Manuel de santé et sécurité de l'industrie de la construction (2008) - 4

 

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Manuel de santé et sécurité de l'industrie de la construction (2008) - 4

 

 

11 – 1

11 PROTECTION DES YEUX

Avec la permission de l'Association canadienne de normalisation, certains
renseignements du présent chapitre sont tirés de la norme CAN/CSA-Z94.3-99,
Protecteurs oculaires et faciaux, de la CSA, protégée par droits d'auteurs par
l'Association canadienne de normalisation, 178 Rexdale Boulevard, Toronto,
Ontario M9W 1R3. Bien que la CSA a autorisé l'utilisation de la documentation,
celle-ci n'est pas responsable de la façon dont l'information est présentée, ni de
l'interprétation de ladite information.

Introduction

La protection des yeux ne constitue pas toute la réponse au
problème de la prévention des blessures aux yeux. L'éducation
en  matière d'outils appropriés, de procédures de travail, de
sensibilisation sur les dangers et des limites de la protection
oculaire est également un facteur très important. Comme tout
autre produit fabriqué, les dispositifs de protection oculaire
présentent des limites sur le plan des matériaux, de l'ingénierie
et de la conception. Cependant, le dispositif de protection
oculaire approprié, sélectionné en fonction d'un danger précis et
associé à des procédures de travail sécuritaires, peut contribuer
à minimiser le nombre de blessures aux yeux et la gravité de
celles-ci.

Si on considère qu'un travailleur sur deux souffrira d'une
blessure grave aux yeux durant sa carrière, on ne peut que
réitérer l'importance de porter un dispositif de protection oculaire
approprié. Dans l'environnement dangereux d'un chantier de
construction, le port d'un dispositif de protection oculaire doit être
considéré comme une politique de gestion du personnel, et non
comme une préférence personnelle.

Classes de protecteurs oculaires

Avant d'établir les types de protecteurs oculaires recommandés
pour un danger professionnel précis, il est nécessaire
d'expliquer les divers types de protecteurs oculaires offerts sur le
marché. Les protecteurs oculaires sont conçus pour protéger les
yeux contre trois types de dangers, les chocs, les
éclaboussures et le rayonnement. Aux fins du présent manuel,
ils sont classés en sept catégories, basées sur la norme Z94.3-
99, 

Protecteurs oculaires et faciaux de la CSA.

Voici les sept catégories de base de protecteurs oculaires :
lunettes, lunettes étanches, masques de soudeur, masques de
soudeur à main, masques souples, écrans faciaux et masques
respiratoires.

Catégorie 1 – Lunettes 

(figure 3)

La norme Z94.3-99 de la CSA stipule que les lunettes de
catégorie 1 soient munies d'écrans latéraux. La plupart de ces
écrans sont fixes, mais certains sont amovibles.

Catégorie 2 – Lunettes étanches

Il existe deux types de lunettes étanches, les lunettes à coques
étanches et les surlunettes. Les deux types doivent respecter la
norme Z94.3-99 de la CSA.

Les lunettes à coques étanches (figure 4) couvrent l'œil
entièrement afin d'offrir une protection entière. Elles sont munies
d'un serre-tête réglable ou élastique et comportent des trous
d'aération permettant à l'air de passer et empêchant ainsi
l'embuage. Certaines comportent des trous d'aération directe,
qui empêchent les grosses particules de passer, mais qui ne
bloquent pas la poussière ou les liquides. D'autres sont munies
de trous de ventilation indirecte, qui bloque le passage des
particules, de la poussière et des liquides. Certains modèles
comportent également un pont réglable.

Les surlunettes (figure 5, ci-dessous) sont conçues pour être
portées par-dessus des lunettes. Elles sont munies d'un serre-
tête réglable ou élastique et comportent des trous d'aération
directe ou indirecte permettant à l'air de passer et empêchant
ainsi l'embuage. 

PROTECTION DES YEUX

Exemples de lunettes de catégorie 1

Catégorie 1A

Lunettes avec protection latérale contre les chocs

Figure 3

Catégorie 1B

Lunettes avec protection latérale contre les

chocs et le rayonnement

Catégorie 2A – Lunettes étanches à ventilation directe protégeant
contre les chocs

Des lunettes étanches comportant des ouvertures de ventilation directe.
Ces ouvertures empêchent le passage direct des grosses particules. Elles
n'empêchent pas la poussière et les éclaboussures d'entrer. a) Serre-tête;
b) Verres; c) Ouvertures de ventilation directe; d) Pont.

Figure 4 – Lunettes étanches

Catégorie 2B – Lunettes étanches non ventilées et à ventilation indirecte
protégeant contre les chocs , la poussière et les éclaboussures

Des lunettes étanches comportant des ouvertures de ventilation indirecte pour
bloquer le passage direct de la poussière et des liquides. Ces lunettes étanches
sont identiques à celles de la catégorie 2A, sauf pour le type d'ouverture de
ventilation. a) Ouvertures de ventilation indirecte

Catégorie 2C – Lunettes étanches avec protection contre le rayonnement 

Les lunettes étanches avec protection contre le rayonnement munies d'ouvertures
de ventilation indirecte permettent non seulement le passage de l'air et préviennent
ainsi l'embuage, mais elles bloquent également la lumière. Les verres de ces
lunettes sont des lentilles filtrantes. a) Ouvertures de ventilation indirecte; b) Lentilles
filtrantes.

11 – 2

Catégorie 3 – Masques de soudeur

(figure 6)

Cette catégorie de protecteurs protège les yeux et le visage du
rayonnement et des chocs. Il existe deux types de masque de
soudeur, le masque à plaque stationnaire et le masque à plaque
relevable. Il existe également des modèles intégrant des
oreillères et un système de purification d'air. Les travailleurs qui
portent des verres correcteurs peuvent obtenir une plaque
filtrante grossissante à une puissance donnée.

Le filtre, ou plaque filtrante, est la barrière contre le
rayonnement. Le soudage à l'arc produit un rayonnement visible
et un rayonnement ultraviolet et infrarouge invisible. Ces rayons
ultraviolets sont les mêmes que ceux qui brûlent la peau et
endommagent les yeux à la suite d'une surexposition au soleil.
Cependant, le rayonnement produit par le soudage à l'arc est
beaucoup plus grave en raison de la proximité des yeux de la
source du rayonnement et de l'absence de protection
atmosphérique. Voilà pourquoi, dans les activités de soudage à
l'arc, il est nécessaire d'utiliser une plaque filtrante de l'indice de
nuance approprié, pour bloquer des rayonnements dangereux
et les réduire à une intensité sans danger. Pour connaître les
indices de nuance, consultez le tableau 2.

En plus des filtres verts couramment utilisés, il existe également
de nombreux filtres spéciaux. Certains filtres améliorent la
visibilité en atténuant les rayonnements rouges ou jaunes;
d'autres facilitent l'évaluation de la température par la couleur.
Un enduit spécial doré sur les plaques filtrantes procure une
protection supplémentaire en reflétant le rayonnement.

Catégorie 4 – Masque de soudeur à main

(figure 7)

Les masques de soudeur à main sont conçus pour protéger le
visage et les yeux du rayonnement et des chocs.

REMARQUE :

Un utilisateur portant un masque de soudeur ou

un masque de soudeur à main doit constamment lever et
descendre l'écran. Pour protéger les yeux lorsque l'écran est
relevé, il faut porter des lunettes de catégorie 1 sous le masque.

Catégorie 5 – Masques souples 

(figure 8)

Les masques souples, ou cagoules, comportent une lentille
résistante aux chocs qui est habituellement en plastique. Il est
également possible d'intégrer un système d'adduction d'air. Les
cagoules sont faites d'un matériau non rigide et sont conçues
pour être utilisées dans un espace confiné. On peut les plier
pour les transporter et les entreposer plus facilement.

Voici des types de cagoules :
5A

à lentille résistante aux chocs

5B

contre la poussière, les éclaboussures et les matières 
abrasives

5C

contre le rayonnement non ionisant

5D

contre la chaleur intense.

PROTECTION DES YEUX

Les masques de soudeur à main, ou
« masque d'inspection », sont similaires
aux masques de la catégorie 3, sauf qu'il
n'existe aucun modèle relevable. a) Plaque
filtrante fixe; b) Poignée.

Figure 7 – Masques de soudeur à main

Catégorie 2A – Lunettes étanches à ventilation directe protégeant contre
les chocs

Surlunettes avec ouvertures de ventilation directe. (Ce type comporte
habituellement une monture souple.) Comme dans la catégorie 2A, lunettes à
coques étanches, ces ouvertures bloquent le passage direct des grosses
particules. Elles n'empêchent pas la poussière et les éclaboussures d'entrer. a)
Serre-tête; b) Ouvertures de ventilation directe; c) Verres.

Catégorie 2B – Lunettes étanches non ventilées et à ventilation indirecte
protégeant contre les chocs, la poussière et les éclaboussures.

Surlunettes avec ouvertures de ventilation indirecte pour bloquer le passage
direct de la poussière et des liquides.  a) Ouvertures de ventilation indirecte.

Catégorie 2C – Lunettes étanches avec protection contre le rayonnement 

Surlunettes protégeant contre le rayonnement. a) Lentilles filtrantes; b) ouverture
de ventilation indirecte.

Figure 5 – Surlunettes

Figure 6 – Masques de soudeur

Les masques ou écrans relevables

comportent trois plaques ou lentilles – un filtre,
ou plaque nuancée, fait de verre ou de
plastique et encastré dans le masque
relevable, une lentille extérieure de verre ou de
plastique transparent pour garder le filtre
propre, une lentille de plastique ou de verre
résistant aux chocs, encastrée dans le masque
lui-même. a) Fixation pour casque de sécurité;
b) Support à lentille relevable.

Les casques non relevables sont similaires
aux masques relevables, sauf qu'ils
possèdent seulement une lentille filtrante

,

normalement de 51 mm x 108 mm (2 po x
4 1/4 po), ou une plaque plus grande, de
114 mm x 113 mm (4 1/2 po x 5 1/4 po), plus
appropriée pour les travailleurs qui portent des
lunettes.

a)  Visière et écran remplaçables

b)  Approvisionnement en air

c) Attache

11 – 3

Catégorie 6 – Écrans faciaux

(figure 9)

Les écrans faciaux, comme leur nom l'indique, sont un dispositif
comportant une lentille, ou écran, transparente protégeant le
visage et les yeux des chocs, des éclaboussures, de la chaleur
et les éblouissements. Comme dans le cas du masque de
soudeur ou du masque de soudeur à main, un utilisateur portant
un écran facial doit constamment lever et descendre l'écran.
Pour protéger les yeux lorsque l'écran est relevé, il faut porter
des lunettes de catégorie 1 sous le masque. Les écrans faciaux
peuvent être également munis d'un pare-étincelles réglable ou
d'un appui-front fixé sur le casque de protection du travailleur.
Des écrans teintés sont également offerts. Ceux-ci procurent un
certain degré de protection contre l'éblouissement. Cependant,
ils ne respectent pas les exigences de la norme Z94.3-99

Protecteurs oculaires et faciaux

de la CSA en matière de

protection contre le rayonnement et la chaleur totale. C'est
pourquoi il ne faut pas les utiliser dans des situations de danger
causé par le rayonnement ultraviolet ou infrarouge.

Catégorie 6

Cette catégorie inclut les écrans :
6A

contre les chocs et les éclaboussures

6B

contre le rayonnement

6C

contre la chaleur intense.

Catégorie 7 – Masques respiratoires

(figure 10)

Cette catégorie inclut les masques :
7A

contre les chocs et les éclaboussures

7B

contre le rayonnement

7C

avec cagoules ou casques

7D

avec cagoules ou casques contre le rayonnement.

Types de risques et protecteurs
recommandés

Extrait de la norme Z94.3-99 

Protecteurs oculaires et faciaux

de la CSA, le tableau 1 présente un classement des principaux
dangers pour les yeux et les types de protecteurs
recommandés pour ces risques. Il faut, pour chaque situation,
tenir compte de tous les dangers avant de choisir le protecteur
ou la combinaison de protecteurs approprié.

Il est fortement recommandé d'exiger que tous les travailleurs
portent des lunettes. Il faut porter des lunettes sous les
protecteurs de catégorie 3, 4, 5, 6 ou 7, lorsque le danger exige
le port de lunettes.

Le classement suivant présente un aperçu général des
protecteurs oculaires à porter pour chaque groupe de danger.
Pour connaître le protecteur approprié à un danger précis,
consultez le tableau 1. Il faut prendre note qu'on obtient la
meilleure protection oculaire en combinant différentes catégories
de protecteurs oculaires.

Type A : Objets projetés

(figure 11)

Protection oculaire minimum recommandée :

Catégorie 1, lunettes

Protection oculaire optimale recommandée :

Lunettes étanches portées avec un écran facial pour 
protéger les yeux et le visage.

Type B : Particules volantes, poussières, vent, etc.

(figure 12)

Protection oculaire minimum recommandée :

Catégorie 1, lunettes

Protection oculaire optimale recommandée :

Lunettes étanches (contre la poussière et les 
éclaboussures) portées avec un écran facial pour 
protéger les yeux et le visage.

Type C : Chaleur, éblouissement, étincelles et
éclaboussures de métaux en fusion

(figure 13)

Protection oculaire minimum recommandée :

Lunettes de catégorie 1 munies de lentilles filtrantes

contre le rayonnement. Les écrans latéraux doivent
avoir la même capacité filtrante, sinon une capacité
filtrante supérieure à celle des lentilles.

Protection oculaire optimale recommandée :

Lunettes étanches ou surlunettes munies de lentilles

filtrantes contre le rayonnement, portées avec un
écran facial pour protéger les yeux et le visage.

PROTECTION DES YEUX

Catégorie 6A

Écran facial protégeant la tête contre les
chocs, le perçage et les éclaboussures et
protégeant contre les éblouissements. a)
Fixation pour casque de protection; b)
Écran facial (ouverture).

Catégorie 6B

Écran facial protégeant contre les chocs
légers, sans perçage, les éclaboussures, la
faible chaleur et les éblouissements. La
principale différence entre les écrans de
catégorie 6A et 6B est l'épaisseur de
l'écran.

Class 6C

Écran facial protégeant contre les chocs
légers, sans perçage, et la chaleur intense
seulement (il s'agit habituellement d'une
ouverture grillagée). a) Fixation pour casque
de protection; b) Grillage.

Figure 9 – Écran facial

Figure 10 – Masque respiratoire

7A

7B

7C

11 – 4

PROTECTION DES YEUX

Remarque :  Les zones en surbrillance constituent des recommandations visant les protecteurs.  Les protecteurs des catégories 1 et 2 doivent être utilisés de
concert avec les recommandations visant les catégories 3, 4, 5 et 6. Il faut tenir compte de l’évaluation des besoins en matière de protection, de la possibilité d’une
exposition simultanée à de multiples dangers. Il faudrait, dans ces cas, assurer la protection pour le niveau de risque le plus élevé. Le tableau ne peut pas englober tous
les risques d’accident. Dans chaque cas particulier, on devrait faire un examen approfondi de l’importance des risques en choisissant le protecteur qui convient ou une
combinaison appropriée de protecteurs. On recommande vivement à l’utilisateur de porter des lunettes de protection de catégorie 1B munies de lentilles filtrantes, sous
le masque de soudeur ou le masque de soudure à main afin d’assurer la protection contre les chocs et l’éblouissement lorsque le masque ou la visière est relevé, ou
lorsque l’utilisateur ne se sert pas du masque de soudure à main. Les protecteurs conformes aux exigences visant la résistance à l’ignition et à la flamme n’offrent pas de
protection à l’utilisateur exposé à des flammes nues ou à des arcs à haute énergie.  
Gracieuseté de l'Association canadienne de normalisation.

TABLEAU 1

Types de risques et protecteurs recommandés

Groupes
de
risques

Meulage, détartrage, taillage
de la pierre, forage;
affûtage, brunissage,
polissage; rivetage,
poinçonnage; sciage de
grosses pièces, rabotage;
manutention de fils et de
feuillards; martelage,
déballage, clouage;
poinçonnage à la presse,
tournage, etc.

Travaux de menuiserie,
ponçage; travail et usinage
des métaux légers;
exposition à la poussière et
au vent; soudage par
résistance (sans exposition
aux rayonnements);
manutention de sable, de
ciment et d'agrégats;
peinture; bétonnage;
plâtrage; dosage et malaxage
de matériaux

Nature
du risque

Activités dangereuses
incluant,
sans s'y limiter,

Masque

de soudeur

de
catégorie 3 

Masque de
soudure
à main
de
catégorie 4 

A

B

A

B

C

Lunettes de
catégorie 1 

Lunettes
étanches de
catégorie 2 

Écran facial
de catégorie 6

Cagoule 
de catégorie 5

A

B

C

A

B

C

D

A

Objets
projetés

Particules
volantes,
poussière,
vent, etc.

B

C

Chaleur,
éblouissement
et
éclaboussures
provenant d'un
métal en fusion

Garnissage de régule, coulage,
moulage de métaux en fusion;
brasage, soudage; soudage par
point, soudage de goujon;
opérations de trempage à chaud

D

Éclaboussu-
res d’acides,
brûlures
imputables
aux produits
chimiques

Manutention d’acides et
d’alcalis; dégraissage, décapage
et placage; bris de verre;
pulvérisation de produits
chimiques; manutention de
bitume liquide

E

Projection
de matières
abrasives

Décapage au jet de sable;
décapage à la grenaille;
gunitage

C

Éblouisse-
ment, lumière
diffuse (pour
une faible
réduction du
rayonnement
optique)

Réflexion, lumières et soleil
vifs; brûleur d’arc;
reproduction
photographique

G

Rayonne-
ments
optiques
dangereux
(pour une
réduction
modérée du
rayonne-
ment)

Coupage au chalumeau,
brasage, travaux au four;
coulage des métaux,
soudage par point,
reproduction
photographique

H

Rayonnements
optiques
dangereux
(pour une
réduction
importante du
rayonnement)

11 – 5

PROTECTION DES YEUX

Écran facial

Lunettes de protection 

contre les chocs

Figure 11

Type A : Objets projetés
(Déchiquetage)

Écran facial

Lunettes antipoussières et 
antiéclaboussures

Figure 12

Type B : Particules volantes, poussières,
vent, etc.  (Sciage)

Écran facial

Lunettes de 
protection contre 
le rayonnement

Figure 13

Type C : Chaleur, éblouissements,
étincelles et éclaboussures (Brazage)

Remarques :

1

Dans le cas des autres processus de soudage (p. ex., au laser, soudage par bombardement électronique),
consultez le fabricant pour connaître ses recommandations en matière de protection oculaire. 

2

Dans le cas du soudage par procédé GMAW pulsé (MIG), utilisez le courant de crête pour sélectionner
l'indice de nuance approprié.

3

Dans le cas du soudage sous l'eau, l'indice de nuance minimum peut ne pas s'appliquer.

Gracieuseté de l'Association canadienne de normalisation

Courant en ampères

Utilisation

Procédé GMAW

(MIG)

Procédé GTAW

(TIG)

Procédé SMAW

(électrode enrobée)

Coupage à l'arc 

avec électrode de 

carbone et jet d'air

Coupage au 

plasma

Soudage au 

plasma

1,0

5,0

15

30

60

100

150

200

250

300

400

500

1,0

5,0

15

30

60

100

150

200

250

300

400

500

0,5

2,5

10

20

40

80

125

175

225

275

350

450

7

8

10

11

7

10

10

10

8

8

10

8

9

10

11

8

6

10

10

TABLEAU 2

11 – 6

Type D : Éclaboussures d’acides, brûlures imputables aux
produits chimiques, etc. 

(figure 14)

La seule protection oculaire recommandée :

Lunettes étanches ou surlunettes (contre la poussière et

les éclaboussures) portées avec un écran facial pour
protéger les yeux et le visage.

Il peut également être nécessaire de porter une cagoule

dans le cadre de certaines activités dangereuses,
comme la pulvérisation de substances chimiques.

Type E : Projection de substances abrasives 

(figure 15)

Protection oculaire minimum recommandée :

Lunettes étanches ou surlunettes pour protéger contre la

poussière et les éclaboussures.

Protection oculaire optimale recommandée :

Cagoule avec un système d'adduction d'air.

Type F : Éblouissement, lumière diffuse

(figure 16)

Il s'agit de situations dans lesquelles une légère réduction de la
lumière visible est nécessaire, p. ex., protection contre la lumière
d'un brûleur d'arc. La lumière diffuse proviendrait d'une activité de
soudage, d'un brûleur d'arc, sur le côté, sans regarder directement
l'activité.

Protection oculaire minimum recommandée :

Lentilles filtrantes pour protéger du rayonnement. Les

écrans latéraux doivent avoir la même capacité filtrante,
sinon une capacité filtrante supérieure à celle des lentilles.

Protection oculaire optimale recommandée :

Lunettes étanches pour protéger du rayonnement. Voir le

tableau 2 pour connaître les indices de nuance
recommandés.

Type G : Rayonnements optiques dangereux

(figure 17)

Il s'agit des situations dans lesquelles une réduction modérée de la
lumière visible est nécessaire : par exemple, le soudage au gaz. Le
rayonnement optique dangereux proviendrait du fait de regarder
directement l'activité de soudage.

La seule protection oculaire recommandée :

Lunettes étanches pour protéger du rayonnement.

PROTECTION DES YEUX

Lunettes de protection 
contre le rayonnement

Figure 16

Type F : Éblouissement, lumière
diffuse

Cagoule de sableuse à adduction d'air

Figure 15

Type E : Projection de matières abrasives

Écran 
facial

Lunettes antipoussières 
et antiéclaboussures

Figure 14

Type D : Éclaboussures d’acides,
brûlures imputables aux produits
chimiques, etc.  (Toiture)

Lunettes de protection 
contre le rayonnement

Figure 17

11 – 7

Remarque : 

L'intensité de la flamme et de l'arc est moindre

dans le type G que dans le type H. Pour cette raison, les indices
de nuance du type G sont inférieurs à ceux du type H. Voir le
tableau 2.

Type H : Rayonnements optiques dangereux

(figure 18)

Il s'agit des situations où il est essentiel de réduire considérablement
la lumière visible, par exemple, dans le cadre d'une activité de
soudage à l'arc.

La seule protection oculaire recommandée :

Lunettes de catégorie 1 portées avec un masque de

soudeur ou un masque de soudeur à main complet. Ces
lunettes doivent intégrer des lentilles filtrantes s'il est
nécessaire d'obtenir davantage de protection lorsque le
masque est relevé : par exemple, si l'on travaille près
d'autres postes de soudage. Voir le tableau 2.

Blessures associées aux dangers sur les
chantiers de construction

La cornée est la première couche par laquelle la lumière
pénètre l'œil; si la lumière ne peut passer par la cornée, il n'est
pas possible de voir quoi que ce soit. Les blessures qui causent
des cicatrices, des éraflures ou de l'inflammation à la cornée
peuvent détériorer la vision.

1.

Objets projetés 

Un éclat de métal peut percer la cornée et

le globe oculaire et peut possiblement causer la perte de
l'œil.

2.

Poussière 

La poussière, le bran de scie, etc. peut causer

de l'irritation qui peut mener à un ulcère cornéen, c'est-à-
dire la décomposition du tissu cornéen, rendant les yeux
rouges, larmoyants et purulents.

3.

Chaleur 

La chaleur peut brûler et endommager gravement

la cornée.

4.

Éclaboussures d'acide

Les éclaboussures d'acide et de

produits chimiques peuvent brûler la cornée, la conjonctive
(la membrane de l'œil) et les paupières et entraîner la perte
de la vision.

5.

Matières abrasives

Le sable peut causer une abrasion de

la cornée, ce qui peut causer la perte de la vision.

6.

Éblouissement

les éblouissements peuvent faire en sorte

qu'il est très difficile de voir, ce qui peut causer une très
grande fatigue de l'œil.

7.

Rayonnement

La lumière ultraviolette émanant d'un arc de

soudure peut endommager la cornée.

La protection oculaire appropriée, correspondant au danger, peut
prévenir les blessures aux yeux ou en diminuer la gravité.
Cependant, lorsqu'une blessure est survenue, il est essentiel que
cette blessure, peu importe la gravité, reçoive une attention
immédiate; qu'on donne les premiers soins à la personne
blessée.

La protection oculaire protège contre les blessures seulement si
on la porte en tout temps sur le chantier. 

Souvent, c'est au moment où le travailleur retire sa protection
oculaire tout en travaillant près d'un danger, ou en passant près
d'un danger, qu'un accident survient. Lorsqu'il est nécessaire
d'enlever sa protection oculaire, il faut le faire dans un endroit
entièrement distinct de la zone dangereuse. L'inconfort que
procure le port de la protection oculaire semble très insignifiant
comparé au risque de perdre la vue dans un œil ou les deux
yeux.

Achat de lunettes de protection

On peut se procurer des lunettes de protection avec des verres
neutres ou de prescription.

Le matériau de polycarbonate utilisé pour fabriquer les lunettes de
protection procure la meilleure protection; les verres de plastique
CR-39 réguliers, d'une épaisseur industrielle, constituent un
substitut acceptable lorsqu'il n'est pas possible d'obtenir des
verres de polycarbonate. Il faut appliquer un enduit antiéraflures
sur les verres pour en prolonger la durée de vie utile.

Les verres en verre véritable, même s'ils ont été durcis
thermiquement ou chimiquement, ne conviennent pas au milieu
de travail. Les verres de verre véritable ne respectent pas les
exigences en matière de choc de la norme Z94.3-99 de la CSA.

Au moment d'acheter des lunettes de protection, exigez des
verres et une monture 

de protection industrielle

. Cette

appellation indique que la protection oculaire satisfait à des
exigences précises.

On reconnaît les lunettes de protection industrielle par le logo ou

le monogramme du fabricant ou du fournisseur sur le verre et la
monture (figure 19). 

Cette marque doit se trouver sur la monture 

et

le verre. Elle

permet de différencier les verres et les montures de qualité
industrielle de ceux que l'on porte quotidiennement.

PROTECTION DES YEUX

Casque de soudage

Lunettes à écrans 
latéraux

Figure 18

Type H : Rayonnements optiques
dangereux
(Soudage à l’arc électrique)

Figure 19 – Repérage des marques et des symboles

Dans le cas des protecteurs oculaires à verres neutre, recherchez

également le logo de la CSA.

Identification
Marque sur la monture

Marque
d'identification sur le verre

11 – 8

Le programme de certification des protecteurs faciaux et des
lunettes de sécurité à verres neutres de l'Association
canadienne de normalisation couvre uniquement les protecteurs
entiers. Il ne couvre pas les composants, comme les verres, les
montures ou les écrans.

En plus du logo ou du monogramme du
fabricant, le logo de la CSA doit également
apparaître sur le protecteur oculaire pour indiquer
que celui-ci respecte les exigences de la
norme Z94.3-99 de la CSA. L'homologation des
verres de prescription industriels n'est pas encore
offerte.

Jusqu'à ce qu'un tel programme soit offert, les porteurs doivent
chercher le logo ou le monogramme du fabricant ou du
fournisseur sur la monture et les verres, ce qui indique la
conformité à la norme Z87.1-1989 de l'American National
Standards Institute (ANSI).

Ajustement

Un mauvais ajustement est la principale raison de la résistance
à porter un protecteur oculaire. Un travailleur portant des
lunettes à verres neutres, qui continue à se plaindre d'une vision
trouble après que son protecteur a été ajusté par une personne
compétente, peut avoir besoin de lunettes sur ordonnance. Les
lunettes sur ordonnance doivent être fournies par un opticien ou
un optométriste. Les protecteurs oculaires à verres neutres
doivent être ajustés par une personne formée à cet effet.

Voici des lignes directrices générales pour ajuster les différentes
catégories de protecteurs oculaires.

Catégorie 1 – Lunettes

Il faut mesurer la taille de l'œil, la

largeur du nez et la longueur des branches de chaque
personne. Le porteur doit pouvoir pencher la tête sans que les
lunettes glissent.

Catégorie 2 – Lunettes étanches

Munies d'un serre-tête

réglable, elles doivent être bien ajustées par-dessus les lunettes
du porteur, s'il en porte.

Catégorie 3 – Masques de soudeur

Ils sont munis de fixations

réglables permettant d'ajuster confortablement le masque
autour de la tête et du visage. Des fixations sont également
fournies pour les poser sur un casque de protection.

Catégorie 4 – Masques de soudeur à main

Ils ne requièrent

aucun réglage.

Catégorie 5 – Cagoules

Les réglages se trouvent à l'intérieur,

dans le haut de la cagoule. Il y a une attache autour du cou
pour fixer la cagoule et empêcher la poussière d'entrer.

Catégorie 6 – Écrans faciaux

Ils sont munis de fixations

réglables permettant d'ajuster confortablement le masque
autour de la tête et du visage. Des fixations sont également
fournies pour les poser sur un casque de protection.

Catégorie 7 – Masques respiratoires

Pour bloquer

efficacement les contaminants en suspension, ceux-ci doivent
être étanches, parfaitement ajustés.

Soins

Un chantier de construction comporte de nombreux dangers
risquant d'endommager les protecteurs oculaires. Voilà pourquoi
il est très important de prendre soins de ceux-ci.

1.

Il faut inspecter régulièrement les verres pour détecter les
piqûres et les éraflures qui peuvent nuire à la vision.

2.

Il faut remplacer ou réparer le plus rapidement possible par
des composants du fabricant les verres piquée et des
éraflures, ainsi que les montures ou les branches lâches. 

3.

Il faut nettoyer les verres avec de l'eau pour enlever la

poussière abrasive sans endommager la surface.

4.

On peut appliquer une solution antibuée sur les verres de
plastique ou de verre véritable.

5.

Il faut manipuler les montures avec soins et les examiner
quotidiennement pour détecter les fendillements et les
éraflures.

6.

Il ne faut jamais entreposer les protecteurs oculaires dans
un coffre à outils, où ils peuvent être éraflés ou
endommagés.

7.

Il faut se procurer et utiliser un étui pour protéger les verres
lorsqu'on ne porte pas le protecteur oculaire.

Lentilles de contact

Dans l'industrie de la construction, les lentilles de contact ne
peuvent pas remplacer les lunettes de sécurité. La poussière et
la saleté peuvent s'insérer derrière les lentilles de contact et
causer soudainement de l'inconfort et une perte de vision.

De plus, il est difficile de garder les lentilles de contact propres;
sur un chantier, il y a rarement des installations appropriées
pour enlever les lentilles de contact, les nettoyer et les remettre. 

Il est donc recommandé de ne pas porter de lentilles de contact
sur un chantier de construction.

Cependant, s'il est nécessaire de porter des lentilles de contact
pour corriger certains défauts de l'œil, les travailleurs peuvent
obtenir de leur ophtalmologiste ou de leur optométriste une
permission écrite indiquant la nécessité de porter des lentilles de
contact pour travailler de façon sécuritaire. Le cas échéant, il est
nécessaire de porter des protecteurs oculaires, préférablement
des lunettes étanches, avec les lentilles de contact.

12 – 1

12 PROTECTION DE LA TÊTE

Normes

Les exigences en matière de protection de la tête sont
indiquées dans l'édition courante du règlement de la
construction (Règl. de l'Ont. 213/91).

En vertu de ce règlement, le port du casque de sécurité
est obligatoire pour tous les travailleurs de la construction
œuvrant en Ontario. Le casque de sécurité doit protéger
le porteur contre les chocs et contre les petits objets
tombant ou projetés en l'air et il doit pouvoir supporter un
contact électrique équivalant à une tension phase-terre de
20 000 volts.

Pour l'instant, le ministère du Travail (MdT) considère que
les classes de casque de sécurité suivantes sont
conformes au règlement.

Classe B

fabriqués et testés en fonction de la norme Z94.1-1977
de la CSA

Classe B

fabriqués et testés en fonction de la norme Z89.1-1986
de l'ANSI

Type I, classe E

fabriqués et testés en fonction de la norme Z89.1-1997
de l'ANSI

Classe E

fabriqués et testés en fonction de la norme Z94.1-1992
de la CSA

Type II, classe E

fabriqués et testés en fonction de la norme Z89.1-1997
de l'ANSI

On peut connaître le « Type » et la « Classe » d'un
casque de sécurité en examinant son étiquette de la CSA
ou de l'ANSI. Certains fabricants gravent le classement
de la CSA ou de l'ANSI dans la coque du casque de
sécurité, sous le bord.

Styles

Les nouveaux casques de sécurité de la Classe E sont
offerts en trois styles de base :

1)

Conception standard avec bord avant, gouttière, points
d'attache pour les accessoires comme des dispositifs de
protection de l'ouïe

2)

Conception standard avec bord avant et points d'attache
pour les accessoires, mais sans gouttière

3)

Conception à bord large complet, tout autour du casque
pour offrir une meilleure protection contre le soleil, avec
points d'attache pour les accessoires.

PROTECTION DE LA TÊTE

Étiquette CSA, gravée dans la coque, indiquant un casque de Classe E 

13 – 1

13 PROTECTION DES PIEDS

Les blessures aux chevilles constituent 50 % de toutes
les blessures aux pieds chez les travailleurs de la
construction en Ontario. Si elles sont portées
correctement, les bottes de travail de Catégorie 1
homologuées par la CSA respectent les exigences de
l'édition courante du règlement de la construction (O. de
l'Ont. 213/91) et aident à protéger le travailleur contre les
blessures aux chevilles et les autres types de blessures.

L'une des trois catégories de la CSA, la Catégorie 1, offre
la meilleure protection; c'est également la seule catégorie
permise en construction. Dans les bottes de Catégorie 1,
un embout d'acier protège les orteils des chutes d'objet et
une semelle d'acier protège la plante du pied des
perforations.

On reconnaît les bottes de
Catégorie 1 par

un triangle vert portant le logo de
la CSA cousu sur l'extérieur de la
botte et

une étiquette verte à l'intérieur de
la botte, indiquant la protection de
Catégorie 1.

On offre également les bottes de Catégorie 1 avec une
protection métatarsienne et diélectrique. Une étiquette
affichant un symbole grec oméga orange signifie une
protection contre les chocs électriques dans des
conditions sèches.

Sélection et ajustement

Les bottes de Catégorie 1 sont offertes dans une grande
sélection de styles et de matériaux de semelle adaptés à
divers types de travail. Par exemple, des bottes de
caoutchouc de Catégorie 1 sont plus appropriées que les
bottes de cuir dans le cas des travaux dans des égouts
ou des canalisations principales ou des travaux de béton.

Les bottes doivent avoir amplement d'espace pour les
orteils (environ 1,25 cm entre le bout des orteils et
l'embout d'acier en position debout et les bottes lacées).

Au moment de vérifier l'ajustement des bottes, il faut
porter des chaussettes épaisses. S'il faut porter une
doublure ou une orthèse spéciale dans les bottes, il faut
les insérer dans les bottes au moment de les essayer.

Soins et entretien

Le fait de lacer les bottes à la manière militaire permet de
les enlever rapidement. En cas d'urgence, on peut
facilement couper le lacet en surface et enlever
rapidement la botte.

En hiver, on garde les pieds au chaud en portant des
chaussettes minces sous des chaussettes de laine. Il faut
vérifier régulièrement la présence de gelures sur les
pieds.

Portez des bottes de travail hautes (260 mm ou 9 po) ou
moyennes (150 mm ou 6 po) de Catégorie 1
homologuées par la CSA. Plus les bottes sont hautes,
mieux elles soutiennent les chevilles et les protègent des
coupures et des perforations.

PROTECTION DES PIEDS

Étiquette du symbole

grec oméga

Bottes de sécurité lacées correctement
portant une étiquette de la CSA

14 PROTECTION DE L'OUÏE

Introduction

Les activités de construction produisent généralement du bruit.
Le travail de construction type peut comporter de l'équipement
à moteur, petit ou gros, la transformation du métal, l'utilisation
de perceuses ou de scie mécanique, l'utilisation d'équipement
pneumatique et du dynamitage. Tous ces éléments peuvent
produire du bruit à un niveau dangereux.

Selon le niveau sonore, la durée de l'exposition et d'autres
facteurs, il peut en résulter une perte auditive temporaire ou
permanente. Le corps est habituellement capable de se remettre
d'une perte auditive temporaire en quelques heures, une fois que
le niveau sonore a baissé. Si le corps ne peut rétablir la perte
auditive subie, il s'agit alors d'une perte permanente.

Souvent, une personne atteinte d'une perte auditive
permanente ne s'en rend pas compte. Le bruit peut être
dangereux à un niveau qu'une personne exposée ne considère
pas comme irritant ou nuisible. Donc, il n'est pas question de
tenir compte des 

préférences 

personnelles; il faut fonder les

mesures de prévention et de contrôle sur le 

potentiel

général

de perte auditive.

Si on attend d'être inconfortable avant de prendre des mesures
préventives, il peut être trop tard pour éviter une perte auditive
permanente causée par le bruit.

Mesure du bruit

La mesure du niveau sonore permet d'établir :

s'il y a un danger en raison du niveau sonore

l'exposition au bruit des travailleurs

les travailleurs qui nécessitent une protection de l'ouïe, des
tests auditifs, de la sensibilisation ou de la formation.

On mesure le son à l'aide d'un sonomètre. On mesure
l'intensité du son en décibel (dB). L'oreille perçoit l'intensité par
la force sonore.

On ne peut additionner directement les niveaux sonores
comme on le fait avec les chiffres. Par exemple, deux bruits
produisant chacun 90 dB constituent une force sonore de
93 dB, et non de 180 dB. De fait, cette force sonore combinée
de 93 dB constitue le 

doublement de

l'intensité. 

Dans de nombreux chantiers de construction, plusieurs
sources de bruit contribuent au niveau sonore général. Cela
signifie que l'exposition d'un travailleur peut être beaucoup plus
élevée que s'il y avait une seule source de bruit (figure 22). 

En plus de mesurer l'intensité, le sonomètre permet de détecter
une vaste gamme de fréquences. Étant donné que l'oreille
humaine est conçue pour éliminer les fréquences les plus
basses et accentuer légèrement les fréquences les plus
hautes, le sonomètre est conçu pour fonctionner de la même
façon. Il comporte une fonction interne appelée
« pondération A ». La mesure du niveau de bruit qui en résulte
est exprimée en décibels (dB) sur l'échelle « A », ou dBA.

On peut mesurer deux types de bruits : ambiant et personnel.

La 

mesure du bruit ambiant

consiste à mesurer le bruit d'une

zone de travail précise. On prend habituellement cette mesure
en guise d'étape préliminaire dans le but de déterminer s'il est
nécessaire de procéder à une évaluation détaillée incluant une
mesure du bruit personnel. Il ne faut pas utiliser la mesure du

bruit ambiant pour déterminer le type de
protection de l'ouïe à employer ou s'il est
nécessaire d'effectuer un test auditif. Dans
ces cas, il faut mesurer l'exposition d'une
personne au bruit.

La mesure de l'exposition d'une personne
au bruit

nécessite l'utilisation d'un petit

appareil appelé sonomètre intégrateur. Les
travailleurs peuvent porter cet appareil pour
établir leur exposition au bruit moyenne
durant un quart de travail complet. L'appareil
est habituellement porté à la taille et il
comporte un microphone que l'on place le
plus près possible de l'oreille.

Il faut procéder à la mesure du bruit en
respectant des normes acceptables. La
norme Z107 de l'Association canadienne de
normalisation (CSA), 

Méthodes de mesure

du bruit en milieu de travail

, offre des

conseils sur le type d'équipement à utiliser, les
travailleurs qui doivent faire l'objet d'un test et
la façon d'effectuer le test.

L'évaluation du bruit doit être réalisée par une
personne expérimentée, formée dans ce type
de test.

Processus de l'audition

Le processus de l'audition commence lorsque
l'oreille externe dirige les ondes sonores dans
le conduit auditif externe (figure 23). La
membrane tympanique vibre lorsque les
ondes sonores la traversent. Cette vibration
est ensuite transmise à l'oreille moyenne, où
elle est amplifiée par une membrane appelée
fenêtre vestibulaire. La fenêtre vestibulaire

PROTECTION DE L'OUÏE

La pelle mécanique produit un volume de bruit de 90 dB. Le travailleur tout près est donc exposé à
un volume de 90 dB.

La pelle mécanique produit un volume de bruit de 90 dB. Le compresseur produit également un
volume de bruit de 90 dB. Le travailleur entre les deux appareils est donc exposé à leur volume de
bruit combiné. Cette double intensité de bruit se mesure à 93 dB.

Figure 22

14 – 2

constitue la frontière entre l'oreille moyenne et l'oreille interne,
où se trouvent les organes sensibles de l'ouïe. De l'autre côté
de la fenêtre vestibulaire, fixée à celle-ci, se trouve une
structure en colimaçon appelée la cochlée. La cochlée contient
du fluide et des cellules auditives internes. Ces milliers de
cellules, minuscules, mais très sensibles, captent les vibrations.
Des terminaisons nerveuses microscopiques sont reliées à ces
cellules et transmettent les messages au cerveau, qui les
interprète comme une variété de sons.

Perte auditive

Toute réduction de la capacité normale d'entendre est
considérée comme une perte auditive. Une perte auditive peut
être temporaire ou permanente.

Déplacement temporaire de seuil 

Dans le cas d'une perte auditive temporaire, l'ouïe normale
revient après une période de repos, loin des sources de bruit
intense ou fort. Cette période peut se calculer en minutes, en
heures et parfois en jours. On croit que la perte d'audition
temporaire se produit lorsque les cellules auditives ploient sous
les vibrations et prennent un certain temps à reprendre leur
position normale.

La plupart des pertes d'audition temporaires se produisent
durant les deux premières heures d'exposition; de même, le
rétablissement se produit habituellement durant les deux
premières heures suivant la fin de l'exposition. Cependant, la
durée nécessaire au rétablissement dépend principalement de
la gravité de la perte d'audition initiale. Plus la perte a été
grave, plus le temps de rétablissement sera long. Cette
diminution temporaire de la capacité auditive s'appelle un
déplacement de seuil temporaire (DST), car le seuil auquel on
commence à entendre les sons a été rehaussé.

Par exemple, pour écouter de la musique au volume auquel vous
êtes habitué, vous aurez à remonter le volume de votre appareil
d'un cran ou deux. C'est la raison pour laquelle certaines
personnes, particulièrement celles atteintes d'une forme de perte
d'audition, affirment qu'elles « s'habituent au bruit ».

Si ces expositions précédentes continuent dans les mêmes
conditions et sans l'intervalle de repos approprié, cette perte
d'audition temporaire pourrait devenir permanente.

Déplacement de seuil permanent

La perte auditive permanente est le résultat de la
destruction des cellules auditives ou des terminaisons

nerveuses dans la cochlée. Une fois détruits, ces
composants importants du processus d'audition ne peuvent
pas être rétablis ou régénérés. La perte auditive
permanente qui en résulte, aussi appelée déplacement de
seuil permanent (DSP), varie d'une légère diminution de la
capacité auditive à la surdité pratiquement totale.

L'un des symptômes du DSP est l'incapacité de percevoir
les sons à fréquences élevées. Au fur et à mesure que le
dommage s'accroît, il devient difficile de percevoir les
paroles.

Malheureusement, ce dommage s'accroît graduellement.
Les travailleurs peuvent ne pas remarquer les changements
d'un jour à l'autre. Malheureusement, lorsque le mal est fait,
il n'y a aucune guérison possible. Voici quelques effets
possibles du DSP.

Les sons et la parole deviennent étouffés, tellement qu'il
peut être difficile de différencier des mots à consonance
semblable ou d'isoler une seule voix dans une foule.

Les personnes qui en sont atteintes peuvent vous
demander de parler plus fort, puis se plaindre que vous
criez.

Il y a un tintement permanent dans l'oreille (acouphène).

Les personnes qui en sont atteintes doivent écouter la
radio ou la télévision à un volume très élevé et ont de la
difficulté à parler au téléphone.

Facteurs déterminants

Les facteurs déterminants suivants permettent d'établir le degré
et la portée de la perte auditive :

Type de bruit 

(continu, intermittent, puissant, à hautes ou

à basses fréquences)

Intensité du bruit 

(niveau sonore)

Durée de l'exposition 

(la période durant laquelle un

travailleur est exposé au bruit; par exemple, durant la
journée, durant un quart de travail précis)

Durée de l'emploi 

(années durant lesquelles un travailleur

est exposé au bruit)

Type d'environnement du bruit 

(caractéristiques de

l'environnement; par exemple, confiné, ouvert, surfaces
réfléchissantes)

Distance de la source 

(distance entre le travailleur et la

source du bruit)

Position du travailleur 

(position du travailleur relativement

à la source du bruit)

Âge du travailleur 

(par exemple, un apprenti de 20 ans

comparativement à un compagnon de 50 ans)

Susceptibilité des personnes 

(différence de sensibilité,

déficiences physiques)

Santé courante du travailleur 

(si un travailleur présente

une perte détectable ou une maladie de l'oreille)

Activités domestiques et de loisir du travailleur

(l'exposition aux bruits ailleurs qu'au travail, comme la
chasse, le tir au pigeon d'argile, l'écoute de musique avec
un casque d'écoute, les randonnées de motoneige, etc.)

Les autres principales causes de la perte auditive sont l'âge,
les blessures traumatiques (comme dans le cas d'une
explosion ou d'un coup de feu) et l'infection. 

Cependant, le bruit est la principale cause identifiable de la
perte auditive. Voilà pourquoi il est important d'appliquer des
mesures de contrôle aussi souvent que possible, afin de
prévenir cette perte.

PROTECTION DE L'OUÏE

Figure 23

Son traversant le conduit auditif

Marteau

Membrane
tympanique

Conduit
auditif

Enclume

Étrier

Cochlée

Messages
vers le
cerveau

14 – 3

Protection de l'ouïe

L'une des mesures de contrôle du bruit est
l'utilisation appropriée de protecteurs
auriculaires. Il faut fournir des protecteurs
auriculaires lorsqu'il n'est pas possible de
mettre en œuvre des mesures d'ingénierie
et durant la mise en œuvre de telles
mesures.

Les protecteurs auriculaires sont des
barrières qui réduisent la quantité de bruit
qui atteint l'oreille interne. Certains des
facteurs importants au moment de choisir
un protecteur auriculaire sont l'ajustement,
le confort et la réduction, ou l'atténuation,
du bruit.

Les protecteurs auriculaires les plus
couramment employés sont les bouchons
d'oreille et les oreillères. Les bouchons
d'oreille atténuent le bruit en bouchant le
conduit auditif (figure 24). L'oreillère, elle,
couvre l'oreille externe afin de constituer un
« joint d'étanchéité acoustique » (figure 25). Le tableau 1
présente certaines des caractéristiques des différents types de
protecteurs auriculaires.

Efficacité

Évidemment, l'efficacité d'un protecteur auriculaire dépend de
la durée durant laquelle on le porte. Ce qui est moins évident
pour la plupart des porteurs est la réduction extrême de la
protection s'ils ne portent pas leurs protecteurs auriculaires
dans un environnement bruyant, même pendant une brève
période.

Cette réduction de l'efficacité peut aller jusqu'à 95 % si le
protecteur n'est pas porté pendant aussi peu que trois ou
quatre minutes. Voilà pourquoi il est important de porter un
protecteur auriculaire pendant toute l'exposition au bruit, pour
bénéficier de la protection maximale que le dispositif peut offrir.

L'efficacité des protecteurs auriculaires dépend également de la
façon dont le bruit se propage à travers le protecteur ou autour
de celui-ci. Il faut, de plus, prendre note des facteurs suivants :

Même une ouverture ou une fuite d'air relativement petite
dans le contact entre le protecteur et la peau peut réduire
l'efficacité du dispositif de 5 à 15 dB et même plus.

Des mouvements constants de la tête ou des vibrations du
corps peuvent entraîner des fuites d'air; il faut donc

régulièrement apporter des ajustements pour assurer une
bonne étanchéité.

Les cheveux, particulièrement les cheveux longs, ou la
barbe peut nuire à l'étanchéité de l'ajustement.

Un bon ajustement est essentiel pour obtenir une
protection adéquate d'un protecteur auriculaire.

L'efficacité des oreillères dépend en grande partie de la
tension du serre-tête. Si cette tension diminue au cours de
l'utilisation, en raison de mouvements routiniers ou d'une
modification par le porteur, l'efficacité du dispositif en est
diminuée.

Le fait de modifier les oreillères en perçant des trous dans
les coupelles à oreille rend le dispositif entièrement
inefficace.

Les différences anatomiques entre les travailleurs, comme
la taille du conduit auditif, la forme de la mâchoire et la
forme de la tête, peuvent nuire à l'ajustement des oreillères
et des bouchons d'oreille. Pour pallier ces différences, il
faut offrir les protecteurs auriculaires de différentes formes
et de différentes tailles.

Les casques d'écoute, comme ceux utilisés avec les
radios et les lecteurs de DC 

ne doivent pas

être utilisés

comme protection de l'ouïe.

PROTECTION DE L'OUÏE

Figure 24

Jetable

Permanent

Protecteurs auriculaires de type bouchon

Protecteurs auriculaires de type oreillère

Figure 25

Oreillère standard

avec bande de tension

Oreillère

à fixation

Communication bidirectionnelle

Communication 

14 – 4

PROTECTION DE L'OUÏE

OREILLÈRES

STYLE

et

CONFORT

Constitué de mousse
compressible. Offerts
en plusieurs formes.
Souvent décrits
comme étant des
« bouchons jetables ».
L'élasticité du matériau
leur permet de
s'adapter facilement
aux changements du
conduit auditif.

Ils sont habituellement
faits de plastique ou de
caoutchouc de silicone
fixé à une tige souple
permettant de les
manipuler et de les
insérer. Offerts en
plusieurs formes et
tailles pour convenir
aux différents conduits
auditifs.

Composées de deux
coupelles de plastique
fixées à une bande de
métal ou de plastique.
Les coupelles
comportent un
coussinage doux qui
accroît l'étanchéité et le
confort. La tension de
la bande assure une
bonne étanchéité.

UTILISATION

PRÉVUE

On peut réutiliser
quelques fois la plupart
de ces bouchons avant
de les jeter.

À utiliser plus d'une
fois.

À utiliser régulièrement
À porter avec ou sans
bouchons. Se fixent
facilement aux casques
de protection.

PRATIQUES

D'HYGIÈNE

Avoir les mains propres
au moment d'insérer de
nouveaux bouchons.

Il faut nettoyer les
bouchons à l'eau tiède
et au savon
régulièrement,
préférablement chaque
fois qu'on les enlève.

Il est nécessaire d'en
faire l'entretien général.
Il faut faire l'entretien de
la bande de tension. Il
faut remplacer les
coussins lorsqu'ils sont
sales ou friables.

AVANTAGES

Faible risque d'irritation.
Une seule taille convient
à la plupart des
travailleurs.

Réutilisables.

Moins de risques
d'irritation. Fixés à un
casque de protection,
ils sont toujours
accessibles.

INCONVÉNIENTS

Il faut avoir les mains
propres pour les
manipuler. Il est
nécessaire d'en avoir
une grande quantité
s'ils sont enlevés et
utilisés souvent.

Les bouchons doivent
demeurer propres pour
prévenir les irritations.
La pression peut causer
un peu d'inconfort. Bien
qu'ils soient réutilisables,
les bouchons se
dégradent avec le
temps. Il faut les
inspecter et les
remplacer au besoin.

Les bandes peuvent
s'user et ainsi réduire la
tension. Les lunettes et
les cheveux peuvent
nuire à l'ajustement et
réduire la protection.

BOUCHONS

D'OREILLE EN

MOUSSE

BOUCHONS D'OREILLE

PRÉMOULÉS

Tableau 3 Types de protecteurs auriculaires

BOUCHONS D'OREILLE

MALLÉABLES

BOUCHONS D'OREILLE

MOULÉS

BOUCHONS D'OREILLE

SEMI-INSÉRÉS

• Utilisation unique

dans le cas des

bouchons en liane

minérale.

• Utilisations multiples

dans le cas des

bouchons en

coton/cire.

• Utilisation semi-

permanente dans le

cas des bouchons en

mastic de silicone.

Utilisation permanente

À utiliser plus d'une
fois.

Fabriqués d'un
matériau malléable
comme un mélange de
coton et de cire, un
mastic de silicone ou
de la laine minérale.

Faits sur mesure pour
un conduit auditif en
particulier en prenant
une empreinte de
l'oreille, en fabriquant
un moule et en coulant
un bouchon.

Parfois appelés
« bouchons à bande ».
Ils sont composés de
petits bouchons
maintenus en place
dans le canal auditif par
une bande à ressort.

Avoir les mains propres
au moment de les
former et de les insérer.

Les laver à l'eau chaude
et au savon,
préférablement
immédiatement après
les avoir enlevés.

Les laver à l'eau
chaude et au savon,
préférablement
immédiatement après
les avoir enlevés.

Assez bon marché

Bon ajustement si
l'empreinte de l'oreille a
été correctement
réalisée.

Pratiques lorsqu'il faut
les enlever
fréquemment.

Pas recommandés
pour le niveau de bruit
des chantiers de
construction.

Si le porteur perd ou
gagne beaucoup de
poids, il faut mouler de
nouveaux bouchons.
Avec le temps, on peut
perdre les bouchons, ils
peuvent rapetisser,
durcir ou se fendiller. Il
faudra alors les
remplacer.

Critères de sélection

En plus des caractéristiques d'atténuation du bruit, il faut tenir
compte des facteurs suivants au moment de choisir un
protecteur auriculaire :

les niveaux et les normes d'exposition au bruit

le confort

l'apparence

les exigences en matière de communication

l'environnement de travail et les procédures de travail

la surprotection

Niveaux et normes d'exposition au bruit

La mesure du niveau de bruit auquel une personne est
exposée durant toute une journée de travail permet de
déterminer la classe de protecteur auriculaire dont elle a
besoin.

Cette évaluation doit être fondée sur une exposition au bruit de
huit heures, non sur une mesure ponctuelle ou de zone. Par
exemple, une scie mécanique utilisée par un maçon produit un
volume de bruit de 110 dBA. Par contre, durant tout son quart
de travail de huit heures, le maçon est exposé à un niveau de
bruit moyen de 92 dBA. Cette mesure s'explique par le fait que
le maçon n'utilise pas la scie continuellement durant tout son
quart de travail. Il consacre du temps à poser de la brique, à
prendre une pause, à manger son repas, etc.

La norme Z94.2, 

Protecteurs auditifs

, de la CSA, énumère les

classes de protecteurs auriculaires A, B et C. Les protecteurs sont
classés selon leur capacité à atténuer le bruit, telle qu'elle a été
mesurée en laboratoire, puis pondérée selon quelques facteurs
pratiques sur le terrain. Les protecteurs de classe A offrent la plus
grande atténuation du bruit, suivis des classes B et C.

Le tableau 4 fournit des lignes directrices permettant de choisir
le protecteur approprié. Le tableau 5 énumère le niveau de
bruit type de divers équipements de construction. On peut
utiliser la limite supérieure comme guide de sélection de la
classe de protecteurs appropriée.

Confort

Le confort est un facteur important du processus de sélection. Un
travailleur devant utiliser un protecteur auriculaire inconfortable ne
le portera pas ou le portera d'une façon inappropriée.

Dans le cas des bouchons d'oreille, plusieurs variables
déterminent le confort. Les bouchons non poreux peuvent
créer de la pression dans l'oreille et ainsi causer de l'inconfort.
Les bouchons sales peuvent irriter le conduit auditif. Certains
bouchons peuvent ne pas s'ajuster correctement à la forme du
conduit auditif de certaines personnes.

Les oreillères doivent être faites d'un matériau qui n'absorbe
pas la sueur et qui est facile à entretenir et à nettoyer. Les
coupelles doivent être réglables afin de pouvoir s'ajuster à
diverses tailles et formes de tête. La tension du serre-tête et
des coupelles doit être réglée de façon à ce que le dispositif
soit efficace sans être inconfortable. Le poids peut également
être un facteur déterminant. 

Il faut permettre aux travailleurs d'essayer plusieurs modèles de
protecteurs auriculaires pour qu'ils puissent choisir celui qu'ils
trouvent le plus confortable.

Apparence

L'apparence du protecteur auriculaire peut également influer
sur la décision. Un protecteur qui semble encombrant ou
inconfortable peut décourager les porteurs potentiels. Le fait de
permettre aux travailleurs de choisir parmi une sélection de
protecteurs auriculaires, ou parmi différentes marques d'un
même protecteur auriculaire pourrait régler ce problème.

Exigences en matière de communications

Tenez compte du niveau du bruit et des risques de perturbation
des communications (tableau 6). Le risque d'interférence des
communications est le plus grand lorsque le niveau bruit
ambiant (tous les bruits générés dans les environs) est bas.
Dans le cas présent, les porteurs de protecteur auriculaire qui
ont subi une perte auditive peuvent éprouver de la difficulté à
comprendre les paroles parce qu'ils doivent combattre leur
perte auditive en plus de l'atténuation que procure le protecteur

14 – 5

PROTECTION DE L'OUÏE

Tableau 5

NIVEAU TYPE DE BRUIT MESURÉ

SUR UN CHANTIER DE CONSTRUCTION

NIVEAU SONORE (dBA)

* ÉQUIPEMENT

À L'EMPLACEMENT DE L'OPÉRATEUR 

Grues

78 – 103

Pelles mécaniques

85 – 104

Chargeuses

77 – 106

Niveleuses

86 – 106

Racleuses

97 – 112

Trancheuses

95 – 

1

99

+ Batteurs

119 – 125

Compacteur

90 – 112

+ Fixateurs à cartouches

120 – 140

Broyeurs

106 – 110

Scies à chaîne

100 – 115

Scie à béton

97 – 103

Bec de sablage

111 – 117

Marteaux perforateurs

100 – 115

Compresseurs

85 – 104

* Habituellement, l'équipement plus récent est moins bruyant que

l'équipement plus vieux. (Pour obtenir le niveau sonore d'une
pièce d'équipement précise, communiquez avec l'Association
ontarienne de la sécurité dans la construction.)

+ Les batteurs et les fixateurs à cartouche produisent un son

intermittent, ou à impulsion.

Tableau 4

NIVEAU MAXIMUM DE BRUIT

(dBA)

CLASSE DE PROTECTEURS

AURICULAIRES RECOMMANDÉE

Moins de

85 dBA

Aucune protection nécessaire

Jusqu' à

89 dBA

Classe C

Jusqu' à

95 dBA

Classe B

Jusqu' à

105 dBA

Classe A

Jusqu' à

110 dBA

Bouchons de classe A + 

oreillères de classe A ou B

Plus de 110 dBA

Bouchons de classe A + 

oreillères de classe A ou 

B et exposition limitée

14 – 6

auriculaire. Dans d'autres cas, un travailleur qui n'a pas de
problème auditif et qui porte un protecteur auriculaire pourrait

mieux

comprendre les paroles dans un environnement bruyant.

En d'autres mots, le fait de porter un protecteur auriculaire ne
réduit pas nécessairement la capacité de communiquer. Il faut
tenir compte de certains facteurs, comme la capacité auditive du
porteur, le niveau de bruit ambiant et le type de protecteur
auriculaire porté. Dans les cas où la communication
bidirectionnelle est vitale, il est possible de porter des protecteurs
auriculaires munis d'un émetteur-récepteur (figure 25). 

Environnement/procédures de travail

Le choix d'un protecteur auriculaire est parfois dicté par les
contraintes du milieu de travail ou des procédures de travail.
Par exemple, il peut ne pas être possible de porter de grosses
oreillères dans une zone de travail confinée, où il y a peu
d'espace pour la tête.

Dans un tel cas, le port d'oreillères à coupelles minces ou de
bouchons d'oreille peut être plus approprié. Dans le cas d'un
travail près d'un danger de type électrique, il peut être
approprié de porter des oreillères non conductrices à
suspension. La nature du travail peut également s'avérer un
facteur déterminant. Par exemple, certains types d'oreillères
peuvent nuire au port du masque de soudeur.

La capacité d'atténuation des oreillères peut être
considérablement réduite si un travailleur les porte avec des
lunettes de sécurité. (La forme de tête du porteur, ainsi que le
type de lunettes portées, déterminent la réduction de la
capacité d'atténuation.) Lorsqu'il est nécessaire de porter des
lunettes de sécurité, il faut porter des lunettes à branches
minces afin de minimiser l'ouverture entre le joint du protecteur
et la tête. Sinon, il faut porter des bouchons d'oreille, pourvu
qu'ils fournissent une protection adéquate.

S'il est nécessaire de porter un casque de protection en tout
temps et que l'exposition au bruit est intermittente, il faut
envisager d'utiliser un protecteur auriculaire fixé directement au
casque. Cependant, il faut ajuster régulièrement ce type de
protecteur, car les mouvements du casque peuvent nuire à
l'étanchéité du joint du protecteur auriculaire.

Il faut également tenir compte d'un travail utilisant des huiles,
des graisses ou tout autre produit pouvant salir les mains. Des
bouchons d'oreille insérés avec des mains sales peuvent
causer des infections de l'oreille.

Surprotection

Les travailleurs portant un protecteur auriculaire atténuant trop
le bruit peuvent se sentir isolés de leur environnement. Ils
peuvent entendre les sons étouffés. La parole et les
avertissements peuvent devenir méconnaissables. La
surprotection peut pousser un travailleur à ne plus porter de
protecteur auriculaire. Voilà pourquoi il faut choisir un protecteur
offrant une atténuation qui est suffisante sans être excessive.

L'objectif est d'atténuer le bruit en deçà de la limite pour une
exposition de huit heures, 85 dBA, mais sans dépasser
70 dBA. 

Soins, entretien et utilisation

Il faut former les travailleurs sur la bonne façon d'ajuster les
protecteurs auriculaires, celle recommandée par le fabricant. La
formation doit inclure une démonstration. Les travailleurs
doivent ensuite pratiquer la technique d'ajustement de leur
protecteur auriculaire sous étroite supervision. Il faut vérifier
plusieurs points pour assurer la meilleure protection possible.
Bon nombre de ces points sont liés à l'ajustement.

Oreillères

1)

Les oreillères doivent être conformes à la plus récente
version de la norme Z94.2 de la CSA.

2)

Les coupelles de l'oreillère doivent couvrir entièrement les
oreilles et être tenues fermement en place par une bande
de tension.

3)

Les coupelles et la bande de tension ne doivent pas être
suffisamment serrées pour causer de l'inconfort.

4)

Il faut inspecter les coupelles, les coussins et la bande de
tension pour repérer tout défaut, tel que des fissures, des
trous ou une fuite du joint avant d'utiliser le protecteur
auriculaire.

5)

Parce que la bande de tension peut devenir lâche sur une
longue période de temps, celle-ci peut devoir être réparée
ou remplacée.

6)

Il faut réparer ou remplacer les pièces défectueuses au
besoin. La bande de tension, les coussins et les coupelles
sont facilement remplaçables.

Bouchons d'oreille

1)

Les bouchons d'oreille doivent être conformes à la plus
récente version de la norme Z94.2 de la CSA.

2)

Afin d'obtenir l'atténuation maximale, il faut utiliser la
méthode d'insertion présentée à la figure 26. Étant donné
que le conduit auditif a une légère forme de « S », il faut
tirer l'oreille vers l'arrière pour le redresser et ainsi obtenir
un meilleur ajustement au moment d'insérer les bouchons.

3)

Les bouchons d'oreille doivent être bien ajustés dans le
conduit auditif. Au départ, ils peuvent être inconfortables.
Cependant, avec le temps (habituellement, environ deux
semaines), cet inconfort disparaît. Si l'inconfort est plus
important ou qu'il persiste au-delà de deux semaines, il
faut consulter un professionnel. Dans la plupart des cas, il

PROTECTION DE L'OUÏE

Tableau 6 

Effets des protecteurs auriculaires sur la compréhension de la parole

CAPACITÉ

D'AUDITION

DU

PORTEUR

Moins

de 75

75 à 85

Plus de 85

BRUIT AMBIANT / ENVIRONNANT EN dBA

Normale

Peu

Aucun

Amélioration de

l'ouïe

d'effet

effet

la communication

Déficience

Effet

Peu

Aucun effet

de l'ouïe

modéré

d'effet

Figure 26

Bonne technique d'insertion des
bouchons d'oreille

 

 

 

 

 

 

 

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