Manuel de santé et sécurité de l'industrie de la construction (2008) - 2

 

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Manuel de santé et sécurité de l'industrie de la construction (2008) - 2

 

 

4 – 2

PREMIERS SOINS

Secourisme d'urgence, ainsi que cinq leçons au choix.
Voici certaines leçons appropriées à un prestateur de
premiers soins :

• Fractures

• Blessures à la tête et à la colonne vertébrale

• Blessures aux articulations

• Blessures thoraciques

• Blessures aux mains

• Blessures aux yeux

• Gestion de plusieurs victimes

• Blessures du pelvis ou de l'abdomen et blessures

par écrasement

• Brûlures

• Empoisonnement

• Troubles médicaux (diabète, convulsions,

asthme, allergies) 

• Maladies et blessures liées à la chaleur et au

froid 

• Respiration artificielle (sujet adulte)

• Défibrillation externe automatisée (Il faut

prévoir du temps supplémentaire au cours pour
cette leçon précise et il faut émettre une carte de
certification de DAE distincte)

Étant donné que les procédures peuvent changer de
temps à autre, il est important de mettre à jour cette
formation. Voilà pourquoi une recertification est exigée
tous les trois ans (communiquez avec votre organisme de
formation pour obtenir tous les détails).

Dans un chantier comportant cinq employés ou moins,
l'employeur doit s'assurer qu'un travailleur ayant au moins
une formation Secourisme d'urgence de l'Ambulance
Saint-Jean  (ou une formation équivalente) se trouve sur
place pour prodiguer des premiers soins. Cette exigence
s'applique également à une équipe de deux à cinq
travailleurs œuvrant loin des installations de l'entreprise,
comme une équipe de peintres travaillant dans un bureau
vide. Dans le cas d'une équipe de six travailleurs ou plus,
le règlement exige que le prestateur de premiers soins ait
reçu une formation Secourisme standard de l'Ambulance
Saint-Jean. D'autres travailleurs doivent également avoir

reçu la formation afin d'assurer le service advenant
l'absence du prestateur de premiers soins. 

Procédures de premiers soins

Pour assurer qu'un travailleur blessé ou malade reçoivent
des premiers soins appropriés et opportuns, l'employeur
doit fournir une procédure de premiers soins écrite dans
le cadre de son programme de santé et sécurité. Cette
procédure doit couvrir :

• le signalement obligatoire et les renseignements

devant être consignés

• le contenu des trousses de premiers soins

• la disponibilité des prestateurs de premiers

soins, ainsi que leur recertification

• le transport pour obtenir des soins médicaux

• les exigences en matière d'affichage de

documents.

Le règlement Exigences relatives aux premiers soins
stipule que chaque trousse de premiers soins doit
comporter l'édition à jour du manuel de premiers soins
de l'Ambulance Saint-Jean. Ce manuel explique en détail
les premiers soins à apporter à un travailleur blessé ou
devenant soudainement malade. Le prestateur de
premiers soins peut s'en servir comme ouvrage de
référence pour suivre un protocole précis.

Pour obtenir des détails sur des signes, les symptômes et
les traitements liés à des maladies ou des blessures
causées par l'exposition à la chaleur ou au froid, consultez
les chapitres du présent manuel portant sur le stress dû à
la chaleur et le stress dû au froid.

Le règlement Exigences relatives aux premiers soins

5 – 1

SANTÉ AU TRAVAIL

5

SANTÉ AU TRAVAIL

Voies de pénétration

Les matières dangereuses qui se trouvent dans les lieux de
travail peuvent causer des maladies à quatre endroits du
corps :

où elles entrent dans le corps, les voies de
pénétration comme les poumons, la peau et les
intestins;

dans le sang, qui transporte les matières
dangereuses dans tout le corps;

dans le système nerveux central; 

dans les organes capables d'éliminer les substances
toxiques du corps :  p. ex. le foie, les reins et la
vessie (voies de sortie).

La présente section décrit brièvement les quatre voies de
pénétration (inhalation, absorption, ingestion et injection),
ainsi que des dangers des lieux de travail et des maladies
professionnelles fréquemment associés à ces voies de
pénétration.

Inhalation

L'appareil respiratoire du corps est l'une des voies de
pénétration les plus courantes pour les substances toxiques.
La substance peut endommager l'appareil respiratoire lui-
même ou elle peut passer par les poumons pour s'attaquer à
d'autres parties du corps. 

La fonction principale de l'appareil respiratoire est de capter
l'oxygène dans l'air et de le passer dans le sang. Il permet
également d'éliminer le dioxyde de carbone (le gaz résiduaire
produit durant les processus du corps) du sang en le
projetant avec l'air expiré.

L'air atteint les poumons par l'entremise d'une arborescence
de tubes, qui commence à la trachée et se divise afin de
former deux bronches, une par poumon. Chaque bronche, à
son tour, se divise en bronchioles qui aboutissent en des
groupements de minuscules poches d'air appelées alvéoles.
L'oxygène change de place avec le dioxyde de carbone par
une très mince membrane entourant les alvéoles.

Les poumons sont recouverts d'une délicate membrane
appelée plèvre. (Le mésothéliome, l'un des cancers causés
par l'amiante, est un cancer de la plèvre.)

Cancer

Le processus chimique causant le cancer est encore mal
compris. On croit que certains 

carcinogènes

(substances

causant le cancer) interagissent avec le matériel génétique des
cellules; d'autres, avec le système immunitaire et d'autres, plutôt
que de causer un cancer directement, interagiraient avec d'autres
agents. Peu importe le mécanisme, l'effet est très souvent retardé,
parfois jusqu'à 30 ans. 

Pour affirmer qu'une substance est un carcinogène, il faut
habituellement d'abord effectuer des tests chez les animaux. Si la
substance cause un cancer chez des animaux, particulièrement
ceux qui ont un système biologique semblable à celui de l'humain,
elle est considérée comme un carcinogène présumé. Deux
exemples de ce type de substance sont la silice et les fibres de
céramique réfractaire, qui causent le cancer des poumons. Les
procédés de transformation industriels ont également permis de
découvrir certaines substances carcinogènes. Parmi ces
substances se trouvent l'amiante (cancer du larynx, des poumons
et de l'abdomen), le chloroéthène (cancer du foie), le brai de
houille (cancer de la peau), le chrome (cancer des poumons) et la
benzidine (cancer de la vessie). Il faut être extrêmement prudent
au moment de manipuler les substances classées comme des
carcinogènes.

Amiante

Il a été démontré que l'inhalation de la poussière d'amiante
cause les maladies suivantes :

l'amiantose;

le cancer des poumons;

le mésothéliome (le cancer de la paroi de la poitrine
ou de l'abdomen).

L'amiantose

est une maladie des poumons causée par les

tissus cicatriciels qui se forment autour des minuscules fibres
d'amiantes qui se déposent au plus profond des poumons. Au
fur et à mesure que la quantité de tissu cicatriciel augmente,
la capacité des poumons de se dilater et de se contracter
diminue, ce qui cause des essoufflements et entraîne une
surcharge de travail pour le cœur. L'amiantose peut entraîner
la mort de la personne atteinte.

Il est fréquent que les personnes ayant

respiré de la

poussière d'amiante contractent le cancer des poumons.
Même si les médecins et les chercheurs ne sont pas encore
en mesure d'expliquer pourquoi et comment l'amiante cause
le cancer des poumons, il ne fait aucun doute que l'exposition
à la poussière d'amiante accroît les risques de contracter la
maladie. Des études menées auprès de travailleurs du
secteur de l'amiante démontrent que le risque de contracter
un cancer des poumons est cinq fois supérieur chez les
personnes ayant été exposées à l'amiante.

Le tabagisme, une autre cause du cancer des poumons,
multiplie davantage le risque. Des recherches ont démontré
que le risque de contracter un cancer des poumons est au
moins 50 fois plus élevé chez les travailleurs de l'amiante qui
fument que chez les travailleurs qui ne fument pas et
n'entrent pas en contact avec l'amiante.

Le mésothéliome est une forme rare de cancer de la
paroi de la poitrine ou de l'abdomen

. Quoique rare dans la

population en général, cette maladie est fréquente chez les
personnes exposées à l'amiante.

Autres maladies

— Il existe également des signes de risques

accrus de contracter un cancer de l'estomac, du rectum ou
du larynx. Cependant, le lien entre l'amiante et ces maladies
n'est pas aussi bien défini que dans le cas du cancer des
poumons ou du mésothéliome.

Étant donné que les maladies mentionnées précédemment
ne répondent pas toujours positivement aux traitements
actuels, elles sont souvent fatales.

Consultez le chapitre traitant d’amiante dans ce manuel.

L'APPAREIL RESPIRATOIRE

Voies nasales

Bronches

Trachée

Poumon

Arborescence

Plèvre

Circulation 

sanguine

Petite 

voie

respiratoire

5 – 2

Comment les substances dangereuses
outrepassent les défenses des poumons

Les voies respiratoires comportent un système de défense
très élaboré qui retient toutes les poussières, sauf les plus
minuscules. Ce système est composé des poils dans le nez
et du mucus dans la trachée et les bronches. Le mucus est
produit en permanence par des cellules spéciales qui se
trouvent sur la paroi des principales voies respiratoires. Des
cils vibratiles (de minuscules poils qui se trouvent sur la paroi
de la trachée et des bronches) remontent le mucus jusque
derrière la gorge.

Les plus grosses particules de poussière sont prises dans le
mucus, d'où elles sont avalées ou recrachées. Les particules
plus petites que 0,5 micron (1 pouce = 25 400 microns)
demeurent dans l'air et sont expirées. Les particules les plus
dangereuses sont celles qui ont une taille de 0,5 à
7,0 microns. Elles sont beaucoup trop petites pour être vues
à l'œil nu et peuvent éviter le système de défense des voies
respiratoires pour atteindre les poumons. Une fois dans les
poumons, ces particules peuvent entraîner la formation de
cicatrices sur les alvéoles délicates. Le tissu cicatriciel ainsi
formé est la cause de la maladie, qui entraîne de
l'essoufflement.

La plupart des particules de poussières sont trop grosses
pour traverser la paroi des alvéoles, mais les gaz, les
vapeurs, les bruines et les émanations peuvent atteindre
l'appareil circulatoire en passant par les poumons. De plus,
les émanations des torches à souder ou de l'échappement
des camions peuvent stimuler le système de défense des
voies respiratoires et entraîner la production d'une grande
quantité de flegme. Cette condition s'appelle bronchite
chronique. Ces mêmes substances peuvent détruire les
délicates alvéoles dans les poumons. Il s'agit alors
d'emphysème.

Les poumons sont la principale cible des carcinogènes en
milieu de travail parce qu'ils :

• sont en contact direct avec les polluants

atmosphériques en milieu de travail;

• ont une vaste superficie (100 à 140 m

2

).

Asphyxiants

On appelle asphyxiants les substances chimiques qui nuisent
au transfert de l'oxygène dans les tissus. La personne
exposée étouffe littéralement parce que l'appareil circulatoire
est incapable de produire suffisamment d'oxygène pour
souvenir la vie.

Il existe deux catégories d'asphyxiant : simples et chimiques.

Les asphyxiants simples

déplacent l'oxygène dans l'air, ce
qui en laisse une quantité
insuffisante pour respirer. 

Les

asphyxiants chimiques

causent

le même effet en nuisant à la
capacité du corps d'absorber, de
transporter ou d'utiliser l'oxygène.

Les asphyxiants simples
constituent un danger important
dans les espaces clos, où l'air
respirable peut être remplacé par
des gaz d'égout, par exemple.

Si la proportion normale d'oxygène
dans l'air (21 %) passe à 16 %,
des troubles de respiration et
d'autres problèmes apparaissent,
comme des étourdissements, des
bourdonnements d'oreilles et une
accélération du rythme cardiaque.
Sur un chantier de construction, les
asphyxiants simples incluent
l'argon, le propane et le méthane.

Ces substances chimiques n'ont habituellement aucune autre
propriété toxique.

Le monoxyde de carbone est un asphyxiant chimique. Il se
fixe aux molécules du sang qui transportent l'oxygène et
réduisent la capacité de renouveler l'oxygène. Le sulfure
d'hydrogène, lui, nuit aux voies d'acheminement de l'oxygène
et l'acide cyanhydrique paralyse le centre de contrôle de la
respiration dans le cerveau.

Absorption

Une autre voie de pénétration courante est l'absorption par la
peau d'une substance toxique (p. ex. un solvant organique).
Avec une superficie de 1 à 2 m

2

, la peau est le plus grand

organe du corps. Certaines substances chimiques peuvent
pénétrer la peau, atteindre l'appareil circulatoire, puis d'autres
parties du corps, où elles causent des problèmes. Par
exemple, le toluène et le 2-éthoxyéthanol (Cellosolve) sont
des substances chimiques absorbées par la peau. L'essence
minérale et d'autres solvants utilisés dans la fabrication de la
peinture peuvent facilement pénétrer dans la peau.

La peau

La peau est la couche protectrice des organes internes contre
l'environnement extérieur. Sa couche extérieure est
composée de cellules mortes durcies, qui la rendent
résistance à l'usure et aux déchirures des activités
quotidiennes. Les glandes sudoripares rafraîchissent le corps
lorsque l'air ambiant devient trop chaud. Les glandes
sébacées produisent une huile qui repousse l'eau. Un réseau
de petits vaisseaux sanguins, appelés capillaires, joue un rôle
clé dans le contrôle de la température du corps. Lorsqu'il fait
chaud, les capillaires se dilatent pour laisser échapper la
chaleur dans l'air et lorsqu'il fait froid, ils se contractent afin de
garder la chaleur à l'intérieur du corps. La peau est
également munie d'une couche protectrice d'huile et de
protéines qui contribue à la protéger des blessures et de la
pénétration de substances nocives.

Une substance peut être absorbée par la peau et atteindre
une autre partie du corps ou elle peut causer des dommages
à la voie de pénétration (la peau) et déclencher le processus
de développement d'une maladie. Ces substances sont
habituellement indiquées dans une fiche signalétique. La
mention « peau » est indiquée à côté de leur limite
d'exposition, ce qui indique que l'exposition peut se produire
par la peau, les muqueuses, les yeux ou peut endommager
la peau elle-même.

SANTÉ AU TRAVAIL

Épiderme

Derme

Couche sous-cutanée

Follicule pileux

Tissu conjonctif

Couche de 

cellules basales

Cellule épidermique

Kératine

5 – 3

Irritation de la peau

La dermatite

est une inflammation de la peau pouvant être

causée par une multitude de substances que l'on retrouve sur
les lieux de travail, comme les solvants (peinture), les résines
époxydes, les acides, les substances caustiques et les
métaux. La dermatite se manifeste par des rougeurs, des
démangeaisons ou une desquamation de la peau. Il existe
deux types de dermatite :

la dermatite primaire (dermatite de contact) et

la dermatite par sensibilisation (dermatite allergique).

Le tableau 1 présente les principales causes de la dermatite
sur les chantiers de construction.

La dermatite de contact

est causée par la friction, le chaud

et le froid, les acides, les alcalis, les gaz irritants et les
émanations. En contact avec la substance, la peau devient
rouge, irritée et peut développer de l'eczéma (une
accumulation de gouttelettes de fluide sous la surface de la
peau). Les principaux dangers de dermatite sur un chantier
de construction incluent les caustiques, les acides, bon
nombre de solvant au chlore, le béton humide, l'acide
chromique et l'hydroxyde de calcium.

La dermatite allergique

, elle, est causée par une réaction

allergique à une substance donnée. La sensibilisation à la
substance peut être causée par une exposition prolongée ou
répétée à cette substance et s'établit habituellement en 10 à
30 jours. Le processus peut également prendre plusieurs années.

Une fois la sensibilisation établie, la plus petite exposition à la
substance peut entraîner une réaction grave. Les substances
comme les solvants organiques, l'acide chromique et les résines
époxydes peuvent causer une dermatite de contact ou allergique.
Les sensibilisants incluent les matières époxydes
(particulièrement les durcisseurs), le nickel et le chrome.

Certains agents, comme le goudron de houille et le créosote
ont un effet sensibilisant puissant à la lumière du soleil. On
les appelle des photosensibilisants.

Solvants

Solvants pour la colle de kératine :

Ces solvants causent

des lésions sur la surface de la peau ou la dissolvent,
entraînant ainsi un assèchement et des gerçures. Tous les
alcalis, comme l'hydroxyde d'ammonium, l'hydroxyde de
sodium et le chlorure de calcium sont des solvants pour la
colle de kératine.

Solvant pour le gras et les huiles :

Ces solvants éliminent

les huiles à la surface de la peau, de sorte que celle-ci ne
peut plus retenir l'eau efficacement. Il en résulte une peau
sèche et gercée. Les solvants organiques, comme le toluène
et le xylène causent cette condition.

Stimulateurs de kératine :

Au contact de ces irritants

primaires, la peau subit des changements, des tumeurs
inhabituelles apparaissent, comme dans le cas d'une
exposition au brai de houille ou à l'arsenic.

Certaines matières dangereuses utilisées sur les lieux de
travail ont été associées au cancer de la peau. Un certain
nombre d'entre elles sont indiquées dans le tableau 2.

Ingestion

La troisième voie de pénétration importante des substances
toxiques est la bouche et l'appareil digestif. Des matières
toxiques peuvent atteindre l'estomac après qu'une personne
ait consommé de la nourriture ou une boisson, ait fumé une
cigarette dans un lieu de travail poussiéreux, s'il n'est pas
possible d'utiliser une salle à manger propre, lorsque des
travailleurs ne se lavent pas les mains avant de manger ou
de fumer ou lorsque de la nourriture non emballée est laissée
dans un endroit poussiéreux. La poussière de plomb, par
exemple, est facilement ingérée de cette façon et peut causer
de graves effets sur la santé. Une fois avalée, la substance
atteint le tube digestif et peut atteindre l'appareil circulatoire.

Le tube digestif est un long tube qui commence dans la
bouche et se termine au rectum. Les organes de l'appareil
digestif permettent d'ingérer, de digérer et d'absorber la
nourriture. La plus grande partie de la digestion et de
l'absorption a lieu dans l'intestin grêle. Le gros intestin
absorbe habituellement les vitamines et les sels.

Une fois avalée, la substance toxique entre dans le tube
digestif, d'où elle peut atteindre l'appareil circulatoire, puis le

SANTÉ AU TRAVAIL

TABLEAU 1

PRINCIPAUX DANGERS DE DERMATITE SUR UN CHANTIER DE CONSTRUCTION

MATIÈRE

TYPE

TRAVAIL/ACTIVITÉ

MESURE DE CONTRÔLE

Certaines substances en milieu de travail soupçonnées

de causer le cancer de la peau

Brai

Arsenic

Rayons ultraviolets

Asphalte

Goudron

Rayons X

Benzo(a)pyrène

Créosote

Anthracène

Huile de schiste

Huiles de coupe Suie

TABLEAU 2

Béton humide

Résines époxydes

Brai de houille

Solvants/dégraissants

Nettoyants

Allergique/corrosif

Allergique/dégraissant (les
solvants peuvent aggraver
les allergies)

Allergique

Dégraissant

Corrosif/dégraissant

- Ouvriers en béton

- Cimentier-finisseur
- Installateurs de revêtement de sol

sans joint

- Peintres
- Installateur de carreaux/de terrazzo

- Couvreurs
- Applicateurs d'enduit hydrofuge

- Mécaniciens
- Peintres
- Corps de métiers
- Mécaniciens de chantier

- Ouvriers
- Corps de métiers

- Bottes de caoutchouc, pantalon de

pluie, gants de caoutchouc au besoin.

- Crème protectrice
- Gants résistant à des solvants

précis (voir le tableau de la section
sur les gants du présent manuel)

- Bonne hygiène personnelle

- Changer de vêtements tous les

jours dans le cas d'un travail dans

un endroit poussiéreux

- Les crèmes protectrices sont

habituellement efficaces

- Bonne hygiène personnelle

- Gants appropriés (voir le tableau de la

section sur les gants du présent

manuel)

- Minimiser les contacts avec la peau

- Bonne hygiène personnelle

- Habituellement, des gants et des

bottes de caoutchouc et un
pantalon de pluie

5 – 4

foie. Le rôle du foie et des reins est d'éliminer les poisons et
de rendre les substances moins nocives pour le corps. Il
arrive cependant qu'ils ne réussissent pas.

Injection

Dans de rares cas, des substances peuvent pénétrer dans le
corps par injection. La peau peut être percée par un jet de
peinture provenant d'un pistolet à haute pression ou par de
l'huile projetée d'un tuyau hydraulique à haute pression. Il
s'agit de situations graves qui requièrent immédiatement des
soins médicaux. Les produits chimiques dans la peinture
peuvent endommager la zone entourant le point d'impact,
puis être transportés vers un autre organe par le système
circulatoire. Des produits chimiques peuvent également être
injectés dans le corps par l'entremise d'une plaie perforante
causée par un clou ou une agrafe, par exemple.

Les matières dangereuses à
l'intérieur du corps

L'appareil circulatoire

Habituellement, l'appareil circulatoire n'est pas en contact
direct avec des matières dangereuses. Cependant, une fois
que les substances nocives ont atteint l'appareil circulatoire,
elles peuvent être transportées dans n'importe quelle partie
du corps.

Le centre de l'appareil circulatoire est le cœur. Il pompe le
sang vers un vaste réseau de vaisseaux sanguins qui
forment une arborescence. La taille des vaisseaux diminue
au fur et à mesure qu’ils s’éloignent du cœur. Les vaisseaux
s'étendent tellement dans le corps qu'aucune cellule n'est
éloignée de plus de quelques millimètres d'un vaisseau
sanguin ou d'un capillaire.

Les dangers qui guettent l'appareil
circulatoire

Grâce aux capillaires, la nourriture et l'oxygène atteignent
toutes les cellules du corps, exactement comme les
substances toxiques en milieu de travail. L'oxygène est
transporté par une protéine appelée hémoglobine, qui se
trouve dans les globules rouges. L'oxygène se fixe
solidement à l'hémoglobine, mais, malheureusement, le
monoxyde de carbone aussi. Le monoxyde de carbone est
une substance toxique courante produite par la combustion
des moteurs de camions, de la machinerie, etc. De fait, le
monoxyde de carbone se fixe à l'hémoglobine de 200 à
300 fois plus facilement que l'oxygène.

En grande concentration, le monoxyde de carbone peut être
mortel, car il surcharge l'hémoglobine des globules rouges et
remplace l'oxygène dont le corps a besoin pour survivre.
Cependant, même une exposition répétée à une petite

SANTÉ AU TRAVAIL

Œsophage

Foie
Estomac

Vésicule biliaire

(sous le foie)

Pancréas

(derrière l'estomac)

Intestin grêle

Gros intestin

Rectum

L'APPAREIL DIGESTIF

Certaines substances pouvant causer l'anémie

Gaz d'arsine

Cadmium

Sélénium

Cuivre

Plomb

Gallium

Stibine

Composés de mercure

Béryllium

Benzène
Toluène

5 – 5

quantité peut avoir des effets graves sur le cœur et le
système nerveux central.

De nombreuses substances toxiques s'attaquent directement
aux globules. Le corps produit sans cesse de nouveaux
globules dans la moelle, à l'intérieur des os. Des substances
toxiques comme le benzène peuvent nuire au processus de
production et causer de l'anémie, une carence en globules
rouges. Le tableau 3 présente certaines des substances
pouvant causer l'anémie.

Le foie

Le foie est l'usine chimique du corps. Les cellules qui forment
le foie contiennent des enzymes qui permettent de convertir
certaines substances toxiques en une forme plus inoffensive,
que le corps est capable d'absorber. Cependant, s'il est
surchargé de substances toxiques, le foie lui-même peut être
endommagé.

Il peut devenir enflammé; il s'agit alors d'un trouble appelé

hépatite

. Cette maladie peut être causée par un virus ou une

substance chimique comme l'alcool, le tétrachlorure de
carbone, ainsi que d'autres hydrocarbures chlorés. Des
hépatites à répétition peuvent entraîner une cicatrisation du
foie, une maladie appelée 

cirrhose

du foie. En termes

généraux, cela signifie que le foie ne contient plus
suffisamment de cellules normales pour transformer les
substances toxiques.

Une surexposition à des substances chimiques comme
l'acrylonitrile, le benzène, le tétrachlorure de carbone, le DDT,
le chloroforme, le phénol, le styrène, le tétrachlorure
d'acétylène et le tétrachlorure d'éthylène peut également
endommager le foie. Le chloroéthène, une substance utilisée
dans la fabrication du plastique, a été associé à une forme
rare et mortelle de cancer du foie appelée hémangiosarcome.
Le tableau 4 présente quelques substances pouvant
endommager le foie.

Les reins et la vessie

Les reins constituent un filtre pour le sang. Chaque rein
contient plus d'un million de minuscules filtres. Ces filtres
nettoient le sang en éliminant un certain nombre d'impuretés,
qui se déposent dans l'urine. L'urine passe dans de
minuscules tubes qui surveillent et maintiennent le niveau
d'acide et la quantité d'eau dans le corps. À la sortie de ces
tubes, l'urine passe dans la vessie, où elle est stockée jusqu'à
ce qu'elle soit expulsée du corps.

Puisque les reins sont des filtres, ils peuvent être gravement
endommagés par les substances toxiques qui passent dans
le corps. Des troubles rénaux peuvent entraîner de la basse
pression ou de la haute pression, ce qui peut causer une
insuffisance cardiaque. Un trouble rénal peut également
briser l'équilibre chimique du corps, ce qui entraînera d'autres
dommages.

De la même façon dont les poumons sont très vulnérables
aux substances toxiques du fait qu'ils sont une voie de
pénétration importante, les reins et la vessie sont tout autant
vulnérables parce qu'ils sont une voie de sortie importante.

Le système nerveux

Pour que nous demeurions en vie, nous devons respirer sans
cesse, notre cœur doit fonctionner constamment et tous les
autres organes doivent fonctionner. En plus de ces fonctions
de base, nous pensions et nous réagissons aux émotions et
aux sensations. Toutes ces fonctions effectuées par le
cerveau et le corps sont commandées par le système
nerveux central.

SANTÉ AU TRAVAIL

Glande surrénale

Urètre

Vessie

Rein

LES REINS

Un système complexe d'élimination 

des déchets

Cortex

Parties médullaires du rein

Tableau 4

Substances soupçonnées d'endommager les reins

Plomb

Naphtalène

Mercure

Tétrachlorure de carbone

Cadmium

Tétrachlorure d'acétylène

Chromates

Monoxyde de carbone

Cuivre

Émanations d'essence

Uranium

Térébenthine

Béryllium

Bismuth

Arsenic

Acide oxalique

Arsine

Chaleur intense

Fluorure de sodium

Vibrations

Iode

Chocs à haute tension

Disulfure de carbone

Pertes sanguines

Le tableau 5 présente certaines des substances
soupçonnées d'endommager les reins.

Tableau 5

Certaines substances soupçonnées d'endommager le foie

Antimoine

Acrylonitrile

Dichlorure d'éthylidène

Arsine

Benzène

Hydrazine

Béryllium

Tétrabromure de carbone

Méthanol

Bismuth

Tétrachlorure de carbone

Chlorométhane

Cadmium

Benzène chloré

Méthylènedianiline

Cuivre

Chloroforme

Naphtalène

Indium

Crésol

Phénol

Manganèse

DDT

Pyridine

Nickel

Sulfate de diméthyle

Styrène

Phosphore

Dioxane

Tétrachlorure d'éthylène

Sélénium

2-(chlorométhyl)oxirane

Toluène

Alcool éthylique

Chloroéthène

5 – 6

Le système nerveux central est le centre de commandes.
L'épine dorsale raccorde le cerveau au système nerveux.
Une partie du système nerveux s'étend jusqu'aux extrémités;
il s'agit du système nerveux périphérique.

La plupart des blessures du système nerveux central sont
permanentes et certaines blessures du système nerveux
périphérique peuvent être parfois guéries. L'exposition à
certains métaux, comme le mercure, peut interférer avec
l'influx nerveux et causer des tremblements et une perte de
réflexes ou de sensations.

Une dépression du système nerveux central

entraîne des

effets comme des maux de tête, des étourdissements, de la
somnolence et des pertes de conscience. L'Organe alors
touché est le cerveau; il en résulte un ralentissement du
rendement. De nombreux solvants, comme le toluène, le
xylène, l'éther et l'acétone produisent cet effet si leurs
émanations sont suffisamment concentrées. Les travailleurs
exposés à ces substances chimiques dans les solvants, la
peinture, les diluants et les dégraissants peuvent éprouver
ces effets. 

Le cerveau 

a besoin d'un apport constant en oxygène.

Certaines substances chimiques nuisent au fonctionnement
du système nerveux central et perturbent l'approvisionnement
en oxygène. Les premiers signes de cet état sont des
étourdissements et de la somnolence. Il faut réagir
immédiatement à ces signes et prendre des mesures
appropriées. Par exemple, il faut immédiatement quitter la
zone et obtenir des soins médicaux.

Le fonctionnement du système nerveux est extrêmement
compliqué. Il s'agit d'un système à l'équilibre délicat; le
tableau 5 présente plusieurs substances chimiques qui
peuvent l'endommager.

L'appareil génital

Les dangers en milieu de travail touchent les travailleurs,
mais ils peuvent avoir des répercussions jusqu'au domicile du
travailleur.

L'appareil génital, les testicules chez l'homme et les ovaires
chez la femme, produisent les cellules nécessaires au
processus de reproduction. Tout dommage à ces cellules
peut avoir des conséquences désastreuses. Il peut s'agir de
malformations chez les enfants ou même d'embryons non
viables entraînant une fausse couche.

Certaines substances chimiques causent des fausses
couches ou des malformations congénitales en s'attaquant
directement au matériel génétique des cellules ou des
appareils qui en contrôlent la production. Des dommages
semblables peuvent également causer des cancers; les
substances carcinogènes causent souvent des malformations
congénitales et des fausses couches.

Les effets des substances dangereuses

Les effets d'une exposition à des dangers en milieu de travail
sont parfois immédiats et douloureux et causent des
dommages évidents. Cependant, il est parfois difficile de
déterminer quand et comment les dangers en milieu de
travail s'attaquent aux cellules du corps. Bon nombre des
maladies les plus graves se produisent de 10 à 30 ans après
l'exposition.

SANTÉ AU TRAVAIL

Certaines substances chimiques pouvant nuire au système nerveux

Tableau 6

Dépression du système
nerveux central

Acétates
Alcools
Substances bromées
Substances chlorées
Éthoxyéthane
Cétones

Empoisonnement du cerveau

Disulfure de carbone
Acide cyanhydrique
Sulfure d'hydrogène
Stibine
Arsine

Dommages au cerveau par
manque d'oxygène

Gaz asphyxiants
Monoxyde de carbone

Troubles des fonctions
nerveuses

Pesticides d'organophosphate
Plastifiants

d'organophosphate

Métaux lourds
Mercure
Plomb
Manganèse
Arsenic

Légende :

= Exposition chez les hommes

= Exposition chez les femmes

Source : Institut de santé au travail de Finlande, Helsinki.

Facteurs

Gaz anesthésiants

Benzène

Mercure

2-(chlorométhyl)oxirane

1,2-dibromoéthane

Oxyde d'éthylène

Pentane-1,5-dial

Radiations ionisantes

Chloroprène

Plomb

Solvants organiques

Disulfure de carbone

Chloroéthène

Diminution

 de la

 fe

rt

ili

F

ausses couches Altér

ation 

chromosomique Malf

ormations

Spermatozoïdes 

endommagés

5 – 7

La latence des maladies
professionnelles

La latence est le temps entre l'exposition à une substance
dangereuse et le développement éventuel d'une maladie. La
latence n'est pas la durée de l'exposition à une substance,
mais plutôt le temps écoulé depuis la première exposition.
Dans le cas de nombreux dangers en milieu de travail, la
latence peut être de dix à vingt ans. Elle peut même aller
jusqu'à trente à quarante ans.

La latence est un facteur important pour le travailleur à
plusieurs niveaux. Une personne exposée à une substance
très dangereuse peut ne sentir aucun effet néfaste au
moment de l'exposition. Les effets ne peuvent survenir que
plusieurs années plus tard.  Par exemple, l'exposition à une
radiation ionisante ou à l'amiante ne cause que très peu de
symptômes au moment de l'exposition, mais les effets à long
terme peuvent être mortels.

Dans le passé, les études scientifiques ne tenaient pas
compte de la latence au moment d'évaluer les incidences
d'une maladie (comme l'amiantose). Pour être en mesure
d'établir un portrait clair des maladies qui apparaissent de
nombreuses années après l'exposition, les chercheurs
doivent étudier non seulement les travailleurs actuels (y
compris de nombreux travailleurs qui ont travaillé dans un
environnement précis pendant moins de 20 ans), mais
également les travailleurs qui ont été exposés dans le passé.

Finalement, un lieu de travail sans maladie n'est pas
nécessairement un lieu de travail sans danger. Les maladies
d'aujourd'hui sont habituellement le reflet des conditions de
travail d'il y a quelques décennies. De même, les dangers en
milieu de travail actuels pourraient causer des problèmes de
santé dans le futur.

Les effets aigus et chroniques des
dangers en milieu de travail

Les dangers en milieu de travail peuvent avoir des effets
immédiats et à long terme sur le corps. On les appelle effets
aigus et chroniques. Un travailleur qui s'effondre
soudainement parce qu'il a été exposé à une dose massive
de monoxyde de carbone ou un opérateur de pelle
mécanique souffrant de maux de tête parce qu'il travaille
dans une cabine mal aérée sont des exemples d'effets aigus.

Les effets aigus d'une substance toxique se produisent
immédiatement ou très rapidement après l'exposition du
travailleur et sont habituellement causés par une exposition à
une importante dose de la substance. Ils peuvent être
mortels, mais peuvent souvent être soignés, s'ils sont
diagnostiqués à temps. Il s'agit d'effets soudains et
dramatiques qui résultent de l'action directe de la substance
dangereuse sur les cellules du corps. 

Les effets chroniques des substances toxiques, eux, sont
souvent plus graves. Les effets chroniques ressortent souvent
qu'après de nombreuses années. En grande majorité, ils ne
peuvent pas être soignés. Ils résultent souvent des tentatives
du corps de se réparer ou de compenser les effets aigus
d'une substance. Par exemple, le cancer est un effet
chronique, comme la cicatrisation des poumons causée par
la poussière de silice et les dommages à l'ouïe causés par un
niveau de bruit excessif. Les maladies chroniques deviennent
apparentes seulement après des dommages graves.

Les effets aigus des substances nocives sont souvent très
différents des effets chroniques. Le tableau 7 présente les
différences entre les effets aigus et chroniques de certaines
des substances toxiques mentionnées précédemment.

Les facteurs qui déterminent les effets
toxiques

Les facteurs liés à la substance

a) La composition chimique

Différents produits chimiques ont différents effets, mais les
différences de composition peuvent influer sur les effets
toxiques. Par exemple, le bois imprégné sous pression
présente très peu de danger lorsqu'il est sec. Cependant, s'il
est brûlé, les agents de préservation se décomposent,
produisant des substances plus toxiques.

Dans certains cas, l'exposition à plus d'une substance peut
changer l'effet toxique. Par exemple, une personne qui
travaille avec des solvants, puis qui consomme des boissons
alcoolisées après le travail sera en état d'ébriété plus
rapidement et présente de plus grands risques de dommages
au foie en raison des deux facteurs combinés.

b) Propriétés physiques

Dans le cas des dangers pour l'appareil respiratoire, les deux
principaux facteurs sont la taille des particules et la pression
de vapeur.

Les particules d'une taille supérieure à 10 micromètres sont
captées de l'air inhalé dans le nez et les voies respiratoires
supérieures. La capacité du système de capter les particules

SANTÉ AU TRAVAIL

Effets aigus et chroniques des dangers en

milieu de travail

Tableau 7

Aigu

Chronique

Brumes acides

Irritation des yeux et de la gorge,

larmoiement, toux, maux de

gorge, douleurs à la poitrine

Bronchite chronique et

emphysème

Amiante

Légère irritation de l'appareil

respiratoire, toux, éternuements

Amiantose; cancer des

poumons, de la plèvre,

?du larynx, de l'estomac

et des intestins

Monoxyde de

carbone

Somnolence, maux de tête,

confusion; en très grande

quantité, perte de conscience et

mort

Peut contribuer aux

crises cardiaques

Poussière

(contenant de la

silice)

Toux, irritation, bronchite, asthme Silicose, cancer,

bronchite

Bruit

Déplacement de seuil temporaire,

acouphène, douleur

Perte auditive causée par

le bruit, acouphène

Trichloroéthylène

Étourdissements, euphorie,

sensation d'ivresse,

engourdissements

Dommages au foie et

aux reins; risques de

cancer du foie

Vibration

Picotements et raideurs dans les

articulations

Arthrite, tendinite

5 – 8

diminue au même rythme que la taille des particules, jusqu'à
ce qu'il ne soit plus capable de les capter. 

La pression de vapeur mesure la capacité d'un liquide de se
transformer en vapeur. Plus la pression de vapeur est élevée,
plus le danger est grand. Par exemple, dans le cas de deux
solvants d'une toxicité similaire, mais présentant une pression
de vapeur différente, le solvant ayant la pression de vapeur
inférieure présente un danger moindre et est donc le choix le
plus sûr.

c) Solubilité dans les liquides organiques

Certaines substances sont plus solubles dans les liquides
organiques. Les substances liposolubles sont solubles dans
les membranes cellulaires. Elles peuvent donc pénétrer
facilement dans le corps et sont plus mobiles une fois qu'elles
ont pénétré le corps. Étant donné qu'elles sont liposolubles,
elles demeurent également plus longtemps dans l'organisme
avant d'être évacuées. Les solvants organiques, comme le
toluène, le xylène, l'acétone et le méthanol sont liposolubles.

Les facteurs liés à l'exposition

a) La dose

Comme la plupart des substances chimiques, la fréquence et
la gravité de l'effet toxique sont directement liées au 

niveau

de danger

auquel la personne a été exposée, ainsi que la

durée de 

cette exposition

. C'est ce qu'on appelle

habituellement la relation dose-effet ou dose-réaction. Dans le
cas de l'alcool éthylique, par exemple, il n'y a aucun effet
nocif si la dose respecte la quantité que l'organisme est en
mesure de métaboliser. Cependant, si la dose dépasse cette
quantité, l'effet augmente avec la quantité absorbée.

En examinant l'historique de l'utilisation d'une substance
toxique dans un lieu de travail, en menant des tests sur les
animaux et en effectuant des comparaisons avec d'autres
substances, il est possible de déterminer un « niveau
d'utilisation sûr » en milieu de travail pour de nombreuses
matières. Le seuil est le niveau jusqu'auquel il ne devrait se
produire aucun effet nocif important chez la plupart des gens.

Dans le cas de certaines substances, comme les
carcinogènes, ce seuil est très difficile à établir ou est
inexistant. Voilà pourquoi il faut contrôler de très près
l'exposition aux carcinogènes connus.

b) Cofacteurs

La plupart des normes établissant un « niveau d'utilisation
sûr » sont fondées sur l'exposition à une substance à la fois.
Dans beaucoup de cas, ce n'est pas ce qui se produit. Par
exemple, l'exposition à l'amiante multiplie par cinq le risque
de cancer des poumons et le tabagisme le multiplie par dix.
Cependant, un fumeur exposé à de l'amiante court un
risque cinquante fois plus grand de contracter un cancer
des poumons qu'une personne qui ne fume pas et qui n'a
jamais été en contact avec de l'amiante. Le concept de
l'exposition multiple n'a pas été étudié en profondeur. C'est
la raison pour laquelle il faut éviter autant que possible
l'exposition à des mélanges complexes.

Les facteurs liés à la personne

Certaines personnes sont plus sensibles que d'autres à
l'exposition à des substances chimiques. Certains facteurs
expliquent le degré de l'effet toxique.

a) Le matériel génétique

La sensibilité d'une personne peut s'expliquer par sa
constitution génétique. On soupçonne que les emplacements
où se produisent des réactions toxiques chez une personne
sont déterminés par des gènes qui diffèrent d'une personne à
l'autre. Cette théorie expliquerait pourquoi seulement
certaines personnes, plutôt que toutes les personnes,
exposées à une substance donnée développent une maladie.

b) L'état allergique

Chez les personnes allergiques à certaines substances, les
anticorps forcent une surproduction du mécanisme de
défense dans l'organisme, ce qui entraîne des symptômes
comme l'asthme et la dermatite.

Par exemple, chez une personne exposée pour la première
fois aux résines époxydes ou aux isocyanates, l'organisme
produit un certain nombre d'anticorps. Lors des expositions
subséquentes, la réaction est beaucoup plus grave en raison
des anticorps déjà présents dans l'organisme. Des
expositions répétées déclenchent la réaction allergique face à
des doses de plus en plus petites. On appelle ce processus
« sensibilisation ».

c) La présence d'une maladie prédisposante

La maladie peut rendre une personne plus sensible à
certaines substances toxiques puisque l'organisme est déjà
affaibli.

Par exemple, une personne présentant un trouble cardiaque
comme de l'angine pourrait faire une crise cardiaque si elle
est exposée à un niveau de monoxyde de carbone qui
déclenche normalement très peu d'effets chez une personne
en santé. De même, une personne atteinte d'un trouble
pulmonaire comme de l'emphysème réagira beaucoup plus
gravement qu'une personne en santé aux substances
irritantes pour les poumons.

d) L'âge

Il faut savoir que les substances chimiques ont un effet
amplifié chez les travailleurs les plus jeunes et les plus âgés.

6 – 1

6

STRESS DÛ À LA CHALEUR

L'Association ontarienne de la sécurité dans la construction
aimerait remercier les organismes suivants pour leur
participation à l'élaboration du présent chapitre :

American Conference of Governmental Industrial
Hygienists (ACGIH)

Sarnia Regional Labour-Management Health and
Safety Committee

OÙ LE STRESS DÛ À LA CHALEUR SE
PRODUIT-IL SUR UN CHANTIER DE
CONSTRUCTION?

Les travaux de construction demandant des efforts physiques
intenses dans un environnement chaud et humide peuvent
imposer un stress important au travailleur. Les conditions
chaudes et humides peuvent prévaloir tant à l'intérieur qu'à
l'extérieur.

Intérieur

Aciéries et fonderies

Chaufferies

Usines de pâte et papier

Services électriques

Usines de pétrochimie

Affineurs

Fournaises 

Raffineries d'huile et de produits chimiques

Chambres de transformateurs

Construction et rénovation intérieures.

Extérieur 

Construction de routes 

Construction domiciliaire 

Réfection de pont

Creusage de tranchées

Coulage et épandage de goudron ou d'asphalte 

Travail sur un toit plat ou en bardeaux

Excavation et nivellement.

L'enlèvement de l'amiante, le travail avec des déchets
dangereux, ainsi que d'autres tâches qui exigent que le
travailleur porte des vêtements protecteurs semi-perméables
ou imperméables peuvent accroître de façon considérable le
niveau de stress dû à la chaleur. Le stress dû à la chaleur fait
monter la température du corps.

QUE SE PASSE-T-IL LORSQUE LA
TEMPÉRATURE DU CORPS AUGMENTE?

Le corps humain fonctionne de façon optimale dans une
étroite plage de températures internes. Cette température
interne peut varier de 36 °C à 38 °C. Un travailleur de la
construction qui effectue des travaux intenses dans un
environnement chaud accumule de la chaleur corporelle.
Pour éliminer cette chaleur excessive et pour garder la
température corporelle à moins de 38 °C, le corps utilise deux
mécanismes de rafraîchissement :

1)  Le rythme cardiaque augmente pour éloigner le sang,

et la chaleur) du cœur, des poumons et des autres
organes vitaux et l'acheminer vers la peau.

2)  La sudation augmente pour aider à rafraîchir le sang

et le corps. L'évaporation de la sueur est le plus
important moyen du corps pour se débarrasser de la
chaleur excessive.

Lorsque les mécanismes de rafraîchissement du corps
fonctionnent correctement, la température corporelle baisse et
se stabilise à une température sécuritaire (environ 37 °C). Par
contre, si le travailleur perd trop de sueur en raison de son

travail intensif ou de conditions chaudes et humides, le corps
ne dispose pas de suffisamment d'eau pour se rafraîchir. On
dit alors qu'il se déshydrate. La température corporelle monte
au-dessus de 38 °C. Il peut alors survenir une série de
maladies liées à la chaleur ou de troubles associés au stress
dû à la chaleur.

COMMENT RECONNAÎTRE UN TROUBLE
LIÉ AU STRESS DÛ À LA CHALEUR?

Les troubles associés au stress dû à la chaleur varient de
l'inconfort mineur aux affections mettant la vie en péril :

Érythème calorique

Crampes de chaleur

Épuisement dû à la chaleur

Coup de chaleur

Érythème calorique

L'érythème calorique est le problème le plus courant dans un
environnement de travail chaud. Les symptômes incluent :

des taches rouges et des démangeaisons intenses
dans les endroits continuellement mouillés de sueur  

des picotements sur la peau aux endroits en sueur. 

Traitement

— un environnement frais, une douche fraîche et

un bon séchage. Dans la plupart des cas, l'érythème
calorique disparaît dans les jours suivant la fin de l'exposition
à la chaleur. Si la peau n'est pas nettoyée fréquemment,
l'érythème peut s'infecter.

Crampes de chaleur

Dans des conditions extrêmes, comme l'enlèvement de
l'amiante sur des tuyaux d'eau chaude pendant plusieurs
heures, dans des vêtements lourds de protection, le corps
peut perdre du sel en raison de la sudation excessive. Il en
résultera alors des crampes de chaleur. Il s'agit de spasmes
des muscles les plus importants, habituellement le dos, les
jambes et les bras. Les crampes créent des bosses
douloureuses dans les muscles.

Traitement

— étirez et massez les muscles; remplacez le sel

perdu en buvant des boissons de remplacement des hydrates de
carbone et des électrolytes offertes sur le marché.

Épuisement dû à la chaleur

L'épuisement dû à la chaleur se produit lorsque le corps ne
peut plus faire circuler le sang assez rapidement pour
approvisionner les organes vitaux et simultanément
acheminer le sang à la peau pour baisser la chaleur
corporelle. Voici des signes et des symptômes de
l'épuisement dû à la chaleur :

faiblesse

difficulté de continuer à travailler

maux de tête

essoufflement

nausée et vomissement

étourdissement ou perte de conscience.

Les travailleurs qui perdent connaissance en raison de
l'épuisement dû à la chaleur pendant qu'ils utilisent de la
machinerie, conduisent un véhicule ou utilisent de l'équipement
peuvent se blesser et blesser d'autres personnes. Voici un
exemple de description de blessure tiré d'un rapport envoyé à la
Commission de la sécurité professionnelle et de l'assurance
contre les accidents du travail :

La haute température et l'humidité dans le bâtiment ont contribué
à la perte de connaissance de l'employé. Lorsqu'il est tombé, sa
tête a heurté le plancher de béton, causant une lésion qui a
nécessité des points de suture au-dessus de l'œil droit.

Traitement

— Les victimes de l'épuisement dû à la chaleur

réagissent rapidement aux premiers soins prodigués
rapidement. Cependant, si l'épuisement dû à la chaleur n'est
pas traité rapidement, il peut entraîner un coup de chaleur,
une urgence médicale.

6 – 2

Communiquez avec le 911.

Aidez la victime à se rafraîchir en :

se reposant dans un endroit frais

buvant de l'eau froide 

enlevant des vêtements inutiles

desserrant les vêtements

prenant une douche ou un bain à l'éponge à

l'eau fraîche.

Il faut au moins 30 minutes pour rafraîchir le corps à la suite
d'un épuisement dû à la chaleur.

Coup de chaleur

Le coup de chaleur se produit lorsque le corps n'est plus en
mesure de se rafraîchir et que la température corporelle
atteint une température critique.

AVERTISSEMENT :

Un coup de chaleur nécessite des

soins médicaux immédiats.

Voici un cas tiré d'un rapport de coroner.

Le 17 juin 1994, un travailleur faisait partie d'une équipe
d'installation de barres d'armatures d'un nouveau pont.
Durant la pause du repas, ses collègues ont observé qu'il se
tenait sur la cloison, en plein soleil. Ce jour-là, Environnement
Canada a enregistré un maximum de 31 °C et un taux
d'humidité de 51 %.  Peu de temps après, le travailleur a été
retrouvé inconscient sur l'échafaud; il a apparemment
succombé à la chaleur intense. Il a été transporté à l'hôpital le
plus près, puis à un hôpital de Toronto. Malheureusement, il
est décédé malgré les vigoureux traitements des nombreux
spécialistes. Cause du décès : Coup de chaleur

Voici les principaux signes et symptômes du coup de chaleur :

confusion 

comportement irrationnel

perte de conscience

convulsions 

absence de sueur 

peau chaude et sèche

Température corporelle anormalement élevée, par exemple
41 °C.

Traitement

Dans le cas de tout travailleur présentant les symptômes d'un
coup de chaleur :

Communiquez avec le 911.

Procédez immédiatement à un rafraîchissement vigoureux
de tout le corps.
- Immergez la victime dans un bain d'eau fraîche ou 
- Placez-la dans une douche d'eau fraîche ou 
- Aspergez-la d'eau froide provenant d'un tuyau d'arrosage. 
- Enveloppez la victime dans des draps frais et humides et
éventez-la rapidement. 

Transportez la victime à l'hôpital.

N'administrez rien par la bouche à une personne
inconsciente.

AVERTISSEMENT 

Un coup de chaleur peut être mortel, même après la
prestation des premiers soins. Il ne faut pas retourner à la
maison ou laisser sans surveillance une personne
soupçonnée d'avoir subi un coup de chaleur sans avoir
obtenu l'autorisation d'un médecin.  

Si vous êtes incertain quant au trouble lié à la chaleur dont
est atteinte la victime, consultez un médecin.

STRESS DÛ À LA CHALEUR

Troubles associés au stress dû à la chaleur

Cause

Symptômes

Traitement

Érythème
calorique

Environnement chaud et
humide; glandes
sudoripares bouchées.

Érythème rouge et bosselé et irritation

grave.

Porter des vêtements secs et éviter les

environnements chauds. Rincer la peau à l'eau

fraîche.

Coup de
soleil

Exposition trop intense

au soleil.

Peau rouge, douloureuse ou gercée et

qui pèle.

Si la peau développe de gerçures, il faut consulter un

médecin. Utiliser une lotion pour la peau (éviter les

anesthésiques topiques) et travailler à l'ombre.

Crampes
de chaleur

Une sudation abondante

élimine le sel du corps.

Ce sel ne peut pas être

remplacé simplement en

buvant de l'eau.

Des crampes douloureuses dans les

bras, les jambes ou l'estomac

surviendront soudainement au travail ou

plus tard, à la maison. Il faut prendre les

crampes de chaleur au sérieux, car elles

peuvent annoncer une maladie plus

sérieuse causée par la chaleur.

Aller dans un endroit frais, desserrer les vêtements

et boire de l'eau fraîche salée (1 cuillère à thé de sel

par gallon d'eau) ou une boisson commerciale de

renouvellement des fluides. Si les crampes sont

graves et ne s'estompent pas, il faut consulter un

médecin.

Évanouiss-
ement

Perte de liquide et

absorption d'eau en

quantité insuffisante.

Évanouissement soudain après au moins

deux heures de travail; peau fraîche et

humide; pouls faible

OBTENEZ DES SOINS MÉDICAUX. Évaluez le besoin de

prodiguer la RCR. Déplacer la victime dans un endroit

frais; desserrer ses vêtements; coucher la personne. Si

elle est consciente, lui faire boire de petites gorgées

d'eau fraîche. L'évanouissement peut également être

causé par d'autres maladies.

Épuise-
ment dû à
la chaleur

La perte de liquide et un

apport insuffisant en

eau et en sel causent

une défaillance du

système de

refroidissement

corporel.

Sudation abondante; peau fraîche et

moite; température corporelle supérieure

à 38 °C; pouls faible; tension artérielle

normale ou faible; faible et fatigué;

nausée et vomissement; soif intense;

essoufflement ou respiration rapide;

vision peut être embrouillée.

OBTENEZ DES SOINS MÉDICAUX. Cette condition

peut entraîner un coup de chaleur, qui peut être

mortel. Déplacer la personne dans un endroit frais et

ombragé; desserrer les vêtements ou enlever les

vêtements de trop; offrir de l'eau fraîche à boire;

ventiler et vaporiser d'eau fraîche.

Coup de
chaleur

Une personne qui a

épuisé les réserves

d'eau et de sel de son

corps, elle cesse de

suer. Cela peut faire

augmenter la

température corporelle.

Un coup de chaleur peut

survenir soudainement

ou suivre un épuisement

dû à la chaleur.

Température corporelle élevée (supérieure à

41 °C) et n'importe lequel des symptômes

suivants : la personne est faible, désorientée,

bouleversée ou agit étrangement; sa peau est

rouge, chaude et sèche; son pouls est rapide;

elle a des maux de tête ou est étourdie. À un

stade plus avancé, elle peut s'évanouir et

avoir des convulsions. UNE URGENCE

MÉDICALE IMMÉDIATE. LE FAIT D'AGIR

RAPIDEMENT PEUT SAUVER LA VIE DE LA

PERSONNE.

TÉLÉPHONEZ AU SERVICE AMBULANCIER. Cette

condition peut tuer une personne rapidement.

Enlever les vêtements de trop; ventiler la personne

et la vaporiser d'eau fraîche; si elle est consciente,

lui offrir de petites gorgées d'eau fraîche à boire. 

6 – 3

QUELS SONT LES FACTEURS UTILISÉS
POUR ÉVALUER LES RISQUES DE
STRESS DÛ À LA CHALEUR?

Voici quelques facteurs à utiliser pour évaluer les risques de
stress dû à la chaleur :

facteurs de risque personnels 

facteurs environnementaux 

facteurs liés au travail.

Les facteurs de risque personnels 

Il est difficile de prédire exactement qui sera touché par le stress
dû à la chaleur ou quand une personne sera atteinte, car la
sensibilité varie d'une personne à l'autre. Il existe cependant
certaines conditions physiques qui réduisent les défenses
naturelles du corps contre les températures élevées :

Le poids

Les travailleurs ayant un surplus de poids ont plus de
difficulté à dissiper la chaleur.  

Une mauvaise condition physique

Une bonne forme physique aide le corps à compenser les
demandes accrues qu'impose la chaleur à votre corps. 

Des antécédents de maladie liée à la chaleur

Les travailleurs qui ont déjà été victimes d'un trouble lié à la
chaleur sont plus sujets à contracter une telle maladie.

L'âge 

Au fur et à mesure que le corps vieillit, les glandes
sudoripares deviennent moins efficaces. Les travailleurs
âgés de 40 ans ou plus peuvent donc éprouver de la
difficulté dans un environnement chaud. L'acclimatation à la
chaleur et une bonne forme physique peuvent contribuer à
diminuer l'effet de certains problèmes liés à l'âge.

Une maladie cardiaque ou de l’hypertension 

Pour acheminer le sang à la peau et ainsi rafraîchir le
corps, le rythme cardiaque doit augmenter. Cette
augmentation cause un stress supplémentaire au cœur.

Les maladies récentes

Les travailleurs qui ont récemment eu une maladie dont les
symptômes incluaient la diarrhée, des vomissements ou de
la fièvre courent un risque accru de déshydratation et de
stress dû à la chaleur parce que leur corps a perdu
beaucoup de sel et d'eau.

La consommation d'alcool

La consommation d'alcool au cours des 24 heures
précédentes entraîne la déshydratation et un risque accru
de stress dû à la chaleur.

La médication

Certains médicaments peuvent causer une intolérance à la
chaleur en réduisant la fonction sudoripare ou en
augmentant la production d'urine.  Les personnes qui
travaillent dans un environnement chaud doivent consulter
leur médecin ou leur pharmacien avant de prendre des
médicaments. 

Le manque d'acclimatation

Lorsqu'il est exposé à la chaleur pendant quelques jours, le
corps s'adapte et compense plus efficacement les
températures ambiantes plus élevées.  On appelle ce
processus « acclimatation ». L'acclimatation prend
habituellement de six à sept jours. Les avantages incluent
- un rythme cardiaque moins élevé et une tension
artérielle plus stable
- une sudation plus efficace (entraînant une meilleure
évaporation et donc, un rafraîchissement plus efficace)
- une meilleure capacité de maintenir une température
corporelle normale. 

On perd l'acclimatation en aussi peu que trois jours loin du
travail. Les gens retournant au travail après des vacances
ou un long weekend doivent comprendre ce phénomène. Il
faut permettre aux travailleurs de s'acclimater de nouveau
aux conditions de travail.

Les facteurs environnementaux 

Les facteurs environnementaux comme la température
ambiante, le mouvement de l'air et l'humidité relative ont tous un
effet sur la réaction d'une personne relativement à la chaleur. Le
corps échange la chaleur avec son environnement
principalement par la radiation et l'évaporation de la sueur.
L'humidité et le mouvement de l'air influent sur le taux
d'évaporation.

La chaleur rayonnante

Le rayonnement est le transfert de la chaleur des objets chauds
par l'air jusqu'au corps. Le fait de travailler près de sources de
chaleur comme des fours ou des fournaises accroît le stress dû
à la chaleur. De plus, le fait de travailler à la lumière directe du
soleil accroît également le stress dû à la chaleur. Un travailleur
est beaucoup plus à l'aise lorsqu'il travaille à une température
ambiante de 24 °C sous un ciel nuageux qu'à une température
ambiante de 24 °C sous un ciel ensoleillé.

L'humidité

L'humidité est la quantité d'humidité dans l'air. Un taux
d'humidité élevé nuit à la perte de chaleur par évaporation et, au
contraire, un taux d'humidité bas favorise la perte de chaleur par
évaporation. Le taux d'évaporation de la sueur diminue au
même rythme que l'humidité relative augmente. Cela signifie
que le corps se rafraîchit moins bien et que la température
corporelle augmente.

Le mouvement de l'air

Le mouvement de l'air influe sur l'échange de chaleur entre le
corps et son environnement. Tant que la température ambiante
est inférieure à la température de la peau du travailleur, une
augmentation de la vitesse de l'air peut aider les travailleurs à se
rafraîchir en augmentant le taux d'évaporation et l'échange de
chaleur entre la surface de la peau et l'air ambiant. 

Facteurs liés au travail

Vêtements et équipement de protection individuelle (ÉPI)

Le stress dû à la chaleur peut être causé ou aggravé en portant
de l'ÉPI, comme des vêtements ignifuges ou retardant l'effet des
produits chimiques. Le matériau enduit et non tissé utilisé dans
la fabrication des vêtements de protection bloque l'évaporation
de la sueur et peut causer un stress important dû à la chaleur.
Plus un travailleur porte de vêtements ou plus il porte des
vêtements épais, plus il faut de temps pour que l'évaporation
rafraîchisse la peau. Souvenez-vous aussi que les vêtements
de couleur sombre absorbent plus de radiation que les
vêtements de couleur pâle.

La charge de travail

Le corps génère plus de chaleur durant un travail physique
intense. Par exemple, les travailleurs de la construction qui
pellettent du sable ou qui posent de la brique dans une
température ambiante élevée génèrent énormément de chaleur
et courent un risque de stress dû à la chaleur s'ils ne prennent
pas les précautions appropriées. Le travail physique intense

6 – 4

demande une évaluation poussée, même à une température
ambiante aussi basse que 23 °C pour empêcher les troubles liés
à la chaleur. Cela est encore plus vrai dans le cas des travailleurs
qui n'ont pas été acclimatés à la chaleur.

EXISTE-T-IL DES MESURES D'ÉVALUATION
DU STRESS DÛ À LA CHALEUR?

Pour prévenir le stress dû à la chaleur, des chercheurs de
l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont déterminé que
les travailleurs ne doivent pas être exposés à un
environnement qui fait monter leur température corporelle au-
delà de 38 °C.  La seule véritable façon de mesurer la
température corporelle est la voie rectale. (La voie orale et
l'oreille interne ne sont pas aussi précises.) Comme solution
de rechange, l’American Conference of Governmental
Industrial Hygienists (ACGIH) a mis au point une méthode
d'évaluation du risque de stress dû à la chaleur selon un seuil
de température de thermomètre globe mouillé (STTGM)
(tableau 2). 

Cette méthode utilise les trois principaux composants de la
chaleur éprouvée par les travailleurs :

1) l'environnement 

thermique

2)  le type de travail
3)  le type de vêtements. 

L'environnement thermique

Le premier facteur d'évaluation du stress dû à la chaleur est
l'environnement thermique, tel qu'il est mesuré par l'indice de
STTGM.  Le STTGM est calculé en degrés Celsius à l'aide
d'une formule tenant compte des trois facteurs
environnementaux suivants :

la température ambiante 

la chaleur radiante (la chaleur transmise au corps depuis
les objets chauds, comme les chaudières ou des
bardeaux chauffés par le soleil, par l'air ambiant)

l'effet de rafraîchissement de l'évaporation causée par le
mouvement de l'air (humidité).

Pour mesurer le STTGM, on utilise un appareil de surveillance du
stress dû à la chaleur doté de trois types de thermomètre : 

1)  Un thermomètre normal, appelé thermomètre à bulbe

sec, servant à mesurer la température de l'air. 

2)  Un thermomètre à boule noire, 

servant à mesurer la

chaleur radiante

. Ce thermomètre consiste en une

boule de cuivre peinte en noir placée par-dessus le bulbe
d'un thermomètre normal.

3) Un 

thermomètre globe mouillé,

servant à mesurer

l'effet de rafraîchissement de l'évaporation causée par le
mouvement de l'air (vent ou ventilateur).  Il s'agit d'un
thermomètre normal enveloppé d'une mèche maintenue
humide en tout temps. Au fur et à mesure que l'air passe
dans la mèche humide, l'eau s'évapore et rafraîchit le
thermomètre, de la même façon que la sueur s'évapore
et rafraîchit le corps.

Les appareils de surveillance du stress dû à la chaleur
actuellement offerts calculent le STTGM automatiquement.
On explique l'équipement nécessaire et la méthode de
mesure du STTGM dans le livret de l'ACGIH 

TLVs

® 

et

BEIs

®

: Threshold Limit Values… Biological Exposure Indices

.

Le livret explique également les limites d'exposition permises
dans le cas du stress dû à la chaleur. Les instruments plus
anciens, par contre, exigent que l'opérateur effectue les
calculs manuellement.

Le calcul varie selon que la lumière du soleil est directe
(extérieur) ou indirecte (intérieur).

Le travail à l'extérieur, à la lumière directe du soleil

Dans le cas du travail à la lumière directe du soleil, on calcule
le STTGM en additionnant 70 % de la température du
thermomètre globe mouillé, 20 % de la température du
thermomètre à boule noire et 10 % de la température du
thermomètre normal.

STTGM (ext.) = [70 % (0,7) x temp. du thermomètre globe
mouillé] + [20 % (0,2) x temp. du thermomètre à boule
noire] +  [10 % (0,1) x temp. du thermomètre normal]

Le travail à l'intérieur (sans lumière directe du soleil)

Dans le cas du travail à l'intérieur, ou sans lumière directe du
soleil, on calcule le STTGM en additionnant 70 % de la
température du thermomètre globe mouillé et 30 % de la
température du thermomètre à boule noire.

STTGM (int.) = [70 % (0,7) x temp. du thermomètre globe
mouillé] + [30 % (0,3) x temp. du thermomètre à boule noire]

Exemple

Lors d'une journée ensoleillée, une équipe de couvreurs
travaille à 6,5 mètres au-dessus du niveau du sol. Nous
utiliserons les mesures suivantes pour notre évaluation :

Température du thermomètre globe mouillé 
(effet de rafraîchissement de l'évaporation)

= 20 °C 

Température du thermomètre à boule noire 
(chaleur radiante)

= 36 °C 

Température du thermomètre normal 
(température ambiante)

= 33 °C

À l'aide de la formule du travail à la lumière directe du soleil,
nous effectuons le calcul suivant :

STTGM (ext.) = (0,7 x temp. du thermomètre globe
mouillé) + (0,2 x temp. du thermomètre à boule noire) +
(0,1 x temp. du thermomètre normal)

= (0,7 x 20) + (0,2 x 36) + (0,1 x 33) 
= 14 + 7,2 + 3,3 

STTGM (extérieur) = 24,5 °C

6 – 5

Le type de travail

Le deuxième facteur d'évaluation du stress dû à la chaleur
est le type de travail effectué. Voici les quatre catégories de
travail, ainsi que quelques exemples :

Travail léger

• Utiliser un banc de scie 
• Marcher
• Opérer une grue, un camion ou 

tout autre véhicule

• Souder

Travail modéré

• Poser des briques 
• Marcher en levant ou poussant 

une charge moyenne

• Clouer
• Attacher des barres d'armature
• Étendre de l'asphalte au râteau
• Poncer du placoplâtre

Travail lourd

• Scier à la main avec une scie 

de menuisier

• Pelleter du sable
• Poser des blocs
• Enlever de l'amiante
• Gratter de l'amiante ou un 

matériau ignifuge

Travail très lourd

• Pelleter du sable mouillé
• Lever des objets lourds

Le type de vêtements

Le mouvement libre de l'air frais et sec sur la peau maximise
l'élimination de la chaleur. Normalement, la principale
méthode d'élimination de la chaleur est l'évaporation de la
sueur sur la peau. L'évaluation de l'exposition à la chaleur par
le STTGM suppose un uniforme de travail d'été normal, un
haut à manches longues et un pantalon. On peut ajuster la
valeur de STTGM selon le type de vêtements portés
(tableau 1).

TABLEAU 1 : Valeur à ajouter au STTGM selon certains
types de vêtements

Type de vêtement

valeur à ajouter 

au STTGM 

Uniforme de travail d'été

0

Combinaison en tissu (tissus tissés) +3,5

Combinaison en tissu doublé

+5

Remarque : 

Ces valeurs ajoutées ne s'appliquent

pas aux combinaisons autonomes, aux vêtements
à isolation thermique ou aux vêtements
imperméables ou hautement résistants à la
vapeur d'air ou aux mouvements d'air.

De tels

vêtements spéciaux et les vêtements à multiples
épaisseurs restreignent de façon considérable
l'évaporation de la sueur et l'élimination de la chaleur.
Il en résulte que le corps peut produire un stress dû à
la chaleur, même si les conditions environnementales
sont fraîches.

Déterminer des horaires de travail et de repos

On peut utiliser le STTGM pour établir des horaires de travail et

de repos du personnel dans diverses conditions. En sachant que

le STTGM dans l'exemple précédent était de 24,5 °C, vous

pouvez consulter le tableau 2 et déterminer que les travailleurs

acclimatés à la chaleur, portant des vêtements d'été et effectuant

du travail lourd, peuvent travailler continuellement (100 % de

travail).  

Supposons maintenant que le travail se trouve à l'intérieur, dans

une usine de pâte et papier, dans les conditions suivantes : 

Les travailleurs portent une combinaison en tissu.

Les chaudières fonctionnent.

La charge de travail est moyenne. 

Il y a un système de ventilation générale. 

Nous utiliserons les mesures suivantes pour notre évaluation :

Température du thermomètre globe mouillé 
(effet de rafraîchissement de l'évaporation)= 23 °C
Température du thermomètre à boule noire
(chaleur radiante)

= 37 °C

Température du thermomètre normal 
(température ambiante)

= 34 °C

À l'aide de la formule du travail à l"intérieur, nous
effectuons le calcul suivant :
STTGM = (0,7 x temp. du thermomètre globe mouillé) 
+  (0,3 x temp. du thermomètre à boule noire)

= (0,7 x 23) + (0,3 x 37)  

= 27,2 °C 

Ajout pour la combinaison en tissu (tableau 1)= 3,5

STTGM (à l'intérieur)

= 30,7 °C

En consultant le tableau 2, on détermine que des travailleurs
acclimatés, portant une combinaison en tissu et effectuant du
travail modéré peuvent travailler 15 minutes par heure (25 %
de travail; 75 % de repos).

Il ne faut jamais utiliser le STTGM pour déterminer si des
conditions de travail sont sûres ou dangereuses. On
l'utilise uniquement pour évaluer le risque de stress dû à
la chaleur.  En fin de compte, l'évaluation finale du stress
dû à la chaleur doit revenir au travailleur ou au collègue
formé pour en détecter les symptômes. Les superviseurs
doivent permettre aux travailleurs de déterminer s'ils
sont capables de travailler dans la chaleur.

Le tableau doit servir uniquement à des fins de classement.
Divers ouvrages techniques et de référence décrivent en
détail des méthodes d'analyse. Pour obtenir de plus amples
renseignements, communiquez avec la CSAO. 

TABLEAU 2 : Critères de classement d'exposition au
stress dû à la chaleur à l'aide du STTGM 

(Les valeurs

indiquées sont des valeurs de STTGM en °C. Il ne s'agit 

PAS

de

températures ambiantes.)

Acclimaté Non 

acclimaté

Exigences

Très

Très

de travail

Léger Modéré  Lourd  Lourd

Léger Modéré

Lourd Lourd

100 % travail 29,5

27,5

26

27,5

25

22,5

75 % travail;

30,5

28,5

27,5

29

26,5

24,5

25 % repos

50 % travail;

31,5

29,5

28,5

27,5

30

28

26,5

25

50 % repos

25 % travail;

32,5

31

30

29,5

31

29

28

26,5

75 % repos

Remarques

Les valeurs de STTGM sont exprimées en °C. Le
STTGM n'est PAS une température ambiante.

L'évaluation de l'exposition à la chaleur par le STTGM
suppose un uniforme de travail d'été normal, un haut à
manches longues et un pantalon.

Si les environnements de travail et de repos sont
différents, il faut calculer et appliquer des moyennes
pondérées dans le temps (TWA) à toutes les heures. Il
faut également utiliser des TWA de taux de travail dans
les cas où les demandes de travail varient dans l'heure. 

En raison de l'effort physiologique nécessaire pour
effectuer un travail très lourd chez les travailleurs en
mauvaise condition physique, le tableau n'indique pas de
valeur de STTGM pour le travail très lourd dans les
catégories 

100 % travail

et 

75 % travail; 25 % repos

6 – 6

Il est déconseillé d'utiliser le STTGM dans ces cas. Il
faut plutôt utiliser une méthode de surveillance
détaillée ou physiologique.

Consultez la plus récente édition de 

TLVs® et BEIs®:

Threshold Limit Values® and Biological Exposure
Indices®

, publié par l'American Conference of

Governmental Industrial Hygienists, pour savoir
comment mesurer, interpréter et appliquer le STTGM
correctement.  

En raison de la nature changeante et transitoire des chantiers

de construction, il peut ne pas être approprié de mesurer le

STTGM. On peut donc raisonnablement demander s'il existe

d'autres moyens d'évaluer le risque de stress dû à la chaleur.

PEUT-ON UTILISER LE FACTEUR
HUMIDEX POUR ÉVALUER LE RISQUE
DE STRESS DÛ À LA CHALEUR?

Le facteur humidex est une mesure de l'inconfort causé par
l'humidité excessive et la haute température. Comme il a déjà
été mentionné, les troubles liés à la chaleur incluent d'autres
facteurs en plus de la température et l'humidité. 

Il faut

également tenir compte de ces autres facteurs, le
mouvement de l'air, la charge de travail, les sources de
chaleur radiante et l'acclimatation, au moment d'évaluer le
risque de stress dû à la chaleur.

Par contre, le facteur humidex

peut signaler le besoin de mettre en place des procédures de
contrôle du stress dû à la chaleur en milieu de travail.

Environnement Canada fournit les lignes directrices suivantes. 

Lorsque le facteur humidex est inférieur à 29 °C, la
plupart des gens sont à l'aise. 

Lorsque le facteur humidex se situe entre 30 °C et
39 °C, les gens éprouvent un certain inconfort. 

Lorsque le facteur humidex se situe entre 40 °C et
45 °C, les gens sont inconfortables. 

Lorsque le facteur humidex est supérieur à 45 °C, il
faut restreindre de nombreux types de travaux. 

Dans l'alerte au danger 

Heat Stress and Heat Stroke in

Outdoor Work

, le ministère du Travail de l'Ontario

recommande l'utilisation du STTGM pour évaluer le risque de
stress dû à la chaleur. Il est cependant possible d'utiliser le
facteur humidex s'il est possible de démontrer son
équivalence.

En l'absence de tout incident lié à la chaleur, un inspecteur du
ministère du Travail ne se prononcera certainement pas
contre un employeur appliquant un programme complet
d'évaluation du risque de stress dû à la chaleur fondé sur le
facteur humidex. 

Un employeur utilisant le facteur humidex plutôt que le
STTGM pour surveiller les conditions de travail doit prévoir

de la documentation expliquant sa politique de
formation sur le stress dû à la chaleur

qui met l'accent sur la détection des symptômes de
stress dû à la chaleur 

par l'entremise d'une enquête complète de tout
incident afin de déterminer si la politique présente des
lacunes.

Étant donné que le facteur humidex peut varier énormément
d'un point à un autre, il est important de prendre des lectures
directement sur le lieu de travail.

Consultez l'annexe pour connaître la procédure en cinq
étapes pour utiliser le facteur humidex.

DE QUELLE FAÇON PEUT-ON
CONTRÔLER LE STRESS?

Il est possible de contrôler le stress dû à la chaleur par la
formation, les mesures d'ingénierie et les procédures de

travail. Les mesures de contrôle : 

Protègent la santé

Il est possible de prévenir ou de traiter les maladies
pendant que les symptômes sont encore bénins.

Améliorent la sécurité

Les travailleurs courent moins de risques de
développer une maladie liée à la chaleur et avoir un
accident. Le stress dû à la chaleur survient souvent
sans crier gare. De nombreux accidents causés par la
chaleur sont causés par une perte de conscience
soudaine.

Accroissent la productivité

Les travailleurs sont plus à l'aise et donc plus
productifs.

Formation et éducation

Selon la National Institute of Occupational Safety and Health
(NIOSH) des États-Unis, une formation sur le stress dû à la
chaleur devrait inclure les éléments suivants : 

la connaissance des dangers liés au stress dû à la
chaleur

la détection des facteurs de risque, des signes de
danger et des symptômes 

la connaissance des procédures de premiers soins
d'un coup de chaleur, ainsi que ses effets potentiels
sur la santé 

la responsabilité des employés dans l'évitement du
stress dû à la chaleur

les dangers de la consommation d'alcool et de
médicaments (y compris les médicaments
d'ordonnance) dans un environnement chaud.

Mesures d'ingénierie

Les mesures d'ingénierie constituent le moyen le plus efficace
de prévenir les troubles associés au stress dû à la chaleur. À
ce titre, ils doivent être la première méthode de contrôle
utilisée. Les mesures d'ingénierie cherchent à fournir un lieu
de travail plus confortable à l'aide :

d'écrans réflecteurs pour réduire la chaleur radiante

de ventilateurs et d'autres mécanismes pour accroître
la ventilation sur le lieu de travail 

de dispositifs mécaniques pour réduire l'intensité du
travail physique.

En raison de la nature changeante d'un chantier de
construction, il n'est habituellement pas possible de mettre en
place des mesures d'ingénierie. Il est donc nécessaire de
mettre en place des procédures de travail appropriées afin de
prévenir les troubles associés au stress dû à la chaleur.

Procédures de travail

On peut diminuer les risques associés au travail sur un
chantier de construction chaud si les travailleurs et la direction
collaborent dans le but de contrôler le stress dû à la chaleur.

Direction

Accordez aux travailleurs des pauses fréquentes dans
un endroit frais, loin de la chaleur. Cet endroit ne doit
pas être trop chaud, afin de ne pas causer un choc
thermique; une température ambiante de 25 °C est
idéale.

Utilisez des ventilateurs pour accroître la circulation
de l'air, lorsque c'est possible de le faire. Cette
méthode favorise le rafraîchissement du corps par
l'évaporation de la sueur.

Fournissez de l'eau fraîche (pas froide) en quantité

6 – 7

illimitée, à portée de main.

Laissez le temps aux travailleurs de s'acclimater. Un
programme d'acclimatation bien conçu et
correctement appliqué diminue le risque de contracter
une maladie liée à la chaleur. Un tel programme
expose les travailleurs à un environnement de travail
chaud de façon progressive. La NIOSH recommande
la progression suivante dans le cas des travailleurs
qui ont déjà travaillé dans un environnement chaud :
- 50 % d'exposition la première journée 
- 60 % la deuxième journée 
- 80 % la troisième journée 
- 100 % la quatrième journée.  
Dans le cas des travailleurs qui n'ont jamais travaillé
dans un environnement chaud, la progression doit
être 20 % la première journée et une augmentation
de 20 % chaque jour suivant.

Prévoyez des mesures spéciales pour les employés
qui doivent porter des vêtements et de l'équipement
de protection individuelle qui retiennent la chaleur et
qui nuisent à l'évaporation de la sueur. 

Planifiez les travaux les plus lourds durant les heures
les plus fraîches de la journée; planifiez le travail de
maintenance et de réparation dans les endroits
chauds durant la saison la plus fraîche de l'année.

Envisagez l'utilisation de vestes de rafraîchissement,
contenant des blocs réfrigérants ou de l'eau glacée
pour aider le corps à éliminer la chaleur excessive.

Travailleurs

Portez des vêtements légers et lâches qui permettent
l'évaporation de la sueur.

Buvez une petite quantité d'eau, environ 250 ml (8 oz)
toutes les 30 minutes. N'attendez pas d'avoir soif.

Évitez les boissons comme le thé, le café et la bière,
qui vous font uriner plus souvent.

Si vous devez porter de l'ÉPI : 
- portez les vêtements et l'appareil respiratoire le plus
léger possible
- portez des vêtements de couleur pâle, qui absorbent
moins de chaleur du soleil 
- utilisez un ÉPI qui n'empêche pas l'évaporation de
la sueur.

Évitez de manger des repas lourds et chauds. Ils
augmentent la température corporelle en
réacheminant le sang de la peau vers le système
digestif.

Ne prenez pas des comprimés de sel à moins qu'un
médecin ne vous les prescrive. Une alimentation
normale permet de remplacer facilement le sel naturel
du corps perdu par la sueur.

QUELLES SONT LES
RESPONSABILITÉS DE CHAQUE
PARTIE CONCERNANT LE STRESS DÛ
À LA CHALEUR?

Employeurs

La 

Loi sur la santé et la sécurité au travail

et ses règlements

ne traitent pas spécifiquement de l'exposition à la chaleur.
Cependant, en vertu de la 

Loi sur la santé et la sécurité au

travail

, les employeurs sont tenus de protéger les

travailleurs exposés à un environnement chaud. Les
employeurs doivent rédiger une politique de santé et

sécurité stipulant la façon dont les travailleurs œuvrant dans
un droit chaud sont du stress dû à la chaleur. La politique
doit au moins traiter des points suivants.

Revoyez les pratiques de travail au besoin, si les
travailleurs se plaignent de stress dû à la chaleur.

Autant que possible, utilisez en premier lieu des
mesures d'ingénierie pour contrôler l'exposition à la
chaleur.

Supervisez la formation sur stress dû à la chaleur et
l'acclimatation des nouveaux travailleurs, des
travailleurs qui ont été longtemps absents du travail et
des travailleurs qui ont un trouble médical.

Fournissez aux travailleurs de la formation et des
cours, y compris des ateliers périodiques sur le stress
dû à la chaleur durant les journées chaudes ou dans
un environnement chaud.

Surveillez le lieu de travail pour déterminer le degré
de chaleur.

Déterminez si les travailleurs boivent suffisamment
d'eau.

Établissez un horaire approprié de travail/repos pour
les travailleurs. 

Prévoyez de la formation en premiers soins pour les
travailleurs.

S'il travaille dans une usine, par exemple, un entrepreneur
devrait adopter le programme de stress dû à la chaleur des
lieux s'il en existe un.  

Travailleurs

Respectez les instructions et appliquez la formation
sur le contrôle du stress dû à la chaleur. 

Soyez à l'affût des symptômes chez vous et chez les
autres.

Évitez de consommer de l'alcool, des drogues ou trop
de caféine. 

Vérifiez si les médicaments d'ordonnance que vous
prenez peuvent accroître le stress dû à la chaleur. 

Reposez-vous et dormez suffisamment.

Buvez régulièrement de petites quantités d'eau afin
de maintenir votre niveau de liquide et d'éviter de
vous déshydrater.

 

 

 

 

 

 

 

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