélectionné. Les atmosphères pauvres en oxygène nécessitent
un appareil approvisionné en air, soit un type à conduit d'air
avec réserve d'urgence montée ou un ARA (appareil respiratoire
autonome) comme ceux montrés à la page suivante.

Dans une atmosphère toxique, l'utilisation d'appareil de
protection respiratoire à alimentation d'air est de mise si la
concentration d'émanations ou de gaz excède le niveau
considéré comme présentant un danger immédiat pour la vie ou
la santé (DIVS) ou si la concentration est inconnue.

ESPACES CLOS

Composer le 911 n'est pas une intervention d'urgence
suffisante. 

Remarque pour l'utilisation d'un ARA : 

Puisque le

volume d'air des bonbonnes d'alimentation standard

pour ARA ne permet qu'une durée nominale de

fonctionnement, il est très important de planifier vos

tâches, et plus particulièrement les opérations de

sauvetage. Le travail ardu et le stress feront

augmenter le rythme de la respiration et l'air sera

utilisé plus rapidement que la durée nominale. Une

alarme retentit lorsque la réserve d'air est basse. 

N'oubliez pas que de se précipiter dans un endroit clos
pour secourir votre copain qui s'y est affaissé n'aurait que
de bonnes chances de vous mener à votre propre mort!
Les sauveteurs ne sont d'aucune utilité aux victimes s'ils
deviennent aussi victimes. Plusieurs cas de décès
multiples impliquent des sauveteurs potentiels qui ont
succombé en raison d'un manque de préparation. 

33 – 10

Lorsque la concentration d'émanations ou de gaz toxique est
au-dessus du niveau limite d'exposition, mais sous le seuil
DIVS, un appareil de protection respiratoire homologué par
« NIOSH » (National Institute of Occupational Safety and
Health) peut être utilisé, pourvu que les limites d'exposition
n'excèdent pas la capacité de l'appareil. La sélection du type
d'appareil de protection respiratoire approprié doit être faite par
une personne compétente dans ce domaine.

Les travailleurs qui devront porter ces appareils devront recevoir
une formation sur l'ajustage et l'entretien adéquats des appareils
de respiration. Pour obtenir de plus amples informations sur les
appareils de protection respiratoire, reportez-vous au chapitre
sur la Protection de l'appareil respiratoire humain du présent
manuel ou à la norme Z94.4-02 de l'Association Canadienne de
Normalisation (CSA) intitulée : 

Sélection, utilisation et entretien

d'appareils respiratoires (Selection, Use, and Care of
Respirators)
.

6) ISOLATION DE SOURCES D'ÉNERGIE ET
CONTRÔLE DES MOUVEMENTS DE
MATIÈRES

Les équipements qui ont des pièces mobiles (même en
rotation) doivent être isolés en 

débranchant et mettant l'équipement hors tension ou

en effectuant un cadenassage/étiquetage. Seuls les
employés formés pour le cadenassage/étiquetage
devraient effectuer cette procédure. Un
cadenassage/étiquetage devrait être fait même si la
première option est utilisée (débrancher et mettre
l'équipement hors tension).

Pour les équipements pneumatiques et hydrauliques, isolez la
source d'alimentation et dépressurisez les circuits d'alimentation.
Dépressurisez toute composante qui pourrait toujours être
pressurisée après que les conduites d'alimentation aient été
saignées (vérins hydrauliques par exemple). Vous devez ouvrir
les raccords des tuyaux entrant ou sortant de l'espace clos qui
transportent des solides ou des liquides et les vidanger ou
insérer des brides pleines d'obturation.

Si le tuyau ne peut être obstrué ou débranché, la soupape peut
être fermée, enchaînée, cadenassée et étiquetée pourvu que ce
type de contrôle,
et son
importance,
aient été
expliqués à tous
les travailleurs
de l'entourage.
La simple
fermeture de
soupape n'est
généralement
pas acceptée
comme
conforme. 

D'autre part, il se
pourrait qu'en
présence de certains équipements (comme les convoyeurs)
vous deviez faire un blocage mécanique pour prévenir tout
déplacement causé par la
gravité. 

Les équipements électriques
à l'intérieur de l'espace clos
doivent être isolés,
cadenassés, étiquetés et mis
à la terre lorsqu'il est possible
de le faire. 

Dans le cas de travaux sous
tension dans un espace clos,
il faudra porter une attention
particulière aux procédures
standard. Une erreur minime
dans une soute à ouverture à
trou d'homme peut conduire à
une catastrophe. 

Des conditions de travail dans
un espace exigu peuvent
augmenter le risque de
contact avec un fil sous
tension; des équipements non conducteurs pourraient alors être
nécessaires. 

Il est possible que des gants, tapis et autres équipements
d'isolation soient requis selon le type de travail à effectuer. Des
condensateurs ou autres composantes pouvant emmagasiner
des charges électriques devront être déchargés et/ou mis à la
terre.

ESPACES CLOS

N'utilisez pas de masques anti-poussière ou masques
chirurgicaux à bande élastique simple. Ils ne sont pas
approuvés par le NIOSH (National Institute for Occupational
Safety and Health). Le NIOSH est un organisme américain
qui détient l'autorité pour homologation des respirateurs.
Vous ne devez fournir à vos travailleurs que des respirateurs
homologués par le NIOSH. Tous les respirateurs
homologués par le NIOSH ont un numéro d'homologation
(commençant toujours par les lettres TC) apposé sur ceux-
ci.

Assurez-vous que votre respirateur possède toutes ses
pièces fonctionnelles. Puisque chaque fabricant a sa propre
conception, les pièces ne sont pas interchangeables entre
les différentes marques de respirateurs. Assurez-vous
d'utiliser les bonnes pièces d'installation (cartouches,
bonbonne d'air, etc.) pour la marque de respirateur que vous
possédez. N'utilisez jamais de cartouche ou bonbonne d'air
d'une autre marque. Ils ne s'ajusteront pas correctement et
mettront la vie du travailleur ou du sauveteur en danger. 

33 – 11

7) SURVEILLANT

Un surveillant doit être présent pour qu'un travailleur pénètre
dans un espace clos. Le surveillant n'est pas autorisé à entrer
dans l'espace clos à moins qu'il/elle soit remplacé par un autre
surveillant selon les directives du plan.

Le surveillant doit 

demeurer alerte à l'extérieur près de l'entrée 

être en communication permanente (visuelle ou verbale)
avec tous les travailleurs dans l'espace clos.

surveiller la sécurité des travailleurs à l'intérieur de l'espace
clos

au besoin, procurer de l'assistance

avoir un dispositif d'appel d'aide en cas d'urgence, et 

en cas d'urgence, initier un sauvetage adéquat.

8) ENTRÉE ET SORTIE (IMMISCION ET
EXTRACTION)

Le type d'accès et d'extraction peut être évalué avant
l'entrée actuelle en examinant les dessins, par
connaissance préalable ou simplement par une inspection
à partir de l'extérieur. 

L'ouverture d'entrée des espaces clos est généralement
étroite et mal située. Ces petites ouvertures doivent être
prises en compte dans l'élaboration du plan de sauvetage
puisqu'elles restreignent les mouvements des travailleurs
et les déplacements des équipements entrant et sortant
de l'espace clos. 

L'entrée et l'extraction par des ouvertures sur le dessus
de structures peut nécessiter l'utilisation d'échelles. Les
échelles doivent être bien fixées. Effectuer un sauvetage
d'urgence de travailleurs emprisonnés dans de telles aires
requiert une planification soignée et la répétition des
manœuvres à titre d'entraînement. 

9) VÉRIFICATION D'ATMOSPHÈRES

Si l'évaluation de dangers détermine qu'il y a des dangers
atmosphériques à l'intérieur de l'espace clos, vous devrez
effectuer une analyse et prendre des mesures de contamination
de l'atmosphère.

1) L'employeur doit désigner une personne compétente pour

prendre des mesures de façon sécuritaire avant et durant la
période de travail dans l'espace clos pour s'assurer que l'air
y est viable et que les contaminants sont en deçà des
limites acceptables. La personne compétente qui prendra
les mesures devra avoir reçu une formation sur le
fonctionnement, l'étalonnage et l'entretien des instruments
utilisés. La plupart des fabricants peuvent procurer la
formation nécessaire.

2) Si l'espace clos a été inoccupé et non surveillé, les

mesures devront être reprises.

3) La personne compétente prenant les mesures doit utiliser

des instruments adéquatement étalonnés et entretenus qui
sont appropriés aux contaminants présents dans l'espace
clos.

4) Les résultats de chaque échantillon mesuré doivent être

enregistrés sur le permis d'entrée. Si une surveillance de la
qualité de l'air est effectuée en continu, les mesures doivent
être enregistrées à intervalles réguliers et convenables. 

Instruments de détection de gaz

Les instruments de détection de gaz sont de types variés. Ils
peuvent être de type personnel ou pour l'aire générale, ou de
détection de gaz unique ou de plusieurs gaz, être des
détecteurs à capteur fixe, ou à capteurs interchangeables.

ESPACES CLOS

Le surveillant n'est pas autorisé à entrer dans l'espace
clos pour effectuer un sauvetage même après l'arrivée de
l'équipe de secours, à moins qu'il soit remplacé par un
autre surveillant selon les directives du plan. 

Instruments de

détection de gaz

Contrôle

individuel

Détecteur pour

l'entourage

Détecteur de gaz

unique

Détecteur de gaz

multiples

Capteurs

spécifiques

Capteurs

interchangeables

33 – 12

Un appareil de
surveillance porté par
un travailleur s'appelle
contrôle individuel. Le
contrôle individuel
fournit des
renseignements à
propos de la
concentration de
substances
dangereuses autour
du travailleur. Il est
particulièrement utile
lorsque le travailleur se déplace d'un endroit à un autre à
l'intérieur de l'espace clos. 

L'analyse d'échantillon se fait avant d'entrer ou de rentrer dans
l'espace clos. Une mesure doit être prise dans le plus d'endroits
possibles à l'intérieur de l'espace clos, incluant le fond, à une
hauteur médiane et dans les coins. 

Les détecteurs de gaz unique ne mesurent qu'un seul gaz
tandis que les appareils de surveillance de gaz multiples sont
disponibles avec une sélection de capteurs de différents gaz
toxiques et offrent la souplesse de mesurer plusieurs gaz
simultanément. La plupart des
appareils de surveillance de
gaz multiples comprennent un
capteur pour oxygène, un
capteur pour gaz combustibles
et inflammables et un ou deux
capteurs pour détecter des gaz
toxiques définis. Les
instruments à détection unique
et à détection multiple récents
ont la souplesse d'avoir des
capteurs interchangeables.
Vous pouvez échanger les
capteurs selon le milieu
d'application. Par exemple, un
détecteur de gaz unique utilisé pour mesurer la concentration de
sulfure d'hydrogène peut être utilisé pour mesurer la
concentration de monoxyde de carbone après le changement
du capteur. 

Étapes importantes à suivre si vous croyez
qu'il y a un danger atmosphérique

Sélectionnez les types d'instruments appropriés pour les
dangers identifiés dans l'évaluation et assurez-vous de la validité
de leur étalonnage. 

Vous devez comprendre les caractéristiques de l'aire de travail
pour choisir correctement les instruments. Différents types
d'espaces clos présentent différentes sortes de dangers de gaz
toxiques. Il existe des centaines d'émanations et de différents
gaz toxiques. Vous devez connaître les caractéristiques de
l'espace clos pour pouvoir déterminer les dangers possibles (par
élimination) et choisir l'équipement.  

Vous devez utiliser un appareil de surveillance étalonné capable
de mesurer l'atmosphère dangeureuse propre à l'espace clos.

Par exemple, si un équipement de chauffage au gaz propane
est utilisé à l'intérieur d'un espace clos, alors vous aurez besoin
d'appareils de surveillance étalonnés pouvant mesurer la
concentration d'oxygène, de monoxyde de carbone et de gaz
combustibles dans l'air. 

Vous devez étalonner, entretenir et utiliser les appareils selon
les directives de leurs fabricants.

Les résultats d'appareils ne peuvent être considérés comme
fiables si ceux-ci ne sont pas adéquatement étalonnés. Des
décès peuvent être causés par un appareil qui sous-estime les
conditions atmosphériques. 

ESPACES CLOS

AVERTISSEMENT

: Les détecteurs de gaz combustibles

ne devraient pas être utilisés dans des milieux à atmosphère
toxique. La plupart des détecteurs de gaz combustibles ne
répondent pas à de faibles concentrations de gaz. Par
exemple, le H2S est inflammable de 4,3 % à 44 %. Mais il
est immédiatement dangereux pour la vie avec haut risque
de décès (DIVS) à 100 parties par million (0,01 %) et ne
serait pas détecté à cette concentration par la plupart des
détecteurs de gaz combustibles. La plupart des autres gaz
toxiques qui sont également inflammables sont dangereux à
des concentrations bien en dessous de la LIE. 

La plupart des fabricants
d'instruments pour les
espaces clos offrent
maintenant des postes
d'accueil qui peuvent
étalonner
automatiquement les
instruments et imprimer
un rapport d'étalonnage.
Les postes servent
également pour remiser
et recharger les
instruments.

 

 

 

 

 

 

 

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