Manuel de santé et sécurité de l'industrie de la construction (2008) - 19

 

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Manuel de santé et sécurité de l'industrie de la construction (2008) - 19

 

 

41 – 13

Formation

Les soudeurs, monteurs et superviseurs du soudage doivent
avoir été formés autant sur les aspects techniques que les
aspects de sécurité liés à leur travail. La formation en matière de
santé et de sécurité doit comprendre les aspects suivants, sans
toutefois s'y limiter :

identification des risques

pratiques sécuritaires de soudage, de brasage et de
coupage

mesures contre les incendies et de sécurité

méthodes de contrôle des risques du soudage

utilisation, entretien et limites de l'équipement de protection
individuelle.

L'efficacité de la formation en matière de santé et de sécurité
doit être réévaluée régulièrement par l'entremise

d'une inspection des lieux de travail pour assurer que les
procédures, le matériel et les conditions favorisent le travail
sécuritaire

de la détection des contaminants ordinaires pour évaluer
l'efficacité des contrôles et le degré de respect des limites
admissibles

d'une évaluation du rendement des contrôles (par exemple,
soumettre le système de ventilation à des essais)

d'un contrôle des absences résultant de blessures

de l'examen du programme avec le ou les comités ou
représentants en matière de santé et de sécurité.

Toute mesure corrective nécessaire doit être appliquée
immédiatement.

SOUDURE ET COUPAGE

42 – 1

42 COFFRAGE

Glossaire

Les définitions suivantes s'appliquent à l'industrie du coffrage.
Certains termes communs à d'autres corps de métiers peuvent
cependant différer quant au sens et selon les applications.

Ouvrage provisoire

, en relation avec un coffrage ou une

structure, réfère aux structures de soutien et de contrefort
supportant la totalité ou une partie du coffrage ou de la structure.

Le coffrage volant

est un assemblage mobile conçu pour être

transporté d'un niveau à un autre en tant qu'unité.

Les formes

sont les moules dans lesquels le béton ou un autre

matériau est coulé.

Le coffrage

est un ensemble de formes reliées entre elles.

Les séries de coffrages

sont des assemblages de panneaux

de grande dimension conçus afin d'être hissés d'un bloc, érigés,
démontés et réutilisés.

Les coffrages démontables

sont des coffrages conventionnels

supportés par des ouvrages provisoires et des étais, fabriqués
de matériel en vrac et démontés après une seule utilisation.

Les panneaux

sont des sections d'un coffrage destinées à être

reliées entre elles.

Les parois

sont le matériel directement soutenu par les

raidisseurs, et contre lequel s'appuie le béton.

Le coffrage spécial

est précisément conçu pour une structure

ou une technique particulière de mise en place.

Les étançons

sont des pièces verticales d'étayage qui résistent

directement à la pression des raidisseurs.

Les raidisseurs

sont des pièces d'étayage horizontal soutenant

les parois et destinées à résister directement aux pressions
issues des parois.

Généralités

Dans la plupart des cas, ce sont les charpentiers qui fabriquent
le coffrage destiné à recevoir le béton. Des étais et contrefiches
soutiennent les coffrages qui contiennent le béton frais. Les
coffrages doivent également soutenir le poids temporaire des
matériaux, tels que l'acier d'armature, et la surcharge des
ouvriers et de l'équipement.

Les travaux de coffrage s'effectuent en trois étapes :
— assemblage et érection
— mise en place du béton
— décoffrage et démontage.

Pour être exécutées en sécurité, toutes ces tâches doivent
s'appuyer sur la planification, les connaissances et les
compétences autant pour les superviseurs que les ouvriers. La
conception et la planification sont des fonctions de direction qui
peuvent être soumises à des exigences juridiques dictant
l'implication d'ingénieurs diplômés.  Les petits travaux de
construction et de rénovation, par contre, exigent parfois la
conception sur place par les ouvriers.

Lorsque des plans de devis sont fournis, il est important que la
construction des coffrages les respecte. Toute ambiguïté quant
à la conception doit être tirée au clair avec le concepteur.

Si l'état du chantier impose des changements, ou la conception
ne semble pas convenir à la situation, des éclaircissements
doivent être obtenus du concepteur. Les problèmes de coffrage
découlent souvent de modifications apportées au plan initial

sans consultation avec le concepteur. Ils peuvent également
découler de l'erreur humaine. Voilà pourquoi les coffrages et
étayages doivent toujours faire l'objet d'inspections avant le
coulage du béton.

La conception de tous les ouvrages de coffrage de grande
dimension en Ontario doit provenir d'un ingénieur professionnel.
Il y a toujours cependant de plus petits travaux de hauteur ou
profondeur plus modestes, tels que sous-sols, semelles de
fondation, escaliers, pour lesquels le coffrage sera conçu et
construit sur place.

Chaque charpentier doit donc connaître le type de coffrage
requis et la façon de le construire, de l'installer et de le
démanteler.

Les coffrages doivent toujours être construits selon des
techniques de charpenterie convenables, sûres et éprouvées.
Ils doivent comporter

— des contrevents et supports adéquats
— des surfaces portantes fiables, surtout là où des structures en

bois sont en cause

— des tirants, des boulons ou des contreforts adéquats qui

préviendront le déplacement ou le bombage.

Comme le bois est un matériau relativement tendre, il s'écrase
sous le poids de lourdes charges telles que le béton, lorsque la
surface portante des poutrelles sur les longerons, ou des
montants sur les raidisseurs, ne suffit pas à la tâche.

On peut prévenir l'écrasement en augmentant la surface
portante de support entre les pièces, à l'aide de plaques de
répartition (figure 189) ou en augmentant le nombre de
poutrelles ou de montants.

Risques

Les risques suivants représentent les principaux dangers liés
aux tâches de coffrage.

Chutes

– Elles représentent le plus grand risque, car elles

sont 

potentiellement mortelles

. Les espaces de travail

exigus, l'accès inadéquat, le défaut d'installer des garde-
corps, le défaut d'utiliser les dispositifs antichutes, les outils ou
le matériel encombrant les pieds et les surfaces que l'huile de
décoffrage rend glissantes peuvent tous mener aux chutes.
Les chutes mettent souvent en cause les échelles aussi.
Les travailleurs doivent utiliser l'équipement antichute chaque
fois qu'ils s'exposent aux risques d'une chute sur plus de trois
mètres, ou de toute hauteur vers de la machinerie, des
substances ou des objets posant un danger, tels que les
barres d'armature. Dans certaines situations, la protection
contre les chutes s'impose lorsque la hauteur s'établit à
2,4 mètres (8 pi) ou plus. (Consultez les chapitres traitants
des garde-corps et la protection individuelle contre les
chutes.)

Manutention du matériel

– 

L'activité la plus souvent

associée aux blessures

. La manutention inappropriée ou

excessive du matériel peut provoquer les entorses, les
foulures et l'élongation des épaules, des bras et du dos, ainsi
que des ecchymoses, des éraflures et l'écrasement des
doigts.

Cognement

– Il est fréquent parce que les travaux de

coffrage changent continuellement et font appel aux
déplacements de composantes lourdes, encombrantes et

COFFRAGE

Figure 189

Plaque de répartition sur assemblage de raidisseurs en bois

42 – 2

saillantes. Raidisseurs, poutres, panneaux, tirants cassables,
clous, boulons et barres d'armature peuvent causer piqûres,
coupures, contusions et éraflures.

Collision

– Une autre cause fréquente de blessures. Barres

d'armature, panneaux de coffrage, bennes à béton et autres
matériaux hissés par-dessus les têtes peuvent heurter les
travailleurs. Les blessures par collision peuvent également
être attribuables aux marteaux, barres de levier, piquets,
cales et à d'autres pièces telles que les poutrelles et les
panneaux durant le décoffrage.

Décharge électrique

– Les outils électriques, les cordons

prolongateurs et les systèmes temporaires d'alimentation et
de câblage utilisés dans des conditions moins qu'idéales
(boue, flaques d'eau, excavations trempées, béton frais)
peuvent provoquer des défectuosités de la mise à la masse,
des courts-circuits et des chocs électriques. La loi exige que
l'alimentation des outils portatifs utilisés à l'extérieur ou dans
des conditions humides comporte des disjoncteurs de fuite à
la terre.

Effondrements

– Même avec les méthodes les plus

poussées de conception et d'installation, il y a toujours des
risques que les coffrages, tables de coffrage, banches et
autres grandes structures s'ébranlent, glissent ou basculent
de façon à heurter ou écraser les travailleurs situés en
dessous.

Risques pour la santé

– La vaporisation d'huiles de

décoffrage et de composés de durcissement peut causer
l'irritation pulmonaire. Le contact de ces substances avec la
peau peut provoquer l'irritation cutanée et possiblement
mener aux rougeurs, à l'inflammation ou à la dermite. Les
mêmes troubles peuvent découler de l'effet d'abrasion ou de
corrosion du contact de la peau avec le béton ou le ciment,
surtout lorsque ces matériaux sont laissés par inadvertance
dans les bottes toute une journée.

Conditions climatiques

– La glace, la neige et la pluie

peuvent rendre le sol glissant. Le vent peut représenter un
grave danger. La manutention des feuilles de contreplaqué
devient plus ardue, les panneaux peuvent nécessiter plus de
contrefiches et le levage devient plus difficile, surtout en
présence de panneaux ou de tables de grande dimension.

Poussière et béton

– Les tourbillons de poussière et les

particules de béton volantes provenant de l'ébarbage et du
nettoyage des coffrages peuvent blesser les yeux non
protégés.

L'équipement d'accès

– L'équipement d'accès tel que les

échelles et les échafaudages engendre les glissades, les
trébuchements et d'autres accidents en plus des chutes.
Notons parmi les dangers, les échelles non arrimées, le
transport par le travailleur du matériel lors de l'ascension, les
échelles entravées en leur sommet ou leur pied, les
échafaudages incomplètement stabilisés et les
échafaudages érigés ou démontés sans protection antichute.

Éclairage

– Un éclairage inapproprié peut créer des risques

ou les augmenter lorsque les travailleurs installent ou
démontent de coffrages dans des endroits mal éclairés ou
coulent le béton dans la pénombre.

Blessures

Voici une description des risques de blessure liés au coffrage et
des mesures de prévention de ces blessures.

Blessures aux yeux

– Celles-ci sont très répandues dans

les tâches associées au coffrage. La plupart d'entre elles
proviennent de particules de bois ou de béton chutant dans
les yeux ou y étant poussées durant l'ébarbage et le
nettoyage. Même si ces blessures sont rarement graves, la
plupart peuvent être évitées par le port de lunettes
protectrices. Il est fortement conseillé à tous les travailleurs du
chantier de porter des lunettes protectrices.

Coupures, égratignures, piqûres

– La manutention par les

ouvriers nécessaire à l'installation et au démontage des
coffrages peut entraîner des coupures aux mains, aux bras
et aux jambes, ainsi que le pincement et l'écrasement des

doigts. Les gants aident à éviter les blessures causées par
les bords rugueux ou tranchants des pièces de coffrage.
Cependant, les travailleurs doivent également posséder les
connaissances, compétences et capacités physiques
nécessaires à la manutention sûre du matériel. Cela signifie
qu'il faut connaître ses limites et solliciter de l'aide lorsque
cela est nécessaire. Le coffrage fait appel à des objets
saillants tels que clous, tirants cassables, conduits et boulons,
qui peuvent provoquer des coupures et des piqûres. Lorsque
cela est possible, on ne doit pas laisser ces objets émerger
d'une surface ou à découvert.

Blessures au dos

– Ces blessures résultent souvent de la

manutention du matériel. La mesure préventive la plus
importante prend la forme du soin du dos. Des programmes
d'exercice, des réchauffements avant le travail et la
connaissance de ses limites peuvent aider à prévenir les
foulures et les entorses. Lorsque cela est nécessaire,
demandez de l'aide ou utilisez des diables, des chariots ou
d'autres dispositifs mécaniques.

Entorses et fractures aux chevilles

– Le travail dans des

endroits exigus, la marche sur les débris et le matériel, les
descentes dans les excavations, les pivots en portant des
charges encombrantes, les sauts à partir d'échafaudages ou
de bancs sont toutes des situations qui peuvent entraîner des
blessures aux chevilles ou aux autres parties du pied et de la
jambe. La prévention commence par un bon rangement et
une manutention appropriée du matériel.

Ecchymoses et contusions

– Manipuler les coffrages à la

hâte, dans des endroits exigus ou sur des sols glissants, ou
excéder ses limites physiques peut causer des ecchymoses.
Le contact avec des éléments émergeant des coffrages peut
également provoquer des ecchymoses et des contusions.
Les contusions les plus graves proviennent des chutes du
matériel de coffrage. Le coffrage doit être consolidé afin d'en
assurer la stabilité, surtout par temps venteux. Évitez les
zones où s'effectuent des manœuvres aériennes destinées
au levage ou au décoffrage.

Blessures par chute

– Toutes les blessures évoquées plus

haut et plusieurs autres peuvent découler d'une chute. La
plupart des chutes surviennent lors de l'absence ou la
défaillance des garde-corps, du défaut à utiliser l'équipement
antichute, de l'absence de madriers ou d'autres plateformes
de travail dans les échafaudages, et lorsqu'on se tient debout
ou l'on monte sur des surfaces non conçues à cette fin, par
exemple, le dessus des banches ou les raidisseurs de 2 x 4.
Le coffrage et le décoffrage nécessitent souvent l'utilisation de
dispositifs antichutes.
Les ouvertures non ceinturées ou à découvert des coffrages
peuvent également provoquer les chutes. Ces ouvertures
doivent être recouvertes ou ceinturées de garde-corps le plus
tôt possible. Lorsque cela est impossible, la zone doit être
isolée par un cordage et identifiée à l'aide de panneaux
d'avertissement pour prévenir l'entrée non autorisée.

Planification

La planification est la première et plus importante étape dans la
réduction des risques et la prévention des blessures.

Étant donné que les tâches de coffrage doivent s'effectuer dans
des zones achalandées où œuvrent aussi d'autres corps de
métier, la planification s'avère essentielle à l'amélioration de la
sécurité et de l'efficacité par l'utilisation maximale du temps et de
l'espace disponibles.

La planification est indispensable à la protection antichute, aux
plateformes de travail, aux zones de cueillette du matériel, au
nettoyage, ainsi qu'à la manutention et au déplacement du
matériel.

La planification doit viser tous les postes, depuis la direction, en
passant par la supervision, et jusqu'à l'ouvrier. Il incombe aux
membres de la direction et de la supervision de planifier, la
main-d'œuvre, le matériel, l'équipement et les horaires de travail
de manière à respecter les devis.

COFFRAGE

42 – 3

Les travailleurs doivent planifier les détails des tâches qui leur
sont confiées selon les méthodes de travail et mesures de
sécurité les plus efficaces à appliquer pour une situation
donnée.

Conception

Sécurité et économie sont les aspects clés de la conception.
Ces deux facteurs doivent être considérés ensemble, car la
modification de l'un influence l'autre.

Par exemple, la réduction de la structure d'appui des banches
en vue d'une diminution prévue des vitesses de coulage ne peut
être envisagée si la vitesse du coulage n'est pas contrôlée sur le
chantier.

Le béton frais exerce une pression sur les coffrages semblable
à celle des liquides. Toutefois, le béton commence à durcir dès
qu'il est coulé, de sorte que la réduction de la vitesse de coulage
diminuera la pression maximale, étant donné que le béton des
niveaux inférieurs durcit avant celui des niveaux supérieurs. De
même, si les formes sont remplies immédiatement jusqu'à
l'extrémité supérieure, elles doivent pouvoir résister à la charge
hydrostatique totale. Le béton liquide exerce une pression
minimale de 150 livres/pied

2

multipliée par la hauteur en pieds.

D'autres facteurs détermineront le temps de prise du béton, tels
que la température, l'affaissement, le vibrage et les adjuvants.
Le béton prendra beaucoup plus rapidement, par exemple, en
été par temps chaud que sous le froid hivernal. Par conséquent,
un même coffrage rempli à la même vitesse de coulage sera
soumis à de plus fortes pressions en hiver qu'en été.

Le pompage, et le vibrage, du béton peut augmenter la charge
au niveau des formes et doit être pris en compte à l'étape de la
conception. L'effet de la pompe peut diffuser des pointes de
pression à travers le réseau de tuyaux qui sont souvent
transmises directement aux formes, surtout celles des murs ou
colonnes étroites. Le vibrage peut déplacer les formes ou
détendre les contrefiches, les tirants ou les étrésillons.

La charge agit perpendiculairement sur les surfaces de coffrage
(figure 190). Le résultat est une poussée latérale exercée sur les
banches ou les coffrages de colonne types. Toutefois, elle peut
également provoquer le soulèvement des formes talutées ou
inclinées. Ces dernières requièrent des dispositifs d'ancrage ou
des pièces d'arrimage. Ces ancrages préviendront le
soulèvement ou le flottage des coffrages sur le béton.

Considérez l'utilisation d'ensembles de contrefiches ou
d'étrésillons avec les banches. Le béton remplissant la partie
inférieure du coffrage peut exercer une pression au niveau

supérieur qui poussera les deux côtés l'un contre l'autre, à
moins qu'ils soient adéquatement appuyés ou distancés à l'aide
d'étrésillons. Les coffrages doivent être conçus de façon à
résister à de telles pressions. Lors du coulage, assurez-vous de
ne pas retirer les étrésillons avant que le béton n'ait rempli au
moins les deux tiers de la hauteur du coffrage.

Lors de l'utilisation de caissons de coffrage, par exemple, pour
les couvercles monopièces destinés aux tunnels à tranchée
ouverte, les poussées latérales causées par la variation de la
vitesse du coulage doivent être annulées par des contrefiches.
La résistance à ces poussées requiert l'entretoisement et

l'étayage de la structure (figure 191).

La conception des coffrages doit s'effectuer en tenant compte
du décoffrage et du retrait, ainsi que du coulage. Des plaques
d'écrasement et des bandes de support doivent être utilisées
dans les coins des formes en bois, comme aux intersections
dalle/colonne ou dalle/mur (figure 192). Les plaques et bandes
se retirent facilement à l'aide d'une barre de démolition et,
lorsqu'elles ont été retirées, facilitent grandement le décoffrage
des panneaux adjacents.

Les bandes doivent être d'une dimension telle à offrir un espace
aux abords des panneaux suffisant à y insérer une barre de
démolition.

La conception doit tenir compte de la maniabilité des
composantes des coffrages destinés à l'assemblage ou au
démontage par manutention manuelle. En plus de leur poids
élevé, les panneaux de coffrage sont encombrants (figure 193).
Une conception réaliste commande la considération autant de la
taille et que du poids des panneaux.

La conception d'un panneau de coffrage ou d'une banche à
hisser tout d'un bloc doit prévoir une résistance adaptée aux
charges et aux forces dues au levage (figure 194). Dans la

plupart des cas, cela signifie la conception d'une structure plus

imposante. Il est possible que les dispositifs de fixation

doivent retenir plus d'attention à l'étape de la conception.

Par exemple, le clouage simple peut s'avérer insuffisant

pour la fixation des feuilles de contreplaqué.

Une attention particulière doit également viser la

conception, la fabrication et l'utilisation de points

d'ancrage destinés au levage. Renforts et

raidisseurs doivent également être solidement

fixés aux coffrages. Les ancrages de levage

doivent se situer de façon à faciliter le

positionnement des panneaux lors de

l'installation, de la mise en place du
béton et du démontage.

COFFRAGE

Figure 190 — Pression du béton sur coffrage vertical et coffrage taluté

(Remaquez les ancrages d'expansion arrimant le coffrage taluté)

Figure 191

Coffrages de tunnel à tranchée ouverte avec contrefiches et étrésillons

de chaque côté

42 – 4

Types de coffrages

Souterrain

La stabilité des murs des excavations est l'aspect le plus
important du coffrage souterrain. Les murs doivent être étayés
ou inclinés selon le type de sol, tel qu'il est défini dans le
règlement sur les projets de construction (règl. Ont. 213/91). La
figure 195 illustre les différents types d'inclinaison.

Dans la plupart des cas, l'étayage doit être conçu par un
ingénieur. Les ingénieurs peuvent également spécifier les
pentes des excavations. Dans les deux circonstances, les plans
des devis doivent être conservés sur le chantier.

Les excavations doivent être en grande partie maintenues
sèches. L'eau doit y être évacuée. La boue dans les lieux de
travail et les surfaces destinées à recevoir le béton doit être
retirée et remplacée par un matériau granulaire compacté. La
boue représente un danger
de glissade et peut
compromettre l'intégrité
des structures si elle
n'est pas retirée ou
remplacée.

Étant donné que la boue doit être retirée avant le coulage du
béton, aussi bien la retirer avant les travaux de coffrage, ce qui
réduira d'autant les risques de glissade aux deux étapes.

L'eau et la boue ajoutent également aux dangers d'ordre
électrique. La mise à la masse et l'isolation doivent être efficaces
et intactes. La loi exige que tous les outils portatifs utilisés à
l'extérieur ou dans des endroits exposés à l'eau soient munis de
disjoncteurs de fuite à la terre (GFCI).

Le travail de coffrage des semelles de fondation et des murs
porteurs débute souvent avant que l'excavation soit terminée.
Les camions et la machinerie d'excavation représentent une
menace de collision ou d'écrasement pour les travailleurs au sol.

Lorsque cela est possible, les travaux de coffrage doivent être
isolés par cordon de sécurité des autres travaux tels que
l'excavation ou le battage des pieux (figure 196). On
recommande fortement d'utiliser des rampes d'accès différentes
de celles des travailleurs pour les véhicules.  Les escaliers sont
une meilleure solution de rechange pour les ouvriers à pied.

Des lisses d'assise doivent soutenir toute structure d'étayage ou
de contreforts posée sur le sol de l'excavation (figure 197). La
lisse doit porter sur le sol sur toute sa longueur. Les lisses ne
doivent pas servir d'ouvrages de franchissement des trous ou
des surfaces irrégulières. Pour assurer l'appui uniforme, le sol
doit être nivelé avant d'accueillir les lisses.

COFFRAGE

Figure 192 — Plaques d'écrasement

Plaques

d'écrasement

Figure 194 — Coffrages levés d'un bloc

Figure 193 — Panneau de

coffrage

Sol 
moyennement bon

Bon sol

Mauvais
sol

Sol de type 3

Sols de type 1 et 2

Sol de type 4

Figure 195 — Pentes d'excavation des sols bon, moyennement bon et

mauvais

max. 1,2 m

(4 pi)

Figure 196

Coffrages isolés des autres travaux par un cordage

42 – 5

Le sol doit avoir la capacité de soutenir
les charges qui y sont posées.
Une telle information peut ou
non être indiquée dans
les plans du devis.

Réaction d'appui in situ des sols secs

(estimation prudente)

Argile et glaise

1 200 lb/pi

2

Sable

4 000 lb/pi

2

Sable pierreux

6 000 lb/pi

2

Gravier

8 000 lb/pi

2

Les sols soutenant des contrefiches ou des étais doivent être
compactés et classés comme étant au moins bons (sol
cohérent, dur et dépourvu d'eau). On recommande les conseils
d'un expert, qui pourraient s'avérer nécessaires pour des
structures massives telles que les assises du matériel élevé,
étayées au niveau du sol ou sous ce niveau.

Dans de telles circonstances, les coffrages sont souvent
construits sur place. Doivent faire l'objet d'une planification,
l'entreposage adéquat du matériel et de l'équipement, le retrait
des déchets et des débris, ainsi que l'assurance d'un accès sûr
et efficace (figure 198). Parce qu'on travaille souvent à l'étroit et
que les déchets s'accumulent rapidement, il est important de
nettoyer à mesure que le travail progresse.

Banches

La construction des banches érigées sur place se révèle
dangereuse. Notons parmi les risques

goujons émergeant des dalles de béton ou des semelles de
fondation

surfaces de travail et aires d'accès instables à cause d'une
mauvaise planification

manutention manuelle du matériel lourd tel que feuilles de
contreplaqué, panneaux, raidisseurs, contenants de tirants
cassables, cales et plaques

surfaces glissantes au niveau du sol et sous ce niveau

conception inadéquate

vices de construction.

La meilleure protection contre les
goujons prend la forme
d'encadrements de bois
d'œuvre d'au moins
1

1

/

2

pouce

d'épaisseur,
maintenus en
place par des
fils métalliques
(figure 199).

Début du coffrage

Les premières étapes du coffrage demandent toujours un effort
manuel intense et exigeant. Elles requièrent un nombre de
travailleurs suffisant à éviter le surmenage et les blessures.

Des contrefiches temporaires (figure 200) sont

requises dès le début et pour chaque

étape, afin de prévenir le

basculement du coffrage,

cause de plusieurs

graves blessures par

le passé. Un vent

de 30 km/h peut

soumettre le
coffrage à une

charge éolienne

dangereuse.

La planification de l'accès aux banches est souvent déficiente.
Les coffrages de plus de deux mètres de hauteur devront
comporter des plateformes pour les ouvriers de mise en place
du béton. Ces plateformes peuvent également servir à finaliser
les sections supérieures du coffrage.

Une autre solution est l'échafaudage modulaire, qui peut aussi

COFFRAGE

Figure 198

Entreposage, accès et emplacement bien planifiés

Figure 197

Lisses d'assise de 2 po x 10 po sous cadres d'étayage

Capacité portante du bon sol – Charge moyenne

Figure 199

Couverture protectrice

sur goujons

Figure 201

Accès à l'échafaudage

Figure 200

Contrefiches temporaires au

début de la construction du

coffrage

42 – 6

servir à l'installation de l'armature d'acier.

Un système antichute ou des garde-corps sur l'échafaudage
doivent être utilisés pour le travail à une hauteur de plus de
3 mètres (10 pieds) ou lorsqu'il y a risque de chute sur une
structure dangereuse telle que les goujons saillants (figure 202).
Dans certaines situations, la protection contre les chutes
s'impose lorsque la hauteur s'établit à 2,4 mètres (8 pi) ou plus.
(Consultez le chapitre traitant des garde-corps.)

Les pièces de matériel doivent être distribuées le long du lieu de
l'ouvrage pour éviter la manutention redondante. Les zones de
circulation et de travail doivent cependant demeurer dégagées
pour assurer la sécurité du déplacement et de l'installation du
matériel.

Fabrication du coffrage

Les banches doivent être érigées conformément à la conception.
La conception doit clairement indiquer ce qui est requis.

Certaines banches sont conçues pour des vitesses précises de
coulage du béton exprimées en mètres à l'heure (m/h). Une
banche où le béton est coulé à une hauteur d'un mètre en une
heure aurait une vitesse de coulage d'un m/h. Les vitesses de
coulage inférieures réduisent les pressions sur le coffrage parce
que le béton des niveaux inférieurs a commencé à prendre.

Assurez-vous que les tirants et pièces d'appui sont installés là
où l'indiquent les dessins du devis. Les tirants doivent être
tendus. Les jambes de force doivent être fixées fermement aux
coffrages et calées ou bloquées sur des assises qui ne pourront
s'enfoncer ni se déformer sous la charge (figure 203).

Les plateformes de coffrage doivent être

en mesure de supporter une charge d'au moins
50 livres/pied

2

adéquatement supportées

munies de garde-corps

fixées à chaque niveau où s'effectueront des travaux tels que
le coulage ou le décoffrage.

Les pressions de conception recommandées pour les
différentes vitesses de coulage et conditions climatiques sont
indiquées dans la norme S269.3 

Coffrage pour béton

de la

CSA. La norme définit un certain nombre d'autres aspects liés à
la conception que le personnel sur le terrain doit consulter.

Tables de coffrage et ouvrages provisoires construits sur
place

Les chutes représentent le plus grand danger lié aux tables de
coffrage. Les blessures sont également liées à la manutention
manuelle du matériel et des éléments lourds.

Les coffrages construits sur place doivent habituellement être
démontés sur place. Il faut tenir compte de cette règle à l'étape
de la construction. La stabilité peut également être un facteur
déterminant lorsque la structure est élevée, lorsqu'elle supporte
de lourdes charges ou lorsqu'elle repose sur une pente, comme
dans le cas des ponts ou des passerelles.

Il est difficile d'offrir une protection antichute aux travailleurs
construisant des tables de coffrage sur place. Voilà pourquoi il est
essentiel de planifier lors des étapes de conception et d'érection.

Les travailleurs doivent porter un harnais de sécurité muni d'un
cordage reliant la structure du coffrage (figure 204). Cela signifie
s'attacher à la structure d'appui là où sont construites des
structures d'étayage, à un filin de sécurité lors de la mise en
place des panneaux de contreplaqué depuis les bords
d'attaque, ceinturer les coffrages de garde-corps ou s'attacher à
la structure d'appui lors de sa consolidation à l'aide de tubes et
de brides. N'attendez pas que la structure soit terminée avant
de vous attacher. Assurez-vous d'utiliser l'équipement antichute
à toutes les étapes de la construction des coffrages.

Lorsque cela est possible, des grues ou autres machineries
doivent être utilisées pour le déplacement du matériel afin
d'éviter les tâches manuelles de transport, de levage et de la
manutention.

Les tours d'étayage commandent une attention particulière.

Les tours doivent demeurer stables au cours de la
construction et du démontage. Le maintien de leur stabilité
peut exiger l'installation de haubans (figure 205).

Si les tours doivent être reliées ensemble et étayées
horizontalement, la tâche doit s'accomplir à mesure que
progresse le travail (figure 206).

L'inclinaison maximale des tours d'étayage et des étais ne
doit pas s'écarter du fil à plomb de plus de 1/8 po aux
3 pieds.

Les tours d'étayages doivent être serrées contre les
longerons à l'aide de plaques d'assise et d'étriers réglables
(figure 207).

COFFRAGE

Figure 202

Travailleurs portant l'équipement antichute fixant les raidisseurs

aux tiges filetées.

Figure 203

Coffrages adéquatement attachés et

appuyés

Figure 204

Travailleurs reliés aux cadres d'étayage installant des longerons.

Figure 212 — Aide du travailleur plus haut

42 – 7

Si les cadres ne s'appuient pas fermement les uns sur les
autres après le resserrement, l'un ou plusieurs d'entre eux
présentent un faux équerrage et doivent être remplacés.

Les étais à montant
unique doivent être
correctement appuyés
sur les côtés (figure 209).
Les structures d'étayage
à montants individuels
dans les puits d'escalier
et balcons peuvent
nécessiter des
contrefiches latérales. 

Les appuis destinés aux
coffrages construits sur place
sont souvent mis de côté
délibérément afin de
permettre l'exécution d'autres
travaux. Il pourrait s'agir d'une
rangée d'étais à montants individuels mise de côté jusqu'à la fin
d'une tâche à effectuer plus bas. Inversement, une zone peut être
temporairement appuyée d'étais individuels durant la construction

qui seront plus tard remplacés par une tour d'étayage.

Dans ces situations et d'autres cas de coffrage partiel, les lourdes
charges posées temporairement, telles que des lots de barres
d'armature ou piles de contreplaqué, ne doivent pas être
déposées sur la structure. Même avec des coffrages complets,
assurez-vous que le matériel déposé ne surcharge pas la
structure.

Coffrages volants

Les coffrages volants doivent toujours être conçus par un
ingénieur accrédité et construits, hissés, tranportés et mis en
place exactement selon les directives du concepteur ou du
fabricant.

Des utilisations de coffrages conçus pour des planchers typiques
à des fins non typiques ont provoqué de graves accidents. Avant
d'utiliser un coffrage volant dans des conditions non typiques,
consultez le concepteur ou le fabricant. Les banches ne doivent
pas être rallongées ou élargies, par exemple, et les panneaux ne
doivent pas servir de coffrage à porte à faux sans qu'on ait
d'abord consulté un professionnel. De telles situations se
rencontrent habituellement dans les appartements-terrasses ou
locaux d'installations mécaniques, où les hauteurs des murs et
des plafonds surpassent celles destinées aux planchers typiques.

À part l'utilisation impropre, les dangers associés aux coffrages
volants sont liés

à la stabilité durant la fabrication initiale

aux pièces installées entre les panneaux de coffrage

au décoffrage, au déplacement et à la réinstallation.

Les chutes, dernier type de risques, sont
particulièrement fréquentes. Pour la
protection antichute, reportez-vous à
la prochaine section.

COFFRAGE

Figure 205

Tours élevées haubanées

Figure 206

Traverses de fixation tubulaires à brides

pour tours d'étayage

Remplacez ce

cadre.

Figure 208

Cadre déformé

Figure 209

Étayages à montants uniques et

contrefiches latérales

Figure 207

Tour d'étayage type à longerons,

plaques d'assise et étriers réglables

Figure 210

Deux rangées de cadres d'étayage avec étais centraux

Figure 211

Soutien temporaire à contrefiches

pour banche volante

42 – 8

Bien que le coffrage volant est conçu de façon à demeurer
stable lorsqu'il est terminé, il est possible que cette stabilité fasse
défaut lors de sa fabrication ou de son érection. Des contreforts
ou l'appui temporaire à l'aide d'une grue peuvent s'avérer
nécessaires à assurer sa stabilité durant certaines étapes de la
construction (figure 211).

On peut installer, par exemple, des poutres-fermes supportant
une assise de coffrage volant. Les poutres-fermes doivent être
maintenues à la verticale afin d'être reliées ou détachées. Si
elles ne sont pas bien supportées, elles peuvent chuter sur les
ouvriers. Le vent peut aussi projeter les poutres-fermes et les
panneaux muraux durant le montage ou le démontage.

Le travail avec les coffrages volants requiert l'espace suffisant à
l'empilage du matériel et des composantes. En plus d'être
difficile, le travail dans les espaces restreints reste dangereux.

Protection contre les chutes — Coffrages volants

Un dispositif antichute doit être utilisé lorsqu'un travailleur

installe un coffrage

pousse un panneau en direction du bord du coffrage

reçoit un panneau provenant du bord du coffrage

aide d'autres travailleurs à fixer des ferrures de montage
telles que les élingues (figure 212)

monte ou quitte la structure

boulonne ou déboulonne les banches des murs extérieurs et
des cages d'ascenseur (figure 213)

monte un panneau pour fixer des élingues aux ancrages de
levage (figure 214).

Le dispositif antichute de chaque ouvrier doit relier un point
d'ancrage individuel non situé sur le coffrage volant. Les
entrepreneurs peuvent créer
des points d'ancrage en
coulant des barres d'armature
dans les colonnes ou autres
surfaces devant être
subséquemment recouvertes
ou remplies (figure 215).

Sécurité sous les coffrages
volants

La section précédente traitait des travailleurs œuvrant à la mise
en place des coffrages. Mais il faut également prendre des
précautions pour protéger autant les travailleurs œuvrant sous
les opérations de levage que le public en général, car les
coffrages survolent souvent les trottoirs et les rues. La protection
la plus efficace des travailleurs est d'encercler d'un cordage la
zone au sol afin d'y empêcher l'accès. La circulation des piétons
sur les trottoirs, ainsi que celle des véhicules le cas échéant, doit
être déviée de la zone pendant que s'effectue le levage.

Communication

Les coffrages volants sont lourds, volumineux et encombrants.
Leur levage et leur déplacement en sécurité supposent une

communication claire et fiable.
Même la signalisation manuelle est
souvent nécessaire, la
communication radio directe entre
l'équipe de travail et l'opérateur de
la grue s'avère plus précise et
efficace. Il n'est pas recommandé
de recourir seulement aux signaux
manuels.

Décoffrage

Généralités

Le décoffrage représente
probablement la tâche la plus
dangereuse de la construction
avec le béton. Notons parmi les
risques

chute de matériel

– 

matériel et équipement sous

les pieds

– 

manutention manuelle de

coffrages, panneaux ou autres
ouvrages lourds ou
encombrants

– 

décoffrage à l'aide de leviers

appuyés sur le béton
présentant des risques
d'étendue excessive, de perte
d'équilibre, de glissements et
de chutes.

COFFRAGE

Figure 213

Arrimage d'élingues à une banche

Figure 214

Arrimage d'élingues aux ancrages de levage

Figure 215

Ancrage à barre d'armature coulée

dans le béton

42 – 9

On peut diminuer les risques en

– 

planifiant et prévoyant le décoffrage lors de la conception et
de la construction des coffrages

– 

fournissant les installations et l'équipement destinés au retrait
du matériel à mesure que progresse le décoffrage

– 

procurant à l'équipe de décoffrage les outils et l'accès
appropriés à la tâche

– 

formant adéquatement le personnel sur cet aspect et les
autres aspects du coffrage.

La conception des formes peut incorporer des plaques
d'écrasement et des bandes de support pour faciliter le retrait aux
intersections difficiles des colonnes, des poutres et des banches.
Ensuite, une utilisation généreuse d'huiles de décoffrage facilitera
davantage le retrait.

Lorsque cela est possible, le matériel et les débris doivent être
retirés de la zone à mesure que la tâche progresse. Cela évitera
de marcher sur des obstacles laissés derrière sur le sol ou le
plancher, ou de les contourner.

Des chariots ou des conteneurs mis à la disposition de l'équipe
peuvent aider au retrait du matériel et éviter le soulèvement et le
portage. Les chariots chargés du matériel peuvent être poussés à
l'écart. Une grue peut retirer les conteneurs chargés du matériel.

En plus d'être inutile, gravir des coffrages partiellement décoffrés
représente un danger. Du matériel d'accès sécuritaire, tel
qu'échafaudages sur roues ou plateformes élévatrices
motorisées, doit être fourni lors du décoffrage en hauteur.

L'insuffisance de l'éclairage peut quelquefois représenter un
danger lors du décoffrage. La meilleure solution réside
probablement dans l'utilisation de supports d'éclairages mobiles,
puisque les guirlandes d'ampoules peuvent facilement chuter et
se briser lorsqu'elles sont heurtées lors du décoffrage.

Lorsque cela est possible, l'équipe de décoffrage doit être
restreinte. Cela est particulièrement important en présence de
coffrages démontables. Les petites équipes permettent à chaque
membre de savoir ce que les autres effectuent. Les travailleurs
risquent moins d'interférer dans le travail des autres. On
recommande des équipes de deux ou trois ouvriers pour les
coffrages démontables. Si plusieurs travailleurs sont requis, ceux-
ci peuvent toujours être divisés en petites équipes destinées à
des endroits séparés.

Les zones où s'effectue le décoffrage doivent être
inaccessibles aux autres corps de métiers et autres travaux.
Étant donné le nombre des risques en cause, la zone doit
être encerclée d'un cordage et identifiée par des panneaux
d'avertissement.

Systèmes de tables démontables

Le fait que la plus grande part du travail s'effectue sous le
coffrage complique la tâche. L'aménagement type fait appel à
des cadres d'étayage ou une combinaison de cadres d'étayage
et de vérins.

Lorsque cela est possible, le travail doit débuter sur l'un des
côtés. Cela revient à retirer une rangée de coffrages supportés
par une rangée de longerons des cadres d'étayage.

La première étape consiste à dégager les plaques d'assise
réglables et étriers de l'une des sections, ce qui abaissera en
conséquence les longerons, les poutrelles et le contreplaqué
(figure 216).

Dans la pratique, toutefois, le contreplaqué collera, surtout
autour des poutres, des dessus des colonnes et aux endroits
semblables. Lorsque cela est possible, les panneaux coincés
doivent être retirés avant le démantèlement de la structure
d'étayage.

Le décoffrage doit s'effectuer dans un ordre inverse à celui de
l'érection. Le contreplaqué doit être enlevé en premier, ensuite
les poutrelles et les longerons. Les derniers éléments à retirer
seront les cadres d'étayage.

Lorsque des échafaudages ou des cadres d'étayages servent à
l'accès, la plateforme doit être entièrement couverte de madriers
(figure 217). Sinon, les madriers peuvent se déplacer et glisser
lorsque les travailleurs tirent ou font levier sur les pièces de
coffrage au risque de perdre équilibre ou de chuter. Plusieurs
blessures ont été causées de la sorte.

La zone où débute le décoffrage doit permettre un accès
destiné au retrait du matériel à mesure qu'il est démonté.

COFFRAGE

Figure 217

Cadre d'étayage entièrement couvert de madriers pour l'accès

Figure 216

Abaissement des plaques

d'assise et étriers pour

dégager la table de coffrage

Figure 218

Échafaudage destiné au décoffrage des banches

42 – 10

Une bonne formation, des coffrages bien conçus, des
installations d'accès sécuritaires et le nettoyage immédiat en
continu peuvent contribuer à réduire les risques liés au
décoffrage des tables démontables.

Banches construites sur place

Ces coffrages sont souvent de hauteur moyenne. Les types
plus élevés font habituellement appel à de grands panneaux
érigés et retirés à l'aide d'une grue plutôt que manuellement.

Les banches de coffrage construites sur place sont
habituellement un assemblage de montants et raidisseurs reliés
par un certain type d'attaches.

Là où les ouvriers ne peuvent accéder au haut d'un mur, on doit
prévoir des échafaudages destinés au retrait des raidisseurs
des niveaux supérieurs (figure 218). L'accès sécuritaire est
primordial au démontage et à la manutention manuelle des
raidisseurs, souvent longs, lourds et gorgés d'eau.

Le matériel doit ensuite être immédiatement mené vers une
zone de cueillette.

Inspection

Avant le début du coulage, les coffrages doivent être inspectés
et approuvés par le concepteur ou une personne de
compétence pour assurer que leur fabrication favorise le travail
sécuritaire et respecte les exigences de l'ouvrage.

En Ontario, les coffrages nécessitant la conception par un
ingénieur doivent être inspectés par un ingénieur ou un
travailleur de compétence désigné. Ce travailleur peut ne pas
être un ingénieur.

Il doit y avoir une production d'un rapport indiquant que les
coffrages ont été ou non construits selon la conception. Toute
irrégularité doit être discutée avec l'ingénieur concepteur avant
le début des travaux de coulage.

Peu importe la responsabilité particulière, il est dans l'intérêt de
tous d'assurer que les coffrages ont été inspectés par une
personne de compétence quant à leur fabrication, leur stabilité
et leur conformité aux plans et spécifications des devis.

L'inspection doit débuter au moment de la construction des
coffrages et durer jusqu'à la fin de la mise en place du béton.

Il est préférable de vérifier inclinaisons et pentes à l'étape de
construction des coffrages. Les structures d'étayage doivent
respecter les limites d'alignement indiquées dans les plans des
devis. L'inclinaison et la pente doivent également être vérifiées à
l'étape du coulage pour déterminer si le coffrage subit ou non un
glissement ou un gondolage.

Il est préférable de vérifier les éléments spéciaux comme les
poutres, les chapiteaux de colonne et les accessoires insérés
durant la construction. Retarder l'inspection jusqu'à la fin de la
fabrication du coffrage peut masquer certains éléments ou
compliquer leur vérification.

Colonnes

Vérifiez que

les bonnes dimensions et bons types de matériel sont utilisés

les fixations ou les brides des colonnes sont conformes aux
plans du devis

l'espacement des fixations ou des brides s'effectue au vu
d'une évaluation raisonnable de la pression du béton
(habituellement, les colonnes sont conçues pour soutenir une
charge hydrostatique totale de 150 livres/pied

2

multipliée par

la hauteur en pieds) 

les colonnes sont convenablement appuyées là où elles ne
sont pas fixées à une structure de table de coffrage.

Remarque :

Pour obtenir plus de renseignements, consultez la

norme S269.3 de la CSA, intitulée 

Coffrage pou béton

ou la

norme de l'American Concrete Institute (ACI), intitulée

Formwork for Concrete

(SP-4).

Banches

Vérifiez que

le matériel et toute composante fabriquée en usine
respectent les plans du devis (taille et espacement
des montants, raidisseurs et tirants essentiels à la
sécurité)

les tirants sont resserrés avant le début du coulage

les cales des assemblages de calage sont serrées

les écrous des dispositifs filetés sont serrés

les contrefiches sont conformes aux plans du devis

les coffrages autoportants sont consolidés afin
d'assurer la stabilité et la résistance aux charges
durant le placement du béton

les vitesses de coulage spécifiées ne sont pas
dépassées (les banches sont souvent conçues pour
des vitesses de coulage précises; le dépassement de
ces vitesses peur provoquer la rupture ou
l'effondrement).

Tables de coffrage

Ce type de coffrage représente la plus grande menace à la
sécurité des coffreurs. Qu'ils soient attribuables aux vices de
conception, aux modifications sur place ou à l'absence
d'inspections, les effondrements de table de coffrage ont été la
cause de nombreuses blessures et pertes de vie.

Une inspection appropriée exige la connaissance, l'expérience
et l'aptitude permettant 

1) de distinguer les différents types de matériel et

d'éléments d'étayage

2) de lire et interpréter les plans des devis
3)

d'identifier et d'examiner avec le concepteur toute
irrégularité apparente ou réelle des composantes
telles que les cadres d'étayage.

Vérifiez que

les poutres sous mur portant et les lisses d'assise
sont adéquatement dimensionnées et situées

les situations de sol à risque, telles que l'humidité
excessive, le gel et les sols non compactés, sont
rapportées et examinées avec le concepteur

les cadres d'étayage et les vérins sont situés et
alignés conformément aux tolérances spécifiées dans
les plans

les cadres d'étayage et vérins ne s'écartent du fil à
plomb pas plus de 1/8 po aux 3 pieds

les plaques d'assise réglables des cadres d'étayage
et vérins sont resserrés 

les étriers sont calés en place

les longerons sont des dimensions et numéros
spécifiés, et les supports correctement espacés

les longerons d'aluminium ne comportent pas des
rebords tordus ou d'autres dommages

les poutrelles sont des dimensions spécifiées et
correctement espacées

les structures de consolidation et d'étayage au bas
des poutres et aux chapiteaux sont construites
conformément au devis

les contrefiches latérales sont pourvues là où il y a
besoin (par exemple, pour les coffrages autoportants
des ponts et des viaducs)

les surfaces portant des contrefiches latérales sont
adéquates, c'est-à-dire, semelles fermes ou sols bien
compactés

les charges temporaires, telles que les barres
d'armatures, n'exercent pas une surcharge évidente
sur l'ouvrage.

COFFRAGE

42 – 11

Placement du béton

L'inspection des coffrages doit continuer durant le placement du
béton. Tout signe de déplacement, d'écrasement ou de
gondolage représente une menace. Le coulage doit
s'interrompre jusqu'à ce que la situation soit corrigée.

Surveillez les signes avant-coureurs suivants :

déplacement d'un étai à montant unique d'une table
de coffrage

déplacement ou gondolage des contrefiches latérales
des étais à montant unique

déplacement des longerons sur les étriers

écrasement des longerons en bois sur les étriers
(figure 219)

étayages mal appuyés sous les longerons

gondolage des longerons entre les supports
(figure 220)

gondolage des raidisseurs ou des renforts des
banches

bombage des banches

écrasement des raidisseurs ou des renforts au niveau
des plaques de répartition des tirants

déplacement des banches

soulèvement des coffrages talutés

vitesses de coulage dépassant les spécifications de la
conception.

COFFRAGE

Figure 219 — Écrasement d'un longeron sur étrier

Figure 220 — Gondolage des longerons entre appuis

43 – 1

43 TRAVAUX DE
FERRAILLAGE

Outils du métier

Introduction

Cette section offre un survol des dangers liés aux outils manuels
et à commande mécanique et résume les pratiques sécuritaires.
Parce que les blessures dues aux outils sont souvent graves, il
est important de tout mettre en œuvre pour les éviter.

Chaque année, l'emploi inapproprié des outils est la cause de
blessures aux yeux, de plaies par piqûre, de fractures, de
contusions, d'infections et de doigts, tendons et artères
tranchés.

Malgré que certains outils à commande mécanique comportent
divers dispositifs de protection offrant une certaine sécurité, la
meilleure prévention passe par la sensibilisation aux dangers, la
formation et le bon sens.

Les plus polyvalents des outils à notre disposition, nos mains,
jouent trop souvent le rôle de victime d'accidents dus à un outil.
Vous seriez frappé d'une incapacité majeure sans l'usage
complet de vos deux mains. Elles peuvent être coincées dans
les machines, écrasées sous des objets ou coupées par des
outils tranchants tels que couteaux ou scies. Elles peuvent
également subir des brûlures, des fractures ou des foulures, à
moins que vous demeuriez toujours alerte. Vos mains n'ont pas
de prix. Protégez-les des blessures en suivant les règles de
sécurité du travail avec les outils.

Les yeux s'exposent fortement aux blessures attribuables aux
outils, même si ces dernières sont presque toujours évitables.
Utilisez les dispositifs et l'équipement de protection que tous
voient comme nécessaires, mais qui sont trop facilement
oubliés.

Le bruit est inévitable lors de certains travaux, qu'il provienne
des outils ou de l'environnement de travail. L'exposition aux
bruits intenses peut mener à la déficience auditive. L'exposition
prolongée peut provoquer des lésions irréversibles de l'oreille et
éventuellement, la surdité. Des protège-oreilles doivent être
portés partout où il y a exposition au bruit intense.

Causes fréquentes des accidents

Les causes communes d'accidents liés aux outils manuels et à
commande mécanique dans la construction incluent 

l'utilisation d'un outil inadapté à la tâche

les chutes d'outils des niveaux supérieurs

le rangement d'outils tranchants dans les vêtements

l'utilisation d'allonges sur les manches d'outil

les vibrations extrêmes

l'utilisation d'outils dont les faces sont arrondies

l'absence d'appui ou d'arrimage de l'ouvrage à travailler

le port d'outils dans les mains en gravissant une échelle ou
en en descendant

l'utilisation de cordons d'alimentation ou de connecteurs
abîmés

le non-recours aux disjoncteurs de fuite à la terre (GFCI),
surtout à l'extérieur.

Pratiques de travail sécuritaires

Les blessures graves attribuables aux outils manuels et à
commande mécanique peuvent être évitées par une
sensibilisation élémentaire aux risques et le bon sens. Adoptez
en tout temps les pratiques sécuritaires décrites ci-dessous.

1)

Portez des vêtements adaptés au travail. 

Portez les vêtements et équipements conçus pour les outils
du métier (figure 1.1). 

Portez toujours des lunettes protectrices. 

L'utilisation

d'outils manuels ou à commande mécanique comporte
toujours des risques liés aux particules volantes et à la
poussière. Le port de lunettes protectrices appropriées est
essentiel autant pour l'ouvrier que pour les autres personnes
présentes.

2)

Utilisez un outil adapté à la tâche.

Utiliser une barre ou un tuyau d'allonge sur le manche d'une
clé, ou utiliser une pince en tant que marteau sont des
exemples d'erreurs qui mènent fréquemment des accidents
ou des blessures.

3)

Utilisez les outils conformément aux recommandations
du fabricant.

Par exemple, utilisez toujours une clé ou un marteau
convenable, non pas une pince. Une pince improprement
utilisée subit des pressions pour lesquelles elle n'a pas été
conçue et peut causer l'usure, le bris et des blessures.

4)

Mettez de côté les outils endommagés ou abîmés.

Les marteaux dont le manche est fissuré ou lâche, les clés
aux mors usés, les barres à cintrer abîmées, les cordons
prolongateurs endommagés et les outils dépourvus de mise
à la masse sont dangereux et doivent être mis de côté afin
qu'ils soient réparés ou détruits.

5)

Veillez au fonctionnement sécuritaire des outils.

Les pinces aux dents usées peuvent blesser lorsqu'elles
dérapent lors du liage des fils.

Veillez à la fermeté et la sûreté des branches. 

N'utilisez pas un ruban isolant pour relier les gaines fendillées
ou pour prévenir leur fendillement. Vérifiez fréquemment les
pivots et les branches. Assurez-vous que les têtes sont
fermement calées sur les branches. Veillez à ce que la
surface des branches soit lisse et dépourvue d'aspérités.
Remplacez les branches fendillées ou ébréchées, ou qui ne
peuvent demeurer fermement en place.

Maintenez les tranchants affûtés. 

Les outils affûtés facilitent le travail, améliorent la précision de
votre travail, économisent le temps, nécessitent moins
d'efforts et sont plus sécuritaires que les outils émoussés. 

6)

Ne gravissez jamais une échelle en portant des outils
dans les mains. 

Les porte-outils et les étuis pour outil libèrent les mains
lorsque vous montez ou travaillez dans une échelle, un
échafaudage ou d'autres endroits d'accès difficile. Pour
passer d'un niveau à l'autre en portant des outils, déposez-
les dans un sac ou une boîte ferme et hissez-les à l'aide de
cordages solides.

7)

On recommande l'utilisation d'outils antiétincelants non
ferreux 

en présence possible de matériaux inflammables ou

de poussières ou vapeurs explosives. Ces outils, tels que 

TRAVAUX DE FERRAILLAGE

Casque protecteur
CSA classe E

Lunettes protectrices

Bobine et
fil à ligature

Gants

Pas de revers

Bottes de sécurité
CSA catégorie 1
(griffe verte)

Figure 1.1 : Ferrailleur prêt pour la pose d'acier d'armature

Pince à coupe latérale

Pied de roi

Fourreau

Marqueurs
a. crayon
b. craie
c. saponite

43 – 2

marteaux et maillets en laiton ou en cuivre, doivent toujours
être utilisés avec prudence. Souvenez-vous — qu'il est
possible qu'ils n'évitent pas tous les risques d'explosion, tels
que la présence de vapeurs de carburant. Il est toujours plus
sûr d'éliminer le risque en veillant à la sûreté de l'atmosphère
par l'isolation, la ventilation et la purge.

8)

Protégez les tranchants des outils lors de leur transport.

Transportez-les de façon qu'ils ne posent aucun danger pour
vous ni les autres. Transportez les outils pointus ou à bords
tranchants dans des porte-outils ou des étuis.

9)

Gardez propres les outils manuels. 

Protégez-les des dommages causés par la rouille. Nettoyez-
les en essuyant la saleté et la graisse. Trempez les outils à
l'occasion dans des liquides ou solvants nettoyants et
essuyez-les complètement.

10)

Lubrifiez

les pièces réglables ou parties mobiles pour

prévenir l'usure et le désalignement.

11)

Lors du balancement d'un outil

, assurez-vous

complètement que personne d'autre n'est à la portée du
balancement ou ne peut y parvenir, ou être heurté par du
matériel volant.

12)

Les chutes d'outil 

représentent un grave danger pour les

travailleurs œuvrant plus bas. N'égarez pas les outils, surtout
lors du travail en hauteur sur les échafaudages ou d'autres
installations d'accès. Une lime ou un marteau burineur qu'on
bute par mégarde sur une plateforme de travail peut se
transformer en une bombe volante et risque de vous faire
trébucher. Lorsque cela est faisable, liez les outils à l'écart
lors du travail en hauteur.

13)

L'équipement de protection auditive

doit être porté partout

où il y a risque d'exposition aux bruits intenses. Le bruit est
un risque inhérent au domaine de la construction, qu'il
provienne des outils, des autres travailleurs ou de
l'environnement de travail. L'exposition aux bruits intenses
peut mener à la déficience auditive. L'exposition prolongée
peut provoquer des lésions irréversibles de l'oreille et
éventuellement, la surdité. Même si les outils à commande
mécanique ne représentent que l'une des sources de bruit
possibles, on doit chercher à utiliser les moins bruyants de
ces outils qui puissent tout de même suffire à la tâche.

Inspection et réparation

Une personne possédant la formation et l'expérience
nécessaires à l'inspection des outils doit déterminer si l'outil est
en état de fonctionner de façon sûre. Les outils usés ou
endommagés doivent porter la mention 

« DÉFECTUEUX–NE

PAS UTILISER » 

et retourner à l'atelier pour la réparation ou le

remplacement. 

L'inspection régulière de tous les outils est nécessaire et doit
comporter l'entretien et la réparation des outils conformément
aux directives des manuels de l'utilisateur. La conformité du
maniement et du rangement des outils doit également faire
partie du processus d'inspection. La charge de l'inspection
revient habituellement au superviseur. Toutefois, les utilisateurs
doivent vérifier quotidiennement leurs outils.

Les outils soumis aux tâches et aux traitements les plus rudes,
tels que burins, marteaux et clés, doivent être fréquemment et
régulièrement inspectés.

Installations et équipements convenables sont nécessaires aux
tâches appropriées d'entretien et de réparation. Seules les
personnes qui en détiennent les compétences doivent se voir
confier la réparation des outils. Autrement, les outils doivent être
envoyés à un service spécialisé dans la réparation.

Utilisation

La mauvaise utilisation des outils est une cause fréquente de
blessures dans la construction. Dans plusieurs cas, les blessures
surviennent du fait que l'on suppose que chaque utilisateur sait
utiliser les outils les plus courants. Cela n'est pas le cas.

Il incombe au superviseur et à l'employeur d'assurer que les
travailleurs sont formés à l'utilisation appropriée et sécuritaire
des outils manuels.

Marteaux et masses

Des marteaux de formes et tailles diverses se destinent à
différentes tâches. Leur choix et leur utilisation doivent s'adapter
au travail à effectuer. Même si le marteau, qui prend la forme de
nombreux types et modèles, ne fait pas partie de l'équipement
de base de la ceinture à outils, il sert régulièrement.

Règles élémentaires – Marteaux

Portez toujours des lunettes protectrices.

Assurez-vous que le manche est serré; n'utilisez jamais un
marteau à manche lâche ou endommagé.

Frappez toujours la surface de l'ouvrage à angle droit à l'aide
de la tête de frappe et évitez les frappes aveugles.

Maintenez le marteau en gardant le poignet droit et en
agrippant fermement le manche.

Regardez derrière et au-dessus avant d'articuler le marteau.

N'utilisez jamais un marteau pour frapper un autre marteau.

Jetez tout marteau présentant des entailles, de fissures, des
encoches ou une tête arrondie; la rectification

n'est pas

conseillée. 

Lors de la frappe d'un autre outil (ciseau, poinçon, cale, etc.),
la tête de frappe du marteau doit excéder de 1/2 pouce
(1,25 cm) celle de la tête de l'outil frappé.

Ne soudez et ne retrempez jamais un marteau.

Les marteaux burineurs sont conçus de sorte à dégager le laitier
des soudures ou des rebords brûlés. Les différents types offrent
une multitude de formes et de manches. Ces marteaux
comportent de longues pointes ou extrémités aplaties ou
coniques, qui peuvent être réaffûtées plusieurs fois.

Outils coupants manuels

Coupe-tiges et coupe-barres

Il existe un certain nombre de précautions élémentaires à
observer lors de l'utilisation de ces outils.

Portez des lunettes protectrices.

Gardez vos doigts hors de la portée des mors et des
articulations.

Les bouts coupés peuvent voler et causer des blessures; on
suggère d'envelopper les mors de jute ou d'un chiffon lors de
la coupe. 

Coupe-boulons

Les coupe-boulons types affichent des longueurs allant de 18 à
36 po, les plus grands desquels peuvent couper des boulons et
tiges d'acier doux d'autant que 1/2 po de diamètre, ainsi que
d'autres matériaux
tels que les câbles
métalliques. 

Posez les mors
perpendiculairement
au matériau.

Ne faites pas levier
et ne tordez pas :
des éclats peuvent
se détacher et voler
dangereusement, et
les tranchants
peuvent s'abîmer.

TRAVAUX DE FERRAILLAGE

Coupe-boulon

43 – 3

Cisailles à barre d'armature manuelle

Elles réussissent à couper des barres d'autant que 15M (nº 6)
ou plus.

Figure 1.2

Cisaille à barre d'armature manuelle

Prise des outils

Clés

Quel que soit le type de clé, il y a toujours risque que la clé
désengage l'ouvrage ou que l'ouvrage se dégage
soudainement. Il y a également possibilité que la clé ou
l'ouvrage cède. L'utilisateur doit toujours s'appuyer de façon à
ne pas perdre l'équilibre et se blesser dans le cas où l'outil se
dégage pour quelque raison. Inspectez toujours la clé pour
déceler les failles, les bris ou l'usure, afin d'éviter qu'elle dérape
et d'abîmer les dispositifs de fixation. 

Il y a une clé appropriée à chaque tâche. Si la clé est trop
grande, elle peut ne pas offrir une prise sûre. Le dérapage ou la
détérioration de la clé ou du dispositif de fixation peuvent
s'ensuivre, tandis que le serrage exagéré peut fausser les filets.
Lorsque cela est possible, lubrifiez les écrous et boulons avec
de l'huile pénétrante.

Agrippez toujours la clé de manière à éviter les
blessures dans le cas d'un dérapage.

Évitez le dérapage par le recours aux mors
appropriés. Les clés fermées sont plus sécuritaires
que les clés ouvertes, car elles risquent moins de
déraper. Les clés ouvertes fixes de taille appropriée
sont en général plus sécuritaires que les clés à
molette, surtout pour tourner les têtes coincées.

Jetez toute clé fermée ou ouverte endommagée. Ne
tentez jamais de réparer les pointes arrondies ou
brisées de l'extrémité fermée d'une clé, ou les mors
usés ou écartés de l'extrémité ouverte.

Présentez la clé à molette de face et tournez la clé de
façon à distribuer la pression sur le mors fixe
(figure 1.3).

Il faut toujours 

tracter

la clé lorsque cela est possible.

Ne la poussez pas. 

Ne surchargez jamais une clé à l'aide d'une allonge
tubulaire posée sur le manche ou en martelant le
manche. Ces manœuvres peuvent affaiblir le métal
de la clé et provoquer le bris de l'outil. Des clés de
service intensif aux manches surdimensionnés et des
clés « marteaux » ou à tête de frappe servent cette

fin. Les clés à tête de
frappe munies
d'ouvertures à 12 pointes
sont conçues pour la
frappe d'un marteau à
panne ronde ou d'une
masse. Elles sont
offertes en versions
droites ou décalées,
mais on préférera le type
droit lorsque cela est
possible.

Clés à douilles

Les jeux de clé à douilles offrent
tout un éventail de tailles et de types de douilles, ainsi que
divers types de manches, y compris à cliquet, universel,
démultiplicateur, ainsi qu'un bon nombre de rallonges et
d'adaptateurs. En utilisant des adaptateurs et réducteurs de
taille, prenez soin à ne pas serrer exagérément une douille plus
petite, et le dispositif de fixation à l'aide d'un manche de plus
grande taille.

Utilisez toujours une douille de la bonne dimension; assurez-
vous qu'elle s'adapte justement. Une douille trop grande ou
lâche peut déraper, causer une blessure et menacer d'usure la
douille et le dispositif de fixation.

N'utilisez jamais des douilles « manuelles » avec des clés à
commande mécanique ou à chocs.

Les douilles manuelles

possèdent habituellement un fini plus brillant, tandis que celles
de ces autres outils présentent un aspect terne et des parois
plus épaisses.

Pinces

Les pinces, ou plus précisément les pinces à tranchants
latéraux, sont les outils de base du ferrailleur, destinés à fixer les
barres d'armature. Les types les plus utilisés sont ceux de 7, 8
ou 9 pouces, mais la taille peut varier selon les préférences de
chacun.

Figure 1.6 : Pince de ferrailleur à grand levier 

Figure 1.7 : Pince de ferrailleur à coupe diagonale à grand levier

Les pinces sont souvent mal utilisées. Elles sont conçues pour
la prise et la coupe, et ne doivent pas se substituer aux clés
parce que leurs mors sont flexibles et peuvent déraper.

TRAVAUX DE FERRAILLAGE

Figure 1.3

Figure 1.4 : Clés marteaux 

(A) clé marteau décalée
(B) clé marteau droite

A

B

Correct

Incorrect

Figure 1.5 : 
Pince de ferrailleur à coupe latérale

Plusieurs ferrailleurs préfèrent utiliser des « pinces à coupe
latérale à grand levier », conçues pour augmenter la force de
levier de coupe.

43 – 4

Règles élémentaires de sécurité – Pinces

Choisissez une pince dont l'espace entre les branches suffit à
prévenir le pincement de la paume ou des doigts.

Remplacez les pinces dont les dents ou les tranchants sont
usés, car elles peuvent déraper et blesser.

Optez pour une pince dont l'amplitude de la prise se situe
entre 6 cm et 9 cm (2

1

/

2

po à 3

1

/

2

po).

Tirez la pince – ne la poussez pas.

Les pinces à tranchants latéraux peuvent blesser lorsque des
bouts retranchés des fils volent vers les yeux du travailleur.

Des lunettes protectrices doivent être portées lors de
l'utilisation d'une pince à tranchants latéraux.

Effectuez toujours les coupes à angle droit; ne balancez
jamais les tranchants d'un côté à l'autre.

Les pinces utilisées pour les travaux d'électricité doivent être
isolées. Vous devez quand même couper l'alimentation.

N'oubliez pas : les branches rembourrées ne visent que le
confort et ne protègent pas contre les chocs électriques.

N'exposez jamais une pince à la chaleur extrême, car cela
pourrait compromettre son trempage et détruire l'outil.

N'utilisez jamais une pince pour marteler, car cela peut
causer des fissures, des bris ou des entailles.

Les pinces ne doivent pas servir à serrer les écrous et les
boulons : utilisez une clé appropriée.

Clés à tuyau

Les clés à tuyau ont provoqué maintes blessures graves
lorsqu'elles étaient utilisées au-dessus de la tête. Ces clés
peuvent déraper sur les tuyaux ou les raccords, déséquilibrant
le travailleur et le faisant chuter. Les clés à tuyau,
conventionnelles ou à chaîne, doivent comporter des mors
affûtés et être maintenues propres pour éviter le dérapage
(figure 1.8).

La molette de la clé à tuyau doit faire l'objet d'inspections
fréquentes visant à déceler les fissures.  Une molette fissurée
peut céder sous la charge, provoquant bris et blessures
graves.

Utilisez une clé de longueur et de taille appropriées à la
tâche. Une clé trop petite ne suffira pas à offrir le levier et la
prise nécessaires. Une clé trop volumineuse peut fausser les
filets du tuyau ou briser l'ouvrage, causant soudainement un
dérapage ou une chute.

Présentez la clé à tuyau de face. Tournez la clé de façon à
exercer la pression sur le mors.

N'utilisez jamais une allonge posée sur le manche afin
d'augmenter la force de levier. L'allonge peut forcer la clé ou
l'ouvrage jusqu'au point de rupture.

Figure 1.8 : Types de clés à tuyau :  (A) Conventionnelle, (B) Type clé

dynamométrique

Cintreuses manuelles et barres à cintrer

La plupart du temps adaptées aux barres de 15M à 25M.

Inspectez l'outil avant l'utilisation.

Assurez-vous que la position de vos pieds et celle de votre
corps sont telles à vous empêcher de perdre l'équilibre.

Soyez prudent lors du redressement ou du pliage des barres

et des goujons à l'extrémité ouverte d'une structure. Les
barres d'armature qu'on plie trop ont tendance à casser et
peuvent se rompre. Assurez-vous d'abord d'être sûrement
relié avant de pousser ou de rabattre les
barres le long des bords
ouverts.

Évitez les points de
pincement.

Assurez-vous qu'il y a
assez d'espace à
effectuer le pliage.

Outils mécaniques de façonnage de barres d'armature

La plus grande part de la fabrication des barres d'armature
s'effectue en atelier, mais il peut arriver qu'une fabrication
sur place s'impose, surtout sur les chantiers relativement
éloignés. Les figures 1.10, 1.11 et 1.12 représentent

Précautions élémentaires

Assurez-vous de porter des lunettes protectrices.

Écartez vos doigts des environs de la lame et de la prise.

Protégez les lignes d'alimentation des dommages pouvant
provenir de la circulation ou des bords acérés.

Pour les outils électriques

Vérifiez que l'alimentation correspond aux exigences du
matériel.

Utilisez un disjoncteur de fuite à la terre (GFCI).

Veillez au remplacement des câbles endommagés.

TRAVAUX DE FERRAILLAGE

A

B

Plieuse d'armature

Barres à cintrer
d'armature

Figure 1.10 :  Cisailles et coupeuses électriques ou

électriques//hydrauliques

Figure 1.11 :  Cisailles et coupeuses électriques ou

électriques//hydrauliques

Figure 1.9 : Plieuses manuelles

quelques-uns de ces outils.

 

 

 

 

 

 

 

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