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Manuel de sécurité
PELLES HYDRAULIQUES
ED 895
Sommaire
Sommaire
Avant-propos
5
3. Pelles hydrauliques
25
3.1. Principaux types
de pelles hydrauliques . . . 25
1. Les causes d’accidents
7
3.2. Équipements et accessoires . 27
2. Cadre réglementaire
11
4. Règles générales
2.1. Le matériel
11
de sécurité
29
2.1.1. Conformité du matériel
12
4.1. Organisation
2.1.2. Maintien en état
de la sécurité du chantier . 29
de conformité
13
2.1.3. Mise en conformité
13
4.2. Cas des chantiers
2.1.4. Vérifications
14
sous circulation
31
2.2. Le conducteur
16
4.3. Vêtements de travail
2.2.1. Âge du conducteur
16
et équipements de
2.2.2. Formation à la conduite
protection individuelle . . . 32
en sécurité. Autorisation
de conduite
16
4.4. Connaissance de l’engin . . 33
2.2.3. CACES : certificat d’aptitude
à la conduite en sécurité . . .
18
2.2.4. Formation professionnelle . .
20
5. Avant le démarrage
35
2.2.5. Conduite sur route
21
5.1. Les contrôles
35
2.3. L’utilisation
23
2.3.1. Dispositions réglementaires .
23
5.2. La visibilité
37
2.3.2. Recommandations
de la Sécurité sociale
24
5.3. L’ordre et la propreté
38
2
6. Mise en route
39
8.4. Découverte d’engins
de guerre
59
6.1. Avant de monter
39
8.5. Risque de retournement
6.2. Démarrage du moteur . . . 40
ou de chute d’objets
60
8.5.1. Risque de retournement . . . 60
6.3. Vérification du
8.5.2. Risque de chute d’objets . . . 61
fonctionnement de l’engin . 42
8.5.3. Rappel des dispositions
constructives et réglementaires 62
7. Pendant le travail
43
7.1. Règles de base
44
9. Panne sur le chantier
63
7.2. Présence de personnel
sur les engins
44
10. Transport de la pelle
7.3. Levage de personnes
45
hydraulique
65
7.4. Protection des piétons . . . 46
7.5. Stabilité
47
11. En fin de travail
67
7.6. Travaux de terrassement . 48
11.1. Le plein de carburant . . . 67
7.7. Levage de charges
50
11.2. Stationnement
de la pelle hydraulique . . 68
7.8. Équipement benne
53
7.9. Règles de circulation
53
12. Entretien et réparation
. 71
12.1. Formation et information
71
8. Dangers
55
12.2. Principaux risques
72
8.1. Terrain en pente
55
12.2.1. Risque mécanique
73
12.2.2. Risque de chutes
8.2. Risque électrique
55
ou de glissades
75
8.2.1. Travaux à proximité d’une
12.2.3. Risque électrique
76
ligne électrique aérienne . . . 56
12.2.4. Risque de brûlure,
8.2.2. Travaux à proximité de câbles
d’incendie ou d’explosion . 76
électriques souterrains
56
12.2.5. Risque chimique
77
8.2.3. Conduite à tenir en cas
d’accident
57
8.3. Travaux de démolition . . . 58
Bibliographie
78
3
Avant-propos
4
Avant-propos
La réglementation sur l’utilisation des
quement dédiée aux règles de bonnes pra-
engins de chantier a profondément évolué
tiques en matière de conduite d’engins.
avec la parution du décret n° 98-1084 du
2 décembre
1998. Longtemps restée
Ainsi nous espérons qu’un large public
dans le domaine de l’empirisme, l’utilisa-
pourra trouver dans ce manuel les référen-
tion des engins fait aujourd’hui l’objet de
ces qui leur seront nécessaires : chefs d’é-
règles nombreuses touchant à la fois au
tablissements, chargés de sécurité, forma-
choix, aux vérifications et à la mainte-
teurs, et bien sûr les conducteurs
nance du matériel, à la formation du
eux-mêmes.
personnel, ainsi qu’à la conduite propre-
ment dite.
Il complète les préconisations contenues
dans la notice d’instructions délivrée par
C’est pourquoi ce manuel comprend deux
le constructeur et ne dispense pas le chef
parties : l’une consacrée aux aspects pure-
d’entreprise de rédiger des consignes par-
ment réglementaires, l’autre plus spécifi-
ticulières.
5
1. Les causes d’accidents
1. Les causes d’accidents
Quatre-vingt accidents de pelles sont répertoriés
dans la base de données ÉPICÉA* entre 1981 et 2001.
Cinq types d’accidents
L’analyse des 80 accidents permet
• le conducteur glisse lors de la montée
d’identifier cinq types d’accidents :
ou de la descente de la pelle ; accident
lié aux conditions climatiques (verglas,
• un piéton trop près de la pelle est heurté
givre, pluie...) ;
par la tourelle en rotation ou par le
godet en mouvement : accident lié à un
• électrocution à la suite d’un amorçage
manque de visibilité ;
de la flèche avec une ligne électrique.
• un piéton dans la zone d’évolution de la
pelle est écrasé lors d’une marche avant
Quelques éléments chiffrés
ou d’une marche arrière : manque de
précisent les circonstances
visibilité ;
des accidents, leurs victimes
et leurs conséquences.
• le conducteur de la pelle est écrasé lors
du renversement de l’engin : accident lié
aux terrains en pente et à l’instabilité
des appuis ;
* EPICEA signifie Etudes de prévention par informatisation des comptes rendus d’enquêtes d’accidents du travail.
EPICEA est une base de données nationale qui rassemble les cas d’accidents du travail qui ont fait l’objet d’une enquête par
les services prévention des CRAM. Elle n’est pas exhaustive puisque tous les accidents du travail ne déclenchent pas une enquête.
7
1. Les causes d’accidents
Gravité des accidents
Types d’accidents
blessures
sans gravité
autres
10 %
16 %
renversement
pelle
ripage de la pelle
28 %
hospitalisation
6 %
ou amputation
21 %
glissade du salarié
accidents
6 %
mortels
69 %
mouvement
rotation
du godet
8 %
tourelle
14 %
marche
avant
marche
9 %
arrière
13 %
Effets des accidents
Facteurs d’accidents
100
100
6 %
5 %
5 %
80
6 %
80
20 %
60
60
32 %
86 %
40
40
58 %
9 %
20
20
32 %
18 %
20 %
0
0
renversement
rotation
marche
marche
pelle
tourelle
avant
arrière
autres
chute de hauteur
mode opératoire dangereux
noyade
mauvaise visibilité
coincements
instabilité des appuis
chocs
terrain en pente
écrasements
Les pourcentages indiqués concernent uniquement la population des 80 accidents.
8
Type de salariés
Type de chantiers
autres
17 %
atelier
4 %
conducteurs
43 %
dépôt
chantiers TP
6 %
45 %
piétons*
57 %
carrières
14 %
chantiers
bâtiment
14 %
Type d’engins
Type de travaux
100
100
22 %
20 %
80
80
8 %
65 %
8 %
60
60
24 %
78 %
40
40
40 %
20
20
35 %
0
0
minipelles
pelles sur chenilles
pneus sur pneus
piétons*
autres
conducteurs
maintenance
démolition
manutention levage
terrassement
* Le terme piéton désigne le personnel à pied.
9
2. Cadre réglementaire
2. Cadre réglementaire
2.1. Le matériel
C’est ainsi que les machines neuves ou
considérées comme neuves*, mises sur le
Ce chapitre est plus particulièrement
marché à partir du
1er janvier
1995,
destiné au chef d’établissement ainsi
doivent être techniquement conformes à
qu’au personnel d’encadrement. Toute-
l’article R. 233-84 du code du travail.
fois le conducteur, bien que n’étant pas
directement responsable de la mise en
Les chefs d’établissement sont, pour ce qui
œuvre de certaines prescriptions, doit en
concerne le matériel, soumis aux obliga-
avoir connaissance, surtout pour le para-
tions suivantes (articles du code du travail) :
graphe 2.2 qui le concerne directement.
• assurer la sécurité et la santé des
travailleurs de l’établissement
(article
Avant 1980, la réglementation française
L. 230-2),
issue du code du travail s’adressait essen-
• utiliser du matériel conforme à la
tiellement aux utilisateurs du matériel,
réglementation (article L. 233-5-1),
bien que certaines prescriptions relevaient
• maintenir le matériel en état de confor-
de la conception technique du matériel.
mité (article R. 233-1-1),
• procéder à des vérifications :
Ce n’est qu’à partir de
1981, avec la
- initiales à la mise en service (article
mise en application des
« décrets de
R. 233-11-1),
juillet 1980 » relatifs à l’intégration de la
- périodiques (article R. 233-11),
sécurité lors de la conception des machi-
- à la remise en service (article R. 233-
nes, que des textes législatifs se sont
11-2),
adressés spécifiquement aux construc-
• et, dans certaines conditions, mettre en
teurs, et ce pour certaines catégories de
conformité le matériel ancien maintenu
machines dont les engins de terrassement.
en service (voir § 2.1.3).
Cette nouvelle « philosophie » s’est géné-
Ces articles font généralement l’objet
ralisée par la mise en application, à l’en-
d’arrêtés et commentaires spécifiques qui
semble des machines cette fois, de textes
précisent les mesures techniques particu-
réglementaires issus de la transposition en
lières à mettre en œuvre.
droit français des directives du conseil de
l’Union européenne.
* Se dit d’une machine neuve ou d’occasion en provenance d’un
pays ne faisant pas partie de l’Espace économique européen.
11
2. Cadre réglementaire
Lorsque le matériel est utilisé à d’autres
doit également être muni du marquage
fins que celles pour lesquelles il a été
CE et être accompagné de la déclaration
conçu, il est nécessaire de se référer aux
CE de conformité établie par le cons-
décrets et arrêtés spécifiques à ces autres
tructeur.
fonctions et usages.
• Note : les équipements interchangeables,
dont l’utilisation change la fonction de la
machine, doivent faire l’objet d’une cer-
tification séparée (cf. § 3.2).
2.1.1. Conformité du matériel
Les chefs d’établissement sont tenus de
• Le matériel mis en service entre le
mettre à disposition des travailleurs des
1er janvier 1993 et le 31 décembre 1994
appareils et accessoires conformes à la
pouvait être conforme à l’une ou à
réglementation et adaptés aux travaux à
l’autre des deux réglementations citées
exécuter.
ci-dessus dans leur intégralité, sans pan-
achage.
Réglementation
Ces dispositions sont applicables à tous
Pour les pelles hydrauliques, selon la date
les matériels, y compris ceux qui ont été
de mise en service du matériel, les quatre
construits par l’utilisateur pour son propre
cas suivants peuvent se présenter.
usage.
• Le matériel mis en service avant le
15 avril 1981 n’était soumis à aucune
Normalisation
exigence relative à la conception sauf en
ce qui concerne la fonction levage pour
Antérieurement au 1er janvier 1995, la nor-
laquelle les décrets du 23 août 1947 et
malisation avait un caractère d’application
du 8 janvier 1965 étaient applicables.
volontaire, sauf pour les marchés publics et
pour certaines normes rendues d’applica-
• Le matériel mis en service entre le
tion obligatoire par voie d’arrêtés.
15 avril
1981 et le
1er janvier
1993
devait être conforme aux dispositions du
À partir du 1er janvier 1995, les « normes
décret n°
80-543 du 15 juillet
1980
européennes harmonisées » (adoptées par
relatif à l’intégration de la sécurité dans
l’ensemble des pays membres de l’Union
la conception des machines. En outre,
européenne) ne peuvent en aucun cas être
les pelles de terrassement prévues pour
rendues d’application obligatoire.
être utilisées en levage de charges
devaient être conformes aux disposi-
L’utilisation volontaire des « normes euro-
tions des décrets du 23 août 1947 et du
péennes harmonisées » par les construc-
8 janvier 1965.
teurs de matériel donne une présomption
de conformité du matériel aux textes
• Le matériel mis en service à partir du
réglementaires. Lorsque cette possibilité
1er janvier 1995 doit être conforme aux
est utilisée par le constructeur, celui-ci doit
prescriptions de l’article R. 233-84 du
mentionner, dans la déclaration CE de
code du travail et plus particulièrement
conformité, les références des normes har-
aux règles techniques de son annexe I. Il
monisées dont il a fait usage.
12
Normes françaises
construction applicables lors de leur mise
en service dans l’établissement. »
Les pelles hydrauliques ont fait l’objet des
normes françaises (non obligatoires) sui-
Ainsi dans un même établissement, les
vantes :
règles techniques applicables aux diffé-
• NF E 58-100 (1984) Pelles hydrauliques
rents matériels utilisés peuvent être diffé-
de terrassement. Règles de sécurité.
rentes selon la génération à laquelle
• NF E 58-101 (1984) Pelles hydrauliques
appartiennent ces matériels :
utilisées en levage. Règles de sécurité.
• pour le matériel possédant un marquage
Ces normes ont été annulées et rempla-
CE, le maintien en état de conformité
cées à partir de
1995 par des normes
s’apprécie par rapport aux règles tech-
européennes élaborées pour répondre aux
niques définies dans l’annexe I de l’arti-
exigences de la directive « machines »
cle R. 233-84,
(directive 98/37/CE).
Toutefois, elles peuvent servir de référen-
• pour le matériel ne possédant pas de
tiel technique dans le cadre du maintien
marquage CE, le maintien en état de
en état de conformité du matériel ancien
conformité s’apprécie par rapport aux
(cf. § 2.1.2).
prescriptions techniques définies dans
les articles R. 233-15 à R. 233-41.
Normes européennes
Une attention particulière doit porter sur
Depuis 1995, les pelles hydrauliques font
le maintien en bon état de fonctionne-
l’objet de normes européennes harmoni-
ment des principaux dispositifs de com-
sées. Ces normes s’adressent aux concep-
mande et de sécurité montés sur les pelles
teurs des machines et leur permettent de
hydrauliques, en particulier les dispositifs
bénéficier d’une présomption de confor-
de direction, de freinage, d’éclairage et de
mité à la directive « machines » (directive
signalisation, les flexibles hydrauliques,
98/37/CE).
les clapets de maintien de charges, etc.
Il en est de même sur le choix et l’utilisa-
Il s’agit des normes :
tion des crochets et accessoires de pré-
• EN 474-1 (1995) Engins de terrasse-
hension.
ment. Sécurité. Exigences générales
• EN 474-5 (1996) Engins de terrasse-
ment. Sécurité. Exigences applicables
2.1.3. Mise en conformité
aux pelles hydrauliques.
Le décret n° 98-1084 du 2 décembre 1998
transposant la directive européenne
95/63/CE fixe les prescriptions techniques
2.1.2. Maintien en état
auxquelles doivent satisfaire les appareils
de conformité du matériel
de levage et les engins mobiles et donc les
L’article R.
233-1-1 du code du travail
pelles hydrauliques. Les matériels anciens,
stipule que : « Les équipements de travail
c’est-à-dire ne disposant pas d’un mar-
et moyens de protection (…) doivent être
quage CE, maintenus en service après le
maintenus en état de conformité avec les
5 décembre 2002, devront être mis en
règles techniques de conception et de
conformité avec :
13
2. Cadre réglementaire
• les prescriptions des articles R. 233-15 à
1980 sont réputées conformes aux pres-
R.
233-30 qui s’appliquent à tous
criptions des articles R. 233-15 à R. 233-
les équipements de travail
(machines
30 ; cette présomption de conformité
fixes, machines mobiles, appareils de
devra être vérifiée par un examen per-
levage),
mettant de s’assurer de la conformité
effective de la machine. En revanche,
• les prescriptions complémentaires des
aucune prescription du décret n°80-543
articles R.233-32 à R.233-33 qui concer-
du 15 juillet 1980 n’équivaut aux pres-
nent le levage,
criptions des articles R. 233-32 à R. 233-
41 et une mise en conformité avec ces
• les prescriptions complémentaires des
prescriptions s’impose.
articles R.
233-34 à R.
233-41 qui
concernent la mobilité.
2.1.4. Vérifications
La mise en œuvre de ces prescriptions
Les pelles de terrassement sont soumises
techniques repose sur un principe d’équi-
aux prescriptions de l’article R. 233-11 du
valence entre ces nouveaux textes et cer-
code du travail relatives aux vérifications
taines prescriptions figurant dans la
générales périodiques, complétées par les
réglementation française antérieure.
prescriptions des articles R.
233-11-1 et
Ainsi les machines mobiles
(donc les
R. 233-11-2 relatives aux vérifications à
pelles hydrauliques) qui sont conformes
effectuer à la mise en service et à la remise
aux dispositions du décret
en service et qui s’adressent spécifique-
n° 80-543 du
ment aux pelles équipées pour le levage.
15 juillet
La réalisation de ces vérifica-
tions doit être confiée,
sous la responsabilité du
chef d’établissement
dans lequel les
appareils sont
utilisés, à du
personnel
qualifié, exerçant
régulièrement
cette activité,
appartenant
soit :
14
- à l’établissement,
Vérifications
- à un établissement extérieur (le cons-
générales périodiques
tructeur par exemple),
L’article R.
233-11 impose que certains
- à un organisme de vérification, appelé
matériels dont la liste est fixée par arrêté
également organisme de contrôle ou
soient soumis à des vérifications générales
organisme d’inspection.
périodiques afin que soit décelée en temps
utile toute détérioration susceptible de
créer des dangers.
Mise en service
et remise en service
Les engins de terrassement, dont les
Les vérifications de première mise en
pelles hydrauliques, font l’objet des
service sont généralement effectuées par
arrêtés suivants :
le constructeur à la sortie de sa chaîne de
fabrication. L’utilisateur doit toutefois
• l’arrêté du
5 mars 1993 qui liste les
s’assurer de l’adéquation et du bon fonc-
appareils concernés et la périodicité des
tionnement de son appareil lors de sa
vérifications,
mise en service effective dans son établis-
sement, qu’il s’agisse d’un appareil neuf
• l’arrêté du 4 juin 1993 complétant l’ar-
ou d’occasion.
rêté du 5 mars 1993 qui fixe le contenu
et l’étendue des vérifications,
Cas des pelles
utilisées en terrassement
• l’arrêté du 9 juin 1993 modifié qui fixe
La mise en service et la remise en service
les conditions de vérification spécifiques
n’ont pas fait l’objet de textes spécifiques,
aux appareils de levage.
mais les prescriptions de l’article 22 du
décret du 8 janvier 1965 modifié restent
applicables.
Cas des pelles
utilisées en levage
Les vérifications de mise en
service font l’objet des articles 13
et 15 de l’arrêté du 9 juin 1993
modifié, les vérifications de remise
en service font l’objet des arti-
cles 19 et 20 du même arrêté.
Pour les pelles hydrauliques,
le changement de site d’ex-
ploitation n’est pas considéré
comme une circonstance
nécessitant des vérifications
de remise en service, sous
réserve de la réalisation
régulière de vérifications géné-
rales périodiques tous les 6 mois.
15
2. Cadre réglementaire
Il résulte de ces textes que :
2.2. Le conducteur
• pour les pelles utilisées en terrasse-
ment les vérifications périodiques
2.2.1. Âge du conducteur
doivent être effectuées tous les 12
• L’article R. 234-18 du code du travail inter-
mois,
dit d’employer les jeunes travailleurs de
• pour les pelles utilisées en levage
moins de 18 ans à la conduite des engins
de charges, les vérifications pério-
de terrassement ou de manutention.
diques doivent être effectuées tous
les 6 mois, incluant l’ensemble des
• L’article R. 234-22 du code du travail
vérifications réglementaires
précise que les jeunes travailleurs de
moins de 18 ans, apprentis munis d’un
Les périodicités fixées par la réglementa-
contrat d’apprentissage, ainsi que les
tion doivent être considérées comme des
élèves fréquentant les établissements
limites supérieures à ne pas dépasser. Des
d’enseignement technique, y compris les
examens plus fréquents peuvent s’avérer
établissements d’enseignement tech-
nécessaires en fonction de l’utilisation
nique agricole, publics ou privés,
effective des appareils et de l’agressivité
peuvent être autorisés à utiliser au cours
de l’environnement.
de leur formation professionnelle des
engins de terrassement ou de manuten-
Les vérifications générales périodiques
tion. Ces autorisations sont accordées
n’ont pas pour objectif de remplacer les
par l’inspecteur du travail selon les
vérifications et opérations de mainte-
modalités précisées dans l’article
nance prévues par le fabricant de l’engin
R. 234-22.
et figurant dans la notice d’instructions.
Les résultats des examens, essais et épreu-
2.2.2. Formation à la conduite
ves réalisés lors des différentes vérifica-
en sécurité.
tions doivent être consignés dans le regis-
Autorisation de conduite
tre de sécurité ouvert par le chef
L’article R. 233-13-19 du code du travail
d’établissement et conservés pendant
définit les nouvelles obligations en
5 ans, conformément aux dispositions de
matière de conduite d’engins de chantier
l’article L. 620-6 du code du travail.
et d’appareils de levage.
Cas du matériel loué
Formation à la conduite
en sécurité
Pour des raisons pratiques, il est admis qu’il
appartient aux loueurs d’effectuer les véri-
« La conduite des équipements de travail
fications périodiques. Cependant, en l’état
mobiles automoteurs et des équipements
actuel de la réglementation, l’utilisateur
servant au levage est réservée aux tra-
reste toujours responsable de leur réalisa-
vailleurs qui ont reçu une formation adé-
tion et doit donc s’assurer à chaque mise à
quate. Cette formation doit être complé-
disposition que les vérifications ont bien
tée et réactualisée chaque fois que
été effectuées et veiller, en liaison avec le
nécessaire. »
loueur, au renouvellement de celles-ci.
16
Il en résulte que la conduite des pelles
Autorisation de conduite
hydrauliques ne peut être confiée qu’à
« En outre, la conduite de certains équipe-
du personnel ayant reçu une formation
ments présentant des risques particuliers,
adéquate.
en raison de leurs caractéristiques ou de
Cette obligation s’applique à tous les
leur objet, est subordonnée à l’obtention
conducteurs, y compris aux salariés intéri-
d’une autorisation de conduite délivrée
maires ou en CDD et aux conducteurs
par le chef d’entreprise. L’autorisation de
occasionnels (personnel de maintenance,
conduite est tenue par l’employeur à la
démonstrateurs, etc.) et ce quel que soit le
disposition de l’inspecteur du travail ainsi
secteur d’activité.
que des agents des services de prévention
La formation peut être dispensée en
des organismes compétents de la Sécurité
interne par des formateurs compétents
sociale (…). »
appartenant ou non à l’entreprise, ou être
organisée dans un organisme de forma-
Depuis le 5 décembre 1999, la conduite
tion spécialisé. Dans tous les cas, il est
des pelles hydrauliques ne peut être
conseillé au chef d’établissement de
confiée qu’à des conducteurs titulaires
conserver les preuves de la réalisation des
d’une autorisation de conduite. Cette
actions de formation.
autorisation est délivrée par le chef
17
2. Cadre réglementaire
d’entreprise aux salariés concernés
suite à une évaluation comprenant :
• un examen d’aptitude médicale
réalisé par le médecin du travail,
• un contrôle des connaissances
et savoir-faire de l’opérateur pour la
conduite en sécurité,
• une vérification de la connais-
sance des instructions à res-
pecter sur le ou les sites d’uti-
lisation.
Comme la formation à la
conduite, le contrôle des
connaissances et savoir-faire
de l’opérateur peut être effectué
en interne ou auprès d’un
2.2.3. CACES : certificat
organisme extérieur spécialisé.
d’aptitude à la conduite
en sécurité
Cas des salariés intérimaires
C’est le responsable de l’entreprise de
Les pelles hydrauliques sont visées par la
travail temporaire qui est responsable de
recommandation R 372 modifiée relative
la formation à la conduite, de l’évaluation
à l’utilisation des engins de chantier.
des connaissances et de l’organisation de
Cette recommandation introduit le CACES,
la visite médicale obligatoire. En revanche,
qui est le résultat d’un test d’évaluation
il appartient au chef de l’entreprise utilisa-
dont le référentiel est défini dans la
trice de délivrer l’autorisation de conduite
recommandation. Ce test d’évaluation est
et de fournir les consignes spécifiques au
obligatoirement réalisé par une personne
chantier. L’autorisation de conduite sera
qualifiée dénommée « testeur » dont la
délivrée pour la durée de la mission, mais
compétence est vérifiée par des organis-
sa validité pourra être prolongée pour des
mes certificateurs de qualification.
missions successives dans la même entre-
prise.
La recommandation R 372 modifiée défi-
nit dix catégories de CACES correspondant
aux différentes catégories d’engins ren-
Cas de la location avec conducteur
contrées (voir tableau).
C’est le chef d’établissement de l’entre-
prise de location qui délivre l’autorisation
Les conducteurs de pelles hydrauliques
de conduite à son conducteur.
doivent être titulaires :
En revanche il appartient au chef de l’en-
treprise utilisatrice de transmettre au
• d’un CACES de catégorie 1 pour pouvoir
conducteur de l’engin loué les consignes
conduire des pelles compactes
(poids
spécifiques au chantier.
inférieur ou égal à 6 000 kg),
18
• d’un CACES de catégorie 2 pour les
un moyen de répondre à l’obligation des
autres types de pelles.
employeurs de s’assurer des connaissan-
ces et du savoir-faire de leurs conducteurs
Les CACES ont une validité limitée dans le
d’engins, tel que stipulé dans l’article
temps ; pour les engins de chantier, cette
R. 233-13-19 et dans l’arrêté du 2 décem-
validité est de 10 ans.
bre 1998.
Ainsi, l’autorisation de conduite peut être
Lien avec les obligations
délivrée par l’employeur à tout conducteur
réglementaires
d’engins titulaire d’un CACES, reconnu
Le CACES, qui est un contrôle de l’aptitude
apte médicalement et ayant reçu les
à la conduite en sécurité, constitue de fait
instructions particulières nécessaires.
Catégories d’engins de chantier
(annexe I de la recommandation R 372 modifiée)
CATÉGORIE
ENGINS
Conduite d’engins en production
1
Tracteurs et petits engins de chantier mobiles
(tracteur agricole, mini-pelle jusqu’à 6 tonnes, mini-chargeuse jusqu’à 4,5 tonnes,
petit compacteur, machine à peindre les lignes sur chaussées, etc.)
2
Engins d’extraction et/ou de chargement à déplacement séquentiel
(pelle, engin de fondations spéciales, de forage, de travaux souterrains, etc.)
3
Engins d’extraction à déplacement alternatif
(bouteur, tracteur à chenilles, pipe layer, etc.)
4
Engins de chargement à déplacement alternatif
(chargeuse, chargeuse-pelleteuse, etc.)
5
Engins de finition à déplacement lent
(finisseur, machine à coffrage glissant, répandeur de chaux, gravillonneur automoteur,
pulvimixeur, fraiseuse, etc.)
6
Engins de réglage à déplacement alternatif
(niveleuse)
7
Engins de compactage à déplacement alternatif
(compacteur, etc.)
8
Engins de transport ou d’extraction-transport
(tombereau, décapeuse, tracteur agricole supérieur à 50 ch, etc.)
9
Engins de manutention
(chariot-élévateur de chantier ou tout terrain, etc.)
Conduite d’engins hors production
10
Déplacement, chargement, déchargement, transfert d’engins sans activité
de production (porte-engin), maintenance, démonstration ou essais
19
2. Cadre réglementaire
2.2.4. Formation professionnelle
Les filières de formation à la conduite
d’engins sont nombreuses et adaptées à
Aucun diplôme ou permis n’est exigé pour
l’âge, au niveau scolaire et au statut des
pouvoir conduire une pelle hydraulique.
différents candidats.
Seule la formation à la conduite en sécu-
rité est obligatoire ainsi que la délivrance
Cas des jeunes sous statut scolaire
d’une autorisation de conduite. Rappelons
À l’issue de la classe de la 3e, les jeunes
à ce propos que le CACES n’est pas un
peuvent s’orienter vers des lycées profes-
diplôme de formation professionnelle.
sionnels pour préparer en 2 ans un CAP de
Toutefois il faut garder à l’esprit qu’une
conduite d’engins.
bonne formation professionnelle est un
facteur important de sécurité.
En matière de conduite d’en-
gins, les formations profes-
sionnelles
existent et
sont vali-
dées par
un CAP ou
un CFP de
conducteurs
d’engins, qui
dispensent
du test CACES
pendant 10 ans
(par équivalence).
20
Cas des jeunes sous contrat de travail
• catégorie I : matériels à caractère routier
avec une entreprise en alternance
prédominant, toutes les règles du code
La formation en alternance s’adresse
de la route leur sont applicables,
aux jeunes âgés de 18 à 25 ans et permet
de prépar e r, v i a u n c o n t r a t d’appren-
• catégorie II : matériels sans caractère
tissage ou un contrat de qualification, au
routier prédominant qui font l’objet de
CAP ou au CFP de conduite d’engins.
dispositions particulières.
Cas des personnels salariés
Les pelles hydrauliques sont des maté-
Les personnels salariés peuvent se former
riels de la catégorie II. À ce titre, les
à la conduite d’engins soit dans le cadre
principales dispositions à respecter pour
des plans de formation continue mis en
pouvoir emprunter le réseau routier sont
place par leurs entreprises, soit dans le
les suivantes :
cadre de congés individuels de formation.
• Permis de conduire : la conduite d’un
Les formations professionnelles à la
engin automoteur de la catégorie II
conduite d’engins peuvent être dispen-
n’est pas soumise à l’obligation de
sées selon le cas par :
permis de conduire. Toutefois le conduc-
• des lycées professionnels publics ou
teur devra connaître la signification des
privés,
panneaux et respec-
• des centres de formation d’apprentis
ter les règles
(CFA),
de la circu-
• des centres AFPA (association pour la
lation
formation professionnelle des adultes),
routière.
• des centres de formation de la profes-
sion du BTP.
2.2.5. Conduite sur route
Règles de circulation
Les pelles hydrauliques
peuvent être amenées à
circuler sur le réseau routier,
lors des transferts notamment.
Les conditions de circulation
sont précisées dans le code
de la route*.
Le code de la route classe les matériels
de travaux publics en deux catégories :
* Voir les articles R. 311-1 et suivants du code de la route.
21
2. Cadre réglementaire
• Immatriculation : les pelles ne font pas
• Vitesse : les matériels de travaux publics
l’objet d’une réception par le service des
de la catégorie II ne peuvent circuler sur
mines et ne sont donc pas immatriculées.
le réseau routier à une vitesse supé-
rieure à 25 km/h. Un disque indiquant
• Assurance : les pelles comme tous les
cette vitesse doit être apposé à l’arrière.
véhicules sont soumis à l’obligation d’as-
surance-circulation. Tout conducteur doit
être en mesure de présenter une attesta-
Autres dispositions à retenir
tion d’assurance en cas de contrôle.
Les engins sur chenilles ne peuvent circu-
ler que sur remorques sauf s’ils sont munis
• Gabarit :
de patins en caoutchouc ou de dispositifs
- longueur maxi : 15 mètres,
équivalents supprimant l’agressivité vis-à-
- largeur maxi : 2,55 mètres,
vis de la chaussée.
- hauteur : non limitée, mais prendre
des précautions si la hauteur dépasse
L’article L. 121-1 du code de la route rend
4 mètres.
le conducteur responsable pénalement
des infractions qu’il commet lors de la
• Éclairage et signalisation obligatoires :
conduite du véhicule. Cet article s’ap-
- feux de position,
plique également aux engins de travaux
- feux de croisement,
publics.
- feux rouges arrières,
- indicateurs de changement de direction,
Les dispositions du code de la route régis-
- catadioptres (dispositifs réfléchissants).
sent uniquement l’usage des voies ouver-
tes à la circulation publique. De ce fait, le
• Organes de manœuvre, de direction,
code de la route n’est pas obligatoire
de visibilité :
dans l’enceinte des chantiers de bâtiment
- miroir rétroviseur obligatoire sur les
et de travaux publics, des carrières, des
matériels ayant une cabine fermée,
usines etc. ; mais à défaut de règles de
• - essuie-glace obligatoire si le véhicule
circulation précises, il est recommandé de
est muni d’un pare-brise,
le respecter.
• - pare-brise et vitres de type homologué.
maxi.
2,55 m
maxi. 15 m
25
22
2.3. L’utilisation
tion des conducteurs et de l’autorisation
de conduite. Pour les engins de chantier,
cet article est applicable depuis le
2.3.1. Dispositions
5 décembre 1999.
réglementaires
La réglementation relative à l’utilisation
des engins de chantier a évolué avec
Bâtiment et travaux publics
la parution du décret n°
98-1084 du
2 décembre 1998.
Ces prescriptions sont complétées, sur les
chantiers de bâtiment et de travaux
Désormais l’utilisation des engins mobiles
publics, par les mesures relatives à l’utilisa-
et des appareils de levage est soumise
tion contenues dans le décret du 8 janvier
aux articles suivants du code du travail* :
1965 modifié et notamment les titres :
I Mesures générales de sécurité
• R. 233-1 relatif au choix des équipe-
ments de travail,
II Appareils de levage
III Câbles, chaînes, cordages
• R. 233-2, R. 233-3, R. 233-9, et R. 233-10
et crochets
relatifs à l’information et à la formation
du personnel chargé de la conduite et de
IV Travaux de terrassement à ciel ouvert
la maintenance,
V Travaux souterrains
• R. 233-4 à R. 233-8 relatifs aux mesures
VI Travaux de démolition
d’organisation, d’installation et de mise
XII Travaux au voisinage de lignes, cana-
en œuvre,
lisations et installations électriques.
• R. 233-11, R. 233-11-1 et R. 233-11-2
qui, explicités par les arrêtés du 5 mars
Mines et carrières
1993, du 4 juin 1993, et du 9 juin 1993
L’article L.
231-1-1 du code du travail
modifié, définissent les conditions de
exclut les mines et carrières du champ
vérification des machines mobiles et des
d’application des dispositions générales
appareils de levage,
applicables aux salariés en matière
d’hygiène et de sécurité. La réglementa-
• R. 233-13-1 à R. 233-13-15 applicables
tion de la sécurité dans les mines et
aux équipements de travail servant au
carrières est autonome et trouve sa source
levage,
dans le code minier.
• R. 233-13-16 à R. 233-13-18 applicables
Le règlement général des industries extrac-
aux machines mobiles,
tives (RGIE) fixe les prescriptions générales
en matière de sécurité. Les titres qui
• R. 233-13-19 qui, explicité par l’arrêté
traitent plus particulièrement de l’utilisa-
du 2 décembre 1998, traite de la forma-
tion des engins de chantier sont Règles
générales (RG-1-R), Équipements de travail
(ET-1-R) et Véhicules sur pistes (VP-1-R)
* Applicables depuis le 5 décembre 1998 sauf le R. 233.13.3 et
le R. 233.13.19.
23
2. Cadre réglementaire
2.3.2. Recommandations
avec des engins de chantier. Il s’agit des
de la Sécurité sociale
recommandations :
Elles sont élaborées par des commissions
• R
159 Travaux de terrassement et
paritaires composées de membres dési-
d’exploitation de carrière à ciel ouvert,
gnés par les comités techniques nationaux
auxquels s’adjoignent des experts. Elles
• R 339 Circulation des engins et véhicu-
sont applicables à tous les chefs d’entre-
les sur les chantiers,
prise dont le personnel relève du régime
général de la Sécurité sociale.
• R 345 Travaux de démolition de bâti-
ments,
Outre la recommandation R 372 modi-
fiée déjà citée, cinq autres recomman-
• R 354 Engins circulant ou manœuvrant
dations concernent les travaux exécutés
fréquemment en marche arrière.
24
3. Pelles hydrauliques
3.1. Principaux types
première est de creuser avec un godet,
de pelles hydrauliques
sans que la structure portante ne se
déplace pendant le cycle de travail de
Selon la définition donnée dans la norme
l’engin ».
ISO 6165, « la pelle hydraulique est un
engin automoteur à roues, à chenilles ou à
Note : un cycle de travail de pelle comp-
jambes ayant une structure supérieure nor-
rend normalement le creusement, le soulè-
malement capable de tourner à 360°,
vement, un mouvement de rotation et le
ayant un équipement dont la fonction
déchargement des matériaux.
On distingue quatre types de pelles hydrauliques.
• Les pelles
sur roues
Le châssis
repose sur des
essieux munis
de roues. La sta-
bilité au cours
du travail est
assurée par des
stabilisateurs
indépendants
des roues.
25
3. Pelles hydrauliques
• Les pelles
sur chenilles
Le châssis repose
sur deux trains
de chenilles.
• Les mini-pelles (ou pelles compactes)
Pelles d’une masse opérationnelle inférieure ou égale à 6 000 kg.
• Les pelles à avancement
au pas (ou pelles araignées)
Pelles supportées par trois jambes
ou plus, qui peuvent être
articulées et/ou télescopiques,
et peuvent être équipées de roues.
26
3.2. Équipements et accessoires
• L’équipement rétro est constitué d’une flèche, d’un
bras, d’une biellette et d’un godet rétro qui
travaille généralement
en direction de l’engin. Il sert
principalement aux
travaux
d’excavation
au-dessous
du niveau du sol.
• L’équipement butte est constitué d’une flèche, d’un bras,
d’une biellette et d’un godet butte qui travaille
dans la direction opposée
à l’engin et généralement vers le
haut. Il sert principalement
au terrassement
au-dessus du niveau
du sol. Cet équipement
est principalement
utilisé en carrière.
• L’équipement à benne preneuse ou à pinces est
constitué d’une flèche, d’un bras, d’une
biellette et d’une benne preneuse
ou d’une pince.
Il est principalement utilisé
pour le creusement des puits
ou pour les manutentions de
produits en vrac (ferraille,
bois, papier, etc.).
27
3. Pelles hydrauliques
Accessoires
De nombreux accessoires peuvent être montés sur les pelles hydrauliques, on distingue :
• les outils tels que godets, lames, etc., qui sont des équipements qui ne modifient
pas la fonction de base de l’engin, le marquage CE de l’accessoire n’est, dans ce cas,
pas nécessaire.
• les équipements interchangeables tels que brise-roche hydraulique (BRH),
tarières, accessoires de manutention (crochet, électroaimant, pince, etc.) qui
modifient la fonction de base de l’engin, chacun de ces équipements interchangeables
doit donc être certifié et muni du marquage “CE” de conformité.
Le constructeur de l’engin de base ainsi que celui des équipements interchangeables
doivent obligatoirement fournir des informations concernant :
- la possibilité d’assembler et d’utiliser en sécurité les équipements interchangeables,
- une description des points et moyens de fixation sur l’engin de base,
- la manière de réaliser le montage et, si nécessaire, les contre-indications d’emploi.
Ces informations doivent être contenues dans les notices d’instructions devant accompa-
gner chaque engin et chaque équipement interchangeable.
28
4. Règles générales
de sécurité
Avant de travailler sur un nouveau chantier,
prenez connaissance de l’organisation de la sécurité
sur le site. Si l’on vous confie un nouvel engin,
familiarisez-vous avec son fonctionnement.
4.1. Organisation
ainsi que celles définies pour l’ensemble
de la sécurité
du chantier par le coordonnateur SPS.
du chantier
• Chantiers soumis à un plan de pré-
L’organisation de la sécurité diffère
vention : c’est le cas des chantiers exé-
selon la taille du chantier et la confi-
cutés dans un établissement en activité
guration du site.
(une usine par exemple). Les risques
pouvant résulter de l’interférence entre
• Chantier isolé : les mesures de sécurité
le chantier et les activités de l’établisse-
spécifiques au chantier doivent être défi-
ment font l’objet de mesures spécifiques
nies par le chef d’entreprise, après éva-
définies dans un plan de prévention.
luation des risques, dans le respect des
obligations légales et des contraintes du
Vous devez respecter les mesures de sécu-
site.
rité définies par votre employeur ainsi que
celles définies pour l’ensemble du chantier
• Chantier soumis à coordination SPS :
dans le plan de prévention.
sur les chantiers de bâtiment ou de
travaux publics, une coordination en
Quelle que soit l’organisation mise
matière de sécurité et de protection de
en place, vous devrez impérativement
la santé doit être mise en place dès que
connaître
:
plusieurs entreprises interviennent sur le
• les règles de circulation à l’intérieur du
site. Vous devez respecter les mesures
chantier, les signaux et les balisages
de sécurité définies par votre employeur
utilisés,
29
4. Règles générales de sécurité
• les zones qui peuvent présenter des
• le poids de votre engin si vous devez
dangers ou des restrictions d’accès
vous engager sur un pont provisoire ou
(zones de travaux, zones non feux, etc.),
un plancher,
• la localisation des différents réseaux
• l’organisation prévue pour assurer les
existants
: électricité, gaz, téléphone,
premiers secours en cas d’urgence.
eau, etc. dès lors qu’ils peuvent avoir
une influence sur la sécurité,
• le gabarit de votre engin ainsi que les
passages étroits ou à hauteur limitée,
30
4.2. Cas des chantiers
Note : les chantiers progressant par bons
sous circulation
successifs peuvent être assimilés aux chan-
tiers mobiles à condition qu’ils réalisent au
Les chantiers peuvent être exécutés en
moins un déplacement par demi-journée.
site urbain ou interurbain
(rase campa-
gne), sur routes bidirectionnelles (routes
La protection est généralement assurée
départementales, routes nationales, etc.)
par une signalisation portée par l’engin.
ou sur routes à chaussées séparées (voies
Elle est constituée de :
rapides, autoroutes).
- un gyrophare de couleur orange,
- des bandes rétroréfléchissantes rouges
Les chantiers exécutés sous circulation
et blanches de type homologué,
constituent des obstacles qui doivent être
- un panneau AK 5 doté de trois feux de
signalés de manière réglementaire*. On
balisage visibles de l’avant et de l’arrière.
distingue :
• Les chantiers fixes : ce sont les chantiers
dont la signalisation reste en place
• Les chantiers mobiles : ce sont des
pendant plus d’une demi-
chantiers qui progressent à une vitesse
journée. Le balisage de
pouvant varier de quelques centaines
chantier constitue la
de mètres à plusieurs dizaines de
protection collec-
kilomètres à l’heure.
tive. Pour travailler
en sécurité, vous
devez rester à
l’intérieur du
balisage.
* Voir l’Instruction interministérielle, Livre 1, 8e partie.
31
4. Règles générales de sécurité
À chaque type de chantier correspond un
4.3. Vêtements de travail
balisage spécifique. La plupart des situa-
et équipements
tions rencontrées figurent dans des guides
de protection
édités par les services techniques du
individuelle (EPI)
ministère de l’Équipement
: Manuel du
chef de chantier. Routes bidirectionnelles
Utilisez des vêtements ajustés. Les vête-
et Manuel du chef de chantier. Routes à
ments flottants risquent d’accrocher les
chaussées séparées. Reportez-vous à
commandes et de provoquer des mouve-
ces guides dès que vous devez travailler
ments incontrôlés de l’engin.
ou emprunter une route ouverte à la
Les bagues, les bracelets-montres, etc.,
circulation.
peuvent s’accrocher lorsque vous descen-
dez de votre engin et vous occasionner des
blessures, des fractures. Évitez d’en porter.
32
Code du travail, R. 233-1 : « (…) En outre,
4.4. Connaissance
le chef d’établissement doit mettre, en
de l’engin
tant que de besoin, les équipements de
protection individuelle appropriés et,
• Ne prenez jamais les commandes d’un
lorsque le caractère particulièrement insa-
engin si vous ne pouvez respecter les
lubre ou salissant des travaux l’exige, les
obligations réglementaires qui vous
vêtements de travail appropriés à la dispo-
concernent (voir § 2.2).
sition des travailleurs et veiller à leur utili-
sation effective (…). »
• Le constructeur fournit avec l’engin une
notice de conduite et d’entretien et
Votre employeur doit vous
fournir des
des conseils au conducteur
; lisez-la
équipements de protection
individuelle
avec soin, répétez un à un les gestes
(EPI) adaptés aux travaux
conseillés.
à effectuer. Pour
la conduite des
engins, il faut
prévoir au
minimum :
• des chaus-
sures ou
bottes de
sécurité,
• des protecteurs
auditifs
(bouchons
d’oreilles, casques anti-
bruit) car le niveau sonore
à l’intérieur de la cabine
dépasse souvent le seuil
de 85 dB (A),
• un vêtement de signalisation
à haute visibilité dès que vous devez
• Repérez bien l’emplacement, la fonction
intervenir hors de la cabine,
(mouvement commandé), le sens de
manœuvre de chaque commande. Les
• des gants de travail pour les opérations
fonctions de chacune des commandes
d’entretien, de manutention, etc.,
sont généralement repérées par des pic-
togrammes. Apprenez la signification de
• un casque pour les travaux hors de la
chacun d’eux.
cabine exposant à un risque de chute
d’objets.
• Sachez où et comment vérifier le niveau
des différents fluides utilisés : huile, car-
Prenez soin des EPI qui vous ont été
burant, liquide de refroidissement.
confiés.
33
4. Règles générales de sécurité
• Vous devez connaître parfaitement les
• Prenez connaissance de l’espace néces-
dispositifs de contrôle et d’alarme
saire à l’évolution de l’engin, de ses pos-
visuels ou sonores servant à signaler la
sibilités et limites d’utilisation. Tenez
défaillance d’un organe : baisse de pres-
compte des angles morts, notamment
sion, dépassement de charge, augmen-
lors de l’inversion du sens de marche.
tation de température qui risque de
rendre dangereuse l’utilisation de
• En suivant les instructions de la notice
l’engin, etc.
de conduite et d’entretien, manœuvrez
toutes les commandes de
• Apprenez à manœuvrer les dispositifs
votre engin.
de verrouillages mécaniques (de l’équi-
pement, des stabilisateurs, etc.).
• Apprenez à régler la
suspension du siège
en fonction de votre
poids, vous réduirez
l’effet des vibra-
tions et secousses.
34
5. Avant le démarrage
Vous connaissez maintenant votre pelle
• Faites le tour de l’engin attentivement et
hydraulique et votre chantier depuis un
signalez immédiatement au chef de
certain temps et vous allez commencer
chantier ou au chef d’atelier les fuites,
une nouvelle journée de travail. Avant
même légères, les pièces, canalisations
d’utiliser votre engin, vous devez, comme
ou flexibles en mauvais état. Rappelez-
un pilote d’avion, procéder à un certain
vous que votre engin doit toujours être
nombre de contrôles.
maintenu en bon état.
Décret du 8 janvier 1965, modifié par
décret du 6 mai 1995, article 24 : « Un
registre spécial, dit « registre d’observa-
5.1. Les contrôles
tions », doit être mis à la disposition des
À l’aide de la notice de conduite et d’en-
travailleurs et des membres du comité
tretien du constructeur, procédez aux
d’hygiène, de sécurité et des conditions de
contrôles nécessaires
travail, ou, à défaut, des
avant le
délégués du person-
départ :
nel, pour qu’ils
puissent y
consigner
35
5. Avant le démarrage
leurs observations en ce qui concerne l’état
• Vérifiez :
du matériel et des installations, l’existence
des causes susceptibles d’en compromettre
- le système d’éclairage : phares de travail
la solidité et l’application des dispositions
et phares de recul ; le cas échéant, les
qui font l’objet du présent décret. Ce regis-
feux de position, les clignotants, les feux
tre, sur lequel le chef d’établissement a
stop,
également la faculté de consigner ses
observations, doit être tenu à la disposi-
- pour les pelles sur pneus
: l’état des
tion de l’inspecteur ou du contrôleur du
pneumatiques, pour les pelles sur che-
travail, du médecin du travail, des membres
nilles : la tension des chaînes et l’état des
du comité régional de l’organisme de pré-
tuiles,
vention du bâtiment et des travaux publics,
- la présence de tous les dispositifs de
sécurité y compris les capots
de protection, les trappes
et les bouchons,
- les niveaux d’huile,
d’eau, de fluide
hydraulique, et
de carburant.
• Ne mettez pas en
marche un engin
défectueux. En
accord avec votre
chef de chantier
faites-le réparer
avant de repren-
dre le travail avec
l’engin.
des représentants
de l’organisme de
Sécurité sociale compétent en matière de
prévention des risques professionnels, ainsi
que des membres du collège interentrepri-
ses de sécurité, de santé et des conditions
de travail (…). »
36
5.2. La visibilité
Si l’engin est équipé d’une cabine, net-
toyez le pare-brise, les glaces et les
rétroviseurs avant de démarrer ; vérifiez
le fonctionnement de l’essuie-glace
et enlevez tout ce qui peut gêner votre
visibilité.
37
5. Avant le démarrage
5.3. L’ordre et la propreté
• Ne laissez pas de chiffons dans le com-
partiment moteur, vous pourriez provo-
quer un incendie.
• Le poste de conduite doit être propre :
enlevez l’huile, la graisse, la boue sur le
plancher, les marchepieds et les poi-
gnées. En hiver, faites de même avec la
neige et la glace.
• Ne laissez pas sur les planchers du
poste de conduite des objets divers,
des outils et des chiffons. Ils se
déplaceront pendant
le
travail et pourront, soit
vous faire tomber, soit
bloquer une com-
mande
(frein,
accélérateur,
etc.). Utilisez
le coffre à
outils.
• Ne transpor-
tez pas de
produits
inflamma-
bles dans la
cabine ou
sur l’engin
(gazole,
essence,
lubrifiant,
etc.).
38
6. Mise en route
6.1. Avant de monter
Demandez leur de s’éloigner et assurez-
vous qu’ils le font effectivement. De
• Vérifiez que personne ne se trouve à
même, faites déplacer les engins ou
proximité immédiate de l’engin ni en
objets susceptibles de vous gêner dans
dessous, un méca-
la zone de travail.
nicien peut tra-
vailler dessous.
• Avant de monter, enlevez la boue de vos
chaussures ou de vos bottes, vous évite-
rez ainsi de glisser. Essuyez-vous les
mains pour garder les commandes
propres.
39
6. Mise en route
• Utilisez les poignées et les marchepieds
pour monter ; s’ils sont endommagés,
faites-les réparer au plus tôt. Évitez de
vous aider du volant ou d’un levier de
commande pour monter sur l’engin.
La règle des trois appuis
Pour monter et descendre de la cabine
vous devez avoir alternativement deux
pieds en appui et une main en prise, puis
deux mains en prise et un pied en appui.
6.2. Démarrage
du moteur
Suivez les instructions de la notice de
conduite et d’entretien et en particulier les
points suivants.
• Ne démarrez pas dans un local fermé,
les gaz d’échappement sont nocifs et
peuvent être mortels.
40
• Installez-vous sur le siège avant de
• Mettez le moteur en marche.
mettre le moteur en marche. Ne le
mettez jamais en route en étant hors du
• Vérifiez que les indications données par
poste de conduite.
les appareils de contrôle (manomètres,
thermomètres, témoins de charge, etc.)
sont normales.
• Ajustez les réglages de votre siège ; en
particulier ceux concernant sa suspen-
sion, cette opération doit avoir lieu à
Difficulté de mise en route
chaque changement de conducteur.
• En cas de problème avec la batterie, si
• Vérifiez que la commande d’accélérateur
vous utilisez des batteries auxiliaires de
se déplace librement.
démarrage, assurez-vous que les bornes
sont bien connectées en parallèle. Évitez
• Assurez-vous que les commandes sont
de faire des étincelles, de mettre une
au point mort pour éviter les mouve-
pièce métallique en travers des bornes, il
ments intempestifs lors de la mise en
y a risque d’explosion.
route du moteur.
41
6. Mise en route
6.3. Vérification
• Faites fonctionner l’équipement à vide
du fonctionnement
dans toutes les positions.
de l’engin
• Passez les différentes vitesses avant et
Quand le moteur tourne, contrôlez le bon
arrière.
fonctionnement de toutes les commandes
en manœuvrant lentement dans un
• En vous déplaçant à petite vitesse,
endroit dégagé. Portez attention aux
écoutez le bruit du moteur et des méca-
points suivants.
nismes pour déceler tout bruit anormal.
• Vérifiez l’efficacité des freins (freins de
• Vérifiez le bon fonctionnement des
translation, frein de tourelle).
phares et de l’avertisseur.
• Vérifiez le bon fonctionnement
Si votre engin présente la moindre défec-
de la direction.
tuosité, prévenez votre chef de chantier ou
votre responsable matériel.
42
7. Pendant le travail
Votre sécurité et celle des autres dépendent
de votre comportement pendant la conduite de votre engin.
Votre prudence et votre professionnalisme seront
les meilleures assurances contre les accidents.
RÈGLES DE BONNE CONDUITE
Restez vigilant en toutes circonstances.
Ne buvez pas de boissons alcoolisées avant ou pendant le travail.
Attention si vous prenez des médicaments, en particulier
des tranquillisants : certains peuvent vous rendre somnolents
et diminuer votre attention. Votre médecin peut
vous conseiller utilement à ce sujet.
Gardez toute votre attention pour le travail ;
votre prudence peut éviter des accidents.
Ne faites pas la course avec les autres.
Ne faites pas de farces aux autres conducteurs,
ne « piégez » pas leurs engins.
43
7. Pendant le travail
7.1. Règles de base
7.2. Présence de personnel
sur les engins
• Utilisez votre pelle conformément aux
dispositions prévues par le constructeur.
Code du travail, R. 233-13-18 : « La pré-
Une mauvaise utilisation de la machine
sence des travailleurs sur des équipements
peut s’avérer dangereuse et provoquer
de travail mobiles mus mécaniquement
des accidents graves ou mortels.
n’est autorisée que sur des emplacements
sûrs, aménagés à cet effet. Si des travaux
• Évitez les manœuvres brutales.
doivent être effectués pendant le déplace-
ment, la vitesse doit être adaptée. »
• N’essayez jamais de monter ou de des-
cendre en marche, même à vitesse très
• Il est interdit de transporter des passa-
réduite.
gers sur une pelle hydraulique, sauf si
celle-ci est équipée d’un siège supplé-
• Ne descendez de votre engin qu’une fois :
mentaire spécialement aménagé.
- l’équipement posé au sol,
- le moteur arrêté,
• Même à l’arrêt ne laissez pas quelqu’un
- le frein de parking serré.
stationner ni sur l’engin ni à proximité.
Un faux mouvement de votre part sur
l’une des commandes peut provoquer
un accident. Utilisez votre avertisseur
sonore pour attirer son attention et
cessez tout mouvement tant qu’il ne
s’est pas éloigné.
44
7.3. Levage de personnes
• Il est interdit d’utiliser le godet d’une
pelle hydraulique comme moyen de
Code du travail, R. 233-13-3 : « Le levage
levage de personnes. Utilisez un appa-
des personnes n’est permis qu’avec les
reil spécialement conçu pour cette tâche
équipements de travail et les accessoires
(nacelle ou plate-forme élévatrice).
prévus à cette fin (…). »
Note : Les quelques cas où il est admis
d’utiliser un appareil de levage pour
transporter des personnes (impossibilité
technique de disposer d’un appareil
spécialement conçu ou risque particulier
dû à l’environnement de travail) ne
s’appliquent pas aux pelles hydrauliques.
45
7. Pendant le travail
7.4. Protection des piétons
• Tenez compte des angles morts qui sont
situés principalement à l’arrière de la
Code du travail, R. 233-13-17 : « Des
machine et à l’avant de la chenille
mesures d’organisation doivent être prises
droite : la flèche peut masquer la pré-
pour éviter que les travailleurs à pied ne se
sence d’un piéton.
trouvent dans la zone d’évolution des
équipements de travail. Si la présence de
• Maintenez les rétroviseurs propres et en
travailleurs à pied est néanmoins requise
bon état et pensez à vous en servir !
pour la bonne exécution des travaux, des
mesures doivent être prises pour éviter
• Si le travail s’effectue près d’obstacles
qu’ils ne soient blessés par ces équipe-
fixes, la tourelle peut heurter ou écraser
ments. »
une personne située entre la pelle et
l’obstacle. Dans ce cas, il faut prendre
• Soyez vigilant lors des manœuvres de
des mesures de signalisation ou de sur-
translation, quelqu’un peut se trouver
veillance pour en interdire l’accès.
dans la zone d’évolution de votre engin
à votre insu.
46
7.5. Stabilité
• N’oubliez pas que la stabilité de la
machine diminue lorsque la tourelle
Code du travail, R. 233.5 : « Les équipe-
n’est plus dans l’axe des chenilles ou
ments de travail et leurs éléments doivent
des roues.
être installés et pouvoir être utilisés de
manière telle que leur stabilité soit
• La largeur des chenilles doit être choisie
assurée. »
en fonction de la portance du sol. Moins
le terrain est portant, plus la chenille
• Quel que soit le type de pelle utilisé,
doit être large.
assurez-vous que la résistance du sol est
suffisante pour l’engin utilisé. Si néces-
saire, utilisez des plaques de répartition
sous les stabilisateurs.
• Ne placez pas les chenilles ou les stabi-
lisateurs trop près des bords de fouille.
Sous l’effet des vibrations ou du
poids de votre engin, ils peuvent
s’effondrer et votre engin risque
de basculer.
•
47
7. Pendant le travail
7.6. Travaux de
terrassement
• Aménagez-vous une aire de travail
propre et bien nivelée.
Décret du 8 janvier 1965, modifié par
décret du 6 mai 1995, art.65 : « Les arbres,
les blocs de pierre, ainsi que le matériel, les
matériaux et objets de toute nature se trou-
vant à proximité de l’emplacement où des
fouilles sont entreprises, doivent être
enlevés ou solidement maintenus lorsqu’il
apparaît que leur équilibre risque d’être
compromis lors de l’exécution des travaux. »
Décret du 8 janvier 1965, modifié par
décret du 6 mai 1995, art. 69 : « Les pentes
et les crêtes des parois doivent être débar-
rassées des éléments dont la chute présente-
• Sur les pelles à pneus, n’entreprenez
rait un danger. Lorsque des parties en sur-
jamais un travail, même de courte
plomb d’un terrain ne peuvent être
durée, sans mettre les stabilisateurs.
abattues, des mesures appropriées (telles
que l’étaiement et la consolidation) doivent
être prises pour empêcher leur
éboulement. »
48
• Prenez les précautions nécessaires pour
• Ne déplacez jamais votre godet vide ou
vous protéger contre les chutes de
plein au-dessus de la tête des autres
matériau : purgez les parois, abattez les
personnels, ni au-dessus de la cabine du
arbres en bordure de fouille.
camion ou du tombereau.
• Ne faites pas d’excavation en sous-
• Pour effectuer des travaux, avec une
cavage, vous risquez d’être enseveli
pelle sur chenille en crête de talus ou en
même à bord de votre engin.
bord de fouille, l’emplacement de travail
sera abordé en marche avant, le châssis
• En cas de risque d’éboulement, des
faisant face à la ligne de crête ou au
dispositifs de soutènement ou de
bord de fouille.
confortation doivent être prévus et mis
en œuvre.
• Équilibrez le chargement dans la benne.
• Chargez les camions avec précaution, ne
• Posez l’équipement au sol même pour
heurtez pas la benne et encore moins la
les arrêts de courte durée.
cabine.
49
7. Pendant le travail
7.7. Levage de charges
• Assurez-vous que votre pelle et ses
Note : le bon fonctionnement des clapets
accessoires ont bien subi les vérifica-
de sécurité est contrôlé au cours de la véri-
tions réglementaires et qu’une copie du
fication générale périodique.
dernier rapport de vérification générale
périodique est disponible à bord de la
Code du travail, R. 233-13-5 : « Il est inter-
machine (voir § 2.1.4).
dit de transporter des charges au-dessus
des personnes (…). »
• Assurez-vous que votre pelle est
équipée pour effectuer des opérations
• Organisez les manutentions de façon
de levage, en particulier :
telle que les charges ne passent pas au-
- un dispositif d’accrochage de la charge
dessus du personnel.
qui s’oppose au décrochage accidentel
tel que crochet à linguet, œillet, qui
• Avant chaque manœuvre, avertissez vos
peut être disposé sur le godet ou sur le
collègues qui travaillent à proximité de
balancier. L’usage d’une élingue enrou-
la charge à l’aide de l’avertisseur sonore
lée autour du godet ou accrochée à
par exemple.
une dent est à proscrire,
- un système d’avertissement sonore ou
Code du travail, R. 233-13-8 : « (…) Si le
visuel indiquant un dépassement de la
conducteur d’un équipement de travail
charge nominale.
servant au levage de charges non guidées
50
ne peut observer le trajet entier de la
Code du travail, R. 233-13-4 : « Il est inter-
charge ni directement ni par des dispositifs
dit de soulever, hors essais ou épreuves,
auxiliaires fournissant les informations
une charge supérieure à celle marquée sur
utiles, un chef de manœuvre, en communi-
l’appareil et, le cas échéant, sur la plaque
cation avec le conducteur, aidé le cas
de charge.
échéant par un ou plusieurs travailleurs
placés de manière à pouvoir suivre des yeux
Des mesures doivent être prises pour empê-
les élément mobiles pendant leur déplace-
cher la chute ou l’accrochage des matériaux,
ment, doit diriger le conducteur. »
agrès ou toutes autres pièces soulevées. »
• Si la charge manutentionnée n’est pas
• N’entreprenez jamais une opération de
visible du conducteur (pose de canalisa-
levage sans avoir d’abord consulté le
tion en tranchée par exemple), un aide
tableau de charge établi et fourni par le
doit diriger le conducteur et s’assurer
constructeur. Ne dépassez jamais les
qu’aucune personne ne se situe dans la
limites prévues par le tableau de
zone d’évolution de la charge.
charges. Ces limites ne sont pas unique-
ment déterminées en fonction de la sta-
bilité de la pelle, mais aussi eu égard à
la résistance mécanique de certaines
pièces.
7. Pendant le travail
• Les capacités nominales de manuten-
• La stabilité de la charge en cours de
tion fournies par le constructeur sont
déplacement dépend essentiellement de
établies pour une machine mise en place
son mode d’élingage. Le bon choix du
de niveau, appuis complètement sortis
matériel et les méthodes correctes d’é-
sur un terrain horizontal et résistant.
lingage sont autant de facteurs de sécu-
rité. Reportez-vous à la brochure
• Ne soulevez jamais une charge brutale-
Mémento de l’élingueur, INRS ED 389.
ment : les mouvements trop rapides, les
arrêts brusques peuvent occasionner
des surcharges.
• Ne levez jamais une charge à une
hauteur injustifiée par la manœuvre à
effectuer. Gardez la charge aussi près
que possible du sol.
52
7.8. Équipement benne
7.9. Règles de circulation
• La benne preneuse peut prendre un
• Avant tout transfert d’une pelle par la
ballant important et heurter toute per-
route ou sur porte-char, vous devez :
sonne se trouvant dans le zone de
- relever les stabilisateurs et les verrouiller,
travail et même la cabine.
- orienter la flèche dans le sens de la
Ainsi il faut :
marche,
- terrasser en évitant un balancement
- rentrer le balancier et abaisser la
excessif de la benne,
flèche,
- sur terrain accidenté, maintenir l’équi-
- bloquer la tourelle dans l’alignement
pement en extension pour empêcher la
des chenilles ou des roues au moyen
benne de heurter la cabine.
du dispositif de verrouillage prévu.
• Lorsque la visibilité directe n’est pas
assurée, un aide doit vous guider.
• Adaptez votre vitesse aux difficultés du
terrain.
• Ne jamais laissez l’aide guider manuel-
lement la benne preneuse ; il y a un
• Pour descendre une pente ou pour vous
risque de sectionnement des doigts.
déplacer à flanc de coteau, orientez la
flèche vers le bas de la pente, maintenez
• À l’arrêt, sortez la benne du puits ou du
le godet au ras du sol, il vous empêchera
sondage, éloignez la pelle du bord du
de basculer.
puits et posez la benne au sol.
• Ne faites pas patiner vos roues ou vos
• Ne laissez jamais une fouille ouverte
chenilles, vous créez des ornières inutiles.
non balisée.
• Respectez la signalisation du chantier.
• Le bord des talus des remblais, des tran-
chées et des berges ne sont pas solides ;
ne roulez pas trop près du bord, sous
le poids de votre engin, ils peuvent
s’effondrer et votre engin risque de
basculer.
53
8. Dangers
54
8. Dangers
8.1. Terrain en pente
8.2. Risques électriques
• Ne descendez pas de biais.
Les dispositions à prendre lors de travaux
exécutés au voisinage de lignes, canalisa-
• Pour monter une pente accentuée,
tions et installations électriques sont
orientez la flèche vers le haut de la
détaillées dans le titre XII du décret du
pente et plantez le godet dans le sol.
8 janvier 1965 (articles 171 à 185).
• Avec une pelle sur chenilles, pour
monter une pente, les barbotins doivent
8.2.1. Travaux à proximité
se trouver à l’arrière, vers le bas de la
d’une ligne électrique
pente ; pour descendre une pente, les
aérienne
barbotins doivent se trouver à l’arrière,
vers le haut de la pente.
Si vous touchez une ligne électrique avec
une partie quelconque de votre engin,
• Au travail, orientez l’équipement vers le
celui-ci sera mis sous tension. Toute per-
bas de la pente. Freinez l’orientation.
sonne touchant votre pelle sera en danger
de mort car elle sera parcourue par le
• En extraction, travaillez face à la montée.
courant allant vers la terre. Sont égale-
ment menacées les personnes situées à
• Pour stationner, orientez l’équipement
proximité immédiate du matériel. En mar-
vers le haut de la pente et posez-le sur
chant ou en courant, elles risquent d’être
le sol.
électrocutées. Elles doivent donc se dépla-
cer en avançant à tout petits pas pour que
• Une pente se descend en utilisant le
la tension entre les deux pieds reste la
même rapport de vitesse que pour la
plus faible possible (tension de pas).
monter.
Rappelez-vous qu’un amorçage de l’arc
• Ne descendez jamais une pente, moteur
électrique peut se produire à distance et
arrêté ou au point mort. Conservez le
que ses effets sont comparables à ceux
moteur à plein régime, vous garderez
d’un contact direct avec des éléments
ainsi le contrôle de l’engin.
sous tension. Le danger est le même pour
les engins montés sur chenilles ou sur
pneus.
55
8. Dangers
C’est pourquoi vous devez obligatoire-
à l’exploitant du réseau électrique, lequel
ment respecter les distances minimales de
devra fournir les indications et recom-
sécurité qui sont fixées à :
mandations nécessaires à l’exécution en
sécurité des travaux.
- 3 mètres pour les lignes dont la
tension est inférieure à 50 000 V,
- 5 mètres pour les lignes dont la
8.2.2. Travaux à proximité
tension est supérieure ou égale à
de câbles électriques
50 000 V.
souterrains
Attention ! L’estimation à vue des distances
À la différence des lignes aériennes qui
d’éloignement des lignes aériennes par
présentent toujours des dangers visibles,
rapport à un point donné est source de
les câbles souterrains sont invisibles ce qui
graves erreurs. C’est pourquoi, si la dis-
les rend d’autant plus dangereux.
tance de sécurité n’est pas garantie, une
déclaration d’intention de commen-
Pour prévenir les accidents, les mesures
cement de travaux (DICT) doit obligatoi-
d’organisation revêtent par conséquent
rement être adressée par votre hiérarchie
une importance particulière. Ces mesures
56
qui relèvent directement de votre hiérar-
Dès qu’une canalisation est découverte,
chie comprennent :
évitez de la heurter. Le dégagement
complet doit être effectué manuellement,
- l’obligation de faire une déclaration
l’utilisation d’outils pneumatiques ou
d’intention de commencement de
mécaniques à moins de 0,30 m d’une
travaux (DICT) qui doit être adressée à
canalisation étant interdite.
l’exploitant du réseau selon des procé-
dures qu’il convient de respecter scru-
puleusement,
8.2.3. Conduite à tenir
- l’obligation de marquer le tracé exact
en cas d’accident
du câble électrique enterré, en accord
En cas de contact entre votre engin et une
avec l’exploitant et avant le commen-
ligne électrique, respectez les consignes
cement des fouilles,
suivantes.
- l’obligation de désigner une personne
compétente pour surveiller les travaux
• Gardez votre calme, même si les pneus
réalisés à moins de 1,50 m des réseaux
commencent à brûler.
électriques souterrains.
• Restez à votre poste de conduite car
Les réseaux les plus récents sont signalés
vous y êtes à l’abri.
par des grillages avertisseurs de couleur
placés à 10 cm environ au-dessus de
• Manœuvrez l’engin pour le dégager de
la génératrice supérieure.
la zone dangereuse.
Pour les câbles
électriques,
• Avertissez les tiers de se tenir à
le grillage
l’écart et de ne pas toucher l’engin.
avertisseur
est de
• Ne descendez de l’engin que
couleur
lorsque celui-ci sera
rouge.
éloigné de la ligne et
séparé de celle-
ci par une dis-
tance suffisante.
• S’il est
impossible de
dégager l’engin,
et en cas de
nécessité
absolue, vous ne
devrez quitter
votre poste de
conduite qu’en
sautant, en évitant
de toucher en même
temps l’engin et le sol.
57
8. Dangers
8.3. Travaux
Les travaux de démolition ne peuvent être
de démolition
entrepris qu’à l’aide de pelles hydrau-
liques équipées de structures de protec-
tion contre les chutes d’objets (structures
FOPS*) conformes à des exigences
réglementaires et techniques
précises.
Les méthodes de travail
seront définies de manière
à répondre aux disposi-
tions réglementaires
issues des articles
97 à 105 du décret du
8 janvier 1965, ainsi
qu’à la recommanda-
tion R 345 de la CNAM.
D’une manière géné-
rale, il conviendra de
privilégier l’utilisation
d’outils spécifiques
adaptables sur les
pelles, tels que crocs
de déroctage, pour
effectuer ce type de
travaux dans les
meilleures condi-
tions de sécurité.
* FOPS: falling-object protection structure
58
8.4. Découverte
• arrêter le terrassement dès la décou-
d’engins de guerre
verte de l’objet suspect,
Décret du 8 janvier 1965 modifié par
• baliser la zone de découverte,
décret du 6 mai 1995, art.79 : « En cas de
découverte d’un engin susceptible d’explo-
• prévenir votre hiérarchie qui devra
ser, le travail doit être immédiatement
alerter les services compétents (préfec-
interrompu au voisinage jusqu’à ce que les
ture, gendarmerie, etc.).
autorités compétentes aient fait procéder
à l’enlèvement de l’engin. »
Dans tous les cas, vous ne reprendrez les
travaux qu’après l’enlèvement des objets
En cas de découverte d’anciennes armes
suspects.
de guerre (obus, bombes, gre-
nades, etc.) vous
devez :
59
8. Dangers
8.5. Risque
l’équipement ou de chute d’objets, tels
de retournement
que la limitation de son utilisation, de la
vitesse et l’aménagement des zones de
ou de chute d’objets
circulation et de travail.
Code du travail, art. R. 233-34 : « Les
S’il existe un risque qu’un travailleur porté,
équipements de travail mobiles avec
lors d’un retournement ou d’un renver-
travailleurs portés doivent être choisis,
sement, soit écrasé entre des parties de
compte tenu des travaux à effectuer et des
l’équipement de travail et le sol, l’équipe-
conditions effectives d’utilisation, de
ment doit être muni d’un système de
manière à prévenir les risques de retour-
retenue des travailleurs portés sur leur
nement ou de renversement de l’équi-
siège, sauf si l’état de la technique et
pement et de chute d’objets.
les conditions effectives d’utilisation
l’interdisent. »
Lorsque le risque de retournement ou de
renversement ne peut pas être complète-
ment évité, ces équipements doivent être
8.5.1. Risque de retournement
munis soit d’une structure les empêchant
Pour les pelles hydrauliques, il est admis
de se renverser de plus d’un quart de tour,
que la protection contre le risque d’écra-
soit d’une structure ou de tout autre
sement du conducteur, en cas de retourne-
dispositif d’effet équivalent garantissant
ment, est assurée par la flèche de l’engin.
un espace suffisant autour des travailleurs
portés si le mouvement peut continuer
Cette règle ne s’applique pas aux :
au-delà de cette limite. De telles structures
de protection ne sont pas requises lorsque
• pelles à avancement au pas qui doivent
l’équipement est stabilisé pendant l’emploi
être munies d’une structure de protec-
ou lorsque le retournement ou le renver-
tion contre le retournement (ROPS*),
sement en est rendu impossible par
conception.
• mini-pelles de masse supérieure à
1000 kg qui doivent être munies d’une
Lorsque le risque de chute d’objets ne peut
structure de protection contre le bascu-
pas être complètement évité, ces équipe-
lement (TOPS**).
ments doivent être équipés d’une structure
de protection contre ce risque.
Les protections contre le retournement ne
sont efficaces que lorsque le conducteur
Les structures de protection contre le
est maintenu sur son siège par sa ceinture
retournement, le renversement ou la chute
de sécurité.
d’objets peuvent être intégrées dans une
cabine.
Les pelles à avancement au pas et les
mini-pelles non équipées de telles structu-
Si l’équipement n’est pas muni des points
res sont soumises à l’obligation de mise
d’ancrage permettant de recevoir une
en conformité à l’article R. 233-34 qui doit
structure de protection, des mesures
doivent être prises pour prévenir le risque
* ROPS : Roll-over protection structure.
de retournement ou de renversement de
** TOPS : Tip-over protection structure.
60
être effective au plus tard le 5 décembre
2002 (voir § 2.1.3).
Les pelles qui ne pourraient recevoir de
structures de protection (de type ROPS ou
TOPS) doivent faire l’objet de restrictions
d’utilisation, sous le responsabilité du chef
d’établissement utilisateur, de nature à
garantir la sécurité du conducteur
dans toutes les configurations de
travail.
8.5.2. Risque
de chute d’objets
Certains travaux exposent à
des risques de chute de maté-
riaux qui peuvent compro-
mettre la sécurité du
conducteur. C’est le cas des
travaux de démolition et
des travaux souterrains,
ainsi que ceux effectués dans
les carrières.
Les pelles travaillant dans ces
conditions doivent être équipées
de structures de protection contre
les chutes d’objets (FOPS).
L’utilisateur devra choisir le
matériel et les équipe-
ments de protection
les mieux adaptés
aux travaux à
réaliser et aux
risques encourus.
61
8. Dangers
8.5.3. Rappel des dispositions
construites conformément aux disposi-
constructives
tions du décret n° 90-490 du 15 juin 1990
et réglementaires
sont considérées comme conformes.
Les structures de protection ROPS, FOPS et
TOPS sont des composants de sécurité au
Concrètement cela signifie que le
sens de l’article R. 233.83.2. du code du
montage d’une structure de protection sur
travail. Selon l’article R. 233-88-1 de ce
un engin qui en est dépourvu ne peut être
même code, les structures de protection
improvisé et qu’il doit se faire dans le
neuves mises isolément sur le marché sont
respect des règles suivantes :
soumises à la procédure d’examen CE de
type. Elles doivent obligatoirement com-
• la structure de protection doit être
porter un marquage CE de conformité et
conforme à un modèle dont la résis-
être accompagnées d’une déclaration CE
tance a été éprouvée par des essais
de conformité rédigée par le fabricant de
destructifs
; la conformité est maté-
la structure.
rialisée par un marquage apposé sur
la structure et une attestation de
S’agissant des structures de protection
conformité (déclaration ou certificat),
d’occasion, l’article R.
233-89-3 stipule
que les règles techniques applicables aux
• l’installation d’une structure de pro-
structures d’occasion sont les mêmes que
tection n’est envisageable que sur un
celles applicables aux structures neuves.
engin dont le châssis est muni de points
Toutefois, les structures de protection
d’ancrage dont la résistance est garantie.
62
9. Panne sur le chantier
• Baissez l’équipement au sol pour autant
• Avertissez tout de suite votre chef de
que ces manœuvres soient encore possi-
chantier.
bles, arrêtez le moteur, serrez le frein de
stationnement.
• Si votre moteur ne tourne plus, stoppez
immédiatement car vous n’aurez bientôt
• Balisez votre engin : il peut constituer un
plus ni direction, ni frein.
obstacle pour les autres.
• Ne vous faites pas remorquer sans l’avis
de l’atelier, de manière à éviter des
casses mécaniques.
63
9. Panne sur le chantier
• Si vous devez vous faire remorquer sur
• Le calage de l’engin ne peut être entre-
quelques mètres, utilisez une barre de
pris que si les conditions suivantes sont
remorquage ou un câble de résistance
réunies :
suffisante fixé aux points d’accrochage
- un terrain présentant une portance
prévus à cet effet. Relisez au besoin la
suffisante,
notice de conduite et d’entretien, vous y
- des cales d’une résistance suffisante et
trouverez les consignes nécessaires.
bien dimensionnées,
- des points d’appuis garantissant la
• Ne faites jamais remorquer votre pelle
stabilité de l’engin.
pour mettre votre moteur en route.
• N’utilisez jamais l’équipement pour
maintenir l’engin soulevé ; utilisez des
cales.
64
10. Transport
de la pelle hydraulique
• Faites stationner la remorque sur un
• Assurez-vous que la remorque et les
terrain plat ; au besoin, préparez vous-
rampes d’accès sont d’une largeur com-
même le terrain.
patible avec celle de la pelle.
• Placez la pelle face aux rampes d’accès
et repliez l’équipement.
65
10. Transport de la pelle hydraulique
• Calez les roues du camion ou de la
• Même sur des courts trajets, il faut
remorque avant de charger votre engin.
arrimer l’engin sur la remorque. Un
engin non attaché risque de glisser et
• Vérifiez que les rampes d’accès peuvent
de tomber du porte-char ou de la
supporter le poids de votre engin.
remorque.
N’improvisez pas des rampes d’accès
avec des planches et des madriers.
• Les opérations de chargement et de
déchargement doivent être effectuées
• Baissez le godet dès que la pelle est en
autant que possible par le conducteur
place sur la remorque.
attitré de l’engin. Dans le cas où une
autre personne réalise cette opération,
• Immobilisez la partie tournante avec le
elle devra être titulaire d’une autori-
dispositif prévu à cet effet.
sation de conduite. Tout titulaire d’un
CACES de catégorie 4 ou d’un CACES
• Éventuellement, démontez le godet ou
de catégorie
10 et disposant d’une
l’équipement quand il dépasse le
autorisation de conduite délivrée
gabarit routier, remorque comprise.
par son employeur peut effectuer des
opérations de chargement et de
• Coupez le circuit électrique à l’aide du
déchargement.
coupe-batterie, retirez la clé de contact.
• Calez les roues ou les chenilles et immo-
bilisez l’engin en l’arrimant au châssis
de la remorque. Utilisez des chaînes et
des tendeurs adaptés.
66
11. En fin de travail
11.1. Le plein
• En raison des risques d’incendie pen-
de carburant
dant le remplissage du réservoir, vous
devez :
• Faites le plein de carburant à la fin de
- arrêter le moteur,
chaque journée de travail afin
- ne pas fumer,
d’éviter la formation d’eau de
- porter des gants de protection, car le
condensation dans le réservoir.
gazole est nocif pour la peau.
• Avec le bec verseur de la pompe,
touchez l’extérieur
de l’orifice de
remplissage
avant de com-
mencer à remplir
le réservoir, pour
éviter les étincel-
les dues à l’élec-
tricité statique.
• Refermez
bien le
bouchon du
réservoir.
67
11. En fin de travail
11.2. Stationnement
• Il est préférable de garer la pelle hydrau-
de la pelle
lique sur un terrain plat. Si le terrain est
en pente, disposez toujours votre pelle
• Garez-vous hors des zones de travail.
hydraulique perpendiculairement au
sens de la pente. Assurez-vous que les
• Évitez de vous garer sur une voie de cir-
chenilles ou les roues reposent sur un
culation, c’est très dangereux. Dans le
sol stable et qu’il n’y a pas de risque de
cas contraire, vous devrez avoir obtenu
glissement.
l’accord du gestionnaire de la voirie qui
devra définir le balisage nécessaire ainsi
• En hiver, ne vous garez pas dans la boue
que les modalités de mise en place et de
ou les flaques d’eau, le gel peut vous
maintenance du balisage en question.
gêner à la reprise du travail. N’oubliez
pas de décrotter régulièrement les
chaînes et les galets ; en hiver, la boue
qui gèle immobilisera votre engin.
68
• Posez l’équipement au sol ; actionnez le
arrêtez le moteur. N’utilisez pas le dispo-
frein de stationnement.
sitif d’arrêt d’urgence pour arrêter le
moteur dans des conditions normales.
• Laissez tourner le moteur au ralenti
pendant quelques minutes pour assurer
• Coupez le circuit électrique à l’aide du
un refroidissement progressif, puis
coupe-batterie.
69
11. En fin de travail
• Descendez face à l’engin en utilisant les
poignées et marchepieds. Ne sautez pas.
Respectez la règle des trois appuis.
• Fermez les capots, les vitres ainsi que la
porte de la cabine.
• Enlevez la clé de contact et conservez la
sur vous, ou déposez-la au tableau
prévu à cet effet.
70
12. Entretien et réparation
Ce chapitre s’adresse plus particulièrement
au personnel d’atelier, mais le conducteur de l’engin
doit en prendre connaissance.
12.1. Formation
En outre, les salariés qui sont amenés à
conduire des engins, par exemple pour
et information
effectuer des essais lors des opérations
Code du travail, R. 233.10 : « Les tra-
d’entretien ou de réparation, doivent être
vailleurs chargés de la maintenance des
titulaires d’une autorisation de conduite
équipements de travail doivent recevoir
délivrée par leur employeur.
une formation spécifique relative aux pres-
criptions à respecter, aux conditions d’exé-
Tout titulaire d’un CACES de catégorie 10
cution des travaux, aux matériels et outilla-
peut être autorisé à conduire un engin de
ges à utiliser. Cette formation doit être
chantier hors conditions de production,
renouvelée et complétée aussi souvent
après vérification de son aptitude médi-
qu’il est nécessaire pour prendre en
cale par le médecin du travail (cf. § 2.2.3).
compte les évolutions des équipements de
travail dont ces travailleurs assurent la
maintenance ou la modification et les évo-
lutions techniques correspondantes. »
Le personnel d’atelier (graisseurs, mécani-
ciens, électriciens, etc.) doit avoir reçu une
formation adaptée aux tâches à effectuer.
Ses connaissances devront être actuali-
sées pour tenir compte des évolutions
techniques des matériels.
71
12. Entretien et réparation
12.2. Principaux risques
Avant toute intervention, vous devez :
Les interventions peuvent se dérouler :
• consulter la notice de conduite et d’en-
tretien fournie par le constructeur de
• sur chantier, pour les opérations d’entre-
l’engin et qui doit accompagner la
tien courant telles que graissage, vidange,
machine,
remplacement des pièces d’usure, etc.,
• disposer des EPI appropriés, notam-
• en atelier, pour des opérations lourdes
ment :
impliquant souvent le démontage de
- chaussures de sécurité,
parties complètes de l’engin.
- gants, pour manipuler des pièces cou-
pantes notamment,
- lunettes pour les travaux de perçage,
meulage ou de coupage,
- lunettes ou masques de soudeur lors
des opérations de soudage ou d’oxy-
coupage.
72
12.2.1. Risque mécanique
• Lors de toute intervention sur les équi-
pements en position haute, ceux-ci
doivent être calés, soit à l’aide d’une
Calage des équipements
barre de calage intégrée à l’engin, soit à
Décret du 8 janvier 1965 modifié par
l’aide de cales rapportées.
décret du 6 mai 1995, art. 227 : « Aucun
travail ne doit être entrepris sous la benne
• Ne vous servez pas des stabilisateurs ou
d’un camion ou sous une partie mobile
des équipements pour maintenir l’engin
d’un engin de chantier sans qu’un disposi-
ou les équipements en position haute.
tif approprié soit utilisé pour empêcher un
Utilisez des cales ou des chandelles
accident en cas de défaillance du dispositif
métalliques.
normal de retenue (…). »
73
12. Entretien et réparation
Circuits hydrauliques
Les fluides hydrauliques
sous haute pression
présentent un
risque d’injection
accidentelle
de fluide dans les
tissus du corps
humain. Par
exemple,
l’injection de
produit dans
un doigt peut
avoir comme
conséquence
extrême l’ampu-
tation du doigt ou
son atrophie.
Respectez les deux règles suivantes :
• faites baisser la pression du circuit
hydraulique avant toute intervention,
• ne recherchez jamais une fuite hydrau-
lique avec la main.
Parties tournantes
• N’intervenez pas sur les
parties tournantes du
moteur ou de la trans-
mission avant leur arrêt
complet.
• Réglez la tension des courroies
moteur arrêté.
• Ne portez pas de vêtement flottant.
• Avant d’enlever les trappes de visite,
arrêtez le moteur.
74
Entretien
des pneumatiques
Pour changer une roue :
• immobilisez l’engin en
calant les roues,
• calez le châssis à l’aide
de chandelles ou de
cales appropriées. Les
stabilisateurs ne doivent
pas être utilisés sauf s’ils
sont équipés d’un système
de verrouillage. Ne vous
servez jamais de votre
équipement pour maintenir
le châssis soulevé,
• pour manutentionner la roue, utilisez
• pendant le gonflage, ne restez pas face
un matériel approprié,
au pneu, placez-vous sur le côté,
• utilisez toujours une cage de gonflage,
• ne coupez pas, ne soudez pas quoi que
lorsque la roue n’est pas sur l’engin,
ce soit sur une jante portant un pneu-
matique gonflé.
12.2.2. Risque
de chute
ou de glissade
• Avant d’entreprendre des
réparations sur l’engin,
nettoyez-le.
• Lors de vos interventions,
ne montez jamais sur les
pneus ou la flèche de
l’engin, utilisez les plates-
formes de travail mises à
votre disposition.
75
12. Entretien et réparation
12.2.3. Risque électrique
12.2.4. Risque de brûlure,
d’incendie ou d’explosion
• Ne fumez pas.
• Ne nettoyez jamais les pièces à l’es-
sence, utilisez des solvants adaptés.
• Laissez refroidir le moteur avant d’enle-
ver le bouchon du radiateur.
• Laissez refroidir l’huile hydraulique
avant de purger ou vidanger les circuits.
• Soyez vigilant lors de la manipulation
des batteries d’accumulateurs : l’acide
sulfurique qu’elle contient provoque de
graves brûlures.
Le circuit électrique d’un engin de chantier
• N’approchez jamais une flamme près
est alimenté par un ensemble batteries-
d’une batterie en charge : l’hydrogène qui
alternateur fonctionnant généralement
se dégage peut provoquer une
sous une tension de 12 volts ou 24 volts.
explosion.
• Ne placez jamais une
pièce métallique en
contact avec les deux
bornes de la batterie :
un arc électrique se crée
pouvant vous occasion-
ner des brûlures sérieu-
ses.
• Utilisez toujours un
contrôleur de charge
pour vérifier la
charge de vos
batteries.
76
12.2.5. Risque chimique
• Ne vous nettoyez
jamais les mains
avec de l’essence
ou du gazole ;
utilisez des
détergents d’atelier
conformes aux
normes NF T 73-101
ou NF T 73-102.
• Apprenez à reconnaître
les étiquettes de
danger apposées
obligatoirement
sur les emballages
des produits dangereux.
• Les gaz d’échappement sont
nocifs. Ne faites pas tourner le
moteur dans un local fermé s’il n’est
pas équipé d’un dispositif d’aspiration
des fumées.
77
Bibliographie
Bibliographie
• Décret du 8 janvier 1965 modifié
- Engins circulant ou manœuvrant
par décret du 6 mai 1995. Hygiène et
fréquemment en marche arrière. R 354.
sécurité dans les travaux du bâtiment,
- Utilisation des engins de chantier.
travaux publics et tous autres travaux
R 372 modifiée.
concernant les immeubles. INRS, ED 535.
• Réparation et entretien des véhicules
• Code de la route. Édition des Journaux
automobiles. INRS, ED 755.
officiels. Brochure n° 20017.
• Mémento de l’élingueur. INRS, ED 389.
• Signalisation temporaire. Livre I,
8e partie. Édition des Journaux officiels.
• Aide-mémoire BTP. INRS, ED 790.
Brochure n° 5354.
• Le CACES. Fiche pratique de sécurité.
• Signalisation temporaire. Volume 1,
INRS, ED 96.
routes bidirectionnelles. SETRA, E00071
• Utilisation et conformité des engins
• Recommandations de la Caisse
mobiles et des appareils de levage.
nationale de l’assurance maladie,
OPPBTP, code commande C5 G 01 00.
publiées par l’INRS :
- Risques d’explosion et de projection
• Industrie routière. Guide pratique.
lors du montage et du démontage des
OPPBTP, D6 G 05 02.
pneumatiques des véhicules et engins
sur roues. R 197.
• Réalisation des vérifications générales
périodiques. FNTP. Engins de chantier.
- Batteries d’accumulateurs. R 215.
Engins de terrassement à conducteur
- Circulation des engins et véhicules
porté utilisés en levage de charges.
sur les chantiers. R 339.
• Guide pratique des transports. FNTP.
- Travaux de démolition de bâtiments.
R 345.
78
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