Manuel de santé et sécurité de l'industrie de la construction (2008) - 6

 

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Manuel de santé et sécurité de l'industrie de la construction (2008) - 6

 

 

15 – 16

PROTECTION DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE

15 – 16

Guide de sélection d'un respirateur pour les principales activités de construction

N = Non résistant à l'huile    R = Résistant à l'huile      P = imPerméable à l'huile     
OV = Cartouche pour vapeur organique

Exposition à d'autres poussières ou à d'autres fibres

Enlèvement de matériaux de toiture
(toiture multicouche, sans amiante)

R ou P

R ou P

R ou P

Méthode de nettoyage à sec à la
suite d'une activité de sablage

Dans le cas d'applications à court terme ou 

d'application utilisant des outils ou de

l'équipement muni de mesures de contrôle

adéquates 

(ventilation locale ou eau), 

un respirateur demi-masque 

peut être approprié.

N, R, ou P

Poussière de bois, y compris le
bois imprégné sous pression

N, R, ou P

N, R, ou P

Ponçage du revêtement de plancher
de vinyle ou du plancher stratifié

N, R, ou P

N, R, ou P

Fibres vitreuses synthétiques (fibres minérales fabriquées)

installation, enlèvement ou soufflage
de cellulose, de fibre de verre, de laine
minérale ou de silicate de calcium

N, R, ou P

N, R, ou P

N, R, ou P

N, R, ou P

Installation de fibres de céramique
réfractaire (pouvant contenir de la
silice)

N, R, ou P

Enlèvement de fibres de céramique
réfractaire (pouvant contenir de la silice)

N, R, ou P

Efficacité et type du filtre

95

100

95

100

Vapeur

organique 

95+

vapeur

organique

100+

vapeur

organique

95

100

100+

vapeur

organique

HEPA

Facteur de protection établi*
(NIOSH 1987)

10

10

10

10

10

10

10

10

50

50

50

1 000

10 000

Épuration d'air

Adduction d'air

Demi-masque

Masque complet

Respirateur

d’épuration

d'air motorisé

(PAPR)

à masque

étanche

Cagoule

ou casque

Type CE

du NIOSH,

pression

positive

(par

pression)

Demi-

masque,
pression

positive

(par

pression)

RA ou 

RA +

adduction

d'air pur,

masque

complet et

pression

positive

Masque filtrant

Masque élastomérique

15 – 17

PROTECTION DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE

15 – 17

**

Dans certaines circonstances, il peut être nécessaire de se protéger contre l'ozone. Communiquez avec le fabricant de respirateurs.

Divers

Adhésif époxyde (utilisation à
grande échelle)

Solvants, adhésifs et époxy (à
petite échelle)

R ou P

Produit de calfeutrage, à base de
solvant, utilisé à grande échelle

R ou P

Huile de coffrage pulvérisée

R ou P

Revêtement

R ou P

Guide de sélection d'un respirateur pour les principales activités de construction

N = Non résistant à l'huile    R = Résistant à l'huile      P = imPerméable à l'huile     
OV = Cartouche pour vapeur organique

Soudage ou coupage à la flamme

Toute activité de soudage dans un
espace confiné lorsque l'atmosphère
n'est pas surveillée

Aluminium**

N, R, ou P

N, R, ou P

Acier doux

N, R, ou P

N, R, ou P

Acier inoxydable

N, R, ou P

N, R, ou P

Métal galvanisé ou plaqué

N, R, ou P

N, R, ou P

Acier peint à la peinture au plomb : Coupage à
la flamme ou soudage, court terme,
occurrence unique, matériau pré-dénudé

N, R, ou P

N, R, ou P

Soudage ou coupage à température
élevée à l'intérieur ou dans un endroit
confiné d'un enduit ou d'un matériau 
contenant du plomb

N, R, ou P

Efficacité et type du filtre

95

100

95

100

Vapeur

organique 

95+

vapeur

organique

100+

vapeur

organique

95

100

100+

vapeur

organique

HEPA

Facteur de protection établi*
(NIOSH 1987)

10

10

10

10

10

10

10

10

50

50

50

1 000

10 000

Épuration d'air

Adduction d'air

Demi-masque

Masque complet

Respirateur

d’épuration

d'air motorisé

(PAPR)

à masque

étanche

Cagoule

ou casque

Type CE

du NIOSH,

pression

positive

(par

pression)

Demi-

masque,
pression

positive

(par

pression)

RA ou 

RA +

adduction

d'air pur,

masque

complet et

pression

positive

Masque filtrant

Masque élastomérique

16 – 1

PROTECTION DES MAINS ET DE LA PEAU

16 PROTECTION DES MAINS 

ET DE LA PEAU

Dans le domaine de la construction, les mains et la peau
exposés risquent des dangers physiques, chimiques et
radiants. Souvent la protection de la peau et des mains
constitue la seule façon pratique de prévenir les blessures
causées par des

dangers physiques, comme le bord aiguisé ou dentelé des
matériaux et des outils, la chaleur, la vibration

les produits chimiques corrosifs ou toxiques

les radiations ultraviolettes.

Les dangers physiques

Dans le cas des dangers physiques, comme les bords
coupants, les échardes et la chaleur, les gants de cuir offrent la
meilleure protection. De fait, les gants de coton et d'autres
matériaux ne sont pas suffisamment résistants; on les
recommande uniquement dans le cas des travaux légers.

Les vibrations émises par les outils et l'équipement peuvent se
répercuter dans les mains et les bras. Il peut en résulter la
maladie des vibrations. Cette maladie cause les changements
suivants dans les doigts et les mains :

des problèmes de circulation, comme une décoloration
blanchâtre ou bleuâtre, particulièrement après une exposition
au froid; 

des problèmes sensoriels, comme des engourdissements et
des picotements;

des problèmes musculosquelettiques, comme des difficultés
de motricité fine, par exemple, pour ramasser de petits
objets.

Les travailleurs utilisant quotidiennement des outils vibrants,
comme un marteau perforateur, une meule, une riveteuse ou
un compacteur, peuvent développer la maladie des vibrations.
Pour prévenir cette maladie, les employeurs et les employés
doivent coopérer.

Employeurs

Fournir des outils motorisés comportant des dispositifs
d'atténuation des vibrations.

Revoir les durées d'exposition et permettre des pauses de
repos loin des outils vibrants.

Assurer un bon entretien des outils (les meules et les paliers
usés peuvent produire une vibration plus intense).

Former en techniques de prévention les travailleurs exposés
aux vibrations.

Fournir des gants antivibrations.

Travailleurs

Lorsque la température ambiante est plus fraîche, porter des
vêtements appropriés pour maintenir la température
corporelle.

Autant que possible, porter des gants.

Porter des gants antivibrations au moment d'utiliser des outils
ou de l'équipement motorisé.

Éviter de fumer (le tabagisme contribue au développement
des problèmes de circulation sanguine).

Signaler immédiatement tout outil fonctionnant mal.

Les dangers chimiques

À des fins de protection contre les dangers chimiques, la fiche
signalétique des produits utilisés doit indiquer s'il faut porter des
gants pour manipuler le produit et, le cas échéant, le type de
gant à porter. La fiche signalétique de tous les produits utilisés
doit être accessible sur place.

Tableau 8 :  Tableau de sélection des gants

Le tableau 8 indique le matériau dont doivent être faits les
gants pour protéger contre des produits chimiques qui peuvent
causer des lésions cutanées. On peut utiliser cette information
si une fiche signalétique n'indique pas le type de gant à porter
pour protéger d'un produit précis.

ATTENTION :

Les matériaux de gant communs offrent une

protection limitée et ne protègent pas contre tous les
dangers. Certains solvants, dégraissants et autres liquides
peuvent pénétrer dans le caoutchouc, le néoprène ou le
PVC ou le dissoudre.

Les radiations ultraviolettes.

Depuis quelques années, on se préoccupe de plus en plus des
risques pour la santé liés à l'exposition aux rayons ultraviolets
(UV) du soleil. Parce qu'ils travaillent souvent à l'extérieur, les
travailleurs de la construction sont particulièrement à risque.

Parmi les effets à long terme de l'exposition aux UV, on compte
le cancer de la peau. Chaque année, on remarque une
croissance alarmante de cas de cancer de la peau. La lumière
du soleil est la principale source connue de rayons UV pouvant
endommager la peau et causer un cancer cutané.  L'exposition
aux rayons UV du soleil est reconnue partout comme une
cause de cancer de la peau 

facilement évitable

.

Le mélanome est le type de cancer cutané le moins connu,
mais le plus dangereux. Le nombre d'occurrences de
mélanome chez les hommes croît beaucoup plus rapidement
que dans le cas de tous les autres types de cancer. Selon
l'Association canadienne de dermatologie (ACD), le taux de
mortalité due au mélanome malin est en croissance,
particulièrement chez les hommes d'âge moyen.  

Les mélanomes apparaissent le plus souvent dans le haut du
dos, sur la tête et sur le cou. L'ACD fait également remarquer
qu'il y a également une période de latence de 10 à 30 ans
avant l'apparition clinique du cancer de la peau. Voilà pourquoi 

Dénomination chimique

Type de gant

Acétone

Butylcaoutchouc

Cellosolve

PVA, PVC, néoprène

Acétate de 2-éthoxyéthyle 

PVA, PVC

Cyclohexane

NBR, Viton

®

Hexane

Néoprène, NBR, PVA

Méthanol

Néoprène, caoutchouc, NBR

Chloroéthène PVA, 

Viton

Dichlorométhane PVA, 

Viton

Méthyl acétone

Butylcaoutchouc

Isobutyl méthyl cétone

Butylcaoutchouc, PVA

Essences minérales

Néoprène

Pétrole

NBR, PVA

Tétrachlorure d'éthylène

NBR, PVA, Viton

Solvant Stoddard

PVA, NBR, caoutchouc

Toluène

PVA, Viton

Térébenthine

PVA, NBR

Trichloroéthylène

PVA, Viton

1, 1, 1 Trichloroéthane

PVA, Viton

1, 1, 2 Trichloroéthane

PVA, Viton

Xylène

PVA, Viton

PVA

– Alcool polyvinylique

PVC

– Polychlorure de vinyle

NBR

– Caoutchouc nitrile

Viton

®

il est important pour les jeunes travailleurs d'être prudents face
aux effets cumulatifs des expositions non protégées au soleil.
Plus ils passent de temps au soleil sans protection, plus grand
est le risque de développement d'un cancer cutané.

Même si la plupart des travailleurs de la construction se
protègent les bras, les jambes et le torse, leur visage et leur
cou demeurent exposés aux rayons nocifs du soleil. De plus,
on oublie souvent de protéger des zones comme le dessus
des oreilles et les lèvres contre les rayons du soleil.

Le type de cancer qui se développe sur les oreilles ou les
lèvres présente de hauts risques de se propager à d'autres
parties du corps et entraîner la mort. Des mélanomes peuvent
aussi apparaître sur une zone de la tête ou du cou qui a été
exposée au soleil.

De fait, la majorité des cancers de la peau (deux sur trois)
apparaissent sur la tête ou le cou, ensuite ce sont les avant-
bras et le dessus des mains qui sont le plus touchés. Les
travailleurs négligent trop souvent des endroits et les exposent
aux effets nocifs des rayons UV.  

Voici quelques facteurs de risques menant au développement
d'un cancer de peau :

-

la peau pâle brûlant facilement 

-

des coups de soleil vésicants durant l'enfance et
l'adolescence 

-

des antécédents familiaux de mélanome 

-

une grande quantité de taches de rousseur ou de grains de
beauté. 

En plus des effets nocifs de la lumière directe du soleil, certains
travailleurs peuvent être exposés aux rayons indirects. Ils
peuvent être exposés à des radiations supplémentaires s'ils se
trouvent sur une surface reflétant la lumière directe du soleil.
Les surfaces réflectives comme le béton, l'eau, la tôle d'acier
ondulée non peinte, des fenêtres des bâtiments et l'aluminium
peuvent accroître la quantité d'UV à laquelle un travailleur est
exposé.

Le casque de protection constitue une autre source de rayons
UV indirects.  Ces rayons peuvent se refléter du casque au
visage d'un travailleur, augmentant ainsi la quantité de rayons
UV auxquels le travailleur est exposé.

Tous les travailleurs de construction sont à risque, mais ceux
qui n'ont pas accès facilement à une zone ombragée ou qui
travaillent en hauteur courent de plus grands risques d'une
surexposition aux rayons UV. Voici certains des corps de
métiers qui courent le plus grand risque :

-

finissage du béton

-

couvreurs

-

armaturiers

-

coffreurs sur les grattes-ciels et les lieux résidentiels

-

chantiers routiers

-

signaleurs routiers

-

ferronniers.

De plus, les sites exposés au sud offrent moins d'ombre et une
plus grande exposition aux rayons UV.

Rappelez-vous : même les jours de brume ou nuageux, les
rayons UV peuvent pénétrer l'atmosphère et vous brûler la
peau. 

Que peuvent faire les travailleurs?

Appliquez un écran solaire à large spectre offrant un facteur
de protection solaire (FPS) d'au moins 15 sur toute la peau
exposée. Assure-vous de bien couvrir les oreilles et l'arrière
du cou. Appliquez l'écran solaire de 20 à 30 minutes avant
d'aller au soleil. Appliquez-en de nouveau toutes les deux
heures. 

Utilisez un baume pour les lèvres offrant un FPS d'au moins
15 et remettez-en toutes les deux heures. On peut
développer des cancers cutanés sur les lèvres.

Vous pouvez utiliser du tissu pour vous protéger davantage
l'arrière du cou en bloquant les rayons du soleil. On offre sur
le marché des protecteurs de cou qui se fixent sur votre
casque de protection.

Portez des lunettes de sécurité absorbant les rayons UV (les
lunettes de polycarbonate homologuées par la CSA offrent
cette caractéristique).  

Portez des vêtements qui couvrent la plus grande surface de
peau possible. Les tissus tissés serrés offrent une plus
grande protection, car ils bloquent physiquement les rayons
UV. 

Si vous suez abondamment, appliquez de l'écran solaire plus
souvent.  De plus, lorsque vos vêtements sont trempés, leur
capacité à bloquer les rayons UV diminue. Assurez-vous
d'avoir des vêtements secs de rechange au besoin. 

Essayez de trouver un endroit à l'ombre pour prendre votre
pause et votre repas. 

Portez un casque à large bord pour vous protéger le visage
et le cou du soleil.  Ajoutez une protection antiéblouissement
sous la visière de votre casque pour aider à réduire les reflets
de rayons UV.

Examinez régulièrement votre peau pour remarquer tout
changement anormal. Le signe le plus important de cancer
de la peau est une tache sur la peau qui change de taille, de
forme ou de couleur. Parmi les autres signes de danger, on
compte les blessures qui guérissent mal et des zones de
peau qui pèlent. Soyez particulièrement attentifs aux grains
de beauté qui grandissent ou qui deviennent irréguliers,
particulièrement s'ils sont de plusieurs couleurs. Si vous
détectez toute anomalie, consultez immédiatement un
médecin. 

Presque tous les cancers de peau détectés

rapidement peuvent être guéris.

Que peuvent faire les employeurs?

Fournissez aux travailleurs un écran solaire à large spectre
offrant un FPS de 15 ou plus.

Assurez-vous que les travailleurs disposent d'un endroit
ombragé pour prendre leurs pauses et leurs repas. 

S'il est possible de le faire, faites la rotation des travailleurs
dans les zones ombragées du chantier. 

Expliquez aux travailleurs les dangers des rayons UV.

Assurez-vous que les travailleurs utilisent des lunettes de
sécurité absorbant les rayons UV. 

On peut prévenir la majorité des cancers de la peau. Le fait
de prendre des précautions de base peut réduire
considérablement les effets sur la santé de l'exposition
chronique au soleil.

16 – 2

17 – 1

VÊTEMENTS DE SÉCURITÉ À HAUTE VISIBILITÉ

17 VÊTEMENTS DE SÉCURITÉ 

À HAUTE VISIBILITÉ

Le règlement de la construction (Règl. de l'Ont. 213/91)
stipule que tout travailleur d'un chantier dans le cadre duquel
les véhicules de la circulation constituent un danger doit
porter un vêtement lui procurant un haut niveau de visibilité.

Les vêtements de sécurité à haute visibilité comportent deux
caractéristiques distinctives.

Matériaux de base

Le tissu utilisé pour fabriquer le vêtement. Il doit être orange
fluorescent ou orange vif et procurer une visibilité accrue le
jour. La couleur orange fluorescent offre une meilleure
visibilité; elle est donc recommandée.

Bandes rétroréfléchissantes

Les bandes doivent être fluorescentes et rétroréfléchissantes.
Elles doivent être disposées sur le vêtement de la façon
suivante : deux bandes verticales à l'avant et deux bandes en
X à l'arrière. Les bandes doivent être jaunes et d'une largeur
de 50 mm. Les bandes rétroréfléchissantes doivent procurer
au travailleur une meilleure visibilité dans des conditions de
faible luminosité et la nuit. 

Dans le cas du travail de nuit, il est nécessaire d'avoir des
bandes rétroréfléchissantes supplémentaires sur les bras et
les jambes. Une des façons de respecter cette exigence est
de demander aux travailleurs de porter une combinaison
orange fluorescente comportant des bandes
rétroréfléchissantes.

Évaluation du risque

Avant de choisir des vêtements de protection à haute
visibilité, évaluez le risque à atténuer. Les travailleurs qui
nécessitent la plus grande visibilité, comme les travailleurs
des chantiers routiers, doivent porter des vêtements qui les
rendent très visibles dans les conditions attendues.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les
vêtements de sécurité à haute visibilité, consultez la
norme Z96-02 de la CSA.

18 – 1

18 GARDE-CORPS 

Un travailleur qui risque de tomber une certaine distance (voir plus
bas) doit être protégé par un système de garde-corps ou, si un tel
système ne peut être mis en place, par un système de limitation
du déplacement, un système de limitation des chutes, un système
antichute ou un filet de sécurité. Souvent, le garde-corps est le
moyen le plus fiable et le plus pratique de protéger un travailleur
contre les chutes; il faut donc l'envisager avant tout autre.

Il faut utiliser des garde-corps ou, s'il n'est pas pratique d'installer
des garde-corps, un autre moyen de protection contre les chutes
si 

un travailleur risque de tomber de plus de 3 m (10 pi) de tout
emplacement

il existe un risque de chute de plus de 1,2 m (4 pi), si la zone
de travail sert à voyager une brouette ou tout équipement
similaire

un travailleur a accès au bord non protégé de l'une des
surfaces de travail suivantes et risque une chute de 2,4 m
(8 pi) ou plus :

un plancher, y compris le plancher d'une mezzanine ou
d'un balcon

la surface d'un pont

le toit, lorsque le coffrage est en place

un échafaudage ou toute autre plateforme, passerelle
ou rampe.

il y a des ouvertures dans le plancher, le toit ou toute autre
surface de travail non couverte ou non protégée

des bords de coffrage de plancher ou de toit ne sont pas
protégés

un travailleur risque de tomber dans l'eau, doit utiliser de la
machinerie ou manipuler des substances dangereuses.

Voici des exigences minimum relatives aux garde-corps de bois
(figure 33)

La traverse supérieure, la traverse centrale et le garde-pied
doivent être fixés aux montants verticaux

La hauteur de la traverse supérieure doit se situer entre
0,9 m (3 pi) et 1,1 m (3 pi 7 po).

Le garde-pied doit avoir une hauteur d'au moins 100 mm
(4 po), de 89 mm (3-1/2 po) s'il est en bois, et doit être installé
contre la surface.

Les montants verticaux doivent être installés à une distance
maximale de 2,4 m (8 pi).

D'autres systèmes seront acceptables s'ils sont aussi solides et
durables qu'un garde-corps en bois ayant les mêmes dimensions
minimales.

Il ne faut pas installer les garde-corps à plus de 300 mm d'un
bord.

un garde-corps doit pouvoir résister, n'importe où sur la longueur
et sans dépasser le stress permis pour les matériaux utilisés, aux
charges suivantes appliquées séparément :

une charge concentrée de 675 newtons (150 lb) appliquée
latéralement sur la traverse supérieure

une charge concentrée de 450 newtons (100 lb) appliquée
verticalement, vers le bas, sur la traverse supérieure

une charge concentrée de 450 newtons (100 lb) appliquée
verticalement ou horizontalement sur la traverse centrale

une charge concentrée de 225 newtons (50 lb) appliquée
latéralement sur le garde-pied.

Soutien

La figure 33 présente les méthodes habituelles de soutien des
garde-corps en bois. Les montants verticaux doivent être fixés à
la traverse supérieure, être arrimés, puis fixés solidement au
plancher ou à la dalle.

Il faut placer une planche de contreplaqué par-dessus ou en
dessous des vérins d'étai utilisés comme montants verticaux.
Vissez le tout et revérifiez l'assemblage régulièrement.

GARDE-CORPS

Système de garde-corps à cordon

Clôture de protection fabriquée

Figure 34

Figure 33

18 – 2

Dans le cas des dalles et de l'extrémité de coffrage volant, il est
possible de fixer des montants fabriqués sur le béton à l'aide de
pinces ou d'encrages encastrés (figure 35).

Résistance maximum

Pour renforcer les garde-corps, il faut réduire l'espace entre les
montants verticaux à entre 1 et 2 mètres (3 pi 4 po et 6 pi 8 po) et
doubler la traverse supérieure en 2 x 4. Les montants verticaux
des garde-corps en bois ne doivent pas être espacés de plus de
2,4 m (8 pi).

S'il est nécessaire de retirer le garde-corps, il faut protéger le bord
par un cordon et poser des affiches d'avertissement. Les
travailleurs dans cette zone doivent alors utiliser un système
antichute ou de limitation des chutes (figure 36).

Ouvertures dans le plancher

Les garde-corps sont la méthode recommandée pour
protéger les travailleurs près d'une ouverture dans le
plancher, mais ils ne peuvent pas toujours être utilisés. Une
voie d'accès restreinte, par exemple, peut en empêcher
l'utilisation. Dans un tel cas, la meilleure méthode de
rechange est un couvercle (planches, contreplaqué ou
plaques d'acier) bien fixé.

Utilisez des planches d'épinette nº 1 de 48 mm x 248 mm
(1 7/8 po x 9 3/4 po)  pleine longueur.

Utilisez de la peinture voyante pour bien signaler le
couvercle. Apposez une affiche d'avertissement –
DANGER! OUVERTURE – NE PAS ENLEVER! NE PAS
CHARGER!

Fixez solidement le couvercle au plancher pour empêcher
les travailleurs d'enlever le
couvercle et de tomber dans
l'ouverture.

Escalier

Le bord non protégé d'un escalier
doit être protégé d'un garde-corps.
La figure 37 présente les
caractéristiques d'un garde-corps
en bois.

GARDE-CORPS

Vérin d'étai vertical

Montants verticaux à serre-joint

Montant vertical

Manchon coulé

Pince
Assujettissement 
Montants verticaux

Figure 35

Figure 37

Garde-corps d'escalier

2,4 m

(8 pi) max.

Fixer des angles pour solidifier

les montants verticaux

Traverse supérieure –

2 x 4 po doublé

850

mm

(34

po)

Antichute

Limitation du

déplacement

6

pi,

  6

po

6

pi,

  6

po

19 PROTECTION INDIVIDUELLE 

CONTRE LES CHUTES

Un travailleur qui risque de tomber une certaine distance (voir le
chapitre sur les garde-corps) doit être protégé par des garde-
corps ou, si un tel système ne peut être mis en place, par un
système de limitation du déplacement, un système de limitation
des chutes, un système antichute ou un filet de sécurité. Le
présent chapitre porte sur les systèmes de limitation du
déplacement et les systèmes antichute.

L'équipement de protection individuelle contre les chutes
comporte les éléments indiqués dans l'illustration suivante.

Cet équipement peut être utilisé avec un système de limitation
du déplacement ou un système antichute.

Systèmes de limitation du déplacement

Un système de limitation du déplacement laisse un travailleur
avancer suffisamment pour atteindre le bord d'une structure,
mais pas assez pour tomber au-delà de celle-ci.

Un système de limitation du déplacement de base consiste en :

un harnais de sécurité homologué par la CSA;

un cordon d'assujettissement;

une corde d'assurance;  

un coulisseau de sécurité pour fixer le harnais ou le cordon
d'assujettissement à la corde d'assurance;

des ancrages adéquats (pouvant supporter une charge
statique de 2 kilonewtons, 450 lb, et présentant un facteur

de sécurité d'au moins 2, c'est-à-dire 4 kilonewtons ou
900 lb).

Il faut prévoir soigneusement le système de limitation du
déplacement, particulièrement en regard :

-

de la sélection des composants appropriés;

-

du repérage des points d'ancrage appropriés;

-

du repérage de tous les dangers de chute dans la zone de
travail proposée.

Choisissez un point d'ancrage qui est, le plus possible :

-

perpendiculaire au bord non protégé, et

-

au centre de la zone de travail.

Il faut repérer tous les dangers de chute de la zone de travail.
Portez une attention particulière aux zones ayant un périmètre à
la forme irrégulière, des ouvertures dans le plancher ou des
emplacements près des coins.

Une corde d'assurance entièrement tendue peut procurer à un
travailleur la protection dont il a besoin contre les chutes dans
une section de la zone et être trop longue et n'offrir aucune
protection dans une autre section.

On emploie couramment deux méthodes de limitation du
déplacement dans le domaine de la construction.

1)

Raccorder une corde d'assurance adéquatement ancrée
directement à l'anneau en D du harnais de sécurité du
travailleur. Il est absolument essentiel que la longueur de la
corde d'assurance, mesurée depuis le point d'ancrage, soit
suffisamment courte pour protéger le travailleur de tout
danger de chute.

2)

Fixer le cordon d'assujettissement de l'anneau en D du
harnais de sécurité au coulisseau d'un cordon
d'assujettissement adéquatement ancrée. La corde
d'assurance doit comporter un moyen, un nœud par
exemple, d'empêcher le coulisseau de glisser le long de la
corde d'assurance jusqu'à un point où le travailleur n'est
plus protégé des chutes.

Peu importe la méthode utilisée, la méthode un ou deux, il faut
ajuster le système de façon à ce que la corde d'assurance ou le
cordon d'assujettissement, une fois entièrement étiré, empêche
le travailleur d'atteindre un endroit où il pourrait tomber. Le
système doit également être ancré de façon sécuritaire.

Systèmes antichute

Lorsqu'il n'est pas possible de protéger les travailleurs à l'aide
de garde-corps ou de systèmes de limitation du déplacement, il
faut les protéger de l'une des façons suivantes :

-

un système de limitation des chutes

-

un filet de sécurité

-

un système antichute.

Advenant une chute, ces systèmes empêcheront le travailleur
d'atteindre le sol, l'étage précédent ou tout autre objet plus bas.

Un système de limitation des chutes est conçu pour limiter la
chute d'une personne à une distance de 0,6 m (2 pi). Un type
utilise une longe en sangle fixée à une traverse de sécurité
d'une échelle fixe.

Un système de filet de sécurité doit être mis au point par un
ingénieur. On installe ce type de système sous une surface de
travail présentant des dangers de chute.

Un système antichute 

doit comprendre un harnais de sécurité homologué par la
CSA;

doit inclure un cordon d'assujettissement muni d'un
absorbeur d'énergie, à moins qu'un travailleur en chute
puisse heurter le sol ou tout autre objet ou étage en
dessous de la zone de travail à cause de celui-ci;

doit inclure un soutien fixe adéquat; le harnais doit y être
relié par une corde d'assurance ou un cordon 

Mousquetons

à

verrouillage  Coulisseau

Vers un point

d'ancrage adéquat

Cordon

d'assujettissement

en tissu tissé

Corde

d'assurance

Harnais

de

sécurité

Absorbeur

d'énergie

PROTECTION INDIVIDUELLE CONTRE LES CHUTES

19 – 1

d'assujettissement et une corde d'assurance;

doit empêcher un travailleur en chute de heurter le sol ou
tout autre objet ou étage en dessous de la zone de travail;

ne doit pas soumettre un travailleur en chute à une force de
plus de 8 kilonewtons au bout de sa chute.

Le règlement de la construction (Règl. de l'Ont. 213/91) exige
que

tout l'équipement de protection contre les chutes soit
inspecté par un travailleur pour découvrir tout dommage,
déchirure et défaut évident éventuel avant chaque
utilisation;

tout travailleur nécessitant de l'équipement de protection
contre les chutes reçoive de la formation quant à l'utilisation
sûre et à l'entretien approprié de cet équipement.

Il faut remplacer tout composant défectueux par un autre
composant respectant ou dépassant les normes de rendement
minimales du fabricant pour ce système précis.
Le règlement exige également qu'un système ayant empêché
une chute ne soit plus utilisé avant que le fabricant certifie que
l'équipement peut être réutilisé de façon sécuritaire.
Avec tous les travailleurs qui reçoivent de la formation sur
l'équipement de protection contre les chutes, il faut revoir
attentivement les instructions du fabricant pour chaque
composant et porter particulièrement attention aux
avertissements et aux limites.

Composants

L'Association canadienne de normalisation (CSA) dicte des
normes minimum pour la plupart des composants d'un système
de protection individuel contre les chutes :

-

CAN/CSA-Z259.1-M99 – 

Ceintures de sécurité et les

cordons d'assujettissement

-

CAN/CSA-Z259.2,1-M98 – 

Dispositifs antichutes, cordes

d'assurance verticales et guides

-

CAN/CSA-Z259.2.2-M98 – 

Dispositifs à cordon

autorétractable pour dispositifs antichutes

-

CAN/CSA-Z259.2.3-M98 – 

Dispositifs descenseurs

-

CAN/CSA-Z259.10-M90 – 

Harnais de sécurité 

-

CAN/CSA-Z259.111-M92 – 

Absorbeurs d'énergie et cordons

d'assujettissement 

-

CAN/CSA-Z259.12-01 – 

Accessoires de raccordement pour

les systèmes personnels de protection contre les chutes

.

Dans le cas de n'importe quel composant qui n'est pas couvert
par ces normes, il faut s'assurer auprès du fabricant que le
composant est approprié au système envisagé.
La résistance minimum d'un système dépend si celui-ci utilise
un absorbeur d'énergie ou non.

Dans le cas d'un système 

sans 

absorbeur d'énergie, tous

les composants, y compris la corde d'assurance et les
ancrages de la corde d'assurance, doivent pouvoir
supporter une charge statique d'au moins 8 kilonewtons
(1 800 lb) sans dépasser le stress permis pour le matériau
utilisé dans la fabrication de chaque composant.

Dans le cas d'un système 

avec 

absorbeur d'énergie, tous

les composants, y compris la corde d'assurance et les
ancrages de la corde d'assurance, doivent pouvoir
supporter une charge statique d'au moins 6 kilonewtons
(1 350 lb) sans dépasser le stress permis pour le matériau
utilisé dans la fabrication de chaque composant.

Au moment de concevoir l'un ou l'autre de ces systèmes, il est
recommandé d'appliquer un facteur de sécurité d'au moins deux
à la charge minimale indiquée. En pratique, cela signifie que les
ancrages doivent être suffisamment solides pour supporter une
petite voiture (environ 3 600 lb / 1 633 kg).

Corde d'assurance

Il existe trois types de corde d'assurance :

1)

verticale 

2)

horizontale 

3)

rétractable

Il faut inspecter toutes les cordes d'assurance tous les jours
pour s'assurer :

-

qu'elles ne présentent aucune coupure, brûlure, éraillure,
abrasion ou tout autre signe de dommage;

-

qu'elles ne sont pas décolorées ou friables, ce qui
indiquerait une exposition à la chaleur ou aux produits
chimiques.

1)

Corde d'assurance verticale 

La corde d'assurance verticale doit être conforme à l'édition
courante de la norme CSA applicable et doit respecter les
exigences minimum suivantes :

-

Une seule personne à la fois peut utiliser une corde
d'assurance.

-

Une corde d'assurance verticale doit atteindre le sol ou un
étage où le travailleur peut quitter la zone en toute sécurité.

-

Une corde d'assurance verticale doit comporter une butée
positive empêchant le coulisseau de sortir au bout de la
corde d'assurance.

Une corde d'assurance verticale est habituellement faite de
corde synthétique (mélange de polypropylène) de 16 mm
(5/8 po) de diamètre.

2)

Corde d'assurance horizontale 

Les exigences s'appliquent à tout système de corde

d'assurance horizontale :
-

Le système doit être conçu par un ingénieur et doit
respecter les bonnes pratiques d'ingénierie.

-

La conception peut être standard ou avoir été élaborée
spécialement pour le site.

La conception d'un système de corde d'assurance
horizontale doit :

indiquer clairement la façon dont le système doit être
disposé, y compris comment et où il doit être ancré;

indiquer la liste de tous les composants nécessaires
et préciser ceux-ci; 

indiquer clairement le nombre de travailleurs qui
peuvent utiliser simultanément de façon sécuritaire la
corde d'assurance;

énoncer clairement les instructions d'installation,
d'inspection et d'entretien;

PROTECTION INDIVIDUELLE CONTRE LES CHUTES

19 – 2

indiquer toutes les charges de calcul utilisées pour
concevoir le système.

Il faut installer le système, l'inspecter et en faire l'entretien
conformément à la conception de l'ingénieur.
Avant chaque utilisation, un ingénieur ou un travailleur
compétent désigné par un superviseur doit inspecter le
système. Il faut conserver un exemplaire complet et exact du
système sur le chantier tout le temps que le système est utilisé.

ATTENTION : 

Le Règlement de la construction exige

qu'« une corde d'assurance horizontale ou verticale soit
exempte de toute épissure et de nœud, sauf les nœuds
qui la retiennent à un support fixe. » Les nœuds le long
d'une corde d'assurance horizontale ou verticale peuvent
réduire jusqu'à 40 % de la longueur de celle-ci.

3)

Corde d'assurance rétractable 

Une corde d'assurance rétractable consiste en une corde
d'assurance enroulée dans un mécanisme rétractable fixé à un
ancrage adéquat. Une corde d'assurance rétractable doit être
conforme à la norme CAN/CSA-Z259.2.2-M98.

En général, une corde d'assurance rétractable :

-

est conçue pour être ancrée plus haut que le
travailleur;

-

comporte un mécanisme de verrouillage permettant à
la corde de se dérouler autour de la bobine sous une
légère tension, causée par les mouvements normaux
des travailleurs;

-

se rétracte automatiquement lorsqu'il n'y a plus de
tension, ce qui empêche tout mou dans la corde;

-

se verrouille lorsqu'un mouvement rapide, comme
celui causé par une chute, est appliqué;

-

est conçue pour minimiser la distance de la chute et
les forces exercées sur le corps du travailleur à la fin
de la chute.

Reportez-vous toujours aux instructions d'utilisation du fabricant
pour savoir si un absorbeur d'énergie est recommandé pour le
système envisagé.

Il faut mettre hors service toute corde d'assurance rétractable
qui a servi à arrêter une chute jusqu'à ce que le fabricant ou une
société d'essai qualifiée ait certifié sa capacité à être réutilisée.

Dangers pour les cordes d'assurance

Rayons ultraviolets 

– La lumière du soleil peut

endommager ou affaiblir une corde d'assurance
synthétique. Assurez-vous que le matériau envisagé est
résistant aux rayons UV.

Température

– La chaleur extrême peut affaiblir ou endommager

certaines cordes d'assurance, alors que le froid peut en rendre
d'autres friables. Assurez-vous que le matériau envisagé pour les
cordes d'assurance peut résister aux pires conditions climatiques
attendues.

Friction et abrasion

– Les mouvements normaux peuvent user,

abraser ou endommager de n'importe quelle autre façon les
cordes d'assurance en contact avec des surfaces pointues ou
rugueuses. On peut utiliser des mesures de protection comme un
tampon de bois ou de caoutchouc au point de contact pour
prévenir l'usure et le déchirement.

Étincelles ou flamme

– Les travaux utilisant la chaleur, comme

le soudage ou le découpage à la flamme peuvent brûler, fondre,
couper ou endommager de n'importe quelle autre façon une
corde d'assurance. Assurez-vous que le matériau envisagé
comme corde d'assurance procure une protection adéquate dans
les endroits où il peut y avoir des étincelles ou des flammes.

Produits chimiques

– L'exposition à des substances chimiques

risque de brûler ou de dégrader une corde d'assurance très
rapidement. Assurez-vous que le matériau envisagé pour les
cordes d'assurance peut résister à toutes les substances
chimiques pouvant se trouver sur le chantier.

Entreposage

– Entreposez toujours les cordes d'assistance

séparées de tout autre élément. Ne les stockez pas à un endroit
où elles peuvent entrer en contact avec des dangers, comme des
objets pointus, des produits chimiques ou de l'essence.

Systèmes d'ancrage

Il existe trois principaux types de système d'ancrage pouvant
servir à protéger contre les chutes :

1)

Soutien fixe intégré dans la conception

– Ancrages à

charge nominale spécialement conçus et installés à
demeure dans la structure du bâtiment à des fins de
protection contre les chutes (par exemple, des ancrages de
toit installés sur des gratte-ciel)

2)

Soutien fixe temporaire

– systèmes d'ancrage conçus

pour être raccordés à la structure en suivant des
instructions d'installation précises (par exemple, des
ancrages cloués utilisés par les poseurs de bardeaux)

3)

Des caractéristiques de structure ou de l'équipement
existant,

non prévues comme points d'ancrage, mais

vérifiées par un ingénieur ou une personne compétente.
Elles ont la capacité de servir de point d'ancrage (par
exemple, la salle des machines sur le toit, des colonnes
d'acier de construction ou de béton armé).

Le soutien fixe intégré dans la conception peut servir à ancrer
un système antichute, un système de limitation des chutes ou
un système de limitation du déplacement, s'il a été installé
conformément au 

Code du bâtiment

et que son utilisation est

sûre et commode.

19 – 3

PROTECTION INDIVIDUELLE CONTRE LES CHUTES

19 – 4

On peut utiliser un soutien fixe temporaire comme ancrage s'il
respecte les conditions suivantes :

Il peut soutenir au moins 8 kilonewtons (1 800 lb)
sans dépasser la charge unitaire permise de chaque
matériau utilisé;

Lorsqu’il est utilisé avec un système antichute
intégrant un absorbeur d'énergie,  il peut supporter au
moins 6 kilonewtons (1 350 lb) sans dépasser la
charge unitaire permise de chaque matériau utilisé;
ou

Lorsqu’il est utilisé avec un système de limitation du
déplacement, il peut supporter au moins
2 kilonewtons (450 lb) sans dépasser la charge
unitaire permise de chaque matériau utilisé.

Dans tous les cas, il faut appliquer 

un facteur de

sécurité d'au moins deux

au moment d'établir la charge

minimum qu'un point d'ancrage doit supporter.

En règle générale, dans le cas d'un système antichute, il
faut choisir un ancrage suffisamment solide pour
supporter une petite voiture (environ 3 600 lb/1 633 kg).

Si vous utilisez des caractéristiques ou de l'équipement
existant comme point d'ancrage, assurez-vous d'éviter les
coins ou les bords qui pourraient couper ou abraser
l'équipement de protection contre les chutes.

Au besoin, utilisez des tampons, comme des blocs de
bois, pour éviter d'endommager les accessoires de
raccordement, les cordes d'assistance ou les cordons
d'assujettissement.

Il ne faut jamais utiliser comme point d'ancrage 

-

une chatière ou un évent de siphonnement

-

une trappe d'accès

-

de petits tuyaux ou de petites conduites

-

une cheminée en métal

-

une antenne de télévision

-

une rampe d'escalier ou de balcon.

Harnais de sécurité

-

Il faut ajuster la sangle pectorale pour qu'elle soit bien
serrée et placée près du centre de la poitrine. Dans le cas
d’une chute la tête la première, la sangle pectorale
empêche le travailleur de sortir du harnais.

-

Il faut ajuster la sangle d'entrejambes pour que les jambes
du porteur soient confortables, mais ajustées.

-

Il faut ajuster les sangles du harnais de façon à ce que
l'anneau en D soit entre les omoplates. Un anneau en D
correctement positionné maintient un travailleur à la
verticale après une chute.

Inspectez le harnais pour détecter toute trace :

de brûlures, de coupures, ou
de dommages chimiques;

de coutures lâches ou
brisées;

de matériau effiloché;

de distorsion, d'usure ou de
dommages de l'anneau en D
et de la pièce de croisement
des sangles dorsales.

de dommage, de distorsion
ou de bords tranchants sur
les œillets et les boucles.

Cordon d'assujettissement

-

Utilisez uniquement des cordons
d'assujettissement fabriqués. Ils
peuvent être faits de câble
antitorsion, de corde en fibre synthétique ou de tissu
synthétique.

-

Les cordons d'assujettissement sont fabriqués en longueurs
précises. Il ne faut jamais raccourcir un cordon
d'assujettissement en faisant des nœuds. Les nœuds
peuvent considérablement réduire sa résistance nominale.

-

Il ne faut jamais entreposer un cordon d'assujettissement
près de substances chimiques ou d'objets pointus ou dans
un endroit humide. Il ne faut jamais les exposer à la lumière
directe du soleil pendant de longues périodes.

PROTECTION INDIVIDUELLE CONTRE LES CHUTES

Exemples d'ancrages adéquats

Exemples d'ancrages inadéquats

19 – 5

-

Inspectez les cordons d'assujettissement pour détecter toute
trace : 

de brûlures, de coupures, ou de dommages chimiques;

de coutures lâches ou brisées;

de matériau effiloché.

Absorbeur d'énergie

-

Les absorbeurs d'énergie absorbent une certaine quantité
de l'énergie générée lors de l'arrêt d'une chute. On peut se
procurer un absorbeur d'énergie comme équipement
distinct ou intégré dans un cordon d'assujettissement.

-

L'une des extrémités de l'absorbeur d'énergie doit être
raccordée à l'anneau en D du harnais de sécurité.

-

Dans la plupart des cas, le composant absorbant l'énergie
est enchâssé dans une armature textile afin de le protéger
dans le cadre des activités quotidiennes. Advenant une
chute, l'armature se déchire et l'absorbeur d'énergie se
déploie.

-

Examinez l'armature textile pour découvrir d'éventuels
signes de stress ou de déchirure (bon nombre d'absorbeurs
d'énergie ont une étiquette qui se déchire lorsque l'ils sont
sujets à une charge soudaine; assurez-vous que cette
étiquette est intacte).

-

Assurez-vous que les absorbeurs d'énergie intégrés dans
un cordon d'assujettissement présentent un profil
transversal ou un diamètre constant.

Accessoires de raccordement

Mousqueton à verrouillage

– Comporte un loquet devant

l'ouverture du mousqueton; il est impossible de l'ouvrir à moins
de presser sur le mécanisme de verrouillage.

Mousqueton

– Conçu pour ne pas s'ouvrir en raison d'un

stress de torsion. L'ouverture du loquet requiert deux gestes
distincts : 1) Tourner le mécanisme de verrouillage et (2) tirer le
mécanisme de verrouillage vers l'arrière. Lorsqu'on relâche le
mécanisme de verrouillage, celui-ci reprend automatiquement
sa position de verrou.

Coulisseau 

– Sert à raccorder un cordon d'assujettissement à

une corde d'assurance. On peut uniquement déplacer ces
dispositifs le long de la corde d'assurance en appliquant une
pression constante, car ils se verrouillent automatiquement
lorsqu'une pression soudaine est exercée. Ils demeurent ainsi
verrouillés jusqu'à ce que la pression soit relâchée.

Chaque coulisseau est conçu et fabriqué pour être utilisé avec
un diamètre et un type de corde d'assurance précis. 

Le

coulisseau et la corde d'assurance doivent être
compatibles

. Les caractéristiques sont habituellement

indiquées sur le boîtier.

Il faut également fixer le coulisseau à la corde d'assurance de la
bonne façon; non à l'envers. La plupart des coulisseaux
comportent une flèche pour indiquer la direction dans laquelle
orienter le dispositif. De plus, chaque coulisseau est conçu pour
être utilisé avec un cordon d'assujettissement d’une longueur
précise, habituellement un maximum de 60 à 90 cm (2 à 3 pi).

Inspectez les accessoires de raccordement pour vous assurer :

qu'ils ne présentent aucune trace de dommage, de
fendillement, de bosselure, de torsion ou de tout autre signe
de déformation;

que les anneaux de raccordement sont centrés, non pliés
ou déformés d'une autre façon;

qu'ils ne sont pas rouillés;

que les pièces mobiles fonctionnent correctement;

qu'ils ne présentent pas de trace d'usure ou de fatigue du
métal.

Planification d'un système antichute

Avant de déterminer le système antichute à utiliser, il faut
déterminer les dangers auxquels un travailleur est exposé
advenant une chute.

Avant que sa chute ne soit arrêtée, le travailleur va-t-il heurter le
sol, des matériaux, de l'équipement ou un étage inférieur?
L'effet de pendule fera-t-il en sorte que le travailleur effectuera
un mouvement de balancier et risquera de heurter de
l'équipement, des matériaux ou une structure? Une fois sa
chute arrêtée, comment le travailleur sera-t-il secouru? La
planification doit pouvoir répondre à ces questions et à bien
d'autres.

La distance totale de chute est la distance nécessaire pour
arrêter entièrement une chute. Elle inclut :

-

La distance de chute libre, qui devrait être d'un maximum
de 1,5 m (5 pi), plus

-

La distance d'arrêt de la chute, qui inclut l'étirement du
cordon d'assujettissement (minimum) et de la corde
d'assurance, le jeu du harnais (maximum de 30 cm (1 pi)
en raison des divers ajustements possibles pour le confort),
et le déploiement de l'absorbeur d'énergie (maximum de
1,1 m (42 po).

On mesure la distance de chute libre depuis l'anneau en D d'un
travailleur debout sur la surface de travail jusqu'au point où le
cordon d'assujettissement ou l'absorbeur d'énergie commence à
arrêter la chute. Il est fortement recommandé de maintenir cette
distance le plus court possible.

Pour minimiser la distance de chute libre, les travailleurs doivent
être fixés à un ancrage au-dessus d'eux et utiliser le cordon
d'assujettissement le plus court que leur travail leur permet
d'utiliser.

Si un travailleur est
raccordé à une corde
d'assurance verticale
par l'entremise d'un
coulisseau, il faut
positionner celui-ci le
plus haut possible au-
dessus de l'anneau en
D. Ainsi, le travailleur
minimise non
seulement la distance
de chute libre, mais
également la distance
d'arrêt de la chute.

Heurter le sol

Heurter le sol signifie
également heurter un
étage inférieur ou tout
autre danger avant
que la chute soit
complètement arrêtée.

Cela se produit
lorsque la distance
totale de chute est
supérieure à la 

PROTECTION INDIVIDUELLE CONTRE LES CHUTES

Heurter le sol

19 – 6

distance entre la zone de travail et l'étage inférieur, le sol ou
tout autre danger plus bas.

Il faut planifier, concevoir et installer le système antichute de
façon à empêcher de heurter le sol.

Effet de pendule

Plus vous vous éloignez latéralement de votre point
d'ancrage, plus vous risquez de faire un mouvement de
balancier en tombant. C'est ce qu'on appelle l'« effet de
pendule ». Plus l'effet de pendule est important, plus le
choc sera fort si vous heurtez une colonne, un mur, une
structure ou tout autre objet dans votre trajectoire.

L'effet de pendule peut même sectionner le cordon
d'assujettissement ou la corde d'assurance tendu en cas
de frottement contre un bord rugueux ou pointu.

Chute en balancier ou effet de pendule

Pour minimiser l'effet de pendule, les travailleurs doivent
garder le cordon d'assujettissement ou la corde
d'assurance perpendiculaire entre le bord et le point
d'ancrage. Si le travail s'étend sur un bord, il est possible
de changer de point d'ancrage pour maintenir le cordon
d'assujettissement ou la corde d'assurance
perpendiculaire au fur et à mesure que les travaux
progressent. 

L'autre solution est d'installer une corde d'assurance
horizontale le long du bord. Le travailleur raccorde le
cordon d'assujettissement à la corde d'assurance, se
déplace le long du bord et le cordon d'assujettissement
avance en même temps que lui, demeurant ainsi toujours
perpendiculaire ou presque perpendiculaire.

Sauvetage d'urgence 

Le règlement de la construction (Règl. de l'Ont. 213/91)
stipule qu'avant qu'un travailleur utilise un système
antichute ou un filet de sécurité sur un chantier,
l'employeur doit mettre au point une procédure de
sauvetage d'urgence. Il est important d'amener le plus
rapidement un travailleur qui a fait une chute dans un
endroit sûr sans causer de blessure ou de créer de
risques pour les sauveteurs.

Dans de nombreux cas, le plan de sauvetage peut être
simple. On peut utiliser une échelle ou une plateforme
élévatrice pour atteindre le travailleur suspendu et le
descendre en toute sécurité. Dans d'autres cas, il faudra
ramener le travailleur à l'étage d'où il est tombé ou le faire
passer par une fenêtre ou toute autre ouverture.

Dans d'autres cas, la procédure est plus compliquée. Par
exemple, un travailleur prisonnier d'un échafaud volant,

ou suspendu à celui-ci, peut nécessiter l'intervention de
personnel spécialement entraîné et équipé du service
d'incendie. Il peut être nécessaire d'utiliser une échelle
automotrice ou tout autre équipement de sauvetage en
hauteur. Dans certains cas extrêmes, le service d'incendie
peut devoir utiliser des techniques de descente en rappel
pour atteindre le travailleur suspendu et le redescendre
dans un endroit sûr.

Le plan doit inclure l'équipement sur place, le personnel
et les procédures visant différents types de sauvetage. Il
faut communiquer d'avance avec tout service de
sauvetage à l'extérieur du chantier qui pourrait s'avérer
nécessaire afin d'expliquer le chantier en détail. L'affiche
sur les mesures d'urgence de la CSAO (P103) peut servir
à indiquer l'hôpital le plus près, ainsi que le numéro de
téléphone des services d'incendie, d'ambulance et de
police. 

La direction du chantier doit s'assurer :

-

que tout le personnel sur le chantier connaît le plan
de sauvetage;

-

que l'équipement et les autres ressources
nécessaires sont disponibles;

-

que le personnel visé a reçu la formation appropriée.

Les travailleurs doivent recevoir une formation de leur
employeur concernant l'équipement de protection
contre les chutes et les procédures employées. Les
produits ne diffèrent non seulement d'un fabricant à
l'autre, mais également d'une gamme de produits à
l'autre pour un même fabricant. La formation doit
donc couvrir le harnais, le cordon d'assujettissement,
l'absorbeur d'énergie, le coulisseau, la corde
d'assurance et l'ancrage exacts utilisés sur le
chantier, ainsi que les applications réelles de cet
équipement.

Conclusion

Les employeurs, les superviseurs et les travailleurs ont
tous des responsabilités en ce qui concerne la réduction
ou l'élimination des chutes sur un chantier de
construction.

La présente section fournit des lignes directrices en
matière de protection contre les chutes, y compris la
prévention et l'arrêt des chutes. Cependant, toute cette
information n'a aucune importance si les employeurs, les
superviseurs et les travailleurs ne l'appliquent pas dans le
cadre de leur travail.

Les travailleurs qui ont des questions sur les dangers de
chute ou la protection contre les chutes doivent parler à
leur superviseur. Dans le cas de la protection contre les
chutes, il est important de savoir comment fonctionne
l'équipement et de savoir comment l'utiliser.  Votre vie en
dépend.

PROTECTION INDIVIDUELLE CONTRE LES CHUTES

20 – 1

20 ÉCHELLES

Introduction

Chaque année, dans l'industrie de la construction, plus de
800 blessures entraînant une perte de temps sont causées par
des accidents liés à des échelles. Bon nombre de ces accidents
sont des chutes entraînant des blessures graves et des décès.
La chute en bas d'une échelle est un accident commun à tous
les corps de métiers et constitue l'un des problèmes de sécurité
les plus graves de l'industrie de la construction. Voici les
principales causes de ces accidents.

— Personne ne tient l'échelle, elle n'est pas fixée ou assujettie

d'une quelconque façon. 

— Les surfaces glissantes et les conditions climatiques

défavorables font que les travailleurs glissent sur les
échelons ou les marches.

— Les travailleurs n'agrippent pas les échelles

convenablement lorsqu'ils montent ou descendent.

— Les travailleurs ont une position dangereuse sur l'échelle

(comme se pencher trop vers l'extérieur).

— L'échelle est positionnée sur une base peu solide ou à un

angle dangereux et elle glisse.

— L'échelle est défectueuse.
— Des vents forts renversent l'échelle.
— Près des lignes électriques, les échelles sont manipulées

imprudemment ou mal positionnées.

— On n'utilise pas de stabilisateurs d'échelle lorsqu'ils sont

nécessaires.

Pour aider les superviseurs et les contremaîtres à prévenir de
tels accidents, le présent chapitre présente des lignes directrices
pour sélectionner, positionner, maintenir et utiliser des échelles.
Les échelles constituent le type d'équipement d'accès le plus
couramment utilisé dans l'industrie de la construction; on en
utilise des milliers chaque jour. Cela signifie des milliers d'heures
d'exposition chaque semaine aux dangers que présentent les
échelles.

L'énorme exposition, le haut taux de décès et le grand nombre
de blessures entraînant une perte de temps, ainsi que les coûts
et les souffrances associés justifient l'accroissement de la
formation et une meilleure surveillance de l'utilisation des
échelles. Les travailleurs qui suivent une autoformation ne
présenteront pas une amélioration suffisante. Une réduction
importante des accidents d'échelle requiert un renforcement
supervisé de la formation, ainsi qu'une meilleure maîtrise des
activités exigeant l'utilisation d'une échelle sur les chantiers.

NORMES ET MATÉRIAUX

Il existe des normes de fabrication pour la plupart des types
d'échelle. La norme Z11 de la CSA établit les exigences de
fabrication des échelles portables. Le ministère du Travail de
l'Ontario a établi des normes concernant les échelles de bois
construites sur place et l'Organisation internationale de
normalisation a émis la norme ISO-2860, relative aux « Échelles
d'accès des engins de terrassement ».

Les matériaux de fabrication des échelles les plus courants sont
l'aluminium, le bois, l'acier et le plastique renforcé de fibre de
verre.

Les échelles de bois se détériorent plus rapidement que celles
faites d'un autre matériau plus durable. Il ne faut jamais les
peindre, car la peinture cache les signes de détérioration et peut
accélérer le pourrissement en emprisonnant l'humidité dans le
bois. Il est cependant possible de les traiter à l'aide d'un agent

de préservation transparent et non toxique ou de les enduire
d'un vernis transparent. Inspectez fréquemment les échelles de
bois pour détecter des fentes et des fissures dans les montants
latéraux et les échelons; des déformations ou un desserrement
des échelons, un desserrement de la quincaillerie ou une
déformation des pièces métalliques.

Bien que les échelles d'aluminium soient plus populaires et plus
couramment utilisées que les échelles de bois, elles sont
également plus sujettes aux dommages si elles sont
malmenées. En raison de leur grande conductibilité, il ne faut
pas utiliser les échelles d'aluminium s'il y a des risques de
contact électrique. Examinez régulièrement les montants
latéraux et les échelons pour repérer les bosselures, les
déformations et les échelons lâches. Si une échelle est
bosselée, il faut la mettre hors service jusqu'à ce qu'elle soit
réparée par une personne compétente. S'il n'est pas possible
de la réparer, il faut la détruire.

Les montants de plastique renforcé de fibre de verre sont de
plus en plus utilisés et sont généralement jumelés à des
échelons d'aluminium. Ils ne sont pas très conducteurs et sont
résistants à la corrosion. Ces échelles sont légères et sont
vendues en diverses couleurs. Cependant, elles sont plus
chères et sont sensibles à la chaleur. Il ne faut pas les exposer
à une température supérieure à 93,3 °C (200 °F).

Il faut inspecter régulièrement les échelles de fibre de verre pour
détecter les fentes et les « bourgeonnements » Cette condition
est apparente par des touffes de fibre de verre indiquant l'usure
du matériau. Il faut enduire les zones usées d'un matériau
époxyde compatible avec la fibre de verre.

En raison de leur poids, les échelles d'acier sont très peu
utilisées comme échelle portable dans l'industrie de la
construction. On les retrouve plutôt fixées sur des structures
permanentes ou de la machinerie mobile.

TYPES

Les nombreux types d'échelle utilisés sur les chantiers de
construction varient de l'échelle de métal fixée à demeure sur
l'équipement à l'échelle de bois construite sur place, pour la
durée du chantier.

Échelles portables

(figure 1)

Toutes les échelles portables doivent comporter des pieds
antidérapants ou être fixées de façon à ne pas glisser.

Les échelles portatives sont offertes en diverses
catégories :utilisation occasionnelle, catégorie 3; utilisation
moyenne, catégorie 2; utilisation intense, catégorie 1. Les
échelles peuvent avoir reçu une certification de la norme Z11 de
la CSA. Dans le cas d'un chantier de construction, il est
fortement recommandé d'acheter et d'utiliser uniquement des
échelles présentant le sceau de la CSA. Celles-ci peuvent être
légèrement plus coûteuses, mais la certification assure que
l'échelle a été fabriquée selon des normes rigoureuses de
qualité par des experts en fabrication et en utilisation d'échelle.

La catégorie sélectionnée doit correspondre à l'intensité
d'utilisation prévue. Dans le cas des applications générales d'un
chantier de construction, il est recommandé d'utiliser une échelle
d'utilisation intense. Cependant, dans le cas de certains travaux
de finition, la catégorie précédente peut suffire en raison de
l'intensité d'utilisation moindre. Advenant l'utilisation d'une
échelle d'utilisation moyenne, celle-ci doit être restreinte aux
tâches pour lesquelles elle a été fabriquée. Il ne faut pas
l'« emprunter » pour effectuer des travaux plus lourds.

ÉCHELLES

20 – 2

Escabeau, échelle transformable autonome et échelle à
plateforme

(figure 2)

Outre la norme de construction de qualité et de service fiable qui
doit s'appliquer à toutes les échelles utilisées sur un chantier,
dans le cas de ce type d'échelle, il faut s'assurer qu'elles sont
munies de barres d'écartement solides, qui se verrouillent en
position ouverte.

Échelles fixes

(figure 3)

Les échelles d'acier fixées à demeure sur les structures comme
les cheminées et les silos sont conçues pour entrer en service
une fois la construction terminée, mais sont souvent utilisées par
les travailleurs durant la construction. Si l'échelle est à la
verticale et s'il y a un risque de chute de plus de 3 m (10 pi), les
travailleurs qui montent ou descendent l'échelle ou qui travaillent
à partir de celle-ci doit utiliser un système harnais de sécurité et
corde d'assurance ou harnais de sécurité et cordon
d'assujettissement. Ce type d'échelle nécessite également une
cage de sécurité qui commence à 2,2 m (7 pi) tout au plus du
bas et qui monte jusqu'à au moins 0,9 m (3 pi) au-dessus du
premier échelon. Il faut prévoir des plateformes de repos, à côté
de l'échelle, à un intervalle maximum de 9 m (30 pi) dans les
cas où on n'utilise pas un système antichute. Les échelles
verticales fixées à demeure sur les structures doivent être
conformes à la fiche signalétique 2-04 du ministère du Travail.

Échelles spéciales

(figure 4)

Il faut utiliser ces échelles
conformément aux directives
du fabricant et uniquement
dans le cadre de l'application
spéciale indiquée.

Échelles de bois construites
sur place 

(figure 5)

Il faut fabriquer les
échelles de bois
construites sur place
selon les bonnes
pratiques de menuiserie
de charpente.

Il faut utiliser du bois de
fil droit et exempt de
nœuds lâches, de bords
tranchants, d'éclats et de
fendillements. Le bois

des échelons doit être de fil droit et exempt de nœuds. 

Il faut installer les échelles construites sur place sur une base
solide et les fixer en place.

ÉCHELLES

Figure 1

Échelle droite

Échelle coulissante

Échelle

transformable

Échelle à

crochets

ou « passerelle »

Figure 2

Échelle transformable

à trois plans

Échelle transformable

autonome

Verrouillée

Échelle

à plateforme

Escabeau

LES BARRES D'ÉCARTEMENT DOIVENT SE VERROUILLER EN

POSITION OUVERTE

Figure 4

Échelle spéciale

Largeur simple

Largeur double

minimum de 40 cm (15,75 po)
Maximum de 61 cm (24 po)

Montants verticaux 

38 x 89 mm (2 x 4 po) pour les

échelles de moins de 5,8 m (19 pi) et 38 x 140 mm
(2 x 6 pi) pour les échelles de plus de 5,8 m (19 pi). Les
montants ne peuvent pas être plus longs que 9 m (30 pi)

Hourdis de 

19 x 38 mm (1 x 2 po)

Échelons de 

19 x 64 mm  (1 x 3 po)  pour  des  montants

espacés de 40 cm (16 po).

Échelons de 

19 x 89 mm  (1 x 4 po)  pour  les  montants

verticaux espacés de 40 cm (16 po) à 61 cm (24 po).

Hourdis de 

38 x 38 mm  (2 x 2 po)

Garde-corps de

38 x 89 mm  (2 x 4 po)

Échelons de

38 x 89 mm  (2 x 4 po)

Montants verticaux de

38 x 140 mm  (2 x 6 po)  d'une
longueur maximale de 9 m
(30 pi)

1,5 m (5

pi)

minimum

2 m

(6 pi 6

po)

maximum

30 cm

(1 pi)

30 cm

(1 pi)

Échelles construites sur place

Figure 5

Figure 3

Échelle fixe

20 – 3

Souvenez-vous : Il ne faut pas peindre les échelles de bois ni
les recouvrir d'un enduit opaque.

La longueur d'une échelle en bois de fil droit ne doit pas
dépasser 9 m (30 pi).

Les échelles construites sur place sont lourdes; elles ne sont
donc pas recommandées pour des applications où la portabilité
est un facteur important. Étant donné qu'elles sont faites de bois
et que tous les travailleurs les utilisent, les échelles de bois
construites sur place se détériorent rapidement. Il faut donc les
inspecter environ tous les jours. Si elles sont défectueuses, il
faut immédiatement les réparer ou les mettre hors service et les

détruire

.

SUPERVISION ET UTILISATION

La tâche du superviseur

On peut réduire considérablement le nombre de blessures liées
aux échelles en contrôlant l'utilisation de celles-ci et en
améliorant la gestion du chantier. Pour ce faire, le personnel de
supervision :

— doit former les travailleurs à l'entretien et à l'utilisation appropriés

des échelles;

— doit évaluer les exigences en matière d'accès d'une tâche

précise;

— doit choisir la meilleure méthode d'accès pour un travail donné.

En raison du caractère dangereux inhérent des échelles
portables, il faut utiliser celles-ci uniquement lorsqu'il n'est pas
possible d'utiliser un autre moyen d'accès plus sûr, comme un
escalier, un échafaudage, une plateforme élévatrice ou une
rampe. Les superviseurs doivent tenir compte du nombre de
travailleurs qui accéderont au lieu de travail surélevé, ainsi que la
durée et la portée des travaux avant d'établir le moyen d'accès le
plus sûr et le plus économique.

Les échelles ne doivent pas être utilisées dans le cas d'une
équipe importante de travailleurs. Dans les cas où une grande
quantité de travailleurs accèdent à un endroit de façon répétée,
l'efficacité exige normalement l'utilisation d'un autre type d'accès,
comme un escalier ou un monte-personnel.

Dans les cas où une grande quantité de travail en hauteur est
nécessaire, ne serait-ce que par un seul travailleur, il n'est pas
recommandé d'utiliser une échelle. Les autres types d'accès,
comme l'échafaud stationnaire ou roulant ou une plateforme
élévatrice, sont habituellement plus efficaces et réduisent les
risques d'accident.

Au moment de décider le meilleur type d'accès pour diverses
tâches et divers emplacements de travail, la direction doit
également tenir compte de la quantité de matériaux utilisés, du
temps que les travailleurs passent sur l'équipement d'accès; des
conditions météorologiques, de l'équipement accessible sur le
chantier, des conditions de la surface depuis laquelle il faut établir
l'accès, de l'espace disponible, du potentiel d'utilisation partagée
avec d'autres corps de métiers, etc. Il est essentiel de tenir
compte de tâches précises et de zones de travail entières au
moment d'établir un accès aux travailleurs. Il ne faut pas utiliser
une échelle s'il est possible d'employer un autre moyen pratique
et plus sûr.

S'il n'existe aucune solution de rechange aux échelles, les
superviseurs doivent s'assurer que les échelles sont appropriées
et en bonne condition et que le personnel a été formé pour les
utiliser correctement. Il est fortement recommandé d'utiliser des
stabilisateurs d'échelle avec les échelles droites et les échelles à
perches si celles-ci constituent la seule méthode d'accès à un site.

En plus d'être responsable de la formation des travailleurs, ainsi
que de la planification et de l'organisation de leur accès aux sites,
le personnel de supervision doit surveiller tous les accès en tout
temps. Le superviseur doit s'assurer que les travailleurs 

respectent sa planification et ses directives. Même si cette
surveillance est très importante, les superviseurs très occupés la
négligent souvent. Dans le cas des échelles, comme dans le cas
des autres responsabilités de supervision, les détails négligés
aujourd'hui peuvent devenir les problèmes de demain.

Utilisation appropriée des échelles

Plus de 80 % des accidents liés à une échelle sont causés par
une mauvaise utilisation de l'équipement. Les superviseurs
doivent surveiller l'utilisation de l'équipement dans les situations
particulières. Cependant, le personnel qui utilise l'équipement
doit également avoir reçu une formation sur cet équipement. La
formation doit inclure les précautions suivantes :

— Il faut examiner l'échelle pour détecter tout défaut au début

du quart, après que l'échelle ait été utilisée à un autre endroit
par d'autres travailleurs ou après qu'elle soit demeurée au
même endroit pendant une longue période. (Voir la fin du
présent chapitre pour connaître les procédures d'inspection.)

— La zone autour de l'échelle doit être exempte de rebus, de

matériaux et d'autres obstacles, car l'aspect le plus
dangereux de l'utilisation de l'échelle est d'en monter et d'en
descendre.

— La base de l'échelle doit être bien assujettie pour qu'elle ne

bouge pas accidentellement. Utilisez une échelle à pieds
antidérapants appropriés à la situation, enfoncez des cales
dans le sol ou fixez d'une autre façon les pieds ou le bas des
montants latéraux (figure 6).

— Il faut placer l'échelle sur une surface plane. Si la base de

l'échelle doit reposer sur un sol meuble, non compacté
ou inégal, il faut utiliser une lisse de terre (figure 7).

— Il faut attacher, ou assujettir de toute autre façon, le haut

de l'échelle pour empêcher celui-ci de bouger (figure 8).
S'il n'est pas possible de l'attacher, en raison du type
d'échelle ou des circonstances d'utilisation, un travailleur
doit tenir la base de l'échelle lorsqu'elle est utilisée.

— Si une échelle sert à passer d'un site de travail à un

autre, les montants latéraux de l'échelle doivent dépasser
d'au moins 900 mm (3 pi) le bord de l'étage supérieur. Il
faut installer des barres d'appui à l'étage supérieur pour
fournir une bonne prise de main aux travailleurs qui
montent et qui descendent.

— Il faut élever toutes les échelles droites et les échelles à

perches de façon à ce que la distance horizontale entre
la surface de soutien et le pied de l'échelle soit au moins
un quart et au plus un tiers de la distance verticale à
parcourir sur l'échelle (figure 9).

ÉCHELLES

Figure 6

Méthode de fixation des échelles pour les empêcher de se déplacer

 

 

 

 

 

 

 

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