Manuel de santé et sécurité de l'industrie de la construction (2008) - 18

 

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Manuel de santé et sécurité de l'industrie de la construction (2008) - 18

 

 

40 – 1

40 OUTILS À COMMANDE 

MÉCANIQUE — EXPLOSIFS

Appelés fixateurs à cartouches ou pistolets de scellement, ces
outils utilisent une charge explosive pour propulser un dispositif
de fixation à l'intérieur de matériaux tels que le béton, l'acier
doux et la maçonnerie. S'ils sont inadéquatement utilisés, les
outils à cartouches comportent des dangers évidents. Ces outils
doivent être utilisés avec le même respect qu'on accorde aux
armes à feu. La plupart des autorités locales, y compris celles
de l'Ontario, exigent que les utilisateurs obtiennent une
formation avant d'utiliser ces outils et qu'ils conservent une
preuve de cette formation au travail.

Dangers

Projection d'éclats

– Elle représente le principal danger. Au

moment de l'impact, les matériaux peuvent se briser, se
désintégrer ou éclater. Cela se produit souvent lorsque les
dispositifs de fixation sont dirigés trop près d'un coin de
maçonnerie ou de béton, ou lorsqu'ils heurtent des matériaux
tels que carreaux vernissés, blocs creux ou carreaux de marbre
mince.

Ricochet

– Il se produit habituellement lorsque l'outil n'est pas

maintenu à angle droit par rapport au matériau support, ou
lorsque le dispositif de fixation entre en contact avec un
matériau particulièrement dur tel que la pierre ou l'acier trempé.
Vérifiez toujours le matériau support pour assurer qu'il peut
accepter sans danger le dispositif de fixation.

Bruit

– Les fixateurs à cartouches produisent une formidable

onde sonore au moment de la mise à feu. Les utilisateurs et
autres personnes aux environs doivent porter des protège-
oreilles, surtout lorsque l'outil est utilisé dans des endroits
exigus.

Foulures et entorses

– Ces blessures surviennent

habituellement à la suite d'une utilisation répétitive de l'outil dans
une posture gênante, accroupie ou déséquilibrée. Les
utilisateurs doivent tenter de travailler en maintenant une
posture équilibrée sur une surface ferme.

Explosions

– Il y a toujours risque d'explosion ou d'incendie

lorsque les outils sont utilisés dans un environnement exposé
aux vapeurs, aux brumes ou aux poussières inflammables. Le
lieu de travail doit être bien aéré, mécaniquement au besoin.

Transpercement

– Lorsque le matériau support n'offre pas une

résistance suffisante, le dispositif de fixation peut le transpercer
le matériau complètement et voler de l'autre côté. Cette situation
est d'autant plus dangereuse lorsque le dispositif de fixation
pénètre des murs, des planchers ou des plafonds où d'autres
personnes sont au travail. Au besoin, les endroits situés derrière,
autour et sous le matériau doivent être évacués.

Équipement de protection

En plus de l'équipement de protection individuelle de base
requis dans les lieux de construction (consultez les chapitres sur
l'équipement de protection individuelle de ce manuel),
l'utilisateur d'un fixateur à cartouches doit porter des protège-
oreilles, des lunettes protectrices et un écran facial. Les
chemises et pantalons épais procurent une certaine protection
contre les ricochets et les éclats de matériau et de dispositifs de
fixation.

Types d'outils

Pistolet de scellement

— Les pistolets de scellement utilisent

les gaz en expansion issus de la cartouche pour projeter le

dispositif de fixation. Ces gaz propulsent directement le dispositif
de fixation. Ces outils sont rarement utilisés dans la
construction, sauf dans des situations spéciales où l'acier épais
ou un matériau très dur est en cause. Ils servent habituellement
à des fins militaires, de sauvetage ou sous-marines. Personne
ne doit utiliser des pistolets de scellement sans avoir été
spécialement formé.

Pistolet à masselotte

— La plupart des fixateurs à cartouches

utilisés dans la construction sont des pistolets à masselotte. Les
gaz en expansion issus de la cartouche poussent un piston qui
propulse à son tour le dispositif de fixation dans le matériau
support.

Plusieurs pistolets à masselotte sont disponibles, allant des
modèles à un coup jusqu'aux modèles semi-automatiques
alimentés de cartouches sur bande ou sur disque. Certains
outils sont destinés à une taille de dispositif de fixation ou un
type de cartouche en particulier. La plupart peuvent accepter
différents types de pistons, de plaques d'appui, de pare-éclats et
d'écrans protecteurs destinés à des tâches variées.

Pistons 

Des pistons spéciaux sont utilisés pour différents dispositifs de
fixation. Ces pistons sont conçus pour un certain type de
dispositif de fixation et ne doivent pas être utilisés avec d'autres
types. L'usage impropre d'un outil doté d'un piston spécial peut
altérer le degré d'enfoncement du dispositif de fixation ou
désaxer l'angle de tir de façon à provoquer le ricochet. Certains
outils multifonctionnels peuvent accueillir différents types de
pistons.

Dispositifs de fixation

Les dispositifs de fixation destinés aux fixateurs à cartouches
sont fabriqués d'acier spécial pouvant pénétrer les matériaux
sans se briser ni plier. Ne remplacez jamais un dispositif de
fixation spécialement fabriqué par un autre dispositif.

Les broches et les goujons ne doivent pas en général être
utilisés pour les matériaux durs et cassants tels que la fonte, le
marbre, les carreaux et la plupart des pierres. Le dispositif de
fixation ne pourra pas pénétrer et rebondira, ou il fera éclater le
matériau support.

Les matériaux dont on ignore la résistance ou la ductilité doivent
être d'abord soumis à des essais. Essayez d'enfoncer une
broche dans le matériau à l'aide d'un marteau ordinaire. Si la
broche s'épointe ou ne peut s'enfoncer au moins sur 2 mm
(1/16 po), un fixateur à cartouches 

ne doit pas

être utilisé.

Les dispositifs de fixation sont tous munis d'un guide en
plastique. Son but est double. Lorsque le dispositif de fixation
est inséré dans le canon, le guide y retient le dispositif. Il aligne
également le dispositif de fixation dans le canon de sorte que le
projectile pénètre le matériau à angle droit.

Il existe deux grands types de dispositifs de fixation : les
broches et les goujons.

Les broches

sont des dispositifs conçus pour fixer un

matériau à un autre, tel que le bois ou le béton. Elles
ressemblent aux clous, mais sans plus. Les clous
ordinaires ne peuvent pas remplacer les dispositifs de
fixation des fixateurs à cartouches.

Les têtes des broches affichent des diamètres allant de
7 mm (1/4 po) à 9 mm (3/8 po). Leur longueur varie entre
12 mm (1/2 po) et 76 mm (3 po). Des rondelles de types et
diamètres variés sont destinées à diverses applications.

La longueur, la taille de la tête et l'utilisation des broches
doivent être appropriées à la tâche. En règle générale, il
suffit d'enfoncer les broches au plus de 25 mm (1 po) dans
le béton. L'usage de broches plus longues s'avère
habituellement inutile, en plus de nécessiter des cartouches
plus puissantes.

OUTILS À COMMANDE MÉCANIQUE – EXPLOSIFS

40 – 2

Suivez les directives du fabricant quant à la longueur, la
pénétration et le matériel approprié. Il existe, par exemple,
un clou coupé destiné à fixer le placoplâtre sur les
matériaux support relativement mous, mais qui n'est pas
recommandé pour la plupart des autres fins. Il peut être
nécessaire d'effectuer des essais sur certains matériaux de
maçonnerie dont la résistance et la durabilité peuvent
grandement varier.

Les goujons

sont des dispositifs de fixation comportant

une tige à enfoncer dans le matériau support et une partie
saillante à laquelle fixer un raccord ou d'autres objets. La
partie saillante peut être filetée de façon à accueillir des
écrous de fixation. Il existe aussi des goujons à œillet
permettant d'acheminer des fils à travers cette ouverture.

Assemblages d'agrafage

- La fixation au matériau

support s'effectue à l'aide d'une broche dotée d'un
accessoire d'agrafage conçu pour ancrer un dispositif de
forme particulière. Certains assemblages d'agrafage sont
destinés, par exemple, à soutenir des conduits. Un des
modèles pour plafonds comporte un fil de calibre 12 fixé
d'avance.

Cartouches

Les fabricants recommandent certaines cartouches pour
certaines utilisations. Puisque les recommandations ne
peuvent englober toutes les possibilités, il peut s'avérer
nécessaire d'effectuer des essais sur des matériaux
support mal connus.

Les cartouches sont offertes dans les tailles de calibre .22,
.25 et .27. Les plus gros calibres contiennent plus de
poudre afin d'enfoncer le projectile plus loin ou dans un
matériau support plus dur. De plus, ces trois calibres sont
offerts avec différentes quantités de charge propulsive.
Certains outils peuvent accueillir jusqu'à six quantités
différentes de charge propulsive. Des fabricants offrent des
outils adaptés au type de cartouche de calibre .22 à longue
douille. Il est primordial que l'utilisateur connaisse les
systèmes de sélection et d'identification des cartouches.

COULEUR

NUMÉRO CHARGE DE LA CARTOUCHE

Gris

1

La plus faible

Brun

2

Vert

3

Jaune

4

Rouge

5

Mauve

6

La plus forte

Les projectiles peuvent être emballés ou chargés en
cartouches à l'unité, en bandes de dix dans un porte-
cartouches plastique ou sur disques de dix unités. Le type
de l'outil déterminera le calibre et la façon de charger l'outil.

Les identificateurs numériques sont imprimés sur les
emballages des cartouches. La couleur de la pointe indique
le type de cartouche. Certaines cartouches sur bande sont
maintenues par une bande plastique de la même couleur
que les pointes.

On commence en règle générale par la cartouche la plus
faible pour passer à la couleur ou au numéro de charge
suivant jusqu'à obtenir le degré de pénétration requis. Une
charge trop puissante peut provoquer l'éclatement, le
ricochet ou le transpercement. Une charge trop faible ne
suffira pas à appuyer correctement le dispositif de fixation.

Réglages de puissance de l'outil

Plusieurs outils comportent un dispositif de réglage de la
puissance. Ce dernier permet à l'utilisateur de régler l'outil
de manière à utiliser en totalité ou en partie la charge
propulsive nominale. Les réglages de la puissance
permettraient ultimement aux fabricants d'offrir une
cartouche unique pour chaque calibre. Le but serait
d'englober toutes les utilisations possibles pour un même
calibre dans une seule et même cartouche, dont la
puissance de charge serait réglée selon la force propulsive
nécessaire à la tâche.

Fixation de l'acier

Les pistolets à masselotte ne doivent pas être utilisés pour
l'acier trempé, l'acier à outils ni l'acier à ressorts. Lorsque
vous ignorez la nature de l'acier, effectuez des essais
visant à enfoncer le dispositif de fixation à l'aide d'un
marteau. Si la broche s'épointe, se courbe ou ne peut
pénétrer au moins sur 2 mm (1/16 po), n'utilisez pas un
pistolet à masselotte, parce qu'il ne suffira pas à la tâche.

N'enfoncez pas un dispositif de fixation à moins de 13 mm
(1/2 po) d'une arête dégagée d'une pièce d'acier. N'oubliez
pas que cette directive ne s'applique qu'à l'acier. Lors de la
fixation de l'acier au béton, vous devez également tenir
compte de l'écart particulier à ce dernier : 63 mm (2

1

/

2

po).

Pour fixer deux pièces de tôle d'acier mince à un matériau
support, maintenez les tôles l'une contre l'autre. Les écarts
dus au bombage peuvent provoquer le ricochet.

Des pare-éclats ou des écrans protecteurs sont

nécessaires aux tâches telles que la fixation de la tôle à la
maçonnerie ou de la tôle à l'acier profilé. Consultez le
manuel de l'utilisateur ou le fabricant pour assurer que les
composantes utilisées sont adaptées au travail à effectuer.

Fixation du béton et de la maçonnerie

Les pièces de béton et de maçonnerie n'affichent pas
toutes la même consistance ni la même résistance. En
conséquence, elles peuvent se fractionner, éclater ou
faire ricocher le dispositif de fixation qui bute contre une
partie ou une strate plus dure du matériau. Utilisez le
pare-éclats recommandé par le fabricant.

Si un matériau montre des traces d'éclat ou de ricochet,
n'enfoncez pas une autre broche à moins de 50 mm
(2 po) de la zone abîmée. La zone peut être affaiblie et
éclater davantage ou favoriser le ricochet depuis le rebord
incliné.

OUTILS À COMMANDE MÉCANIQUE – EXPLOSIFS

Ricochet

40 – 3

Les broches tendent à provoquer des failles près des arêtes des
pièces de béton et de maçonnerie. N'enfoncez pas les broches
à moins de 63 mm (2

1

/

2

po) d'une arête dégagée.

Ratés

Appliquez les procédures du manuel de l'utilisateur concernant
les ratés de cartouche de l'outil utilisé. Étant donné la multitude
d'outils offerts, les procédures concernant les ratés peuvent
varier d'autant. Lorsque de telles procédures sont inexistantes,
procédez par les étapes suivantes.

Maintenez l'outil appuyé contre le matériau support pendant
au moins 30 secondes. Cette précaution diminue le risque
d'une décharge retardée de la cartouche.

Retirez la cartouche de l'outil. En le retirant, gardez l'outil
pointé en direction d'un matériau tendre tel que le bois.
N'utilisez aucun levier d'aucune sorte sur la cartouche dans
le but d'extraire celle-ci de la chambre. Si la cartouche est
calée ou coincée, étiquetez l'outil en tant que
« DÉFECTUEUX » et « CHARGÉ », et enfermez-le sous
clé dans son coffret de rangement. Ne démontez jamais un
outil emprisonnant une cartouche coincée ou calée. Encore
une fois, vous devez l'étiqueter en tant que
« DÉFECTUEUX » et « CHARGÉ », l'enfermer sous
verrou et appeler un représentant du fabricant pour obtenir
de l'aide.

La loi exige qu'une cartouche ayant raté soit déposée dans
un contenant rempli d'eau.

Gardez les cartouches ayant fait des ratés à l'écart des
cartouches inutilisées et retournez-les au fabricant afin qu'il
les mette au rebut. Ne jetez jamais une cartouche à l'origine
d'un raté.

Soyez prudent. La cartouche peut être à l'origine du raté,
mais il est possible aussi qu'une défectuosité de l'outil soit
en cause. Vérifiez l'outil afin d'y déceler tout bris évident,
effectuez des essais et ne l'utilisez que s'il fonctionne
correctement.

Mesures de protection générales

Les travailleurs qui saisissent un fixateur à cartouches
doivent immédiatement s'assurer que l'outil n'est pas
chargé. Ce geste doit devenir instinctif et s'accomplir avant
toute autre tâche à effectuer avec l'outil. Même si on voit un
autre travailleur le manier avant de l'obtenir de sa main,
assurez-vous que l'outil n'est pas chargé.

Les fixateurs à cartouches doivent être utilisés, manipulés
et entreposés correctement.

Ne placez jamais votre main ni vos doigts devant la bouche
du canon pour aucune raison, même lorsque l'outil ne
contient aucun dispositif de fixation.

L'outil doit être inspecté et son fonctionnement soumis à
des essais avant le début du travail. La façon d'appliquer
ces deux mesures proviendra d'une formation adéquate
appuyée par le manuel de l'utilisateur.

Les utilisateurs doivent être formés au maniement des

fixateurs à cartouches qu'ils utilisent et porter tout
l'équipement obligatoire de protection individuelle.

Les dispositifs de fixation ne doivent pas être projetés dans
les orifices préalablement percés pour deux raisons :
1)  À moins que le dispositif de fixation pénètre exactement
l'orifice, il en fera probablement éclater le bord.
2)  Le dispositif de fixation tire sa force de rétention de la
compression du matériau qui l'entoure. Le perçage
préalable de l'orifice diminue cette pression et donc la force
de rétention du dispositif de fixation. (Voilà pourquoi les
goujons et broches enfoncés dans l'acier doivent
complètement pénétrer le matériau. Sinon la tendance de
l'acier comprimé à retrouver sa forme d'origine cherchera à
desserrer le dispositif de fixation en exerçant une pression
sur la pointe. Lorsque la pointe émerge de l'autre côté du
métal, cette même pression s'applique au contraire à
resserrer la broche.)

La mise à feu des fixateurs à cartouches depuis une
échelle est déconseillée. Il peut s'avérer difficile d'appuyer à
partir d'une échelle la bouche du canon de l'outil contre le
matériau support avec une pression qui suffise à la mise à
feu. Pour les travaux au-dessus de votre tête ou en
hauteur, utilisez l'outil à partir d'un échafaudage ou d'une
autre plateforme de travail approuvée permettant une
posture ferme et stable. Vous pouvez également opter pour
l'utilisation d'une rallonge issue du fabricant pour atteindre
les plafonds de hauteur normale (2,5 à 3 m). Une telle
rallonge maintient l'outil en place et permet la mise à feu
par l'utilisateur posté plus bas.

Ne laissez jamais l'outil sans surveillance, à moins qu'il soit
rangé sous verrou dans un coffret.

Ne chargez l'outil qu'immédiatement avant la mise à feu.
Ne marchez pas inutilement en tenant un outil chargé.

N'utilisez pas les fixateurs à cartouches dans des endroits
potentiellement exposés à des vapeurs ou gaz explosifs.

Entretien

Les outils utilisés régulièrement doivent être nettoyés
quotidiennement. Les outils utilisés sporadiquement doivent être
nettoyés suivant leur mise à feu.

Toutes les pièces d'un outil exposé aux gaz détonants des
cartouches doivent être nettoyées et légèrement lubrifiées selon
les directives du fabricant. Le port du chargeur de cartouches, la
chambre des cartouches et le manchon du piston doivent être
nettoyés par essuyage, mais 

jamais

être lubrifiés.

La brosse à outil fournie convient au retrait de l'encrassement
général. Le carbone incrusté doit être dégagé à l'aide de l'huile
détergente aérosol du fabricant. Les outils vérifiés avant
l'utilisation immédiate doivent être essuyés afin de retirer toute
trace d'huile.

Omettre de nettoyer l'outil selon les recommandations du
fabricant peut entraîner la corrosion, la piqûration et
l'encrassement, et compromettre l'intégrité du fonctionnement.
Idéalement, l'outil doit être nettoyé avant d'être entreposé de
nouveau.

Les outils munis d'une commande de réglage de la puissance
accumuleront plus de poudre explosive résiduelle, surtout
lorsqu'ils sont réglés de façon à limiter la charge utilisée des
cartouches. Les outils semi-automatiques peuvent également
accumuler la poudre résiduelle. Ces outils doivent être nettoyés
plus fréquemment.

Le rendement irrégulier peut signifier que l'outil nécessite un
nettoyage. Le fonctionnement de l'outil ralentira au point où un
utilisateur averti pourra sentir une différence. La plupart des
fabricants recommandent l'entretien, l'inspection et le nettoyage
intensifs tous les six mois. Cela inclut le démontage complet,
l'inspection et le nettoyage des pièces non soumises à
l'entretien quotidien.

OUTILS À COMMANDE MÉCANIQUE – EXPLOSIFS

Ricochet à partir d'un rebord incliné.

40 – 4

Entreposage

La loi exige que l'outil et les cartouches soient rangés dans un
contenant verrouillé et que les charges explosives de longueurs
différentes soient conservées dans des contenants distincts. Les
cartouches ne doivent être retirées du contenant
qu'immédiatement avant leur utilisation.

Réglementation

Tout travailleur utilisant un fixateur à cartouches doit
recevoir des directives sur l'utilisation sécuritaire et
appropriée de l'outil.

Avant d'utiliser le fixateur, l'utilisateur doit vérifier que l'outil
fonctionne adéquatement. Cette vérification inclut
l'inspection et l'essai des fonctions.

Tout outil propulsant des dispositifs de fixation à une
vélocité supérieure à 90 mètres/seconde doit être équipé
d'un écran protecteur d'un diamètre d'au moins 75 mm fixé
perpendiculairement au barillet de l'outil et centré sur
l'extrémité portant la bouche du canon, dans la mesure du
possible.

Deux actions différentes doivent engager la mise à feu de
l'outil :
1)  l'appui contre la surface du matériau
2)  l'actionnement de la gâchette.

Les fixateurs à cartouches inutilisés ou laissés sans
surveillance doivent être rangés dans des contenants
verrouillés.

L'outil ne doit être chargé qu'au moment de l'utilisation
immédiate.

Qu'il soit chargé ou non, l'outil ne doit jamais être dirigé vers
une personne.

Les cartouches doivent être marquées ou étiquetées de
façon à être facilement identifiables. Des cartouches de
vélocités différentes doivent être rangées dans des
contenants différents.

Les cartouches ayant raté doivent être déposées dans un
contenant rempli d'eau et retirées du lieu de travail.

OUTILS À COMMANDE MÉCANIQUE – EXPLOSIFS

41 – 1

41 SOUDURE ET COUPAGE

La soudure est un procédé utilisant la chaleur ou la pression
pour unir les métaux.

Le soudage à l'arc est le type le plus utilisé dans la construction.
Le métal en fusion de l'ouvrage et un métal d'apport issu d'une
électrode s'unissent dans un bain qui refroidit pour créer une
soudure.

Le coupage à la flamme est un procédé connexe qui nécessite
l'utilisation d'un chalumeau, d'un gaz combustible et de
l'oxygène pour la taille des métaux, dont principalement l'acier.

L'Association ontarienne de la sécurité dans la construction est
grandement reconnaissante à l'Association canadienne de
normalisation pour son usage de la norme CAN/CSA-W117.2,

Règles de sécurité en soudage, coupage et procédés
connexes

, copyright CSA.

Méthodes de soudage

Le soudage à électrode enrobée (SMAW)

est le procédé de

soudage à l'arc le plus utilisé dans la construction (figure 20.1).

Le procédé SMAW utilise un petit segment d'une électrode
consommable qui fond à mesure qu'il alimente l'arc. Le métal en
fusion issu de l'électrode est acheminé à travers l'arc et devient
le métal d'apport de la soudure.

L'électrode enrobée d'une substance chimique complexe libère
un gaz protecteur, tel que le dioxyde de carbone, qui chasse l'air
de la zone d'arc et protège la soudure de l'oxydation. La
composition de l'enduit varie selon le métal à souder.

Le soudage à l'arc sous gaz avec fil plein (GMAW) ou le
soudage à l'arc avec fil électrode en atmosphère inerte
(MIG)

s'effectuent à l'aide d'un fil nu consommable alimenté en

continu de l'intérieur de la tête de soudage. Un tube annulaire
autour du fil tire un gaz inerte tel que l'argon, l'hélium ou le
dioxyde de carbone d'une source externe et l'achemine vers la

zone d'arc pour empêcher l'oxydation de la soudure
(figure 20.2).

Le soudage au fil
fourré (FCAW)

est

une variante du
soudage MIG. Il
s'effectue à l'aide
d'un fil creux dont
l'âme contient
diverses
substances
chimiques qui
dégagent des gaz
protecteurs
destinés à abriter
la soudure
(figure 20.3).

Le soudage à
l'arc sous gaz avec électrode de tungstène (GTAW)

ou le

soudage à l'arc en atmosphère inerte avec électrode de
tungstène (TIG)

s'effectuent à l'aide d'une électrode de

tungstène non consommable qui alimente l'arc et génère la
chaleur nécessaire à l'union des métaux (figure 20.4). Le métal
d'apport s'ajoute depuis une baguette qu'on approche de l'arc.
La baguette fond et dépose le métal d'apport sur la soudure. La
nature du métal à souder détermine l'emploi ou non de gaz
protecteurs.

Le soudage et le
coupage
oxyacétyléniques

font

appel à la combustion d'un
mélange gazeux —
l'oxygène et l'acétylène —
pour produire la chaleur
destinée à souder les
métaux (figure 20.5). Ce
type de coupage et de
soudage à l'aide de gaz
combustibles est le plus
utilisé dans la construction. Le procédé peut également recourir
à un métal d'apport.

ACÉTYLÈNE

L'acétylène est un mélange de carbone et d'hydrogène. Son
énergie interne se libère sous forme de chaleur lors de la
combustion. Lorsqu'il brûle avec l'oxygène, l'acétylène peut
produire une flamme d'une température plus élevée (3 300 °C)
que celle de tout autre gaz d'utilisation commerciale. La grande
plage d'inflammabilité de l'acétylène (2,5 % à 81 % dans l'air)
surpasse celles des gaz d'usage courant et, de ce fait, accroît
les risques.

AUTRES GAZ COMBUSTIBLES

Les gaz combustibles destinés au soudage s'utilisent seuls ou
avec l'oxygène. Le propane, le propylène et le gaz naturel en
sont des exemples.

SOUDURE ET COUPAGE

Enrobage d'électrode

Arc

Laitier

Métal solidifié

Métal de base

Figure 20.1

Métal en fusion

Fil-électrode

Gaz protecteur issu de
l'enrobage d'électrode

Fil entraîné

Figure 20.2

Alimentation
électrique

Commandes

Contacteur

Buse

Tube-contact
d'acheminement
de courant

Fil fourré
de flux

Métal d'apport
en fusion

Métal d'apport
solidifié

Protection gazeuse

Figure 20.3

Ouvrage

Figure 20.4

Électrode de
tungstène

Alimentation

Protection gazeuse

Chambre de mélange

Alimen-
tation
gazeuse

Buse

Ouvrage

Figure 20.5

41 – 2

Types de métaux de base soudés

Acier doux 

(un alliage de fer, de carbone, de silicium

et, parfois, de molybdène ou de manganèse).

Aciers inoxydables et fortement alliés

(réunissant le

fer, le nickel, le chrome et parfois le cobalt, le vanadium,
le manganèse et le molybdène).

Aluminium

(soit à l'état pur ou en tant qu'alliage de

magnésium, de silicium et parfois de chrome).

Acier galvanisé

(acier revêtu de zinc le protégeant de

la corrosion).

Risques du soudage

Les soudeurs de construction s'exposent à une vaste gamme
de risques tels que l'inhalation de fumées et de gaz toxiques, les
brûlures graves dues au métal chaud et les chocs électriques
provenant des câbles des soudeuses.

Risques du soudage

Physiques

- rayonnement ionisant (rayons X, rayonnement 

gamma)

- rayonnement non ionisant (ultraviolet, infrarouge)
- lumière visible
- températures extrêmes
- bruit
- énergie électrique

Chimiques

- substances inflammables/combustibles
- fumées de soudage
- gaz toxiques
- poussières

Biologiques

- bactéries
- champignons
- virus

La protection des yeux est indispensable aux soudeurs et
autres personnes exposées au procédé de soudage.

Dès qu'une substance chimique du soudage pénètre
l'organisme, elle peut provoquer l'intoxication. Les effets peuvent
aller de l'irritation légère à la mort, et dépendent d'un certain
nombre de facteurs. Certains organes peuvent également être
menacés, tels que les poumons, les reins et le cerveau.

Les effets sont classés en deux grandes catégories décrites
dans le chapitre Santé au travail de ce manuel : aigus et
chroniques.

RISQUES PHYSIQUES

Rayonnement

Les soudeurs autant que leurs assistants peuvent être exposés
au rayonnement ionisant ou non ionisant. Le type ionisant est
plus menaçant puisqu'il peut avoir un lien direct avec le cancer.

Ionisant

— L'une des sources habituelles est l'émission de

rayons X et de rayons gamma issue du matériel destiné à la
mesure de la densité et de l'épaisseur des tuyaux et à la
vérification des soudures.

Non ionisant 

— Les ultraviolets, les infrarouges et la lumière

visible représentent une source importante.

Le rayonnement dû aux procédés de soudage est surtout du
type non ionisant et comprend les champs électromagnétiques,
les rayons infrarouges, la lumière visible et les rayons
ultraviolets.

L'exposition au rayonnement ultraviolet (UV) peut provenir
directement de l'arc ou des reflets des objets étincelants tels que

le métal brillant ou les vêtements blancs. Elle peut causer le
« coup d'arc » lorsque les yeux ne sont pas adéquatement
protégés. Il provoque le larmoiement et la douleur oculaire sur
une période de 2 à 24 heures suivant l'exposition. Le trouble
peut durer d'un à cinq jours, mais ne persiste habituellement
pas et ne comporte pas d'effets durables. Cependant, le tissu
cicatriciel qui peut se former à la suite de l'exposition répétitive
peut entraver la vue.

L'exposition aux UV peut également provoquer la
« fluorescence », une perte temporaire de l'acuité visuelle.

La rougeur cutanée, communément appelée coup de soleil, est
un autre risque lié à l'exposition aux UV. Les cas très graves
peuvent causer le cloquage. Même si les rayons UV émanant
du soleil ont été associés au cancer de la peau, il n'est nulle part
fait état d'une augmentation des cas de cancer due à
l'exposition au soudage.

L'intensité du rayonnement UV varie selon le type de soudage.
En règle générale, plus la température de soudage s'élève, plus
le rayonnement UV s'intensifie.

Le rayonnement infrarouge

représente un danger à cause de

ses effets thermiques ou calorifiques. L'exposition intensive de
l'œil peut engendrer la lésion.

La lumière visible

se répand à haute intensité lors du soudage.

L'exposition de courte durée peut provoquer l'opacification du
cristallin, trouble visuel produisant des images rémanentes et
des taches aveugles. L'exposition répétée au rayonnement
visible de forte intensité peut causer la conjonctivite chronique,
qui se caractérise par la rougeur et le larmoiement oculaires.

Les rayons X et rayons gamma

sont des manifestations

invisibles du rayonnement 

ionisant

utilisé dans l'inspection des

soudures, et peuvent blesser très gravement les parties du
corps non protégées. Demeurez à une bonne distance de toute
zone où l'on effectue ce type d'essai. Le soudage par faisceau
d'électrons produit également des rayons X. La chambre de
soudage doit être complètement blindée afin d'emprisonner les
rayons X et de protéger le soudeur.

Températures extrêmes

Le procédé de soudage génère des températures très élevées.
Les flammes au gaz peuvent atteindre 3 300 °C. Les métaux
fondent à des températures situées entre 260 °C et 2 760 °C.
Matériaux soudés, lieux de travail et conditions climatiques sont
tous des sources possibles de réchauffement excessif qui
peuvent provoquer la contraction musculaire, la déshydratation,
l'affaissement soudain et l'évanouissement.

Les soudeurs peuvent souffrir de gelure ou d'hypothermie
lorsqu'ils travaillent dans des environnements très froids ou avec
des gaz de soudage maintenus à des températures d'aussi
froides que -268 °C. L'exposition aux températures glaciales
peut mener à l'épuisement, l'irrégularité respiratoire,
l'abaissement de la tension artérielle, la confusion ou
l'évanouissement. Le stress dû à la chaleur et le stress dû au
froid constituent des dangers de mort et peuvent être fatals s'ils
ne sont pas traités à temps.

Bruit

L'émission par le matériel de soudage d'ondes sonores à
fréquences élevées dépassant 85 dBA peut provoquer la
surdité. Le bruit a également été lié aux maux de tête, au stress,
à l'augmentation de la pression artérielle, à la nervosité et à
l'excitabilité. Reportez-vous au chapitre Protection de l'ouïe pour
connaître les valeurs maximales d'exposition des travailleurs
sans protège-oreilles. 

Le soudage expose aux bruits issus du matériel d'alimentation,
du procédé de soudage et des activités secondaires telles que

SOUDURE ET COUPAGE

41 – 3

le meulage et le martelage. Le matériel d'alimentation à essence
peut mener à une exposition surpassant 95 dBA. Le gougeage
à l'arc peut produire des pressions sonores dépassant 110 dBA.
Le meulage, l'usinage, le polissage, le martelage et le retrait du
laitier contribuent tous à augmenter l'intensité du bruit. De forts
degrés de surdité ont été observés chez les soudeurs.

Énergie électrique

Le choc électrique est l'effet sur le système nerveux du courant
à mesure qu'il passe au travers de l'organisme. Les chocs
électriques peuvent causer de violentes contractions
musculaires provoquant des chutes et des blessures. Ils
peuvent également avoir des conséquences fatales sur le cœur
et les poumons.

Le choc électrique peut se produire à la suite d'une mise à la
terre défectueuse ou du contact avec le courant par l'entremise
d'un vêtement humide, d'un sol mouillé ou d'autres conditions
mettant l'eau en cause. Même si le choc lui-même n'est pas
fatal, la commotion peut tout de même forcer le soudeur à
chuter de sa position de travail. 

Les brûlures par décharge électrique s'ajoutent aux risques. Ces
brûlures traversent souvent la peau et peuvent attaquer les
tissus musculaires et nerveux. Dans les cas les plus graves, les
conséquences peuvent être fatales.

La gravité d'une blessure due à un choc électrique dépend de la
tension et de la résistance qu'offre le corps au courant qui le
traverse (consultez le chapitre de ce manuel traitant des risques
d'origine électrique). Même les faibles tensions utilisées pour le
soudage à l'arc peuvent s'avérer dangereuses en présence
d'humidité ou d'eau. Les soudeurs doivent veiller à garder au
sec leurs vêtements, gants et bottes, et à s'isoler
convenablement des surfaces de travail, de l'électrode, du
porte-électrode et des surfaces mises à la terre.

Courant vagabond

Le soudage par courant vagabond peut dans certaines
circonstances fortement endommager le matériel, les bâtiments
et les circuits électriques.

RISQUES D'ORIGINE CHIMIQUE

Le dégraissage à l'aide de solvants chlorés, les peintures
au chromate de zinc des enduits anticorosifs, les
poussières de cadmium ou de chrome issues du meulage
et les fumées dues au soudage sont tous catégorisés en
tant que risques d'origine chimique. 

Les soudeurs sont particulièrement à risque, étant donné la
production par l'arc de températures élevées qui peuvent
créer de fortes concentrations d'aérocontanminants. 

Les risques d'origine chimique peuvent blesser les
soudeurs par voie d'inhalation, d'absorption cutanée,
d'ingestion ou d'injection dans l'organisme. Il peut en
résulter des troubles d'ordre respiratoire, digestif, nerveux
et reproductif. Les symptômes de surexposition aux
produits chimiques peuvent inclure saignements de nez,
maux de tête, nausées, évanouissements et
étourdissements.

Lisez la fiche signalétique (FSMD) du fabricant pour
connaître les mesures de protection à appliquer pour tout
produit chimique présent sur les lieux de travail.

Les risques d'origine chimique les plus souvent liés au
soudage mettent en cause les aérocontaminants, divisés
en deux catégories :

- fumées
- gaz/vapeurs
- poussières.

La quantité et le type de contamination de l'air due à ces
sources dépendent du procédé de soudage, du métal de

base et du gaz protecteur. La toxicité dépend de la
concentration des contaminants et des réactions
physiologiques de chaque travailleur.

Fumées

Une partie du métal que l'élévation de la température fait
fondre pendant le soudage s'évapore. Les vapeurs de
métal s'oxydent ensuite pour créer un métal oxydé. Lors du
refroidissement de ces vapeurs, des particules solides en
suspension appelées particules de fumée sont produites.
Les fumées de soudage consistent principalement en des
particules métalliques en suspension, invisibles à l'œil nu.

Les fumées métalliques constituent la menace à santé des
soudeurs la plus répandue et la plus grave. Les fumées
particulaires peuvent s'infiltrer profondément dans les
poumons et endommager le tissu pulmonaire ou pénétrer
les vaisseaux sanguins pour s'acheminer vers d'autres
parties du corps. Les éléments suivants se retrouvent
couramment dans les fumées de soudage. 

Le béryllium

est un agent durcissant qu'on trouve dans les

alliages de cuivre, de magnésium et d'aluminium. La
surexposition peut provoquer la 

fièvre du fondeur

. Les

symptômes, qui durent entre 18 et 24 heures, comprennent
fièvre, frissonnement, toux, dessèchement de la bouche et
de la gorge, douleur musculaire, faiblesse, fatigue, nausée,
vomissement et mal de tête. La fièvre du fondeur apparaît
habituellement plusieurs heures après l'exposition, tandis
que les signes et symptômes s'estompent la plupart du
temps 12 à 24 heures après l'exposition, avant de
disparaître complètement. L'immunité s'acquiert rapidement
par l'exposition quotidienne, mais s'efface aussi rapidement
suivant les fins de semaine et les congés. Voilà pourquoi
on appelle souvent à la fièvre du fondeur la « maladie du
lundi matin ».

L'exposition à long terme (chronique) aux fumées de
béryllium peut provoquer l'affection respiratoire. Les
symptômes peuvent inclure la toux et l'essoufflement. Le
béryllium est un carcinogène présumé — c'est-à-dire qu'il
peut causer le cancer du tissu humain. Il est grandement
toxique. L'exposition prolongée peut s'avérer fatale.

Le cadmium

plaqué ou intégré donne l'apparence du

métal galvanisé aux pièces qui le contiennent. Les enduits
de cadmium peuvent produire de fortes concentrations de
fumées d'oxyde de cadmium pendant le soudage. Le
cadmium se retrouve également dans les brasures (surtout
à l'argent).

La surexposition au cadmium peut causer la fièvre du
fondeur. Les symptômes comprennent l'inflammation
respiratoire, l'irritation et la sécheresse de la gorge, ainsi
qu'un goût de métal précédant la toux, la douleur
thoracique et la difficulté respiratoire. La surexposition peut
également causer la collection liquidienne pulmonaire
(œdème pulmonaire) et la mort. La présence de ce métal
peut également créer des lésions du foie, des reins et de la
moelle osseuse.

Le chrome

se trouve dans plusieurs alliages. Reconnu

comme étant un sensibilisant cutané, il peut être
responsable d'irritations cutanées et d'ulcères de la peau
suivant l'exposition répétée. Le chrome irrite également les
muqueuses des régions telles que les yeux et le nez, et
peut perforer les cloisons nasales. L'inhalation du chrome
peut provoquer l'œdème et la bronchite.

Le plomb 

peut se retrouver dans les peintures à base de

plomb et certains alliages de métalliques.
L'empoisonnement au plomb se produit à la suite de
l'inhalation de fumées de plomb issues de ces matières à
base de plomb. Le soudage et le coupage du plomb ou de
matériaux revêtus de plomb représentent la principale
source d'empoisonnement au plomb des soudeurs. Parmi
les symptômes, on note la perte d'appétit, l'anémie, les
douleurs thoraciques et les lésions des reins et des nerfs.
Aux termes de la législation ontarienne, le plomb est une

substance désignée

dont l'utilisation et la manipulation

SOUDURE ET COUPAGE

41 – 4

requièrent des précautions particulières.

Le nickel 

se retrouve dans les alliages métalliques, y

compris l'acier inoxydable et le Monel. Certaines formes de
cette substance sensibilisante sont toxiques et
cancérigènes. Les fumées de nickel peuvent provoquer la
cyanose, le délire et la mort 4 à 11 jours après l'exposition.

Le zinc

est une composante des alliages d'aluminium et de

magnésium, du laiton, des enduits anticorrosion tels que le
métal galvanisé et des alliages de brasage. L'inhalation des
fumées de zinc au cours du coupage ou du soudage de
ces métaux peut causer la fièvre du fondeur.

Vapeurs/gaz

Les gaz sont des composés chimiques à faible densité qui
remplissent l'espace dans lequel ils sont libérés. Ils ne
possèdent aucune forme ni apparence physique. La vapeur
est un gaz que crée l'évaporation.

Plusieurs vapeurs dangereuses peuvent être produites par
le soudage. Le rayonnement ultraviolet, les revêtements,
les gaz protecteurs et les enduits des baguettes sont les
principales sources des vapeurs et des gaz. La
surexposition peut provoquer l'un ou plusieurs des troubles
respiratoires suivants :

l'inflammation pulmonaire

l'œdème pulmonaire (accumulation de liquide dans le
poumon)

l'emphysème (perte d'élasticité du tissu pulmonaire)

la bronchite chronique

l'asphyxie.

Le fluorure d'hydrogène (HF) gazeux

peut provenir de la

décomposition de l'enrobage des baguettes durant le
soudage et irriter les yeux et les voies respiratoires. La
surexposition peut blesser les poumons, les reins, le foie et
les os. L'exposition continue à de faibles concentrations
peut causer l'irritation chronique du nez, de la gorge et des
tubes bronchiques.

L'oxyde d'azote (NOx) gazeux

se libère par la réaction de

l'azote et de l'oxygène soumis à la chaleur ou au
rayonnement UV. Il est une source d'irritation grave des
muqueuses et des yeux. En concentrations élevées, il peut
provoquer la toux et la douleur thoracique. L'accumulation
de liquide dans les poumons peut survenir plusieurs heures
après l'exposition et s'avérer fatale.

L'ozone

est constitué par l'oxygène de l'air réagissant au

rayonnement ultraviolet issu du soudage à l'arc. Il peut
représenter une menace lors du soudage à l'arc sous
protection gazeuse dans des espaces clos et mal aérés. La
surexposition peut causer l'accumulation de liquide dans
les poumons (œdème pulmonaire) et mener à la mort. 

Le gaz phosgène

est produit par le réchauffement des

dégraissants d'hydrocarbure chloré. La surexposition à ce
puissant gaz irritant pulmonaire peut provoquer la collection
liquidienne pulmonaire. L'arrêt cardiaque ou respiratoire
possible peut provoquer la mort. La manifestation des
symptômes peut être retardée d'autant que 72 heures.

La phosphine, ou hydrogène phosphoré

, est produite

lors du soudage de l'acier recouvert d'un enduit antirouille.
Les fortes concentrations irritent les yeux, le nez et la peau.

Les asphyxiants

sont des substances qui entravent le

transfert tissulaire de l'oxygène. L'individu exposé suffoque
lorsque la circulation sanguine ne suffit pas à acheminer
l'oxygène en quantités vitales. Il existe deux grandes
catégories d'asphyxiants : simples et chimiques.

Les asphyxiants simples raréfient l'oxygène de l'air, ce qui
rend la respiration difficile, voire impossible. Les
asphyxiants simples liés au soudage comprennent des
combustibles et gaz protecteurs couramment utilisés tels
que l'acétylène, l'hydrogène, le propane, l'argon, l'hélium et
le dioxyde de carbone. Lorsque la concentration d'oxygène
normale de 21 % chute à 16 %, des troubles respiratoires

et problèmes d'autre nature tels que le vertige, le
bourdonnement d'oreille et l'accélération de la fréquence
cardiaque commencent à se manifester.

Les asphyxiants chimiques empêchent l'organisme de
distribuer ou d'utiliser l'oxygène. Ils peuvent provenir du
coupage au chalumeau des surfaces métalliques revêtues,
par exemple, d'inhibiteurs d'oxydation. L'acide
cyanhydrique, l'hydrogène sulfuré et le monoxyde de
carbone sont des exemples d'asphyxiants chimiques, qui
sont tous fortement toxiques.

Poussières

Les poussières se composent de fines particules solides
qui peuvent demeurer en suspension dans l'air et dont la
taille est inférieure à 10 micromètres. Cela signifie qu'ils
peuvent pénétrer les poumons. Les poussières peuvent
émaner des flux et des enrobages des baguettes libérant
des phosphates, des silicates et des silices. La plus
menaçante de ces substances est la silice, qui peut causer
la silicose, trouble pulmonaire causant l'essoufflement.

RISQUES BIOLOGIQUES

Les risques de nature biologique sont relativement faibles
pour les soudeurs du domaine de la construction. Toutefois,
l'exposition aux bactéries peut survenir lors du travail dans
les égouts, tandis que les systèmes d'aération contaminés
par des bactéries et des champignons peuvent causer la
légionellose et d'autres affections. Un certain champignon
qui croît sur la fiente des oiseaux ou des chauves-souris
provoque l'histoplasmose, maladie qui cause des
symptômes semblables à ceux de la grippe. Le contact
peut s'effectuer lors de la rénovation ou la démolition de
bâtiments contaminés avec de tels excréments.

Incendies/explosions

Il y a toujours risque de feu lors du soudage. Des substances
chimiques réagissant entre elles peuvent produire des mélanges
explosifs ou inflammables provoquant l'incendie. Plusieurs
substances affichent elles-mêmes un point d'allumage peu élevé
et risquent de brûler ou d'exploser lorsqu'on les expose aux
chaleurs, aux étincelles, aux scories ou aux flammes courantes
lors du soudage. Même la chaleur issue des étincelles produites
par le coupage et le meulage peut provoquer l'incendie.

L'oxygène et l'acétylène représentent les risques d'incendie et
d'explosion les plus courants du soudage.

L'oxygène pur ne peut brûler ni exploser, mais peut soutenir la
combustion d'autres substances, permettant à ces dernières de
brûler beaucoup plus rapidement qu'elles le font dans l'air.

N'utilisez jamais l'oxygène sous pression pour retirer la poussière
de vos vêtements. Mis en présence de l'acétylène, de l'hydrogène
et d'autres gaz combustibles, l'oxygène crée un mélange explosif.

Les bouteilles d'acétylène sont remplies d'une substance poreuse
imprégnée d'acétone, le solvant de l'acétylène. L'acétylène étant
grandement soluble dans l'acétone sous la pression de la
bouteille, on peut le loger en quantités plus grandes que celles
que renferment les petites bouteilles sous pression relativement
faible.

Mesures préventives

Les risques du soudage doivent être identifiés, évalués et gérés
pour éviter les blessures et les dommages matériels.

Le chapitre de ce manuel traitant du SIMDUT contient des
renseignements sur les matières dangereuses que les
symboles, étiquettes et fiches signalétiques du SIMDUT
peuvent afficher.

Dès qu'un risque lié au soudage est identifié, des mesures de
contrôle peuvent s'appliquer à la source, au long du processus
ou au niveau du travailleur.

SOUDURE ET COUPAGE

41 – 5

FACTEURS D'EXPOSITION

Les types et les effets des aérocontaminants issus du soudage
dépendent de l'environnement de travail, de la nature du
soudage à effectuer, du matériau à souder ainsi que de la
posture du soudeur et la technique de soudage.

L'

environnement

du soudage est un facteur très

important du degré d'exposition aux fumées, aux vapeurs
et aux gaz. Le soudage s'effectue le mieux à l'extérieur ou
dans des aires ouvertes soumises à un mouvement
modéré de l'air. Le mouvement de l'air est nécessaire à la
dispersion des fumées avant que celles-ci n'atteignent le
soudeur. Les espaces clos où l'aération ne suffit pas à
disperser les contaminants peuvent engendrer de très
hauts niveaux d'exposition. Les espaces clos peuvent
créer des concentrations de fumées, de vapeurs et de
gaz qui menacent la santé et la vie. Le soudage peut
également consommer l'oxygène des espaces clos, ce
qui peut faire perdre connaissance au soudeur et même
le tuer.

Le 

métal de base 

portant la soudure est un élément important

de la production de fumées, de vapeurs et de gaz. Le métal de
base vaporisera et alimentera la fumée.

Les enduits

comme les inhibiteurs d'oxydation ont fait l'objet

d'observations de concentrations accrues des fumées pouvant
contenir des métaux toxiques. Toutes les peintures et enduits
doivent être retirés de la zone de soudage, car ils peuvent
accroître le volume et la toxicité des fumées.

La baguette de soudage

est à la source de jusqu'à 95 % de la

fumée. On ne peut pas toujours utiliser les baguettes contenant
le moins de substances toxiques, car la composition chimique
de la baguette doit correspondre étroitement à celle du métal de
base.

Le gaz protecteur

utilisé pour le procédé SMAW influence la

production de contaminants. L'utilisation d'un mélange d'argon
et de dioxyde de carbone au lieu du dioxyde de carbone seul
permet de réduire d'autant que 25 % la production de fumée. Le
monoxyde d'azote que renferme le gaz protecteur destiné au
procédé GMAW pour l'aluminium abaisse les concentrations
d'ozone.

Les variantes du procédé de soudage

peuvent avoir un fort

impact sur les quantités de fumées produites. En général, les
concentrations de fumée accroissent avec l'augmentation du
courant, de la taille des baguettes et de la longueur de l'arc. La
longueur de l'arc doit être maintenue au minimum, mais suffire
par contre à créer de bonnes soudures. La polarité a également
une influence. Le soudage à polarité inverse (électrode positive)
produira plus de fumées que le soudage à polarité directe
(électrode négative).

La 

posture et la technique

ont un impact des plus décisifs sur

l'exposition. La recherche démontre que des soudeurs différents
effectuant des tâches identiques peuvent être exposés à des
niveaux qui diffèrent radicalement. Les soudeurs qui s'inclinent
près du point de soudage, ceux qui s'interposent dans le
panache de fumée et ceux qui allongent l'arc au-delà de ce qui
est nécessaire seront beaucoup plus exposés. Le soudeur doit
profiter de la ventilation existante (courants transversaux
naturels ou forcés) pour soustraire le panache de fumée à sa
zone respiratoire.

VENTILATION

La ventilation est indispensable à tout coupage, soudage et
brasage. Une ventilation appropriée se définit comme une
utilisation du mouvement de l'air destinée à

abaisser les concentrations d'aérocontaminants en
dessous des limites acceptables dans la zone
respiratoire du travailleur et la zone de travail,

prévenir l'accumulation de gaz et de vapeurs
combustibles et

prévenir l'appauvrissement ou l'enrichissement de l'air
en oxygène.

Certaines mesures doivent être prises pour assurer la
ventilation

dans les espaces de moins de 283 mètres cubes par
soudeur,

dans une pièce dont le plafond se situe à moins de
4,9 mètres,

dans des espaces clos ou des zones où s'érigent des
cloisons ou d'autres structures entravant de façon
importante la ventilation transversale.

Ventilation naturelle par dilution

— le soudage à l'extérieur

sous une brise légère ou à l'intérieur en laissant fenêtres et
portes ouvertes permet un apport de grandes quantités d'air
frais qui devraient suffire dans la plupart des cas à disperser les
aérocontaminants. Cependant, il est important que le soudeur
se place sur l'un des côtés du panache.

La ventilation naturelle par dilution ne doit pas être utilisée seule
lors du soudage, du coupage et des procédés connexes dans
les espaces clos ou les espaces abritant des structures
entravant le mouvement naturel de l'air.

La ventilation mécanique par dilution

équipe couramment les

ateliers de soudage. Des appareils d'aération tels que
ventilateurs d'extraction et ventilateurs muraux acheminent l'air
extérieur à travers le bâtiment. La ventilation mécanique
générale aspirera la plupart du temps le panache hors de la
zone respiratoire du soudeur. La quantité d'air frais destiné au
soudeur variera selon les particularités de la tâche et la taille de
la baguette utilisée. Pour connaître les recommandations quant
au volume d'air, consultez l'ouvrage du American Conference of
Governmental Industrial Hygienists intitulé 

Industrial Ventilation:

A manual of recommended practice.

L'aspiration locale

fait appel à un ventilateur d'extraction, un

filtre à air et un réseau de gaines pour le retrait des
aérocontaminants à la source et leur expulsion à l'extérieur.
L'aspiration locale est préférable à la ventilation par dilution
parce qu'elle réussit mieux à empêcher les aérocontaminants
de pénétrer la zone respiratoire du soudeur.

SOUDURE ET COUPAGE

Ventilation par dilution naturelle

• Soudage à l'extérieur sous une légère brise
• Soudage à l'intérieur avec portes et fenêtres ouvertes

REMARQUE :Le soudeur doit
se poster sur l'un des côtés du
panache.

Ventilation par dilution mécanique

• Air poussé à l'intérieur, puis l'extérieur du lieu de travail
• Ventilateurs d'extraction au plafond
• Ventilateurs muraux

REMARQUE : La
masse d'air doit
pousser le
panache à l'écart
de la zone
respiratoire.

41 – 6

On recommande l'aspiration locale pour le soudage produisant
des aérocontaminants toxiques ou créant des volumes élevés
de fumée, par exemple, durant le procédé GMAW dans des
espaces clos peu aérés où les gaz protecteurs peuvent
s'accumuler jusqu'à atteindre des concentrations toxiques.

Il existe trois types d'aspiration locale destinée au soudage :

1)

l'extracteur de fumée portatif à conduit flexible
(figure 20.6)

2) la torche aspirante (figure 20.7)
3) l'établi de soudage à hotte d'aspiration portative ou

fixe (figure 20.8).

L'efficacité de l'aspiration locale dépend de la distance séparant
la buse d'aspiration de la source, de la vélocité de l'air et du
positionnement de la buse. Les buses d'aspiration doivent être
placées près de la source d'aérocontaminants. La buse
d'aspiration est placée au-dessus et sur le côté de l'arc pour
aspirer les aérocontaminants.

Avertissement 

Dans tous les procédés à protection

gazeuse, une vélocité d'aspiration d'air dépassant
30 mètres à la minute risque d'éliminer le gaz protecteur.

Exigences de ventilation

Il existe deux méthodes de détermination des besoins de
ventilation.

La mesure de l'exposition du soudeur aux
aérocontaminants et la détermination de l'efficacité de la
ventilation en place s'effectuent par l'échantillonnage de
l'air. Étant donné les conditions changeantes du milieu de
travail, le contrôle ne convient pas vraiment à la
construction.

L'autre méthode fait appel à des tableaux de sélection du
type de ventilation selon le procédé, les matériaux, le
niveau de production et le degré d'exiguïté relativement
au procédé de soudage.

Les lignes directrices associées aux divers procédés de
soudage sont décrites dans la norme CAN/CSA-W117.2
de l'Association canadienne de normalisation intitulée

Règles de sécurité en soudage, coupage et procédés
connexes

, copyright CSA.

Autres mesures préventives

La chambre d'air isolante prend la forme d'une boîte métallique
munie de manchons et de gants intégrés. L'ouvrage, visible
grâce à une fenêtre, est soudé à l'intérieur de la boîte. On fait
appel à cette méthode pour le soudage des métaux qui
produisent de fortes concentrations de fumées toxiques. Les
fumées sont extraites de la chambre d'air isolante et dirigées à
l'extérieur, le long d'un conduit.

Les masques respiratoires

ne sont pas requis pour la plupart

des tâches de soudage effectuées dans un milieu bien aéré.
Cependant, lorsque la ventilation ou d'autres mesures ne sont
pas adéquates, ou lorsque le procédé de soudage libère des
fumées toxiques (comme
c'est le cas pour l'acier
inoxydable et le béryllium),
un masque respiratoire doit
être porté.

Choisissez le type de
masque respiratoire en
fonction de l'exposition
estimée et de la toxicité des
matériaux. Les respirateurs
antifumée jetables sont
appropriés aux fumées de
faible concentration et peu
toxiques. Pour les expositions
plus élevées, ou aux fumées
toxiques, le demi-masque
respiratoire muni de cartouches
adaptées aux fumées de
soudage doit être utilisé
(figure 20.9).

Dans les milieux où les
concentrations de fumées ou
de gaz peuvent poser un
danger immédiat, un appareil
respiratoire autonome (ARA)
ou un respirateur à adduction d'air accompagné d'une bouteille
de réserve doit être utilisé (figure 20.10). N'utilisez que les
respirateurs à adduction d'air ou les appareils autonomes dans
les espaces où des gaz peuvent s'accumuler, ou là où l'oxygène
peu se raréfier.

Le soudeur qui doit porter un respirateur doit être instruit des
directives appropriées à l'ajustement, à l'utilisation et à l'entretien
de l'appareil. Pour obtenir plus d'informations, consultez le
chapitre Protection de l'appareil respiratoire de ce manuel.

PRÉVENTION DES INCENDIES

Les étincelles et scories issues du coupage, du meulage
et du soudage peuvent être projetées sur de grandes
distances et disparaître à travers les fentes des murs ou
des planchers. Elles peuvent entrer en contact avec des
matériaux inflammables ou du matériel électrique. Des
incendies ont pris source dans des matériaux couvant le
feu des heures suivant les travaux effectués.

Appliquez les mesures suivantes pour prévenir les
incendies et les explosions.

Obtenez un permis de travaux à haute température de la
personne chargée de la sécurité.

Retirez tout matériau inflammable ou explosif de la zone de
soudage.

Utilisez un détecteur de gaz inflammable ou d'oxygène pour
déceler la présence d'une atmosphère dangereuse.

Prévoyez des coupe-feu tels que tôles ou couvertures
antifeu et colmatez les fissures et crevasses des planchers

SOUDURE ET COUPAGE

Systèmes

d'aspiration locale

Extracteur
de fumée
portatif

Torche
aspirante

Établi avec
hotte d'aspiration
portative

Figure 20.6

Figure 20.7

Figure 20.8

Filtre
remplaçable

Pièce faciale

Figure 20.9

Soupape
expiratoire

Bride

Soupape
inspiratoire

Figure 20.10

Bouteille

de réserve

Conduite

d'air

41 – 7

afin d'y empêcher le passage des étincelles et des scories.

Mettez à disposition des extincteurs d'incendie convenant
aux types de flammes potentielles. Sachez où se situent les
extincteurs et la façon de les utiliser.

Prévoyez un surveillant des incendies au besoin : un
travailleur qui pourra déceler tout incendie pendant la tâche
de soudage et au moins au cours des trente minutes qui
suivent. Cette personne doit avoir reçu une formation
complète sur l'emplacement des avertisseurs d'incendie et
le matériel de lutte contre les incendies. Certaines situations
peuvent dicter la surveillance à plus d'un endroit, tel que de
chaque côté d'un mur ou sur plus d'un étage.

Les chalumeaux coupeurs doivent être dotés de soupapes
antiretour d'écoulement inversé et de pare-flammes pour
prévenir les retours de flamme et les explosions (figure 20.11).
Ces soupapes doivent être installées selon les directives du
fabricant.

Les barils, réservoirs et contenants fermés où logeaient des
substances inflammables ou combustibles doivent être nettoyés
à fond avant le soudage ou le coupage. À titre de précaution

additionnelle, retirez les
résidus du contenant à
l'aide d'un gaz inerte tel
que l'azote ou le dioxyde
de carbone et
remplissez-le d'eau
jusqu'à quatre ou cinq
centimètres de la zone à
souder ou découpez une
ouverture à l'air libre
(figure 20.12).

Plusieurs contenants ayant renfermé des substances
inflammables ou combustibles posent des problèmes
particuliers. Consultez le fabricant ou la fiche signalétique pour
obtenir des détails.

Soudage et coupage à l'arc

MATÉRIEL

N'utilisez que les porte-électrodes précisément conçus pour le
soudage et le coupage à l'arc, et qui peuvent soutenir en toute
sécurité la puissance nominale maximale requise par l'électrode.

Toute pièce d'acheminement de courant passant de la zone du
porte-électrode dans la main du soudeur ou du coupeur aux
surfaces externes des pinces du porte-électrode doit être
totalement isolée de la tension maximale de mise à la terre.

Les câbles de soudage et de coupage à l'arc doivent être
complètement isolés, flexibles et adaptés aux pointes de

courant maximales liées à la tâche, ainsi qu'au facteur de
marche du travail du soudeur ou du coupeur.

Évitez de réparer ou d'épisser le câble à moins de 3 mètres de
l'extrémité reliant le porte-électrode. Au besoin, utilisez des
connecteurs ou aboutements isolés standards comportant les
mêmes caractéristiques d'isolation que celles du câble utilisé.
Les connexions établies à l'aide de languettes de contact de
câble doivent être solidement reliées l'une à l'autre afin d'assurer
un bon contact électrique. Les parties exposées des languettes
doivent être totalement isolées. N'utilisez pas les câbles dont la
gaine isolante présente des fissures ou des bris, ou dont les fils
conducteurs ou connecteurs sont exposés.

Un câble de soudage doit afficher une intensité de courant
admissible équivalente ou supérieure à l'intensité maximale du
poste de soudage ou de coupage.

Avertissement :

N'utilisez jamais les éléments

suivants dans l'acheminement du courant :
• grues
• palans
• chaînes
• câbles métalliques
• structures de levage
• pipelines contenant des gaz ou des liquides
inflammables
• conduits abritant des circuits électriques.

Le câble de retour, souvent improprement nommé câble de
masse, doit être branché le plus près possible de la soudure
afin d'assurer que le courant retourne directement à la source
par l'intermédiaire de câble de retour.

Tous les raccords d'une structure employée comme câble de
retour doivent comporter des contacts électriques appropriés.
Vérifiez régulièrement la structure afin d'assurer qu'elle est
toujours sûre. N'utilisez jamais une structure en tant que circuit,
lorsqu'elle produit un arc, des étincelles ou la chaleur en tout
point.

Les logements de tous les postes de soudage et de coupage à
l'arc doivent être mis à la masse selon les normes de la CSA ou
des organismes de réglementation. Inspectez toutes les
connexions de mise à la masse pour assurer qu'elles sont
mécaniquement intactes et appropriées au courant électrique
requis.

PROCÉDURES

Lorsqu'un porte-électrode doit être laissé sans surveillance,
retirez l'électrode et placez-le de façon qu'il n'entre pas en
contact avec un autre travailleur ou des objets conducteurs.

Ne changez jamais une électrode à mains nues ou à l'aide
de gants mouillés.

Ne plongez pas un porte-électrode chaud dans l'eau pour
le refroidir.

Gardez les câbles au sec et à l'écart des graisses pour
éviter la détérioration prématurée de leur gaine.

Les câbles devant être posés sur le plancher ou le sol
doivent être protégés contre les bris et l'enchevêtrement.

Gardez les câbles de soudage à l'écart des cordons
d'alimentation et des fils à haute tension.

N'utilisez jamais une partie de votre corps pour enrouler ou
boucler un câble de soudage.

Ne soudez jamais à l'aide de câbles enroulés ou
embobinés sur un rouleau. Déroulez et étendez les câbles
durant leur utilisation.

Avant de déplacer un poste de soudage ou de coupage, ou
lorsqu'un poste doit être laissé sans surveillance, coupez
l'alimentation.

SOUDURE ET COUPAGE

Soupape antiretour en fonctionnement normal

Soupape antiretour en fonctionnement

d'écoulement inversé

Figure 20.11

Joint à réparer

Gardez au minimum
l'espace d'air

Eau

Figure 20.12

41 – 8

Faites état de toute défectuosité ou tout bris de matériel à
votre supérieur.

Lisez et appliquez avec soin les directives du fabricant du
matériel.

Prévenez les chocs en utilisant des porte-électrodes et
câbles bien isolés, des vêtements et gants secs, des bottes
de sécurité à semelle de caoutchouc et du matériel (tels
que des panneaux) d'isolation lors du travail des métaux.

Les travaux de soudage et de coupage à l'arc doivent être
abrités d'écrans non combustibles ou ignifugés pour
protéger les autres travailleurs du rayonnement direct de
l'arc.

Recouvrez d'écrans les solvants chlorés exposés à l'arc ou
distancez-les d'au moins 60 mètres. Les surfaces traitées
aux solvants chlorés doivent être asséchées complètement
avant leur soudage. Ceci est particulièrement important lors
du soudage à l'arc sous protection gazeuse avec fil-
électrode fusible, car ce procédé génère de forts niveaux
de rayonnement ultraviolet.

Vérifiez l'inflammabilité et la toxicité de tout enduit protecteur
avant le soudage, le coupage ou le chauffage. Les enduits
inflammables doivent être retirés de la surface à souder.
Dans les endroits fermés, les enduits protecteurs doivent
être retirés sur plusieurs centimètres autour de la zone
d'application de la chaleur, ou le soudeur doit être protégé à
l'aide d'un respirateur à adduction d'air. À l'air libre, un
respirateur à cartouche filtrante approprié doit être utilisé.
De façon générale, consultez la fiche signalétique du
fabricant pour tout enduit protecteur afin d'obtenir des
renseignements sur la toxicité et l'équipement de protection
individuelle requis.

Coupez l'alimentation avant de raccorder le poste de
soudage au circuit d'alimentation électrique du bâtiment.

Soudage et coupage oxyacétyléniques

MANIPULATION DES BOUTEILLES

N'acceptez pas ou n'utilisez pas une
bouteille de gaz sous pression
dépourvue d'une indication de son
contenu exact.

Transportez les bouteilles fixées dans un
chariot manuel lorsque cela est possible.
Ne les traînez jamais.

Protégez les bouteilles et tous les tuyaux
et raccords contre les dommages.

Ne levez pas les bouteilles à l'aide
d'élingues ou d'aimants. Utilisez un
chariot ou un diable adapté aux
bouteilles (figure 20.13)

Ne laissez jamais chuter ni
s'entrechoquer les bouteilles violemment.

Inscrivez VIDE ou MT à la craie sur les bouteilles vides.
Fermez les robinets et replacez les capuchons protecteurs.

Arrimez les bouteilles à transporter pour éviter le
déplacement ou le dérèglement.

Considérez toujours les bouteilles comme étant pleines et
manipulez-les en conséquence.

Pour obtenir des réponses aux questions sur les
procédures de manutention, consultez le fabricant, le
fournisseur ou les fiches signalétiques.

ENTREPOSAGE DES BOUTEILLES

Entreposez les bouteilles à la verticale dans un endroit sûr,
sec, bien aéré et spécialement aménagé à cette fin.

N'entreposez jamais des substances inflammables ou

combustibles telles que l'huile et l'essence dans la même
zone.

N'entreposez jamais les bouteilles près des ascenseurs,
des passerelles, des puits d'escalier, des sorties ou dans
des endroits où elles pourraient être endommagées ou
renversées.

N'entreposez pas
les bouteilles
d'oxygène à moins
de 6 mètres
d'autres bouteilles
contenant des gaz
inflammables, à
moins qu'une paroi
s'interpose entre
elles d'une hauteur
de 1,5 mètre,
ayant un indice de
résistance au feu
d'au moins
30 minutes
(figure 20.14).

Entreposez les
bouteilles vides
séparément des
pleines.

Interdisez l'usage
du tabac dans la
zone
d'entreposage.

UTILISATION DES
BOUTEILLES

Placez les
bouteilles
d'oxygène et d'acétylène dans un chariot approprié et muni
d'un extincteur d'incendie (figure 20.15). Fixez les bouteilles
à la verticale.

Conservez le capuchon du robinet de la bouteille en place
lorsque la bouteille n'est pas utilisée.

Ne forcez pas en place des raccords inadaptés sur les filets
de la bouteille.

Ouvrez lentement le robinet de la bouteille. N'utilisez que le
volant, la clavette de soupape ou la clé spéciale provenant
du fournisseur.

Utilisez toujours un régulateur détendeur avec les gaz
comprimés. Pour obtenir plus d'informations, consultez
l'encadré plus bas.

Avant de raccorder un régulateur à une bouteille, faites
légèrement fuir la bouteille pour évacuer de l'ouverture les
débris ou poussières pouvant s'y loger. Postez-vous de l'un
des côtés de l'ouverture et assurez-vous que celle-ci n'est
pas dirigée vers une personne, un autre lieu de soudage,
des étincelles ou une flamme nue.

N'ouvrez le robinet de la bouteille que de 1

1

/

2

tour, à moins

d'une indication de portée d'étanchéité arrière.

N'utilisez pas l'acétylène à des pressions supérieures à
15 psig.

Ne permettez jamais à des étincelles, des métaux en
fusion, au courant électrique ou à la chaleur excessive
d'atteindre les bouteilles.

Ne lubrifiez jamais les robinets et les accessoires des
bouteilles d'oxygène à l'aide d'huiles et de graisses. Ne les
manipulez jamais avec des mains, des gants ou des
vêtements imprégnés d'huile. L'oxygène mélangé à l'huile
ou la graisse peut devenir très combustible.

Ne déposez jamais des bouteilles dans des pièces non
aérées ou closes.

Ne substituez pas l'oxygène à l'air comprimé pour actionner
des outils pneumatiques.

Relâchez la pression exercée sur le régulateur avant de le
retirer du robinet de la bouteille.

SOUDURE ET COUPAGE

Figure 20.13

Manomètre 
de 
chalumeau

Robinet de
bouteille

Vis de
réglage 
de
pression

Manomètre
de
bouteille

Soupapes
antiretour
de tuyau

Extincteur
d'incendies

Figure 20.15

Figure 20.14

1,5 m

41 – 9

Lorsque le gaz vient à manquer, éteignez la flamme et
raccordez le tuyau à une nouvelle bouteille. Purgez la
canalisation avant de rallumer le chalumeau.

Lorsque la tâche est accomplie, purgez les régulateurs,
puis fermez-les. Fermez les bouteilles à l'aide d'une
manette ou d'une clé appropriée.

Régulateurs de pression

Les bouteilles d'oxygène ou de gaz combustibles doivent être
munies de régulateurs de pression destinés à maintenir une
alimentation constante et contrôlée du gaz vers le chalumeau.

Les régulateurs d'oxygène doivent comporter une soupape
de sûreté qui, dans le cas d'une rupture du diaphragme,
décharge sans danger la pression de la bouteille et prévient
l'explosion du régulateur.

Chaque régulateur (autant oxygène que gaz combustible) doit
comporter un manomètre du contenu haute pression et un
manomètre de pression de fonctionnement. Postez-vous
toujours sur l'un des côtés des faces du manomètre lors de
l'ouverture des robinets de bouteille.

Pour éviter l'installation des régulateurs sur les mauvaises
bouteilles, les bouteilles et régulateurs d'oxygène sont filetés

vers la droite

, tandis que la plupart des bouteilles et

régulateurs de gaz combustible sont filetés 

vers la gauche

.

Des filets intérieurs et des filets extérieurs, ainsi que des
différences dans les diamètres, servent aussi à prévenir les
raccordements fautifs.

Les tuyaux et raccords de tuyau

doivent être de couleurs

différentes selon qu'ils acheminent l'oxygène ou l'acétylène. Le
rouge identifie habituellement le gaz combustible, et le vert,
l'oxygène. L'écrou d'union de l'acétylène affiche une entaille
autour du centre pour indiquer un filet vers la gauche.

Protégez les tuyaux contre la circulation, les étincelles
volantes, les scories et les dommages. Évitez de les plier et
de les emmêler.

Colmatez les fuites immédiatement et adéquatement. Vérifiez
la présence de fuites par immersion du tuyau dans l'eau.

Utilisez des soupapes antiretour d'écoulement inversé et
pare-flammes selon les instructions du fabricant
(figure 20.11).

N'utilisez pas les tuyaux qui ont subi un retour de flamme ou
qui affichent des signes d'usure ou de bris sans les soumettre
d'abord à des essais appropriés et complets.

Les claquements

se produisent lorsque la flamme rentre dans

la buse du chalumeau et s'accompagnent habituellement d'un
craquement intense. Les claquements surgissent habituellement
lorsque la buse touche l'ouvrage ou la pression utilisée est trop
faible.

Le retour de flamme 

est beaucoup plus grave. La flamme

rentre à l'intérieur du chalumeau en produisant un grincement
ou un sifflement. Lorsque le phénomène se produit, suivez les
directives du fabricant quant à la séquence du processus
d'extinction du chalumeau.

Il existe plusieurs différentes marques, versions et formes de
chalumeau. Aucune procédure ou séquence particulière ne peut
donc s'appliquer à l'allumage, au réglage et à l'extinction de tous
les chalumeaux. Suivez toujours les directives du fabricant.

Résumé de l'oxyacétylène

Mise en service

• Gardez les bouteilles à l'écart des sources de chaleur et à

l'abri des dommages et fixez-les à la verticale.

• Postez-vous de l'un des côtés et faites légèrement fuir les

soupapes de la bouteille afin d'évacuer la poussière.

• Fixez les régulateurs aux bouteilles respectives. Serrez les

écrous à l'aide d'une clé appropriée.

• Relâchez les vis de réglage de la pression des régulateurs.

• Raccordez le tuyau vert au régulateur de l'oxygène et le

tuyau rouge au régulateur du gaz combustible.

• Raccordez les tuyaux au chalumeau : vert à l'entrée

d'oxygène et rouge à l'entrée de gaz combustible.

• Raccordez la chambre de mélange et la tête de soudage au

manche du chalumeau.

• Ouvrez le robinet de la bouteille d'oxygène lentement et

complètement.

• Ouvrez le robinet de la bouteille de gaz combustible de 

3

/

4

à

1

1

/

2

tours.

• Ouvrez le robinet d'oxygène du chalumeau. Tournez la vis

de réglage du régulateur de pression de l'oxygène jusqu'à
obtenir la pression désirée. Continuez la purge par
évacuation d'oxygène pendant environ 10 secondes pour
chaque section de 30 mètres de tuyau. Fermez le robinet
d'oxygène du chalumeau.

• Ouvrez le robinet de gaz combustible du chalumeau.

Tournez la vis de réglage du régulateur de pression du gaz
combustible jusqu'à obtenir la pression désirée et purgez
pendant environ 10 secondes pour chaque section de
30 mètres de tuyau. Fermez le robinet de gaz combustible
du chalumeau.

• Pour l'allumage du chalumeau, suivez les directives du

fabricant. N'UTILISEZ PAS DES ALLUMETTES.

• Réglez la flamme selon le besoin.

Mise hors service

• Fermez les robinets du chalumeau selon les directives du

fabricant.

• Fermez le robinet de la bouteille de gaz combustible.
• Fermez le robinet de la bouteille d'oxygène.
• Videz le conduit de la bouteille de gaz combustible en

ouvrant brièvement le robinet du gaz combustible du
chalumeau. Fermez le robinet. Videz le conduit d'oxygène
de la même façon.

• Ouvrez de nouveau les deux robinets du chalumeau.
• Relâchez les vis de réglage de la pression des deux

régulateurs.

Régulateurs et chalumeaux peuvent maintenant être
débranchés.

BRASAGE À L'ARGENT

Le brasage à l'argent sert à joindre les métaux et l'acier aux
combinaisons de métaux dissemblables lorsqu'une telle union
ne peut s'effectuer qu'à basse température. Il est employé entre
autres pour les installations médicales et de laboratoire, ou le
matériel frigorigène, aérospatial et électronique. Lors du
brasage, les principaux risques sont liés à la chaleur, aux
substances chimiques et aux fumées.

Les fumées issues du brasage peuvent poser de graves
dangers. Le réchauffement des flux de brasage produit la fumée
fluorée. Le cadmium des alliages de brasage à l'argent
s'évapore lorsqu'il est surchauffé et se transforme en oxyde de
cadmium, une substance hautement toxique. Les fumées
d'oxyde de cadmium qui pénètrent les voies respiratoires
peuvent causer la détresse respiratoire et l'essoufflement, et
mener, dans les cas d'expositions intensives, à la mort.

La cause la plus déterminante dans la génération de fumées
d'oxyde de cadmium est la surchauffe du métal d'apport de
brasage à l'argent. Le contrôle de la température lors du
brasage à l'argent doit s'effectuer avec grande précaution. La
flamme du chalumeau ne doit jamais être appliquée directement
à la baguette d'apport de brasage à l'argent. La chaleur du
métal de base doit servir à fondre et distribuer le métal d'apport
de brasage.

Les pièces plaquées de cadmium représentent un risque accru
de production de fumées de cadmium, puisque le brasage de
ces pièces exige l'application de la flamme directement sur le
métal de base.   Le placage de cadmium doit être retiré avant le
réchauffement ou le brasage. Lorsque surviennent des doutes
quant au métal de base, consultez le fournisseur de la pièce.

SOUDURE ET COUPAGE

41 – 10

Le brasage à l'argent en sécurité

Ne réchauffez pas et ne brasez pas des pièces plaquées
de cadmium.

Lisez les étiquettes des métaux d'apport et des flux, et
suivez les instructions à la lettre.

Effectuez la tâche dans un endroit bien aéré et portez un
respirateur à adduction d'air.

Chauffez directement le métal de base, et non le métal
d'apport de brasage.

Ne surchauffez ni le métal de base, ni le métal d'apport de
brasage.

Lavez-vous les mains à fond après la manipulation de flux
de brasage et de métaux d'apport.

Espaces clos

Le soudage dans des endroits fermés ou des espaces clos
augmente les risques pour le soudeur. L'employeur doit prévoir
une procédure de sauvetage écrite relativement aux espaces
clos.

En plus des procédures décrites au chapitre de ce manuel
traitant des espaces clos, observez les précautions suivantes.

Inspectez tous les fils et toutes les connexions électriques
qui doivent être amenés dans l'espace clos.

Soumettez les tuyaux et raccords à gaz à des essais de
vérification de fuite pour éliminer le risque d'introduction de
gaz dans l'espace clos.

Vérifiez la présence de systèmes électriques sous tension
et de fils conducteurs découverts.

Utilisez les hublots d'inspection, les jauges et des
informations du personnel chargé de l'installation pour
évaluer les risques liés aux dépôts laissés dans l'espace
sous forme de liquides, de solides, de boues ou de
calamine.

Isolez l'espace de tout système hydraulique, pneumatique,
électrique ou à vapeur, qui pourrait créer des risques à
l'intérieur de l'espace clos. Utilisez des méthodes d'isolation
telles que charges à blanc, caches, purges, chaînes,
verrous et le blocage de l'énergie emmagasinée. Étiquetez
le matériel isolé.

Une personne compétente doit vérifier et évaluer
l'atmosphère avant l'entrée des travailleurs dans l'espace
clos et tout au long du travail à y accomplir. Il se peut que
l'atmosphère y soit déjà dangereuse ou que des gaz et
vapeurs s'y accumulent durant le coupage ou le soudage. Il
est possible que la concentration d'oxygène augmente ou
diminue.

Ventilez l'espace à l'aide d'air pur avant l'entrée et
maintenez la ventilation aussi longtemps qu'il est
nécessaire à prévenir l'accumulation de gaz, de fumées ou
de vapeurs à risque.

Les gaz n'ayant pas tous la même densité, ils peuvent
s'accumuler au sol, au plafond ou entre ces deux zones. Le
contrôle de l'air doit s'effectuer d'un bout à l'autre de
l'espace.

Placez les bouteilles de gaz comprimé et l'alimentation de
soudage à l'extérieur de l'espace clos.

Lorsque cela est possible, allumez et réglez à l'extérieur de
l'espace la flamme de gaz oxygéné destinée à la tâche,
puis acheminez le chalumeau à l'intérieur. De même,
acheminez le chalumeau à l'extérieur de l'espace, puis
éteignez-le.

Lorsque vous quittez l'espace clos, retirez le chalumeau et
les tuyaux, et coupez l'alimentation en gaz.

S'il est impossible d'effectuer une ventilation adéquate,
utilisez un respirateur à adduction d'air approprié.

Il est de la responsabilité de l'employeur de prévoir un 

plan de

sauvetage d'urgence

et d'en informer toutes les personnes

concernées. Chaque personne doit savoir ce qu'il faut faire et
comment le faire rapidement. Consultez le chapitre sur les
espaces clos de ce manuel.

Équipement de protection individuelle

En plus de l'équipement de protection obligatoire pour tous les
travailleurs de la construction, les soudeurs doivent porter des
gants à crispin, tabliers, jambières, épaulières, protège-bras,
calottes et protège-oreilles à l'épreuve des flammes.

Les vêtements doivent être fabriqués de tissus non
synthétiques, tels que la laine. Les vêtements en laine sont
préférables à ceux en coton, car ils risquent moins de
s'enflammer. Gardez les manches étendues et les collets
boutonnés. Portez des chemises à poches à rabats fermés et
des pantalons sans revers. Retirez vos bagues, montres et
autres parures. Ne rangez jamais d'allumettes ni de briquets
dans vos poches. Les vêtements doivent être dépourvus d'huile
et de graisse.

Portez des chaussures de catégorie 1 CSA lacées jusqu'au
sommet pour empêcher l'entrée d'étincelles et de scories.

Des écrans ou des cloisons de protection doivent être érigés
pour protéger les personnes contre l'éblouissement de l'arc, le
rayonnement ou l'éclaboussure. Les parois doivent être non
réfléchissantes et permettre la circulation de l'air au niveau du
sol et du plafond. Lorsque l'érection de parois est impossible ou
inefficace, les travailleurs aux environs du soudage doivent
porter des lunettes protectrices adéquates et tout autre
équipement requis.

Une signalisation doit avertir les autres personnes des risques
du soudage.

PROTECTION DES YEUX ET DU VISAGE

Les casques de soudeur protègent le visage, le cou, le front, les
oreilles et les yeux contre le rayonnement, la chaleur, l'électricité
et les impacts. Deux types existent : le casque à écran fixe et le
casque à devant relevable ou écran basculant.

Le type à devant relevable doit comporter un verre de sécurité
résistant aux chocs ou un écran à l'intérieur de la monture près
des yeux pour protéger le soudeur des particules volantes
lorsque le devant est relevé. Tous les verres combinés doivent
comporter un verre ou un écran de sécurité transparent
résistant aux chocs près des yeux. 

Certains modèles spéciaux intègrent des protège-oreilles
antibruit et des dispositifs de purification d'air. Des écrans à
verre de prescription spécialement fabriqués à des puissances
précises sont disponibles pour les travailleurs devant utiliser des
verres correcteurs.

Un écran à verre de soudage à l'arc type est illustré à la
figure 20.16.

L'écran filtrant ou teinté protège contre le rayonnement. Il faut
utiliser un écran filtrant d'une teinte de verre appropriée pouvant
bloquer les rayons dangereux et les réduire à une intensité
inoffensive. Les lignes directrices quant au choix sont indiquées
à la figure 20.17.

Il existe plusieurs filtres
spéciaux qui s'ajoutent aux
filtres verts habituels.
Certains améliorent la vision
par réduction des reflets
jaunes ou rouges. D'autres
facilitent l'évaluation
colorimétrique de la
température. Certains verres
filtrants comportent un
revêtement d'or qui réfléchit
les rayons pour offrir une
protection supplémentaire.

Les écrans à main pour
soudeur sont conçus de
façon à protéger les yeux et
le visage contre le

SOUDURE ET COUPAGE

1er :Verre ou
plastique
transparent

2e :Verre

filtrant

3e :Verre en
plastique
transparent

Le verre de soudage à l'arc se divise en
trois parties. La partie extérieure est en
plastique ou verre trempé transparent. Elle
protège le verre filtrant contre les
dommages. La partie centrale est un verre
filtrant teinté qui intercepte la lumière
dangereuse.  Le verre interne est
transparent et doit être en plastique.

Figure 20.16

41 – 11

rayonnement et les chocs. Ils sont similaires aux casques de
soudeur, mais ne sont pas du type à devant relevable.

Des lunettes à écrans latéraux complets conçues pour protéger
contre les rayons UV et les objets volants, et des verres filtrants
appropriés doivent toujours être portés en combinaison avec les
casques de soudeur ou écrans à main de soudeur pleine taille.

Lorsqu'une réduction modérée de la lumière visible est requise
(par exemple, le soudage sous gaz), portez des lunettes à
coques ou des surlunettes dotées de verres filtrants protégeant
du rayonnement. Ces lunettes doivent comporter des évents
réduisant la buée et des cloisons prévenant la fuite du
rayonnement vers l'intérieur des coques.

Le port de lentilles de contact n'est pas conseillé aux
soudeurs, car les poussières et saletés en suspension dans
l'air peuvent provoquer une forte irritation oculaire sous les
lentilles.

PROTECTION AUDITIVE

Consultez le chapitre de ce manuel traitant de la protection
auditive. Le soudeur peut trouver que les protège-oreilles
encombrent et gênent le port du casque de soudeur. Les
bouchons d'oreille peuvent s'avérer plus adaptés, mais ils
doivent être insérés adéquatement afin d'assurer la protection.

Les soudeurs doivent se soumettre à un examen de l'ouïe
environ tous les ans. Votre médecin peut planifier une épreuve
auditive élémentaire. Dès que l'oreille est atteinte, le problème
peut facilement s'avérer irréversible. Les examens peuvent
déceler les signes de trouble auditif et préserver l'ouïe restante.

Consultez la section Essais et contrôles
radiographiques sur la page suivante.

SOUDURE ET COUPAGE

Guide de sélection des filtres de soudage

Les numéros de filtre ne sont donnés qu'à titre indicatif et
peuvent varier selon les besoins individuels. 

Diamètre

Courant

Numéro

Nº de filtre

d'électrode

d'arc

de filtre

conseillé

1

Procédé

mm (32ème de po)

(ampères)

minimum

(confort)

Soudage à électrode

moins de 2,5 (3)

moins de 60

7

enrobée

2,5-4 (3-5)

60-160

8

10

(SMAW)

4-6,4 (5-8)

>160-250

10

12

plus de 6,4 (8)

>250-550

11

14

Soudage à l'arc sous 

moins de 60

7

gaz avec fil plein

60-160

10

11

et avec fil fourré

>160-250

10

12

(GMAW)

>250-500

10

14

Soudage à l'arc sous gaz 

moins de 50

8

10

avec électrode de tungstène 

50-150

8

12

(GTAW)

>150-500

10

14

Coupage air-arc (léger)

moins de 500

10

12

Coupage à l'arc (lourd)

500-1000

11

14

Soudage plasma arc

moins de 20

6

6 à 8

(PAW)

20-100

8

10

>100-400

10

12

>400-800

11

14

Coupage plasma arc (PAC)

léger

2

moins de 300

8

9

moyen

300-400

9

12

lourd

>400-800

10

14

Brasage au chalumeau (TB)

3 ou 4

Brasage tendre aux gaz (TS)

2

Soudage à l'arc au carbone (CAW)

14

Épaisseur de plaque

mm

po

Soudage sous gaz (GW)

léger

moins de 3,2 moins de 1/8

4 ou 5

moyen

3,2 à 13

1/8 à 1/2

5 ou 6

lourd

plus de 13

plus de 1/2

6 à 8

Oxycoupage (OC)

léger

moins de 25

moins de 1

3 ou 4

moyen

25 à 150

1 à 6

4 ou 5

lourd

plus de 150

plus de 6

5 ou 6

Figure 20.17

1.

Les numéros de filtre s'appliquent en règle générale. On recommande

d'utiliser d'abord un filtre trop opaque, à l'aide duquel il sera impossible de voir

la zone de soudage. On doit ensuite recourir au filtre moins opaque qui offrira

une vision suffisante de la zone de soudage en respectant le minimum. Lors

du soudage aux gaz ou de l'oxycoupage produisant une vive lumière jaune, il

est souhaitable d'utiliser un verre filtrant qui absorbe l'onde jaune ou sodique

de la lumière visible du procédé (spectre).

2.

Ces valeurs s'appliquent lorsque l'arc lui-même est clairement visible. En

pratique, il serait possible d'utiliser des filtres légers lorsque l'ouvrage masque

l'arc.

Reproduit avec l'autorisation de l'American Welding Society.

41 – 12

Essais radiographiques et aux rayons X

Certains ouvriers de la construction rencontreront des situations
où des soudures, métaux ou revêtements spéciaux devront être
soumis à des essais sur place sans recours à la destruction.

Certaines méthodes font appel à

1) la radiographie des matériaux en général à l'aide d'une
source radioactive

2) les essais aux rayons X appliqués aux sections plus
épaisses.

La radiographie en territoire canadien est soumise aux lois
fédérales qu'applique la Commission de contrôle de l'énergie.
Les utilisateurs doivent être autorisés et les techniciens formés
selon un programme de l'Office des normes générales du
Canada (ONGC).

Les essais aux rayons X sont régis par les lois provinciales, dont
le règlement 632/86, en Ontario.

Tandis que les utilisateurs autorisés doivent respecter plusieurs
exigences dans les deux cas, cette section ne traitera que des
lignes directrices relatives à la santé et la sécurité lors de
l'utilisation sur place.

ESSAIS RADIOGRAPHIQUES

Les utilisateurs autorisés de systèmes d'essais radiographiques
sont responsables de la sécurité générale des lieux, du
transport, des mesures d'urgence et de la production de
rapports.

Les essais radiographiques doivent être effectués en présence
de personnes accréditées aux termes de la norme 48GP4a de
l'ONGC. Ces personnes sont habituellement employées par des
organismes d'essais.

Les matières et le matériel radiographiques doivent être
conservés sous clé dans des contenants de rangement blindés
accessibles seulement au personnel accrédité. Les contenants
doivent être clairement marqués et conservés dans un endroit
auquel n'accèdent habituellement pas les travailleurs. Certaines
autres exigences particulières peuvent s'appliquer, selon la
puissance de la source radioactive et l'emplacement.

L'utilisation sur place de caméras
radiophotographiques doit s'accompagner de
dosimètres de poche, de radiamètres, d'écrans
directionnels, de cordons de délimitation, de
panneaux d'avertissement de radiographie et de
contenants de confinement des sources.

Mesures de sécurité générales

Les essais radiographiques doivent être effectués, lorsque
cela est possible, hors des quarts de travail et au moment
où la zone de travail est le plus désertée. La puissance de
la source radiographique ne doit pas dépasser ce qui est
requis pour la tâche. Il ne revient habituellement pas au
personnel du chantier de construction de déterminer la
puissance de la source.

Le matériel doit être vérifié avant son utilisation. La
réglementation prévoit une liste d'éléments à vérifier, mais
cette vérification n'est normalement pas confiée au
personnel du chantier.

Avant de déplacer la caméra radiophotographique à la suite
d'essais, la zone doit être vérifiée à l'aide d'un radiamètre.

Les utilisateurs autorisés doivent tenir des registres sur
l'utilisation des sources, indiquant les dates, les heures, les
lieux et autres renseignements. Ces registres doivent être
accessibles à la Commission de contrôle de l'énergie. Il
incombe également aux utilisateurs d'aviser le service local
des incendies de toute présence de matière radioactive sur

le territoire administratif pour plus de 24 heures.

Le respect de certaines exigences précises liées aux caméras
radiophotographiques est la responsabilité des personnes
autorisées à manœuvrer ce matériel.

Le fonctionnement et le calibrage du radiamètre
doivent être vérifiés afin d'assurer leur conformité.

Des cordons de délimitation doivent être installés
autour de la zone où seront menés les essais à moins
que la zone soit isolée et l'accès contrôlé. La
délimitation doit s'établir en fonction de la puissance
de la source.

Des panneaux d'avertissement doivent être installés
le long de la délimitation.

Une surveillance doit s'effectuer pour assurer
qu'aucune personne non autorisée ne pénètre la zone
d'essai.

Avant l'ouverture de l'obturateur de la caméra et la
mise en œuvre de l'essai, la zone doit être
adéquatement blindée.

Les membres du personnel œuvrant à l'intérieur de la
zone d'essai doivent se munir de dosimètres
individuels. Des dosimètres sont également conseillés
aux autres travailleurs situés aux environs immédiats
de la délimitation.

ESSAIS AUX RAYONS X

Certaines mesures élémentaires de santé et de sécurité
s'imposent lors de la soumission des soudures et des métaux
aux rayons X.

Des mesures efficaces doivent viser à prévenir la
mise en service du matériel par des personnes non
autorisées.

Un dispositif doit être mis en place pour témoigner de
l'alimentation du tube radiogène.

Le logement doit isoler adéquatement la personne
manœuvrant l'appareil.

Les employés utilisant du matériel à rayons X doivent
aviser le ministère du Travail de leur possession d'un
tel appareillage.

Les employeurs doivent nommer des personnes
chargées du matériel à rayons X qui sont
compétentes et formées en la matière, et doivent
indiquer au ministère du Travail les noms des
personnes ainsi désignées.

Les mesures et procédures à l'emplacement des essais aux
rayons X sont semblables à celles exigées pour les essais
radiographiques. Les responsabilités suivantes incombent à
l'employeur.

Effectuer les essais hors des quarts de travail.

Cerner la zone d'essai si elle ne peut être isolée ou si
l'accès ne peut y être contrôlé.

Installer des affiches d'avertissement le long de la
délimitation ou à l'entrée de la pièce où s'effectuent
les essais.

Prévoir une surveillance visant à prévenir l'entrée non
autorisée.

Installez les éléments de blindage au besoin avant la
mise en service de tout matériel.

Assurez le port de dosimètres individuels par les
employés dans la zone contrôlée.

Tenir des registres dosimétriques.

Conservez au moins un radiamètre adapté à chaque
type respectif d'appareil à rayons X portatif et
calibrez-le au moins une fois l'an.

SOUDURE ET COUPAGE

 

 

 

 

 

 

 

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